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Glossaire gestion de chantier : 40 termes expliqués simplement

40 termes de gestion de chantier expliqués simplement avec des exemples concrets. Le glossaire indispensable pour les dirigeants PME BTP.
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Hedi Marinier
Publié le 16 mars 2026

BFR, DPGF, accostage financier, PPSPS... La gestion de chantier a son propre vocabulaire, et personne ne prend jamais le temps de l'expliquer. Vous débutez, vous reprenez une entreprise, ou vous voulez simplement clarifier des termes que tout le monde utilise mais que personne ne définit : ce glossaire est fait pour vous.

Chaque terme est défini en une phrase, suivi d'un exemple concret. Classement par thème, pas par alphabet, pour retrouver facilement ce que vous cherchez.

Termes financiers

Déboursé sec (DS). Coût minimum pour réaliser physiquement un ouvrage : matériaux + main-d'œuvre directe + matériel. C'est le plancher en dessous duquel vous perdez de l'argent. Exemple : sur un chantier CVC de 100 000 €, le déboursé sec peut représenter 60 000 € (42 000 € de matériaux, 14 400 € de main-d'œuvre, 3 600 € de matériel).

Coût de revient. Déboursé sec + frais généraux imputés. C'est le vrai coût du chantier pour votre entreprise, frais de structure inclus. Exemple : déboursé sec de 60 000 € + frais généraux de 14 400 € = coût de revient de 74 400 €.

Coefficient de frais généraux. Ratio qui mesure le poids de vos charges de structure par rapport à votre activité productive. Se calcule : 1 + (frais généraux annuels / déboursé total annuel). Exemple : 120 000 € de frais généraux / 500 000 € de déboursé = coefficient de 1,24.

Marge brute. Différence entre le prix de vente HT et le déboursé total. Elle mesure la performance opérationnelle du chantier avant imputation des frais généraux. Exemple : prix de vente 100 000 € - déboursé total 60 000 € = marge brute de 40 000 € (40 %).

Marge nette. Différence entre le prix de vente HT et le coût de revient complet. C'est le bénéfice réel du chantier. Dans le BTP, elle oscille entre 3 et 15 % selon le métier et la qualité du pilotage. Exemple : prix de vente 100 000 € - coût de revient 74 400 € = marge nette de 25 600 €.

BFR (Besoin en Fonds de Roulement). Montant de trésorerie nécessaire pour couvrir le décalage entre vos décaissements (salaires, matériaux) et vos encaissements (paiements clients). Dans le BTP, le BFR représente typiquement 50 à 90 jours de chiffre d'affaires. Exemple : vous payez vos fournisseurs à 30 jours, mais votre client vous règle à 60 jours. Pendant 30 jours, vous financez le décalage sur vos fonds propres.

Situation de travaux. Document spécifique au BTP qui photographie l'avancement cumulé d'un chantier à une date donnée. Elle sert de base à la facturation progressive. Ce n'est pas une facture classique. Exemple : situation n°3 indiquant 65 % d'avancement global sur un marché de 80 000 € = 52 000 € cumulés, dont 40 000 € déjà facturés dans les situations précédentes = 12 000 € à facturer.

Facture d'acompte. Facture émise avant le début des travaux, représentant un pourcentage du devis total (généralement 20 à 30 %). À ne pas confondre avec la situation de travaux, qui est basée sur l'avancement réel. Exemple : devis de 50 000 € signé, acompte de 30 % = facture d'acompte de 15 000 € émise à la signature.

Accostage financier. Comparaison régulière (mensuelle ou hebdomadaire) entre le budget prévu au devis et les dépenses réellement engagées sur le chantier. Permet de détecter les dérives avant qu'elles ne deviennent irréversibles. Aussi appelé "coût à terminaison". Exemple : à 60 % d'avancement, vos heures réelles dépassent le budget de 12 %. Projeté sur le reste du chantier, ça représente 3 000 € de surcoût. Détecté maintenant, ça se corrige. Détecté à la fin, c'est une perte.

