Gestion et rentabilité

Frais généraux dans le bâtiment : définition, calcul et ratios repères

Le local, les camions, le carburant, la décennale, le comptable, le logiciel, la personne qui répond au téléphone et le temps que vous passez à chiffrer : rien de tout cela n'apparaît sur un devis, et pourtant tout cela doit être payé. Ce guide reprend les frais généraux de zéro : ce qu'ils contiennent, comment les calculer, comment les imputer dans vos prix, et comment les réduire sans casser l'entreprise.

Hedi Marinier, fondateur d'InterFast
InterFast Publié le 27 juillet 2026
13 min de lecture Guide

Dans le bâtiment, presque tout le monde sait calculer un déboursé : tant de mètres de gaine, tant d'heures de pose, tant de sacs de mortier. Ce qui se calcule beaucoup moins souvent, c'est ce que coûte l'entreprise elle-même : les frais généraux.

Le résultat est toujours le même. Des devis qui paraissent corrects chantier par chantier, une année de travail complète, et un bilan qui ne ressemble pas au sentiment du terrain. « On a bien tourné, mais il n'y a rien au bout. » Il n'y a rien au bout parce que le prix de vente couvrait le chantier, mais pas la maison.

Cet article prend le sujet dans l'ordre : la frontière exacte entre frais général et coût de chantier, la liste des postes à ne pas oublier, la méthode de calcul, les trois façons de les répercuter dans un prix, les ordres de grandeur pour se situer, et les leviers de réduction qui fonctionnent réellement.

20-30 %
du chiffre d'affaires : le poids courant des frais généraux dans une PME du bâtiment structurée
1 h sur 4
payée à un technicien n'est pas vendable : devis, trajets, dépôt, administratif, SAV
1,49
le coefficient de frais généraux de l'entreprise prise en exemple dans cet article

01 - La définitionCe qu'est un frais général, et ce qui n'en est pas

Les frais généraux sont l'ensemble des charges que l'entreprise supporte indépendamment des chantiers en cours, mais que ces chantiers doivent pourtant financer. On parle aussi de frais de structure, ou de charges indirectes.

La règle de tri tient en une phrase : une dépense qui disparaîtrait si le chantier n'existait pas est un coût direct ; une dépense qui resterait due de toute façon est un frais général.

Le loyer du dépôt tombe le 5 du mois même si votre carnet de commandes est vide : frais général. Les 40 mètres de gaine posés lundi n'existent que grâce au chantier de lundi : déboursé. L'assurance décennale se paie qu'il y ait un chantier ou dix : frais général. La nacelle louée trois jours pour une façade précise : déboursé.

Cette frontière n'a rien d'académique, parce qu'elle décide de la structure entière de vos prix. Le déboursé sec, la marge brute et la marge nette se calculent tous à partir d'elle. Si vous rangez du carburant dans le déboursé d'un chantier alors qu'il est déjà dans vos frais généraux, vous le facturez deux fois. Si vous oubliez la décennale, vous ne la facturez jamais.

À retenir. Les frais généraux ne sont pas des dépenses « en trop » ni du gras à couper : c'est ce qui permet à l'entreprise d'exister entre deux chantiers. La question n'est jamais « comment les supprimer » mais « combien valent-ils, et qui les paie ».

02 - L'inventaireLa liste complète des postes de frais généraux

Voici l'inventaire, famille par famille. Il sert de checklist : parcourez-le une fois par an, relevé bancaire à côté, et vous trouverez systématiquement deux ou trois postes que vous aviez oubliés.

