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Carole-Anne Terranova : 19 ans de plomberie, Plomberie au féminin, le rachat de JC Chauffage et une grossesse de cheffe d'entreprise

Plombière depuis l'âge de 17 ans, Carole-Anne Terranova a créé Plomberie au féminin à Yzeure, dans l'Allier, avec environ 4000 euros d'économies et un Berlingo. Elle raconte comment elle a trouvé ses premiers clients, comment elle gère les impayés, pourquoi elle a racheté une entreprise de chauffage et ce que sa grossesse lui a appris sur la protection des femmes cheffes d'entreprise dans le bâtiment.

Hedi Marinier, fondateur d'InterFast
Animé par Hedi Marinier Publié le 7 octobre 2026
51 min Vidéo + transcription

01 - Le résuméCe que raconte Carole-Anne Terranova

Carole-Anne Terranova, 36 ans, originaire de Haute-Savoie, vit à Yzeure, dans l'Allier. Elle dirige Plomberie au féminin, une entreprise de dépannage en plomberie, et codirige JC Chauffage, une entreprise de chauffage rachetée avec son associé Jean-Marc. Elle a aussi auto-édité un livre, "Femme, maman, chef d'entreprise, tout est possible".

Elle entre dans le métier presque par hasard : en attendant les résultats des tests de l'armée, elle frappe à la porte d'un chauffagiste de Varennes pour faire un stage. On lui propose un apprentissage, elle passe un CAP d'installateur thermique en deux ans au CFA de Bellerive, où elle est la seule fille de la section chauffage. Elle enchaîne ensuite l'intérim sur de gros chantiers, puis rejoint en 2020 l'équipe de plombiers de l'hôpital de Moulins-Yzeure, où elle découvre le dépannage. Elle y affronte aussi des remarques machistes, dont celle d'un collègue lui disant qu'une femme n'a rien à faire sur un chantier.

Vers 2021, après une discussion avec un ami, elle crée Plomberie au féminin en trois semaines, en micro-entreprise. Elle dispose d'environ 4000 euros, revend sa voiture, achète un Berlingo à 10 000 euros à crédit et obtient un prêt de 5000 euros pour le matériel. Pour trouver ses clients, elle distribue 1500 flyers en deux semaines avec ses filles à Yzeure, Toulon et Varennes, et sa première publication Facebook est partagée 17 000 fois. Un article du journal La Montagne sur "la plombière de l'hôpital", puis un autre dans La Semaine de l'Allier, font le reste : sa première semaine est remplie.

Son activité est faite quasi exclusivement de dépannage. Elle facture un forfait de 75 euros pour un dépannage de dix minutes à une heure et demie, établit toujours un devis et demande une photo avant de se déplacer. Elle estime que 60 % de sa clientèle la choisit parce qu'elle est une femme, en particulier des femmes et des personnes âgées. Son chiffre d'affaires est passé d'environ 70 000 euros à un maximum d'environ 87 000 euros, pour un salaire stable d'environ 2000 euros par mois. Elle facture en sortant de chez le client et a peu d'impayés.

Quand le dirigeant de l'entreprise de chauffage où travaillait Jean-Marc décide de vendre, ils rachètent ensemble le fonds pour environ 85 000 euros, dont 30 000 euros de clientèle, avec la garantie de France Active. Le rachat prend sept mois. Jean-Marc détient 60 % de JC Chauffage, elle 40 %, et elle prend en charge les devis, les mails et la relation client. Avec le recul, elle estime qu'une création aurait suffi : la majorité des clients de JC Chauffage viennent de sa propre activité de dépannage.

Enceinte, elle découvre que sa prévoyance couvre les arrêts maladie et les accidents, mais pas la grossesse. Elle a finalement été arrêtée pour une tendinopathie du coude et du poignet, alors qu'elle travaillait déjà avec des attelles, et regrette qu'il n'existe presque rien pour les femmes enceintes à la tête d'une entreprise du bâtiment. Elle a repris le travail deux mois après l'accouchement.

