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Minima conventionnels du BTP 2026 : ouvriers, ETAM et cadres

Les grilles de salaires minimaux du bâtiment, région par région pour les ouvriers et les ETAM, au niveau national pour les cadres : montants officiels, dates d'application, sources vérifiées, et pourquoi nous ne publions aucun indice de marché par région.

Hedi Marinier

Hedi Marinier

Publié le 11 août 2026

Un minimum conventionnel n'est pas un salaire de marché. C'est un plancher légal opposable, négocié par la branche du bâtiment, qui fixe le montant en dessous duquel un employeur ne peut pas descendre pour un coefficient donné. Le confondre avec ce que le marché paie réellement conduit à deux erreurs symétriques : sous-payer un poste en croyant respecter la loi, ou surestimer l'écart entre régions en imaginant que les minima suivent le coût de la vie. Cette page réunit les grilles ouvriers région par région, la grille ETAM, la grille cadres nationale, et explique pourquoi, après une recherche complète, nous ne publions aucun indice de marché par région : aucune source publique ne le permet honnêtement.

Minimum légal et salaire de marché

Deux notions se superposent en permanence dans le bâtiment, et les confondre coûte cher :

  • Le minimum conventionnel est un plancher opposable, négocié par accord de branche (régional pour les ouvriers et les ETAM, national pour les cadres), attaché à un coefficient précis. Un employeur ne peut pas payer en dessous, quelle que soit la tension du marché local.
  • Le salaire de marché est ce que les entreprises paient réellement pour recruter et retenir un profil, sur un métier et un bassin d'emploi donnés. Il reflète l'offre et la demande, pas un accord de branche.

Le premier est un point de départ juridique. Le second est ce qui détermine si vous recrutez ou non. Les deux évoluent sur des logiques complètement différentes, et rien ne garantit qu'ils bougent dans le même sens d'une région à l'autre.

Le fait qui résume tout le problème

Le haut de la grille conventionnelle francilienne est inférieur à celui de l'Occitanie. En position N4P2 (coefficient 270), la grille Île-de-France plafonne à 2 510 euros brut mensuel, quand la grille Occitanie atteint 2 547,01 euros. Un accord régional ne dit donc rien de ce qu'il faut réellement payer pour recruter à Paris plutôt qu'à Toulouse : sur le marché, l'écart de salaire réel entre l'Île-de-France et le reste du pays va dans l'autre sens, et il est nettement plus large. C'est précisément parce que les minima ne suivent pas le marché qu'il faut les distinguer, et c'est le sujet de toute cette page.

Île-de-France2 510 €/mois
Occitanie2 547,01 €/mois
0 €40 000 € brut annuel80 000 €

Le SMIC prime quand le minimum conventionnel lui est inférieur

Une grille conventionnelle n'est pas renégociée à chaque revalorisation du SMIC : c'est fréquent, ce n'est pas une erreur, et cela produit régulièrement des situations où le premier échelon d'une grille de branche tombe sous le SMIC en vigueur. Dans ce cas, c'est toujours le montant le plus élevé des deux qui s'applique de fait, quel que soit le texte affiché par l'accord de branche.

Le Grand Est en offre un exemple concret et daté. Sa grille, signée le 16 janvier 2025 et applicable depuis le 1er mars 2025, affiche un premier échelon N1P1 (coefficient 150) à 1 802,80 euros brut mensuel. Le SMIC brut mensuel en vigueur depuis le 1er juin 2026 est de 1 867,02 euros (12,31 euros/heure, base 151,67 heures). L'accord régional reste affiché à 1 802,80 euros faute de renégociation aboutie, mais c'est le SMIC qui prévaut de fait pour ce coefficient : aucun salarié à temps plein sur ce poste ne peut légalement être payé sous 1 867,02 euros. La négociation salariale 2026 du Grand Est a d'ailleurs échoué : la proposition patronale d'une revalorisation de 1 % a été refusée par les organisations syndicales, ce qui laisse la grille de mars 2025 en vigueur sans mise à jour à la date de publication de cette page.