Famille Postes à recenser Souvent oublié
Locaux et structure Loyer ou crédit du local et du dépôt, charges locatives, électricité, eau, chauffage, nettoyage, télésurveillance, petit entretien La part professionnelle du domicile quand il sert de bureau
Véhicules Loyers de leasing ou amortissement, carburant, entretien, pneus, réparations, assurance flotte, péages, stationnement, lavage Le véhicule du dirigeant et celui du commercial
Matériel et outillage Amortissement du matériel mutualisé, petit outillage, consommables d'atelier, EPI, vérifications périodiques, location de matériel non affecté Le renouvellement du petit outillage, qui se paie en centaines d'euros par mois sans jamais apparaître nulle part
Assurances et taxes Responsabilité civile professionnelle, garantie décennale, multirisque, protection juridique, CFE, taxe foncière, taxe sur les véhicules Les franchises réellement payées dans l'année
Administratif et gestion Expert-comptable, commissaire aux comptes, avocat, frais bancaires, intérêts d'emprunt, affacturage, logiciels et abonnements, téléphonie, internet, fournitures, affranchissement Les intérêts et frais liés au besoin en fonds de roulement
Commercial et communication Site internet, référencement, publicité, plateformes de mise en relation, véhicule et frais du commercial, salons, échantillons, vêtements floqués, cadeaux clients Le temps de chiffrage des devis non signés
Personnel non productif Coût employeur complet du dirigeant, du secrétariat et de l'ADV, des chargés d'affaires, des conducteurs de travaux, du magasinier La rémunération du dirigeant lui-même
Divers récurrents Formation, cotisations professionnelles, qualifications et certifications, documentation technique, médecine du travail, mutuelle, œuvres sociales Le renouvellement des qualifications, payé tous les trois ou quatre ans

Les postes de la dernière colonne sont ceux que l'on retrouve le plus souvent absents des calculs faits « de tête ». Pris ensemble, ils représentent fréquemment 15 à 20 % du total réel des frais généraux.

03 - Les angles mortsCe qu'on oublie presque toujours

Au-delà des lignes qui figurent sur un relevé bancaire, quatre coûts bien réels échappent au calcul parce qu'ils ne font l'objet d'aucune facture.

1. Les heures non productives de vos techniciens

Un technicien payé 39 heures ne vend pas 39 heures. Entre les trajets, le passage au dépôt, les devis, le rangement du camion, les réunions, la formation, l'entretien du matériel et le SAV gratuit, une part significative du temps payé n'est jamais vendue. Dans le bâtiment, la part réellement productive dépasse rarement 75 à 85 % pour un confirmé, et tombe à 50 ou 65 % pour un apprenti.

Ce temps non vendu ne s'évapore pas : il est payé. Il doit donc être absorbé par les heures qui, elles, sont vendues.

2. Votre propre temps de dirigeant

Chiffrer, relancer, recruter, gérer les litiges, aller à la banque : si vous ne comptez pas votre rémunération dans les frais généraux, personne ne la finance. Le dirigeant devient alors la variable d'ajustement de l'entreprise, et se paie « sur ce qui reste ». Dans les années difficiles, il ne reste rien.

3. Les devis non signés

Un taux de conversion de 30 % signifie que sept devis sur dix sont chiffrés pour rien. Ce temps de chiffrage est un coût commercial, à financer par les trois affaires signées. C'est l'un des arguments les plus solides en faveur d'un outil de devis rapide : le gain ne se mesure pas en confort, mais en frais généraux évités.

4. Les reprises, les chutes et le SAV

Les malfaçons reprises gratuitement, les matériaux gâchés, les déplacements pour un réglage : personne ne les prévoit dans un devis, tout le monde les paie. Selon les métiers, ce poste représente 1 à 3 % du chiffre d'affaires. Le suivre, ne serait-ce qu'approximativement, évite de le découvrir en fin d'exercice. Voir aussi : les postes qui mangent la marge d'un chantier.

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Notre calculateur additionne votre effectif et vos dépenses de structure, mesure vos heures de production disponibles, et vous donne le montant exact de frais généraux à ajouter à chaque heure de technicien.

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04 - La méthodeCalculer ses frais généraux en 5 étapes

Le calcul ne demande ni tableur savant ni compétence comptable : il demande d'être exhaustif. Le meilleur point de départ est votre dernier compte de résultat, complété du grand livre.