Retenue de garantie (RG). Somme retenue par le client (maximum 5 % du montant TTC) pour couvrir d'éventuelles malfaçons constatées à la réception. Bloquée pendant 12 mois (marché privé) à 13 mois (marché public). Peut être remplacée par une caution bancaire. Exemple : chantier de 120 000 € TTC, retenue de garantie = 6 000 € immobilisés pendant un an.

Caution bancaire. Garantie délivrée par une banque ou un assureur qui remplace la retenue de garantie. Permet à l'entreprise de toucher 100 % de ses factures immédiatement. Coût : 0,6 à 2 % du montant cautionné. Exemple : caution sur 6 000 € de retenue = coût de 36 à 120 € pour récupérer 6 000 € de trésorerie immédiatement.

Affacturage. Cession de vos factures à un organisme spécialisé (factor) qui vous avance 80 à 90 % du montant sous 24-48h, puis se charge de l'encaissement auprès de votre client. Exemple : vous cédez une facture de 30 000 € au factor, qui vous verse 27 000 € le lendemain. Il encaisse les 30 000 € auprès de votre client à l'échéance.

EBE (Excédent Brut d'Exploitation). Indicateur de la rentabilité opérationnelle de l'entreprise, avant charges financières et impôts. Un EBE inférieur à 5 % du CA est un signal d'alerte dans le BTP. Exemple : CA de 800 000 €, EBE de 56 000 € = taux d'EBE de 7 %, correct pour une PME BTP.

Termes opérationnels

DQE (Détail Quantitatif Estimatif). Document qui liste les quantités de chaque ouvrage élémentaire prévu dans un marché, avec les prix unitaires. C'est la base du chiffrage. Exemple : ligne DQE "Pose split mural - unité - PU 450 € - quantité 8 - total 3 600 €".

DPGF (Décomposition du Prix Global et Forfaitaire). Variante du DQE pour les marchés à forfait. Décompose le prix global en postes détaillés pour permettre le suivi de l'avancement et la facturation progressive. Exemple : marché forfaitaire de 95 000 € décomposé en 12 postes, chacun avec un montant et un pourcentage du total.

CCTP (Cahier des Clauses Techniques Particulières). Document contractuel qui décrit précisément les travaux à réaliser : matériaux, normes, méthodes, niveaux de performance. C'est votre cahier des charges technique. Exemple : le CCTP d'un lot CVC précise "PAC air-eau de COP minimum 4,2, raccordement en cuivre DN22, mise en service avec mesures de débit".

DOE (Dossier des Ouvrages Exécutés). Ensemble des documents techniques remis au maître d'ouvrage à la fin du chantier : plans conformes à l'exécution, notices d'entretien, fiches techniques, PV d'essais. Obligatoire pour la réception des travaux. Exemple : le DOE d'une installation CVC comprend les plans de distribution, les fiches techniques des équipements, les PV de mise en service et le carnet d'entretien.

OPR (Opérations Préalables à la Réception). Visite contradictoire du chantier avant la réception, au cours de laquelle le maître d'ouvrage (ou son représentant) liste les éventuelles réserves à lever. Exemple : lors de l'OPR, le MOE constate que 2 splits sur 8 ne fonctionnent pas en mode chaud. Ces points sont notés en réserves.

Réception des travaux. Acte par lequel le maître d'ouvrage accepte l'ouvrage, avec ou sans réserves. C'est le point de départ des garanties (parfait achèvement, biennale, décennale) et du délai de la retenue de garantie. Exemple : PV de réception signé le 15 mars avec 3 réserves mineures. Délai de levée : 30 jours. Retenue de garantie libérée le 15 mars de l'année suivante.