Grilles ouvriers par région

Treize grilles régionales, une par région métropolitaine, pour les entreprises de plus de 10 salariés. Les positions vont de N1P1 (coefficient 150, premier échelon) à N4P2 (coefficient 270, ouvrier le plus qualifié), en salaire brut mensuel, base 35 heures hebdomadaires soit 151,67 heures par mois. Chaque montant a été lu littéralement sur sa page source ; pour neuf régions sur treize, une seconde lecture indépendante est venue confirmer la première.

Région Application N1P1 (150) N1P2 (170) N2 (185) N3P1 (210) N3P2 (230) N4P1 (250) N4P2 (270) Repère visuel
Auvergne-Rhône-Alpes 01/01/2026 1 824,00 €1 864,00 €1 909,00 €2 099,14 €2 277,47 €2 449,27 €2 597,13 €
Bourgogne-Franche-Comté
Donnée 2024, obsolète
01/06/2024 1 816,00 €1 840,00 €1 874,00 €2 051,00 €2 193,00 €2 335,00 €2 477,00 €
Bretagne 01/01/2026 1 863,43 €1 868,17 €1 917,70 €2 064,78 €2 234,67 €2 404,54 €2 574,41 €
Centre-Val de Loire 01/05/2026 1 823,00 €1 863,00 €1 907,00 €2 056,00 €2 175,00 €2 293,00 €2 412,00 €
Corse 01/04/2026 1 827,10 €1 870,60 €1 932,59 €2 100,92 €2 274,76 €2 448,60 €2 622,44 €
Grand Est
Grille 2025, en vigueur
01/03/2025 1 802,80 €1 864,76 €1 896,79 €2 101,77 €2 237,79 €2 394,78 €2 578,38 €
Hauts-de-France 01/01/2026 1 832,00 €1 857,00 €1 955,00 €2 111,00 €2 269,00 €2 469,00 €2 650,00 €
Île-de-France 05/02/2026 1 843,00 €1 855,00 €1 899,00 €2 038,00 €2 164,00 €2 292,00 €2 510,00 €
Normandie 01/04/2026 1 823,03 €1 845,73 €1 884,22 €2 065,63 €2 210,88 €2 380,23 €2 527,04 €
Nouvelle-Aquitaine 01/01/2026 1 838,24 €1 862,51 €1 912,56 €2 073,33 €2 229,55 €2 399,42 €2 560,19 €
Occitanie 01/05/2026 1 836,33 €1 851,80 €1 902,53 €2 084,90 €2 248,73 €2 380,10 €2 547,01 €
Pays de la Loire 01/03/2026 1 832,17 €1 850,37 €1 864,02 €2 064,23 €2 244,72 €2 425,20 €2 607,21 €
Provence-Alpes-Côte d'Azur 01/11/2024 1 837,80 €1 868,43 €1 975,12 €2 170,80 €2 340,59 €2 510,38 €2 680,18 €
DOM Guadeloupe, Martinique, Guyane, La Réunion, Mayotte : aucune source publique consultée ne permet de chiffrer une grille conventionnelle du bâtiment pour ces territoires. Nous l'écrivons explicitement plutôt que d'omettre la ligne en silence.

Repère visuel : segment N1P1 à N4P2, annualisé (montant mensuel x 12), sur une échelle commune de 0 à 80 000 euros brut annuel utilisée dans toute la collection. Remarquez que les treize segments sont presque superposables : c'est la démonstration visuelle que les minima conventionnels varient peu d'une région à l'autre, contrairement aux salaires de marché.

Sources : accords régionaux relatifs aux salaires minimums du bâtiment, IDCC 1596/1597, relayés par juristique.org, corroborés quand possible par le texte d'accord primaire ou une FFB/CAPEB régionale. Relevé et vérifié en août 2026.

Le cas particulier du bassin genevois

La Haute-Savoie, en particulier le bassin d'Annemasse et de Saint-Julien-en-Genevois, n'apparaît pas comme une ligne séparée dans le tableau ci-dessus : c'est un choix délibéré. D'une part, ce bassin d'emploi frontalier ne recouvre pas une région administrative, il n'a donc pas de grille conventionnelle qui lui soit propre : la grille applicable reste celle d'Auvergne-Rhône-Alpes. D'autre part, la proximité de la Suisse y crée une concurrence salariale hors norme : les entreprises suisses du bâtiment et de l'industrie recrutent au-delà de la frontière à des niveaux de rémunération sans commune mesure avec les grilles françaises, ce qui pousse les entreprises françaises du bassin à s'aligner sur des salaires de marché nettement supérieurs à la grille conventionnelle régionale pour retenir leurs équipes. Nous n'avons pas de chiffre vérifiable à publier pour cet écart, mais l'ignorer reviendrait à recommander une grille inadaptée aux entreprises de ce bassin précis.