  1. Partir du compte de résultat du dernier exercice. Récupérez auprès de votre comptable le détail des charges par compte, pas seulement les grandes masses. C'est la seule façon de ne rien oublier : ce qui a été payé figure forcément quelque part.
  2. Isoler les charges non affectables. Passez chaque compte au filtre de la question « cette dépense existerait-elle sans chantier ? ». Les achats de matériaux, la sous-traitance et les locations affectées sortent du périmètre : ce sont des déboursés.
  3. Ajouter le coût employeur du personnel non productif. Pour chaque personne qui ne produit pas d'heures vendables, comptez le brut annuel multiplié par le coefficient de charges patronales, soit environ 1,45 pour un salarié classique. N'oubliez pas votre propre rémunération.
  4. Corriger des évolutions connues. Un camion supplémentaire, une embauche administrative, un déménagement, une hausse d'assurance : les frais généraux de l'année à venir ne sont pas ceux de l'année passée. Ajustez plutôt que de recopier.
  5. Rapporter le total à une base d'imputation. Heures productives, déboursé annuel ou chiffre d'affaires, selon l'usage que vous en ferez. C'est l'objet de la section suivante.
Le réflexe annuel. Refaites ce calcul chaque année, à la remise du bilan. Une entreprise qui embauche, achète un camion ou change de local voit ses frais généraux bouger de 10 à 20 % sans que rien ne le signale sur les devis.

05 - L'imputationLes 3 façons de les répercuter dans vos prix

Connaître ses frais généraux ne sert à rien s'ils ne remontent pas dans les prix de vente. Trois méthodes existent, et elles ne s'utilisent pas dans les mêmes situations.

Méthode Calcul Quand l'utiliser Limite
Par heure productive Frais généraux ÷ heures productives totales Activité portée par la main-d'œuvre : dépannage, maintenance, CVC, second œuvre Sous-estime la structure sur les chantiers à forte fourniture
Coefficient sur déboursé 1 + (frais généraux ÷ déboursé annuel) Chantiers mêlant matériaux, sous-traitance et main-d'œuvre Fait porter la structure aux matériaux, ce qui peut rendre les prix élevés sur du négoce
Taux sur chiffre d'affaires Frais généraux ÷ chiffre d'affaires Pilotage et suivi d'une année sur l'autre Inutilisable pour chiffrer un devis : c'est un indicateur, pas un prix

La méthode par heure productive, en pratique

C'est celle qui parle le plus directement à une entreprise de main-d'œuvre. On divise les frais généraux annuels par le total des heures productives disponibles, toutes personnes productives confondues. On obtient un montant en euros par heure, à ajouter au coût horaire chargé de chaque technicien : coût de revient d'une heure = coût main-d'œuvre par heure productive + frais généraux par heure. La marge s'applique ensuite sur ce total.

Un point mérite d'être souligné, parce qu'il évite l'erreur la plus répandue : quand le salaire annuel complet d'un technicien est divisé par ses seules heures productives, ses temps morts sont déjà financés par son propre taux horaire. Il ne faut donc surtout pas les recompter dans les frais généraux. C'est exactement la convention retenue par notre calculateur de frais généraux.

Le coefficient de frais généraux

Le coefficient répond à une autre question : combien coûte réellement un euro de déboursé engagé sur un chantier ? Sa formule est 1 + (frais généraux ÷ déboursé annuel). Avec 219 150 € de frais généraux pour 450 000 € de déboursé, il ressort à 1,49 : un chantier dont le déboursé s'élève à 10 000 € coûte 14 900 € à l'entreprise, avant toute marge commerciale. Le prix de vente s'obtient en appliquant ensuite le coefficient de marge.

06 - Les repèresCombien pèsent les frais généraux ?

Première précision indispensable : il n'existe aucune norme. Les fourchettes qui suivent sont des ordres de grandeur constatés sur le terrain, destinés à vous situer, pas des références officielles. Une entreprise à 32 % de frais généraux peut être excellente si ses prix les intègrent, et une entreprise à 14 % peut être en danger si elle les ignore.