Avenant. Document qui modifie un contrat déjà signé. Dans le BTP, il formalise les travaux supplémentaires, les modifications de périmètre ou les changements de prix. Doit être signé par les deux parties avant exécution des travaux. Exemple : avenant n°1 au marché initial, ajoutant la pose de 2 splits supplémentaires pour 2 800 €, portant le montant total du marché de 95 000 € à 97 800 €.

Compte prorata. Compte commun alimenté par toutes les entreprises d'un chantier multi-lots pour financer les dépenses partagées : eau, électricité, nettoyage, toilettes de chantier. Chaque entreprise contribue au prorata de son montant de marché. Exemple : contribution au compte prorata = 0,5 % du montant de votre lot. Sur un lot CVC de 80 000 €, c'est 400 €.

DGD (Décompte Général Définitif). Document final qui récapitule l'ensemble des factures, acomptes, situations, avenants et retenues sur un marché. C'est le solde de tout compte du chantier. Exemple : DGD d'un marché de 97 800 € (initial + avenant) : 8 situations facturées, 1 acompte déduit, retenue de garantie de 4 890 €, solde restant dû : 2 340 €.

Ordre de service (OS). Document écrit par lequel le maître d'ouvrage (ou le MOE par délégation) ordonne le démarrage des travaux, prescrit des modifications, ou notifie une décision. C'est la base contractuelle de toute instruction. Exemple : OS n°3 prescrivant le remplacement du modèle de PAC initialement prévu par un modèle de puissance supérieure, avec impact financier à chiffrer par l'entreprise.

Termes sécurité

DUERP (Document Unique d'Évaluation des Risques Professionnels). Document obligatoire pour toute entreprise dès le premier salarié. Il recense les risques par poste de travail et définit les mesures de prévention. Doit être mis à jour au moins annuellement. Exemple : pour un technicien CVC itinérant, le DUERP identifie : risque de chute en hauteur, risque électrique, risque chimique (fluides), risque routier.

PPSPS (Plan Particulier de Sécurité et de Protection de la Santé). Document rédigé par chaque entreprise intervenant sur un chantier soumis à coordination SPS (dès 2 entreprises sur le même chantier). Décrit les risques propres à votre intervention et les mesures de prévention. Exemple : PPSPS d'un lot CVC sur un chantier neuf : risques identifiés (travail en hauteur pour pose groupes, risque électrique pour raccordements), mesures (harnais, consignation, habilitation).

PGC (Plan Général de Coordination). Document rédigé par le coordonnateur SPS, qui définit les règles de sécurité communes à toutes les entreprises du chantier. Exemple : le PGC prévoit que les travaux de couverture et les travaux CVC en toiture ne peuvent pas être réalisés simultanément.

Coordonnateur SPS. Personne physique ou morale désignée par le maître d'ouvrage pour coordonner la prévention des risques entre les différentes entreprises d'un chantier. Obligatoire dès que 2 entreprises interviennent. Exemple : le coordonnateur SPS vérifie votre PPSPS, organise les visites de chantier et met à jour le registre de coordination.

AT/MP (Accidents du Travail / Maladies Professionnelles). Cotisation patronale obligatoire dont le taux dépend de la sinistralité de votre entreprise sur les 3 dernières années. Un accident déclaré impacte votre taux pendant 3 ans. Exemple : taux AT/MP de 4 % sur une masse salariale de 400 000 € = 16 000 € de cotisations par an. Un accident grave peut faire monter le taux à 7 % = 28 000 €/an.

SST (Sauveteur Secouriste du Travail). Salarié formé aux premiers secours, capable d'intervenir en cas d'accident sur le chantier. Au moins un SST doit être présent sur chaque chantier de plus de 20 personnes. Exemple : votre chef d'équipe est formé SST et peut pratiquer les gestes de premiers secours en attendant les pompiers.

CACES (Certificat d'Aptitude à la Conduite en Sécurité). Certification obligatoire pour la conduite d'engins de chantier, nacelles, chariots élévateurs. Validité : 5 ans (10 ans pour engins R482). Exemple : un technicien CVC qui utilise une nacelle pour poser des groupes extérieurs en hauteur doit avoir le CACES R486.