Grille ETAM

La nomenclature ETAM (employés, techniciens et agents de maîtrise) du bâtiment va du niveau A au niveau H : il n'existe pas de correspondance directe avec les positions E1 à E5 parfois utilisées ailleurs. Trois grilles régionales ont été vérifiées pour cette page, choisies pour couvrir des situations contrastées : l'Île-de-France, et deux régions de province, Auvergne-Rhône-Alpes et Bretagne. Nous ne disposons pas des dix grilles ETAM régionales restantes à ce stade de la collection.

Région ABCD EFGH
Île-de-France 1 843 €1 932 €2 057 €2 239 €2 407 €2 841 €3 119 €3 357 €
Auvergne-Rhône-Alpes 1 834,00 €1 884,00 €1 994,18 €2 130,73 €2 377,33 €2 723,69 €2 993,52 €3 341,81 €
Bretagne 1 857 €1 943 €2 055 €2 191 €2 368 €2 699 €3 010 €3 354 €

Salaire brut mensuel, base 35 heures hebdomadaires, 151,67 heures par mois. Île-de-France : accord régional du 5 novembre 2025, IDCC 2609/2707, périmètre Île-de-France hors Seine-et-Marne ; applicable dès signature chez les adhérents des organisations signataires, l'arrêté d'extension au Journal officiel n'était pas encore intervenu au moment du relevé. Auvergne-Rhône-Alpes : accord du 14 janvier 2026, IDCC 2609, application au 1er janvier 2026. Bretagne : accord régional du 27 novembre 2025, IDCC 2609, application au 1er janvier 2026. Source : juristique.org, relevé en août 2026.

Grille cadres

Contrairement aux ouvriers et aux ETAM, la grille des ingénieurs, assimilés et cadres du bâtiment est nationale : un seul barème pour toute la France, fixé par l'avenant n° 78 du 19 janvier 2026 à la convention collective du 30 avril 1951 (IDCC 2420), applicable depuis le 1er février 2026. Il couvre les coefficients 60 à 162, avec une revalorisation moyenne de 1,20 % sur l'ensemble de la grille.

CoefficientBrut mensuel (base 169 h)Équivalent brut annuel
602 356 €28 272 €
652 553 €30 636 €
702 740 €32 880 €
752 853 €34 236 €
803 036 €36 432 €
853 197 €38 364 €
903 353 €40 236 €
953 504 €42 048 €
1003 622 €43 464 €
1033 693 €44 316 €
1083 827 €45 924 €
1204 145 €49 740 €
1304 411 €52 932 €
1625 472 €65 664 €

Source : avenant n° 78 du 19 janvier 2026 relatif aux appointements minimaux des ingénieurs, assimilés et cadres du bâtiment, IDCC 2420, relayé par juristique.org. Vérifié deux fois par lecture directe et corroboré par deux sources indépendantes (skello.io et batimattp-cftc.fr, source syndicale signataire), concordantes sur le coefficient 100 à 3 622-3 623 euros mensuels. Relevé en août 2026.

Notre méthode de pondération régionale

C'est la section la plus importante de cette page, et probablement de toute cette collection. Nous voulions, en plus des minima conventionnels ci-dessus, publier un indice de marché par région : un coefficient qui aurait permis de dire, par exemple, qu'un plombier confirmé vaut 15 % de plus à Paris qu'en moyenne nationale. Nous avons cherché sérieusement. Nous n'avons pas trouvé de base assez solide pour le publier, et nous expliquons ici exactement pourquoi, avec le détail complet de la tentative.

