Réglementation

Éco-participation bâtiment : qui la paie, qui doit l'afficher, et ce qui change au 1er janvier 2027

Vous la payez sur presque toutes vos factures d'achat depuis mai 2023, sans jamais avoir signé quoi que ce soit. Vous ne savez pas si vous devez la refacturer, ni si vous avez le droit de marger dessus. Ce guide répond aux deux questions, montre le calcul sur un chantier réel, et explique pourquoi le vrai coût de la filière REP PMCB ne se trouve pas là où tout le monde le cherche. Écrit pour les dirigeants d'entreprises du bâtiment, de la maintenance et du CVC, de 1 à 100 salariés.

Hedi Marinier, fondateur d'InterFast
Hedi Marinier Publié le 28 août 2026
14 min de lecture Réglementation

Un plombier reçoit sa facture de fournitures : 4 180 € HT, et tout en bas une ligne à 26,40 € intitulée « éco-participation REP PMCB ». Il appelle son comptable, qui ne sait pas. Il appelle son distributeur, qui lui répond « c'est obligatoire ». Il ne la refacture pas, parce qu'il ne sait pas s'il en a le droit. Il vient de faire, sans le savoir, à peu près le seul choix qui lui coûte de l'argent.

L'éco-participation est le plus petit poste de vos factures d'achat et le plus mal compris. Petit parce qu'il se compte en centimes par produit. Mal compris parce que trois notions différentes portent presque le même nom, que la loi ne dit pas ce que la moitié du web lui fait dire, et que la filière est en pleine refondation : les textes qui la réécrivent sont attendus au Journal officiel dans les jours qui viennent, pour une première entrée en vigueur au 1er septembre 2026.

Ce guide sépare ce qui est obligatoire de ce qui ne l'est pas, nomme les deux cas où une entreprise de travaux devient elle-même redevable, et pose le calcul sur un chantier. Il montre surtout où se trouve le vrai coût de la filière pour votre entreprise : pas dans la ligne à 26,40 €, mais dans ce qui vous attend au 1er janvier 2027.

À qui s'adresse ce guide. Aux dirigeants d'entreprises du bâtiment, de la maintenance et du génie climatique qui achètent des matériaux et établissent des devis. Vous n'avez pas besoin d'être comptable : chaque terme est défini à l'endroit où il apparaît, et un glossaire ferme l'article.
+82 %
la hausse du barème Valobat sur les sols PVC au 1er juillet 2025, dénoncée par la CAPEB
1,5 t
le plafond de reprise sans frais de vos déchets triés, régime transitoire qui s'arrête le 31 décembre 2026
7 500 €
l'amende maximale par unité ou par tonne pour qui aurait dû adhérer à un éco-organisme et ne l'a pas fait

01 - La confusion à leverÉco-contribution, éco-participation, mention déchets : trois choses différentes

L'éco-contribution est ce que le fabricant verse à son éco-organisme. L'éco-participation est ce que ce même fabricant vous refacture sur sa facture. La mention déchets est une obligation d'information qui pèse sur votre devis client et n'a aucun rapport avec les deux premières. Confondre ces trois notions est l'erreur d'origine dont découlent toutes les autres.

Le mécanisme vient de la loi AGEC du 10 février 2020, qui a créé une filière à responsabilité élargie du producteur pour les produits et matériaux de construction du bâtiment, la filière REP PMCB. Le principe : celui qui met un matériau sur le marché français finance la collecte et le traitement de ce matériau quand il devient un déchet. Le décret n° 2021-1941 du 31 décembre 2021 en fixe le cadre, et les éco-contributions s'appliquent aux matériaux depuis le 1er mai 2023.

NotionQui la supporteFondementCe qu'elle vous impose
Éco-contribution Le metteur sur le marché, versée à son éco-organisme
Fabricant, importateur, distributeur sous marque propre
Loi AGEC, décret n° 2021-1941 Rien, sauf si vous êtes vous-même metteur sur le marché
Éco-participation Vous, quand votre fournisseur vous la répercute Article R.543-290-3 du code de l'environnement La payer. Rien ne vous oblige à la réafficher
Mention déchets du devis Votre client, informé par vous Décret n° 2020-1817 du 29 décembre 2020 Quantités estimées, modalités d'enlèvement, points de collecte, coûts associés

État du droit au 28 août 2026.