Profil d'entreprise Frais généraux / CA Ce qui explique le niveau
Artisan seul, sans local, véhicule unique 12 à 20 % Pas de personnel administratif, pas de loyer professionnel, structure minimale
Entreprise de 3 à 10 personnes avec dépôt 20 à 30 % Local, plusieurs véhicules, un poste administratif, logiciels, encadrement partiel
PME de 10 à 50 personnes structurée 25 à 35 % Bureau d'études, conducteurs de travaux, ADV, QSE, encadrement complet
Activité de négoce ou forte fourniture 8 à 15 % Le chiffre d'affaires est gonflé par les matériaux, ce qui écrase mécaniquement le ratio

Le dernier cas montre la limite du taux sur chiffre d'affaires : deux entreprises identiques en structure peuvent afficher des ratios très différents selon la part de fourniture dans leur activité. Pour comparer, mieux vaut raisonner en euros par heure productive.

Le vrai signal d'alerte n'est pas le niveau, c'est la tendance. Des frais généraux qui progressent plus vite que le chiffre d'affaires deux années de suite annoncent une structure qui s'alourdit sans contrepartie : c'est l'un des indicateurs d'alerte de rentabilité les plus fiables.

07 - En chiffresExemple complet : une entreprise de 8 personnes

Prenons une entreprise de génie climatique de huit personnes, dont cinq produisent des heures vendables. Ce sont les valeurs par défaut de notre calculateur, ce qui vous permet de refaire le calcul en direct.

Le personnel productif

PosteNbBrut annuelCoût employeurHeures payées% productifHeures productives
Technicien confirmé332 000 €139 200 €5 382 h80 %4 306 h
Technicien junior126 000 €37 700 €1 794 h75 %1 346 h
Apprenti112 000 €13 200 €1 540 h60 %924 h
Total5 190 100 €8 716 h 6 575 h

Premier constat : sur 8 716 heures payées, 6 575 seulement sont vendables. Plus de 2 100 heures, soit près d'un quart du temps payé, ne sortiront sur aucune facture.

Le personnel de structure

  • Chargé d'affaires : 40 000 € de brut, soit 58 000 € de coût employeur
  • Secrétariat / ADV à mi-temps : 14 000 € de brut, soit 20 300 €
  • Dirigeant : 45 000 € de brut, soit 65 250 €

Total du personnel non productif : 143 550 € par an, qui rejoignent intégralement les frais généraux.

Les dépenses de structure

FamilleDétailPar moisPar an
Locaux et structureLoyer, énergie, entretien, alarme1 120 €13 440 €
Véhicules et matérielLeasing, carburant, entretien, assurance flotte, outillage, EPI3 300 €39 600 €
Assurances et taxesRC professionnelle, décennale, CFE, taxes580 €6 960 €
Administratif et gestionComptable, logiciels, télécom, banque, fournitures830 €9 960 €
Commercial et communicationSite, publicité, déplacements, formation, cotisations470 €5 640 €
Total 6 300 €75 600 €

Le résultat

  • Frais généraux totaux : 143 550 + 75 600 = 219 150 €/an, soit 18 263 € par mois
  • Frais généraux par heure productive : 219 150 ÷ 6 575 = 33,33 €/h
  • Coût main-d'œuvre par heure productive : 190 100 ÷ 6 575 = 28,91 €/h
  • Coût de revient d'une heure : 28,91 + 33,33 = 62,24 €/h, dont 54 % de frais généraux
  • Taux de frais généraux (sur 780 000 € de CA) : 28,1 %
  • Coefficient de frais généraux (sur 450 000 € de déboursé) : 1,49

Le chiffre qui frappe est le dernier pourcentage : dans cette entreprise, la structure coûte plus cher que la production elle-même. Une heure de technicien qui revient à 28,91 € tout compris doit être vendue au moins 62,24 € pour que l'entreprise rentre dans ses frais, et autour de 75 € pour dégager une marge de 20 %.