Ce que nous avons écarté, et pourquoi

  • Les indices régionaux de la FFB. Ce sont des indices d'évolution, base 100 en octobre 1979 : ils mesurent une progression dans le temps pour une même région, pas un niveau de salaire comparable entre régions à un instant donné. Un indice à 145 en région A et 152 en région B ne dit rien sur qui paie le plus aujourd'hui, seulement que les salaires de la région B ont progressé un peu plus vite depuis 1979.
  • L'écart de salaire INSEE tous secteurs confondus. L'INSEE publie bien des écarts de salaire moyen entre régions, mais tous secteurs confondus : ce chiffre est massivement tiré vers le haut, en Île-de-France notamment, par la concentration des sièges sociaux, des postes de cadres, de la finance et du numérique. Il mesure un effet de composition de l'emploi régional, pas un écart à métier et à qualification identiques dans le bâtiment. L'appliquer aux minima du bâtiment aurait revenu à prêter au maçon de Seine-Saint-Denis l'écart salarial d'un trader de la Défense.
  • Les coefficients de pondération publiés par certains outils RH et simulateurs de salaire, parfois au centième près, sans que la méthodologie ni les données sources ne soient jamais rendues publiques. Un chiffre que l'on ne peut pas vérifier en remontant à sa source n'est pas une donnée, c'est une affirmation : nous ne le reprenons pas, quelle que soit sa précision apparente.

Le protocole que nous avons exécuté

Faute d'indice existant fiable, nous avons tenté d'en construire un nous-mêmes, à partir d'un échantillon test de six métiers représentatifs de la collection : frigoriste, électricien du bâtiment, plombier, maçon, conducteur de travaux, technicien CVC. Le principe : comparer, pour chaque métier, une vraie médiane de salaire par ville sur au moins deux agrégateurs indépendants, afin d'en dériver un ratio Paris/province et un ratio par grande zone. Nous avions fixé à l'avance un seuil d'abandon strict : si moins de quatre métiers sur six disposaient d'une médiane par ville réellement exploitable, nous ne publierions aucun indice plutôt que d'en forcer un sur une base insuffisante.

Le terrain n'a pas confirmé l'hypothèse de départ. HelloWork publie une vraie médiane (le mot « médian » figure littéralement sur ses pages), mais uniquement aux mailles nationale et régionale : aucune page consultée ne descend à la ville. Indeed publie un chiffre à la maille ville, mais c'est une moyenne, jamais un médian, et l'échantillon par ville est parfois très faible, de 18 à 223 déclarations selon les cas. Une recherche complémentaire sur Glassdoor et Payscale n'a fait remonter que des moyennes nationales ou des pages non spécifiques au bâtiment. Résultat : zéro métier sur six dispose d'une véritable médiane par ville. Le seuil d'abandon que nous nous étions fixé est franchi dans le sens le plus défavorable possible.

Le tableau de dérivation complet

Plutôt que de le résumer, nous publions le tableau tel qu'il a été constitué, métier par métier, source par source, avec les URL consultées.