En clair. Le metteur sur le marché est celui qui introduit le produit sur le marché français pour la première fois. Le fabricant qui produit en France, l'importateur qui achète à l'étranger, et le distributeur qui vend sous sa propre marque. Le revendeur d'un produit déjà mis sur le marché, lui, ne l'est pas.

La mention déchets, elle, est en vigueur depuis le 1er juillet 2021 et s'applique à tous vos devis de construction, de rénovation, de démolition et de jardinage, sans seuil de montant ni de taille d'entreprise. Elle exige quatre informations : l'estimation de la quantité totale de déchets, les modalités de gestion et d'enlèvement, les points de collecte identifiés par raison sociale et adresse, et l'estimation des coûts associés. Beaucoup d'entreprises croient être en règle sur ce point parce qu'elles affichent une éco-participation : c'est faux, ce sont deux obligations sans rapport. Voir la fiche Devis BTP : mentions obligatoires et valeur juridique pour la liste complète.

02 - Le redevableVous n'êtes probablement pas redevable - sauf dans deux cas précis

Une entreprise de travaux qui achète ses matériaux chez un distributeur français n'est pas metteur sur le marché : elle n'a pas à adhérer à un éco-organisme, pas de déclaration trimestrielle à faire, pas d'identifiant unique à porter sur ses documents. Elle paie l'éco-participation dans le prix de ses fournitures, point. Deux situations font pourtant basculer une entreprise de travaux du côté des redevables, et elles sont plus fréquentes qu'on ne le croit.

Cas n° 1 : vous importez directement

Acheter à l'étranger fait de vous un producteur au sens de la REP PMCB. L'important est de comprendre que « l'étranger » ne signifie pas « hors Union européenne » : commander des menuiseries en Belgique, des radiateurs en Italie ou du carrelage en Espagne suffit. L'entreprise qui importe est le premier à introduire ces produits sur le marché français, donc le redevable. Une seule échappatoire : si votre fournisseur étranger a lui-même adhéré volontairement à un éco-organisme français, il vous décharge de cette responsabilité. Vérifiez-le par écrit avant votre première commande, pas après.

Cas n° 2 : vous fabriquez

Le menuisier qui assemble ses propres ensembles vitrés, le métallier qui fabrique des garde-corps, le fabricant de plans de travail sur mesure : dès lors que l'entreprise produit un matériau de construction destiné à être intégré durablement au bâtiment, elle est metteur sur le marché de ce matériau. C'est le cas le plus souvent ignoré, parce que le dirigeant se voit comme un artisan poseur, pas comme un industriel.

Le piège du « on verra plus tard ». Les articles L.541-9-5 et L.541-9-6 du code de l'environnement prévoient une amende administrative pouvant atteindre 7 500 € par unité ou par tonne de produit mis sur le marché, assortie d'une astreinte pouvant atteindre 20 000 € par jour jusqu'à régularisation. Le calcul se fait par produit, pas par entreprise : sur une seule commande de menuiseries importées, l'ordre de grandeur dépasse largement le coût de l'adhésion.

Si vous êtes dans l'un de ces deux cas, l'adhésion se fait auprès de l'un des quatre éco-organismes agréés. Le choix dépend de la catégorie de vos produits.

Éco-organismeCatégorie couverteMatériaux concernés
EcominéroCatégorie 1Minéraux inertes : béton, granulats, terre cuite, pierre
EcomaisonCatégorie 2Bois, plâtre, plastiques, isolants, menuiseries
ValdeliaCatégorie 2Bois, métal, plastiques, produits d'aménagement
ValobatCatégories 1 et 2Périmètre le plus large des quatre

Agréments délivrés en octobre 2022. Les barèmes sont propres à chaque éco-organisme et révisés chaque année.