EPI (Équipements de Protection Individuelle). Équipements fournis gratuitement par l'employeur pour protéger les salariés : chaussures de sécurité, casque, gants, harnais, lunettes, protections auditives. Exemple : kit EPI annuel d'un technicien CVC : chaussures de sécurité, gants isolants, lunettes de protection, harnais, protections auditives = 300 à 500 €.

Termes juridiques et contractuels

MOA (Maître d'Ouvrage). Le client qui commande les travaux et les finance. C'est lui qui signe le marché, valide les situations et paie. Exemple : le promoteur immobilier qui vous confie le lot CVC d'un immeuble de 24 logements.

MOE (Maître d'Œuvre). Le professionnel (architecte, BET, ingénieur) chargé de concevoir l'ouvrage et de contrôler sa réalisation. Il vérifie vos situations de travaux et valide les avancements. Exemple : le bureau d'études thermiques qui a conçu l'installation CVC et qui vérifie que votre exécution est conforme au CCTP.

Garantie de parfait achèvement (GPA). Garantie d'un an à compter de la réception. L'entreprise est tenue de réparer tous les désordres signalés par le maître d'ouvrage pendant cette période, quelle que soit leur nature. Exemple : 6 mois après la réception, le client signale une fuite sur un raccord. Vous devez intervenir dans un délai raisonnable, à vos frais.

Garantie biennale. Garantie de 2 ans couvrant les éléments d'équipement dissociables de l'ouvrage (ce qui peut être démonté sans détériorer le bâtiment). Exemple : un split mural, une chaudière, un ballon d'eau chaude sont couverts par la garantie biennale. Les canalisations encastrées, non.

Garantie décennale. Garantie de 10 ans couvrant les dommages qui compromettent la solidité de l'ouvrage ou le rendent impropre à sa destination. Assurance obligatoire pour toute entreprise du BTP. Exemple : une fuite dans un réseau de chauffage encastré qui provoque des dégâts structurels est couverte par la décennale.

Réserves. Défauts ou non-conformités constatés lors de la réception des travaux et consignés dans le PV de réception. L'entreprise doit les lever dans le délai convenu (souvent 30 à 60 jours). Exemple : "Split chambre 3 : fonctionne en froid mais pas en mode chauffage - à reprendre." Cette réserve doit être levée avant la libération de la retenue de garantie.

Autoliquidation de TVA. Mécanisme fiscal applicable à la sous-traitance dans le BTP : le sous-traitant facture HT, et c'est le donneur d'ordre qui déclare et paie la TVA. Mention obligatoire sur la facture : "Autoliquidation - art. 283-2 nonies du CGI". Exemple : vous sous-traitez un lot plomberie à un artisan. Il vous facture 10 000 € HT avec mention d'autoliquidation. Vous déclarez et payez les 2 000 € de TVA (20 %) au Trésor public.

Aller plus loin

Ce glossaire couvre les termes essentiels pour piloter un chantier. Pour approfondir chaque sujet, retrouvez nos guides détaillés sur la trésorerie chantier, les situations de travaux, la marge chantier et la sécurité sur chantier.

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Sources

Les définitions de ce glossaire s'appuient sur les textes du Code du travail, du Code de la commande publique, du Code civil (articles 1792 et suivants pour les garanties), ainsi que sur les ressources de l'OPPBTP (preventionbtp.fr), de l'Assurance Maladie Risques professionnels (ameli.fr/entreprise), et des conventions collectives du bâtiment.

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À propos de l'auteur
Hedi

J'ai commencé ma carrière en dirigeant une entreprise de climatisation. Aujourd'hui, j'aide les artisans et les PME du bâtiment à mieux vivre leur entreprise en fournissant une solution web et mobile qui leur permet de gérer facilement leur entreprise.

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