Métier Source National Paris / IDF Villes de province relevées Ratio Paris/national Ratio province/national
Frigoriste Indeed (moyenne, par ville), fr.indeed.com 2 349 €/mois (4 700 décl.) Paris 2 543 €/mois (158 décl.) Rouen 3 117 € (36) ; Montpellier 2 832 € (119) ; Nice 2 531 € (212) ; Bordeaux 2 509 € (223) 1,083 1,169
Frigoriste HelloWork (médiane, par région), hellowork.com 27 500 €/an Île-de-France 32 500 €/an n/a (pas de ville) 1,182 (IDF/national) n/a
Électricien (bâtiment) Indeed (moyenne, par ville), fr.indeed.com 13,14 €/h (3 300 décl.) Paris 12,31 €/h (38 décl., -6 % affiché par Indeed) Bordeaux 14,22 € (42) ; Annecy 14,21 € (28) ; Montpellier 14,18 € (36) ; Dijon 14,10 € (18) ; Nantes 14,09 € (53) 0,937 1,077
Électricien HelloWork (médiane, par région), hellowork.com 24 570 €/an Île-de-France 27 300 €/an n/a 1,111 (IDF/national) n/a
Plombier Indeed (moyenne, par ville), fr.indeed.com 3 105 €/mois (4 400 décl.) Paris 2 010 €/mois (161 décl.) Toulouse 3 255 € (63) ; Montpellier 3 247 € (104) ; Nice 3 224 € (48) ; Saint-Lô 3 215 € (80) ; Bordeaux 3 210 € (64) 0,647 1,040
Plombier HelloWork (médiane, par région), hellowork.com 24 570 €/an Île-de-France 26 160 €/an n/a 1,065 (IDF/national) n/a
Maçon Indeed (moyenne, par ville), fr.indeed.com 13,25 €/h (7 900 décl.) Paris 12,31 €/h (40 décl., -7 % affiché par Indeed) Granville 14,67 € (231) ; Lyon 14,09 € (23) ; Bordeaux 14,02 € (61) ; Toulouse 13,80 € (108) 0,929 1,068
Maçon HelloWork (médiane, par région), hellowork.com 24 460 €/an Île-de-France 25 000 €/an n/a 1,022 (IDF/national) n/a
Conducteur de travaux Indeed (moyenne, par ville), fr.indeed.com 39 820 €/an (14 500 décl.) Paris 43 156 €/an (410 décl.) Lyon 41 755 € (213) ; Marseille 41 111 € (116) ; Bordeaux 40 761 € (210) ; Reims 40 608 € (92) 1,084 1,031
Conducteur de travaux HelloWork (médiane, par région), hellowork.com 37 500 €/an Île-de-France 42 000 €/an n/a 1,120 (IDF/national) n/a
Technicien CVC Indeed (moyenne, par ville), fr.indeed.com 33 528 €/an (2 100 décl.) Paris 35 127 €/an (152 décl.) Toulouse 38 846 € (63) ; Lyon 36 578 € (52) ; Rennes 35 896 € (36) ; Marseille 35 202 € (49) 1,048 1,093
Technicien CVC HelloWork (médiane, par région), hellowork.com 26 900 €/an Île-de-France 28 400 €/an n/a 1,056 (IDF/national) n/a

Toutes les données ci-dessus ont été relevées et vérifiées en août 2026, par lecture directe de la page citée.

La contradiction du plombier

Sur trois des six métiers testés, électricien, plombier et maçon, Indeed place Paris en dessous de la moyenne nationale, jusqu'à 35 % de moins pour le plombier, un écart affiché par Indeed lui-même sur sa propre page (2 010 euros à Paris contre 3 105 euros de moyenne nationale). Au même moment, sur ce même métier, HelloWork place l'Île-de-France 6,5 % au-dessus du national (26 160 contre 24 570 euros par an). Les deux sources, consultées le même mois, racontent l'histoire inverse l'une de l'autre sur le même métier. Seul le conducteur de travaux montre une cohérence entre les deux sources, sur les échantillons Indeed les plus solides du lot (410 et 14 500 déclarations). C'est cette contradiction, pas un simple manque de données, qui interdit de trancher entre les deux sources pour construire un indice.

Ce que nous publions à la place, et pourquoi c'est délibéré

Nous ne publions aucun indice de marché par région dans cette collection. Même si le seuil de quatre métiers sur six avait été atteint, le résultat serait resté un indice, c'est-à-dire un coefficient moyen dérivé d'un échantillon de six métiers, pas une mesure directe : il n'aurait pas distingué un métier d'un autre au sein d'une même région, et il n'aurait de toute façon jamais couvert les départements et régions d'outre-mer, pour lesquels aucune des deux sources ne publie de données. Publier une moyenne de moyennes présentée comme une médiane fiable aurait été pire que de ne rien publier.

Ce que nous publions à la place, sur cette page comme sur chaque fiche métier de la collection, ce sont deux informations vérifiées et rien d'autre : la région et son minimum conventionnel réel, tel qu'il figure dans les grilles ci-dessus. Pas de colonne indice, pas de fourchette régionale ajustée. C'est un choix éditorial assumé : une case vide honnête vaut mieux qu'un chiffre invérifiable, et un site qui le dit vaut plus, pour un dirigeant qui recrute, qu'un site qui affiche un coefficient au centième près sans jamais montrer d'où il vient.

Un découpage en trois zones (Île-de-France, métropoles tendues, reste du territoire) avait été préparé pour porter les trois valeurs de cet indice. Il n'est pas publié ici : sans indice à porter, ce zonage ne débouche sur aucun chiffre, et l'afficher quand même laisserait croire à un usage qu'il n'a pas.