03 - L'ordre de grandeurCombien coûte réellement l'éco-participation, et pourquoi elle a flambé

Sur un produit pris isolément, l'éco-participation se compte en centimes : quelques dizaines de centimes sur un châssis de fenêtre, quelques centimes au mètre carré sur une plaque de plâtre. Rapportée à un chantier de rénovation courant, elle pèse une fraction de point du montant des fournitures. Ce n'est pas son montant qui a mis la filière en crise, c'est sa trajectoire.

Les éco-organismes ont collecté beaucoup plus de déchets que ce que leurs barèmes finançaient. Valobat annonce près de 3 millions de tonnes collectées en 2025, soit trois fois le volume de 2024. Ecominéro justifie de son côté la révision de son barème catégorie 1 applicable au 1er août 2026 par une hausse de 43 % des volumes collectés et recyclés en 2025. Face à ce décalage, les barèmes ont été relevés brutalement.

Famille de produitsHausse du barème Valobat au 1er juillet 2025
Sols PVC+82 %
Sols linoléum+73 %
Isolants+30 % à +74 %
Fenêtres et fenêtres de toit+58 %
Escaliers+52 %

Hausses dénoncées par la CAPEB le 26 mars 2025, qui a demandé leur suspension. Une nouvelle hausse annoncée en avril 2026 sur les filières matures a conduit la FFB à réclamer un gel immédiat.

Ces pourcentages s'appliquent à des montants unitaires faibles : +82 % sur quelques centimes reste quelques centimes. Mais ils s'appliquent à tous vos achats, tous les ans, et surtout ils traduisent un déséquilibre que la réforme corrige d'une façon qui, elle, va vous coûter beaucoup plus cher. Nous y venons en section 06.

Ce qu'il faut retenir. Les barèmes 2026 sont explicitement présentés comme indicatifs et provisoires par les éco-organismes eux-mêmes. Ne construisez aucun prix de vente long terme dessus : reportez le montant réel lu sur chaque facture d'achat, chantier par chantier.

04 - L'obligation réelleDevez-vous faire apparaître l'éco-participation sur votre devis ?

Non, si vous achetez vos matériaux en France. L'obligation d'afficher l'éco-participation et de la répercuter sans réfaction ni marge pèse sur le metteur sur le marché, pas sur l'entreprise de travaux qui lui achète. C'est l'inverse de ce que laissent entendre la plupart des articles sur le sujet, et c'est la question qui revient le plus souvent.

L'article R.543-290-3 du code de l'environnement, créé par le décret n° 2021-1941 et en vigueur depuis le 1er janvier 2022, encadre la répercussion opérée par le producteur : il prévoit que le contrat type conclu avec l'éco-organisme peut imposer au producteur de préciser dans ses conditions générales de vente que cette part du coût est répercutée sans possibilité de réfaction. Autrement dit : votre fournisseur ne peut pas vous accorder de remise sur cette part, et il doit la faire apparaître. Vous, en aval, êtes libre.

Cette liberté vous laisse trois façons de traiter l'éco-participation sur votre devis client.

TraitementCommentQuand le choisir
Ligne par articleUne éco-participation portée sur chaque ligne de fourniture concernéeMarchés publics, clients professionnels, appels d'offres où le détail est exigé
Ligne globaleUne seule ligne « éco-participation REP PMCB » en bas du devisLe meilleur compromis pour la plupart des chantiers de particuliers
Incluse dans le prixAbsorbée dans le prix unitaire de vos fournitures, invisible pour le clientJamais par défaut : à ne faire que si vous avez sciemment intégré ce coût dans vos prix de vente

Rendre l'éco-participation visible n'est pas un geste administratif, c'est un argument. Elle matérialise une hausse de prix que vous subissez sans l'avoir décidée, et qu'un client qui compare deux devis attribuera sinon à votre marge. Le raisonnement est le même que pour la ligne de gestion des déchets : ce que vous n'affichez pas, le client suppose que vous l'avez inventé. C'est aussi une manière de protéger votre marge brute : un coût affiché est un coût transmis, un coût invisible finit dans le déboursé sec que personne ne relit.