C'est précisément pour cela qu'un tarif horaire fixé « au marché » ou calé sur le salaire chargé conduit à travailler à perte sans jamais comprendre pourquoi. Pour transformer ce coût de revient en prix de vente, personne par personne, utilisez notre calculateur de taux horaire à facturer.

08 - L'actionRéduire ses frais généraux sans casser l'entreprise

Une fois le montant connu, la tentation est de couper. C'est rarement le bon réflexe : le levier le plus puissant n'est pas la dépense, c'est le dénominateur. Gagner 5 points d'heures productives fait baisser le coût horaire bien plus sûrement que renégocier l'abonnement téléphonique.

  1. Augmenter la part d'heures productives. Passer de 75 à 80 % de productivité sur cinq personnes, dans notre exemple, ajoute 440 heures vendables et fait tomber les frais généraux de 33,33 à 31,25 € de l'heure. Aucun poste de dépense ne donne ce résultat aussi vite.
  2. Réduire les trajets et les retours au dépôt. Regrouper géographiquement les interventions, préparer le matériel la veille, éviter le double passage : chaque heure de trajet économisée est une heure vendable gagnée. Voir : planifier les tournées de techniciens.
  3. Supprimer les ressaisies administratives. Rapport d'intervention repris à la main, devis retapé, heures pointées sur papier puis dans un tableur : c'est du temps non productif pur, et il se supprime par l'outil, pas par la discipline.
  4. Renégocier les postes récurrents. Assurances, leasing, télécom, abonnements logiciels : une revue annuelle systématique dégage couramment 5 à 10 % sur ces lignes. Faites-la à date fixe, pas quand la trésorerie serre.
  5. Dimensionner le parc de véhicules. C'est souvent le deuxième poste après la masse salariale non productive. Un camion de trop, c'est 6 000 à 9 000 € par an de loyer, carburant, entretien et assurance.
  6. Faire le tri dans les abonnements. Outils payés et non utilisés, doublons fonctionnels, licences pour des salariés partis : la revue est rapide et le gain immédiat.
  7. Améliorer le taux de conversion des devis. Chiffrer moins mais mieux, répondre plus vite, relancer : passer de 25 à 35 % de conversion réduit le coût commercial par affaire signée d'environ un tiers.
Les fausses économies. Trois postes coûtent presque toujours plus cher coupés que maintenus : l'outillage (temps perdu et casse), la formation (qualité et sécurité), et les assurances (un sinistre non couvert efface dix ans d'économies). Coupez ailleurs.

09 - Les pièges5 erreurs qui plombent la marge

1. Ne pas compter la rémunération du dirigeant

C'est l'erreur la plus fréquente et la plus coûteuse. Si votre rémunération n'est pas dans les frais généraux, elle n'est dans aucun prix de vente : vous financez l'entreprise au lieu d'être financé par elle.

2. Diviser par les heures payées

Répartir les frais généraux sur toutes les heures payées au lieu des seules heures vendables fait chuter le montant par heure de 20 à 25 %. Le calcul paraît raisonnable, et il manque un quart du besoin.

3. Compter deux fois les temps morts

Verser la part non productive du salaire des techniciens dans les frais généraux et diviser leur salaire complet par leurs heures productives revient à facturer deux fois les mêmes heures. Choisissez une convention et tenez-la.

4. Mélanger frais généraux et déboursé

Glisser des matériaux ou de la sous-traitance dans les frais généraux gonfle le coefficient et rend les devis non compétitifs. À l'inverse, oublier le carburant ou la décennale rend chaque chantier rentable sur le papier et l'entreprise déficitaire au bilan.

5. Calculer une fois et ne jamais recommencer

Un coefficient établi il y a quatre ans, avant deux embauches et un déménagement, ne décrit plus rien. Les frais généraux se recalculent à chaque bilan, et se suivent en cours d'année. C'est le rôle d'un suivi des dépenses centralisé : savoir en mars que la structure a déjà dérivé, pas en décembre.