Comment les agrégateurs de salaires fabriquent leurs grilles

Cette collection a d'abord été publiée en reprenant les fourchettes de plusieurs agrégateurs de salaires. En août 2026 nous avons rouvert chaque page citée, une par une, pour vérifier que le montant que nous affichions y figurait vraiment. Ce contrôle a produit un résultat que nous n'attendions pas et que nous publions ici parce qu'il concerne quiconque consulte ces sites : aucune des sources accessibles ne mesure un salaire du bâtiment par niveau d'ancienneté. Elles le calculent.

La preuve par les coefficients

Nous avons relevé les quatre niveaux d'ancienneté affichés par HelloWork pour 49 métiers, puis calculé le rapport de chaque niveau au salaire d'entrée. Les 49 métiers, du manœuvre au directeur général, donnent exactement le même jeu de coefficients, à quatre décimales.

Niveau affichéCoefficient appliqué au salaire d'entréeNombre de métiers relevés
Juniorx 1,058849 sur 49
Confirméx 1,352949 sur 49
Seniorx 1,564749 sur 49

Relevé le 12 août 2026 sur les fiches salaires de hellowork.com, section « L'évolution salariale selon l'expérience ». Vérifiable en quelques minutes : prenez le montant « sans expérience » de n'importe quel métier, multipliez-le par 1,3529, vous obtenez le montant « confirmé » affiché.

Un seul paramètre varie donc d'un métier à l'autre, le salaire d'entrée. Et il ne varie même pas toujours : 17 fiches de métiers différents n'affichent que 6 grilles distinctes.

Grille affichée (entrée / junior / confirmé / senior)Fiches métier distinctes qui affichent cette grille
20 884 / 22 113 / 28 255 / 32 678 €chauffagiste, coffreur, couvreur, électricien, plombier, plombier-chauffagiste (6)
19 044 / 20 164 / 25 765 / 29 798 €manœuvre, ouvrier polyvalent, ramoneur (3)
20 791 / 22 014 / 28 128 / 32 531 €maçon, serrurier (2)
22 100 / 23 400 / 29 899 / 34 580 €assistant technique, secrétaire technique (2)
25 415 / 26 910 / 34 385 / 39 767 €cuisiniste, technicien piscine (2)
26 520 / 28 080 / 35 880 / 41 496 €chef d'équipe BTP, technicien pompe à chaleur (2)

Un chauffagiste, un coffreur, un couvreur, un électricien et un plombier auraient le même salaire à l'euro près, aux quatre niveaux d'ancienneté. Un ramoneur gagnerait exactement ce que gagne un manœuvre. Ce ne sont pas des mesures, ce sont des compartiments.

Un site qui se contredit lui-même

Un autre agrégateur, travail-industrie.com, publie trois pages différentes pour le même métier au même niveau d'ancienneté, avec trois fourchettes différentes.

Page consultée, serrurier-métallier confirméFourchette affichée
/simulateur-salaire/btp-genie-civil/serrurier-metallier/confirme26 000 - 34 000 €
/simulateur-salaire/btp-genie-civil/serrurier-metallier-btp/confirme28 000 - 36 000 €
/simulateur-salaire-resultat/metallier-serrurier/btp/confirme30 000 - 40 000 €

Les deux premières portent des descriptions de poste quasi identiques. Le même dédoublement existe sur l'étanchéiste, le peintre en bâtiment et le menuisier. Ce site couvre 783 métiers sur 19 secteurs, applique un écart régional forfaitaire de +15 % en Île-de-France et -10 % en province quel que soit le métier, et ne publie aucun échantillon. Nous l'avons écarté de toute la collection.

Des données de 2021 sous un titre 2026

Batiactu Emploi est la seule source que nous ayons trouvée à publier une progression réellement différenciée métier par métier. Mais le bas de ses pages, titrées « salaire 2026 », indique littéralement : « Les données de l'édition 2021 des salaires du BTP sont issues des offres d'emploi publiées sur Batiactu Jobs ou communiquées par des recruteurs. » Ces montants ont cinq ans. Nous les citons toujours, en écrivant systématiquement leur millésime.