Une ligne d'éco-participation, pas un tableau Excel de plus

Sur InterFast, vous ajoutez une éco-participation sur les articles de votre devis qui en portent une : son montant est repris dans le total et apparaît sur le document remis au client, avec la mention de gestion des déchets et la mention de TVA.

Voir le logiciel de devis La bibliothèque d'articles

05 - Le calculRépercuter ou absorber : le calcul complet sur un chantier

Répercuter l'éco-participation ne consiste pas à appliquer un pourcentage : il faut relever le montant réellement facturé par chaque fournisseur et le reporter tel quel. Voici le calcul sur un chantier de remplacement de menuiseries, avec une TVA à 10 % au titre des travaux de rénovation.

Éco-participation du chantier = somme des éco-participations lues sur vos factures d'achat Aucun pourcentage à appliquer, aucun barème à recalculer : le montant est déjà porté ligne à ligne par vos fournisseurs, il suffit de le reporter.
PosteDétailMontant HT
Fenêtres alu8 châssis à 620,00 €4 960,00 €
Quincaillerie et accessoiresForfait410,00 €
Main-d'œuvre pose24 h à 52,00 €1 248,00 €
Dépose et évacuationForfait380,00 €
Éco-participation REP PMCBRelevée sur les factures fournisseurs31,40 €
Total HT7 029,40 €
TVA 10 %Taux réduit, travaux de rénovation702,94 €
Total TTC7 732,34 €

Exemple. Le montant d'éco-participation dépend du barème de l'éco-organisme auquel adhère chaque fabricant : reportez celui de vos propres factures.

L'éco-participation représente ici 0,45 % du total HT. Prise isolément, la somme est dérisoire. Rapportée à l'année, elle cesse de l'être : une entreprise qui réalise 40 chantiers de ce calibre et n'affiche jamais l'éco-participation absorbe 1 256 € de coût d'achat, soit l'équivalent d'une journée de chiffre d'affaires offerte, sans qu'aucun client ne l'ait demandé.

Notez que l'éco-participation est comprise dans la base d'imposition à la TVA, au sens de l'article 267 du code général des impôts : elle suit le taux de l'opération, ici 10 %. Elle n'est pas une taxe qu'on ajouterait après la TVA. Sur les taux applicables à vos travaux, voir la fiche TVA bâtiment : taux applicables et règles.

Erreur classique. Appliquer un pourcentage forfaitaire d'éco-participation à tous vos devis, du type « 0,5 % des fournitures ». Les barèmes sont par produit et par éco-organisme, pas par euro dépensé : un chantier d'isolation et un chantier de gros œuvre n'ont rien de comparable. Un forfait vous fait sous-facturer les uns et sur-facturer les autres, et rend la ligne indéfendable si un client la conteste.

06 - La contrepartieLe vrai coût arrive : la reprise sans frais s'arrête le 31 décembre 2026

La contrepartie de l'éco-participation que vous payez, c'est la reprise sans frais de vos déchets de chantier triés, dans la limite de 3 m³ ou 1,5 tonne par dépôt, sur les points de collecte partenaires de la filière. Ce régime a toujours été transitoire. Il s'arrête le 31 décembre 2026, et c'est là que se trouve l'impact financier réel de la réforme pour votre entreprise.

Le scénario retenu par le gouvernement le 19 février 2026 distingue deux familles de matériaux. Les matériaux dits matures - inertes, métaux, bois, puis le plâtre - disposent déjà de filières de valorisation qui fonctionnent : l'analyse retenue est qu'ils n'ont plus besoin du soutien de la REP. Ils sortiraient du dispositif de reprise sans frais au 1er janvier 2027, en ne conservant qu'un soutien forfaitaire de 2 € par tonne pour les opérations de tri et de traçabilité. Les matériaux non matures - laines minérales, plastiques, composites, huisseries - continueraient de bénéficier d'une prise en charge des coûts de collecte séparée et de traitement.