10 - QuestionsFAQ : les frais généraux en clair

Qu'est-ce que les frais généraux dans le bâtiment ? +
Ce sont toutes les charges que l'entreprise supporte indépendamment des chantiers en cours, mais que ces chantiers doivent financer : local, véhicules, carburant, assurances, taxes, comptable, logiciels, téléphonie, communication, plus le coût employeur du personnel qui ne produit pas d'heures facturables. Règle de tri : une dépense qui resterait due même sans chantier est un frais général.
Comment calculer ses frais généraux ? +
On part du compte de résultat du dernier exercice, on isole les charges non rattachables à un chantier, on ajoute le coût employeur du personnel non productif, on retire ce qui relève du déboursé, puis on corrige des évolutions connues de l'année à venir. Le total est le montant annuel que l'activité doit absorber avant tout bénéfice.
Quelle différence avec le déboursé sec ? +
Le déboursé sec regroupe les coûts directement affectables à un chantier : matériaux posés, heures de main-d'œuvre productive, location de matériel spécifique, sous-traitance. Les frais généraux sont les coûts de structure, non affectables. Un chantier peut être rentable sur son déboursé sec et faire perdre de l'argent à l'entreprise si les frais généraux ne sont pas imputés.
Comment calculer le coefficient de frais généraux ? +
Coefficient = 1 + (frais généraux annuels ÷ déboursé annuel total). Avec 219 150 € de frais généraux et 450 000 € de déboursé, il vaut 1,49 : chaque euro de déboursé coûte 1,49 € à l'entreprise. Il s'applique au déboursé du chantier, avant le coefficient de marge.
Quel est un bon taux de frais généraux ? +
Il n'existe pas de norme. Les ordres de grandeur observés vont de 12 à 20 % du chiffre d'affaires pour un artisan peu structuré, à 20 ou 30 % pour une entreprise avec local, véhicules et administratif. L'essentiel n'est pas le niveau mais le fait qu'il soit connu, suivi et intégralement répercuté dans les prix.
Le salaire du dirigeant est-il un frais général ? +
Oui s'il ne produit pas d'heures facturables : sa rémunération chargée relève du coût de structure. S'il travaille aussi sur les chantiers, on découpe sa rémunération en deux : la part correspondant à ses heures productives est de la main-d'œuvre, le reste est un frais général.
Comment réduire ses frais généraux ? +
Le levier le plus efficace est la productivité : plus d'heures vendables, moins de trajets, moins de ressaisies. Viennent ensuite la renégociation annuelle des postes récurrents, le dimensionnement du parc de véhicules et le tri des abonnements. Évitez de couper dans l'outillage, la formation et les assurances : ces économies coûtent plus qu'elles ne rapportent.

11 - Pour conclureUn chiffre à connaître par cœur

Les frais généraux ne sont pas un sujet comptable : c'est le sujet qui décide si une année de travail se transforme en résultat ou en fatigue. Une entreprise qui connaît ses frais généraux par heure productive dispose d'un plancher clair sous lequel elle ne descend pas, quelle que soit la pression du client.

Trois chiffres suffisent à tenir le sujet : le montant annuel de vos frais généraux, votre nombre d'heures productives, et le montant par heure qui en découle. Recalculez-les à chaque bilan, comparez-les d'une année sur l'autre, et vérifiez qu'ils sont bien dans vos prix.

Le reste est une question de suivi : savoir en cours d'année où passent les heures et où partent les dépenses, plutôt que de le découvrir douze mois plus tard.

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À propos de l'auteur

Hedi

J'ai commencé ma carrière en dirigeant une entreprise de climatisation. Aujourd'hui, j'aide les artisans et les PME du bâtiment à mieux vivre leur entreprise en fournissant une solution web et mobile qui leur permet de gérer facilement leur entreprise.

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