Ce que nous avions nous-mêmes écrit de faux

Cette collection a affirmé pendant quelques jours que « 24 métiers voyaient les agrégateurs publier un salaire d'embauche illégal ». C'était faux, et l'erreur venait de nous. Nous comparions des montants relevés sur des données anciennes au plancher légal de 2026. Le SMIC valait 1 554,58 euros brut mensuel de janvier à septembre 2021, puis 1 589,47 euros, soit 18 655 puis 19 074 euros annuels. Un maçon débutant relevé à 19 822 euros par Batiactu était donc au-dessus du plancher légal de son millésime, de 4 à 6 %.

Le constat exact, que nous maintenons parce qu'il est plus utile, est celui-ci : les agrégateurs publient des relevés périmés sous un millésime courant. Un employeur qui calerait de bonne foi une offre sur ces montants proposerait aujourd'hui un salaire inférieur au SMIC. C'est ce que signale le marqueur ambre sur nos pages, et rien d'autre.

La règle que nous appliquons depuis

Le critère « le montant figure littéralement dans la page citée » garantit l'honnêteté de la citation, pas la valeur du nombre : un générateur le satisfait sans difficulté. Nous y avons donc ajouté une question sur la source elle-même, celle que cette page posait déjà pour les indices régionaux : déclare-t-elle une base de mesure, c'est-à-dire un échantillon, une période et une origine ?

NiveauCe que nous en faisons
1. OpposableGrilles conventionnelles de branche, avec texte, date et coefficient. C'est le socle de cette collection.
2. MesuréLa source nomme son origine et sa période : Insee, FCGA, Hays, Michael Page relayés par le Journal du Net, Batiactu Emploi, l'Apec. Utilisé en indiquant le millésime.
3. Répété ou généréAucune base de mesure déclarée, ou montants manifestement calculés. Jamais source unique. Quand c'est le seul relevé disponible, la page le publie en affichant la méthode, comme ci-dessus.

C'est pourquoi chaque page métier de cette collection porte, sous son tableau, un encadré qui explique comment sa source construit sa grille. Nous préférons publier un chiffre discutable en disant pourquoi il est discutable, plutôt qu'un chiffre rond sans provenance.

Questions fréquentes

Le SMIC est le plancher légal, unique et national, revalorisé par l'État : 1 867,02 euros brut mensuel depuis le 1er juin 2026. Le minimum conventionnel est un plancher distinct, négocié par la branche du bâtiment, qui varie par région et par coefficient. Les deux sont des planchers différents et c'est toujours le plus élevé des deux qui s'applique : quand une grille conventionnelle affiche un montant inférieur au SMIC, comme le premier échelon du Grand Est en 2026, c'est le SMIC qui prévaut de fait.

Non pour les ouvriers et les ETAM, dont les grilles sont négociées région par région et publiées par accord régional. Oui pour les cadres, dont la grille est nationale, fixée par un avenant unique à la convention collective des ingénieurs, assimilés et cadres du bâtiment. Mais l'écart entre régions reste modeste : sur les treize grilles ouvriers relevées, le haut de la grille francilienne est même inférieur à celui de l'Occitanie, alors que les salaires de marché parisiens sont, eux, nettement supérieurs.

Le salarié peut réclamer un rappel de salaire devant le conseil de prud'hommes, sur une période pouvant remonter jusqu'à trois ans, majoré le cas échéant de dommages et intérêts. L'inspection du travail peut également constater l'infraction lors d'un contrôle. Payer sous le minimum conventionnel n'est jamais une simple question de négociation individuelle : c'est un plancher opposable, pas un point de départ de discussion.

Chaque région a son propre calendrier de négociation et sa propre date d'application, sans coordination entre elles : de novembre 2024 pour la grille la plus ancienne encore en vigueur (Provence-Alpes-Côte d'Azur) à mai 2026 pour la plus récente (Occitanie). Il n'existe pas de date unique de revalorisation pour le bâtiment, contrairement au SMIC. Chaque tableau de cette page indique la date d'application propre à sa grille.

Aller plus loin

Ces grilles fixent un plancher, pas une politique de rémunération. Pour construire une offre qui recrute réellement, voyez aussi :

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À propos de l'auteur

Hedi

J'ai commencé ma carrière en dirigeant une entreprise de climatisation. Aujourd'hui, j'aide les artisans et les PME du bâtiment à mieux vivre leur entreprise en fournissant une solution web et mobile qui leur permet de gérer facilement leur entreprise.

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