Ce qui changeJusqu'au 31 décembre 2026À partir du 1er janvier 2027
Gravats et inertesRepris sans frais si triés, dans la limite de 3 m³ ou 1,5 tSortis de la reprise sans frais : soutien de 2 €/t au tri et à la traçabilité
Bois et métauxRepris sans frais si triésSortis de la reprise sans frais
PlâtreRepris sans frais si triéBascule prévue vers les matériaux matures
Laines minérales, plastiques, huisseriesRepris sans frais si triésPrise en charge maintenue : collecte séparée et traitement financés
Éco-contribution correspondanteBarèmes 2026, indicatifs et provisoiresBaisse attendue sur les matériaux matures

D'après les projets de décret et d'arrêté soumis à consultation publique du 23 avril au 19 mai 2026. Textes non publiés au 28 août 2026.

L'arbitrage est simple à formuler : vous paierez moins d'éco-participation sur vos achats de matériaux matures, et vous paierez le traitement de ces mêmes matériaux en fin de chantier. Pour une entreprise de démolition, de maçonnerie ou de rénovation lourde, qui produit surtout des inertes, le solde risque d'être franchement défavorable. Pour un installateur qui sort surtout des huisseries et des isolants, il devrait être neutre.

Ce qu'il faut faire d'ici décembre. Chiffrez le tonnage de déchets matures que vous sortez sur une année, et demandez à votre déchèterie professionnelle son tarif à la tonne hors reprise REP. C'est le seul moyen de savoir ce que 2027 vous coûtera, et d'intégrer ce coût dans vos prix de vente avant qu'il n'arrive, plutôt que de le découvrir sur les premiers chantiers de janvier.

La CAPEB, qui a mobilisé environ un millier d'artisans pendant la consultation publique, juge cette suppression inacceptable et demande la prolongation de la reprise sans frais. La FFB, de son côté, soutient la réforme mais réclame le gel immédiat des hausses de barèmes annoncées en parallèle. Rien n'est stabilisé : le régime définitif dépendra des textes publiés.

07 - Le calendrierOù en est la réforme au 28 août 2026

À la date de publication de cet article, le décret et l'arrêté qui refondent la filière REP PMCB ne sont pas parus au Journal officiel. Ils sont annoncés pour la fin août 2026, avec une première entrée en vigueur au 1er septembre 2026 et une application complète au 1er janvier 2027, date des nouveaux agréments des éco-organismes. Tout ce qui suit décrit donc des textes en cours de finalisation, pas du droit positif.

DateÉtape
10 février 2020Loi AGEC : création de la filière REP PMCB
31 décembre 2021Décret n° 2021-1941 fixant le cadre, en vigueur au 1er janvier 2022
Octobre 2022Agrément des quatre éco-organismes
1er mai 2023Entrée en vigueur des éco-contributions sur les matériaux
1er juillet 2025Hausse des barèmes Valobat, contestée par la CAPEB
19 février 2026Le gouvernement arrête le scénario de refondation : matériaux matures et non matures, préavis de 9 mois sur les barèmes
23 avril au 19 mai 2026Consultation publique sur les projets de décret et d'arrêté : 1 469 contributions
1er septembre 2026Première entrée en vigueur annoncée des textes modifiés
31 décembre 2026Fin programmée de la reprise sans frais des petits volumes
1er janvier 2027Nouveaux agréments, sortie des matériaux matures de la reprise sans frais
31 décembre 2029Échéance du déploiement du maillage territorial des points de reprise

Un contentieux court en parallèle. La Fédération nationale des travaux publics a déposé un recours pour excès de pouvoir devant le Conseil d'État, estimant à 34 millions d'euros les éco-contributions indûment payées en 2024 par les entreprises de travaux publics sur des matériaux dits à double usage - béton, granulats, produits préfabriqués - qui ne sont pas destinés au bâtiment. Une décision est espérée d'ici la fin 2026. Si vous êtes concerné par ces matériaux, c'est une ligne à surveiller.

08 - Les erreursLes six erreurs qui coûtent cher

Aucune de ces erreurs n'est théorique : elles se lisent sur des devis réels, et chacune a un coût chiffrable.

1. Absorber l'éco-participation sans le décider

C'est l'erreur la plus répandue et la seule qui coûte de l'argent tous les mois. Le montant est petit, la ligne est ignorée, et le coût descend directement dans la marge. Sur 40 chantiers à 31 € d'éco-participation, ce sont 1 256 € de marge perdue par an sans contrepartie.

2. Croire que la ligne éco-participation vaut mention déchets

Deux textes différents, deux obligations différentes. Un devis qui porte une éco-participation mais pas l'estimation des quantités de déchets, les modalités d'enlèvement, les points de collecte et l'estimation des coûts n'est pas conforme au décret n° 2020-1817.

3. Importer sans vérifier qui a contribué

Commander en Belgique, en Espagne ou en Italie fait de vous le metteur sur le marché, sauf si le fournisseur étranger a adhéré volontairement à un éco-organisme français. Demandez-lui son numéro d'identifiant unique par écrit avant la première commande.

4. Fabriquer sans se déclarer

Un menuisier qui assemble ses ensembles vitrés, un métallier qui produit des garde-corps sont metteurs sur le marché des produits qu'ils fabriquent. L'oubli se paie jusqu'à 7 500 € par unité ou par tonne.

5. Marger sur une éco-participation affichée

Afficher un montant d'éco-participation puis le majorer est commercialement intenable : le client peut comparer ce chiffre à celui de n'importe quel autre devis. Si vous voulez marger sur cette part, intégrez-la au prix des fournitures sans l'afficher séparément.

6. Ne pas anticiper la bascule de 2027

Une entreprise qui sort 40 tonnes d'inertes par an et n'a jamais payé leur traitement va découvrir cette ligne en janvier 2027, sur des chantiers déjà vendus à prix fermes. Le chiffrage se fait maintenant, pas après. Le calculateur de frais généraux vous aide à répartir ce coût nouveau sur votre activité.

09 - Le vocabulaireGlossaire de la filière REP PMCB

Les six termes qui reviennent dans tous les documents de la filière, et sans lesquels ni un barème ni un cahier des charges d'éco-organisme ne se lisent.

TermeDéfinition
REP PMCBFilière à responsabilité élargie du producteur des produits et matériaux de construction du secteur du bâtiment, créée par la loi AGEC du 10 février 2020.
Metteur sur le marchéCelui qui introduit pour la première fois un produit sur le marché français : fabricant, importateur, ou distributeur vendant sous sa propre marque.
Éco-contributionSomme versée par le metteur sur le marché à son éco-organisme, calculée sur les tonnages ou les unités qu'il déclare.
Éco-participationMontant de l'éco-contribution répercuté sur la facture client, sans réfaction ni marge.
Catégorie 1 et catégorie 2Catégorie 1 : minéraux inertes (béton, granulats, terre cuite). Catégorie 2 : tous les autres matériaux (bois, métal, verre, plâtre, plastiques, isolants, menuiseries).
Matériaux maturesNotion introduite par la réforme du 19 février 2026 : matériaux disposant déjà d'une filière de valorisation opérationnelle (inertes, métaux, bois, puis plâtre), destinés à sortir de la reprise sans frais.

10 - QuestionsÉco-participation : les questions fréquentes

Suis-je obligé d'afficher l'éco-participation sur mes devis ? +
Non, pas si vous achetez vos matériaux en France. L'obligation d'affichage et de répercussion sans réfaction pèse sur le metteur sur le marché, c'est-à-dire votre fournisseur. En tant qu'entreprise de travaux, vous êtes libre de faire apparaître l'éco-participation sur une ligne dédiée, de la regrouper en bas de devis, ou de l'inclure dans le prix de vos fournitures. La rendre visible reste conseillé : cela justifie une hausse de prix que vous subissez sans l'avoir décidée.
Quelle différence entre éco-participation et éco-contribution ? +
C'est le même argent vu de deux côtés. L'éco-contribution est la somme que le metteur sur le marché verse à son éco-organisme en fonction des tonnages qu'il déclare. L'éco-participation est le montant que ce même metteur sur le marché répercute ensuite, ligne à ligne, sur sa facture client. Vous, entreprise de travaux, ne payez jamais d'éco-contribution à un éco-organisme : vous payez une éco-participation à votre fournisseur.
L'éco-participation est-elle soumise à la TVA ? +
Oui. L'éco-participation fait partie de la base d'imposition à la TVA au sens de l'article 267 du code général des impôts. Elle suit donc le taux de TVA applicable à l'opération : 10 % ou 5,5 % si vos travaux relèvent d'un taux réduit, 20 % sinon. Elle n'est pas une taxe au sens fiscal du terme, mais une composante du prix de vente du matériau.
Un artisan doit-il adhérer à un éco-organisme ? +
Dans la très grande majorité des cas, non : celui qui achète ses matériaux chez un distributeur français n'est pas metteur sur le marché. Deux situations obligent pourtant à adhérer. Si vous importez directement des produits, y compris depuis un autre pays de l'Union européenne, vous devenez producteur. Si vous fabriquez vous-même des produits de construction, un menuisier qui assemble ses propres ensembles vitrés par exemple, vous l'êtes aussi.
Que risque une entreprise qui aurait dû adhérer et ne l'a pas fait ? +
Les articles L.541-9-5 et L.541-9-6 du code de l'environnement prévoient une amende administrative pouvant atteindre 7 500 € par unité ou par tonne de produit mis sur le marché, assortie d'une astreinte journalière pouvant aller jusqu'à 20 000 € par jour jusqu'à régularisation. Sur un volume d'importation même modeste, l'addition dépasse très vite le coût qu'aurait représenté l'adhésion à un éco-organisme.
Puis-je prendre une marge sur l'éco-participation que je refacture ? +
L'interdiction de réfaction et de marge encadre la répercussion opérée par le metteur sur le marché vers son client. Si vous choisissez d'afficher l'éco-participation sur une ligne identifiée de votre devis, la cohérence commande de reporter le montant exact que vous avez payé. Si vous voulez marger sur cette part, intégrez-la simplement au prix de vos fournitures plutôt que de l'afficher séparément : un montant affiché puis majoré est indéfendable devant un client qui compare.
La reprise gratuite de mes déchets de chantier s'arrête-t-elle vraiment fin 2026 ? +
Le régime de reprise sans frais des petits volumes triés, dans la limite de 3 m³ ou 1,5 tonne par dépôt, a été mis en place à titre transitoire jusqu'au 31 décembre 2026. Les projets de textes soumis à consultation publique du 23 avril au 19 mai 2026 programment sa suppression à cette échéance, et la sortie des matériaux dits matures du dispositif de reprise sans frais au 1er janvier 2027. La CAPEB demande la prolongation du régime actuel.
Pourquoi les barèmes ont-ils autant augmenté ? +
Parce que les éco-organismes ont collecté beaucoup plus de déchets que prévu et que leurs recettes ne couvraient pas les coûts de la filière. Valobat annonce près de 3 millions de tonnes collectées en 2025, soit trois fois plus qu'en 2024. Au 1er juillet 2025, ses barèmes ont augmenté de 58 % sur les fenêtres, 52 % sur les escaliers et jusqu'à 82 % sur les sols PVC, hausses dénoncées par la CAPEB.
L'éco-participation et la mention déchets du devis, c'est la même chose ? +
Non, ce sont deux obligations distinctes issues de deux textes différents. La mention déchets vient du décret n° 2020-1817 du 29 décembre 2020, applicable depuis le 1er juillet 2021 : elle impose de faire figurer sur le devis l'estimation des quantités de déchets, les modalités d'enlèvement, les points de collecte identifiés et l'estimation des coûts associés. L'éco-participation relève de la filière REP PMCB et porte sur le prix des matériaux.
Les éco-contributions vont-elles baisser après la réforme ? +
C'est l'intention affichée pour les matériaux dits matures : inertes, métaux, bois, puis plâtre. En sortant du dispositif de reprise sans frais, ces flux ne bénéficieraient plus que d'un soutien forfaitaire de 2 € par tonne pour le tri et la traçabilité, ce qui devrait diviser leur éco-contribution. La contrepartie est directe : le traitement de ces déchets en déchèterie professionnelle redeviendrait payant pour vos chantiers.

11 - Pour conclurePar où commencer cette semaine

L'éco-participation n'est pas un sujet réglementaire lourd : pour la plupart des entreprises de travaux, elle se résume à une ligne à reporter et à une case à cocher sur le devis. Le sujet lourd, c'est ce qui arrive derrière elle. Fin 2026, la contrepartie gratuite disparaît sur les flux que vous sortez le plus, et le coût de traitement revient dans vos chantiers. Les entreprises qui l'auront chiffré avant décembre vendront leurs chantiers 2027 au bon prix. Les autres le découvriront chantier par chantier.

Quatre actions réalisables dans la semaine :

  1. Ouvrez vos trois dernières factures de fournitures et repérez la ligne d'éco-participation. Notez le montant, et regardez si vous l'avez refacturée.
  2. Tranchez une bonne fois : ligne visible sur le devis, ou intégrée au prix. Écrivez la règle et appliquez-la à tous vos devis, sans exception.
  3. Vérifiez que vous n'êtes pas metteur sur le marché sans le savoir : une commande à l'étranger, un produit que vous fabriquez, et vous l'êtes.
  4. Estimez le tonnage de déchets matures que vous sortez par an et demandez le tarif hors reprise REP à votre déchèterie professionnelle. C'est votre facture 2027.

Sources

  1. Décret n° 2020-1817 du 29 décembre 2020 portant sur les informations des devis relatives à l'enlèvement et la gestion des déchets générés par des travaux - legifrance.gouv.fr
  2. Arrêté du 10 juin 2022 portant cahier des charges des éco-organismes, des systèmes individuels et des organismes coordonnateurs de la filière REP des produits et matériaux de construction du secteur du bâtiment - legifrance.gouv.fr
  3. Arrêté du 3 juillet 2024 modifiant les cahiers des charges des éco-organismes de la filière REP PMCB - legifrance.gouv.fr
  4. Ministère de la Transition écologique, « Produits et matériaux de construction du secteur du bâtiment (PMCB) », page de politique publique - ecologie.gouv.fr
  5. Consultation publique sur les projets de décret et d'arrêté ministériel modifiant les dispositions relatives à la filière REP PMCB, 23 avril au 19 mai 2026, 1 469 contributions - consultations-publiques.developpement-durable.gouv.fr
  6. ADEME, fiche de la filière REP PMCB - filieres-rep.ademe.fr
  7. FFB, « REP Bâtiment : vos obligations en tant que producteur de matériaux et produits » - ffbatiment.fr
  8. FFB, « REP PMCB : nouvelle hausse des barèmes, la benne est pleine ! », 28 avril 2026 - ffbatiment.fr
  9. CAPEB, « Nouveaux barèmes Valobat : la CAPEB dénonce cette démarche unilatérale », 26 mars 2025 - capeb.fr
  10. FNTP, « REP PMCB : où en est-on ? » - fntp.fr
  11. FFB, « Reprise gratuite des déchets de chantier : modalités et conditions » - ffbatiment.fr
  12. Ecomaison, « Tarifs bâtiment catégorie 1 2026 », barème applicable au 1er août 2026 - ecomaison.com
  13. Batiweb, « REP PMCB : la CAPEB réclame la prolongation de la reprise sans frais des déchets », 21 mai 2026 - batiweb.com

État du droit au 28 août 2026. Le décret et l'arrêté issus de la réforme du 19 février 2026 ne sont pas publiés à cette date : les échéances du 1er septembre 2026 et du 1er janvier 2027 décrivent des projets de textes, susceptibles d'évoluer. Cet article ne remplace pas l'avis d'un conseil juridique ou de votre organisation professionnelle.

À propos de l'auteur

Hedi Marinier, fondateur d'InterFast

J'ai commencé ma carrière en dirigeant une entreprise de climatisation. Aujourd'hui, j'aide les artisans et les PME du bâtiment à mieux vivre leur entreprise en fournissant une solution web et mobile qui leur permet de gérer facilement leur entreprise.

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