02 - À retenirCe qu'un dirigeant peut en tirer

  1. Des actions simples peuvent remplir un agenda 1500 flyers distribués en deux semaines, un véhicule floqué et une page Facebook ont suffi à Carole-Anne Terranova pour avoir sa première semaine pleine. Les articles de la presse locale ont amplifié l'effet.
  2. Demander à chaque client comment il vous a trouvé Elle pose systématiquement la question. C'est ce qui lui permet de savoir que Facebook, la presse et le bouche-à-oreille lui apportent ses clients, et de continuer à investir là-dessus.
  3. Facturer en sortant de chez le client La facture est envoyée immédiatement après le dépannage, avec une préférence pour le virement. Résultat : la plupart des clients paient dans le mois, souvent dans les deux jours.
  4. Un devis et une photo avant chaque déplacement Même pour un petit dépannage, elle demande une photo de la fuite et fait un devis. Cette transparence fait partie de la confiance que lui accordent ses clients.
  5. Avant de racheter, regarder ce que vaut vraiment la clientèle Dans une entreprise de chauffage, les clients du fichier n'ont pas forcément besoin de vous une fois leur chaudière posée. Elle estime qu'une création de JC Chauffage aurait apporté presque la même chose que le rachat.
  6. Vérifier ce que couvre réellement votre prévoyance Elle avait souscrit deux prévoyances, l'une pour son salaire, l'autre pour les charges, sans savoir que la grossesse en était exclue. Lisez les exclusions avant d'en avoir besoin, et constituez une réserve si vous envisagez un enfant.
  7. Répartir clairement les rôles entre associés Chez JC Chauffage, Jean-Marc gère les chantiers de A à Z, Carole-Anne les devis, les mails et la relation client. Ce partage, rodé par des années de travail ensemble, évite la plupart des conflits.

03 - Les phrases fortesIls l'ont dit au micro

Mon petit, tu ne m'as pas vu derrière un fourneau parce que je suis mieux sur un chantier.

Carole-Anne Terranova · 7:55

60 % de ma clientèle, c'est parce que je suis une femme et parce que ce sont des femmes. Du coup, elles veulent que je vienne chez elles.

Carole-Anne Terranova · 25:52

Quand c'est une entreprise de chauffage, il a déjà posé ses chaudières partout. Oui, on a les clients dans le fichier, mais en fait, ils n'ont pas besoin de nous.

Carole-Anne Terranova · 33:11

04 - Les chapitresAller directement au passage qui vous intéresse

  • 0:00 Teaser
  • 1:24 Présentation de Carole-Anne Terranova
  • 2:34 Ses débuts dans le bâtiment
  • 5:45 Être une femme sur les chantiers
  • 11:22 Le déclic pour se mettre à son compte
  • 14:38 Création de Plomberie au féminin
  • 17:21 Comment elle trouve ses premiers clients
  • 27:07 Facebook, confiance client et impayés
  • 33:10 Le rachat de JC Chauffage
  • 42:37 Grossesse et réalité de cheffe d'entreprise

05 - L'invitéQui est Carole-Anne Terranova ?

Carole-Anne Terranova

Dirigeante de Plomberie au féminin, co-dirigeante de JC Chauffage (Allier)
Plomberie au féminin

Entreprise de dépannage en plomberie basée à Yzeure (Allier), créée vers 2021 par Carole-Anne Terranova.

JC Chauffage

Entreprise de chauffage de l'Allier, rachetée par Carole-Anne Terranova et son associé Jean-Marc, qui en détient 60 %.

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06 - FAQQuestions fréquentes sur l'épisode

Qui est Carole-Anne Terranova ? +
Carole-Anne Terranova est une plombière de 36 ans installée à Yzeure, dans l'Allier, dans le métier depuis l'âge de 17 ans. Elle dirige Plomberie au féminin, entreprise de dépannage en plomberie créée vers 2021, et codirige JC Chauffage. Elle a auto-édité le livre "Femme, maman, chef d'entreprise, tout est possible".
Comment Carole-Anne Terranova a-t-elle trouvé ses premiers clients ? +
Elle a distribué 1500 flyers en deux semaines à Yzeure, Toulon et Varennes, fait floquer son Berlingo et ouvert une page Facebook dont la première publication a été partagée 17 000 fois. Des articles dans La Montagne et La Semaine de l'Allier ont aussi fait connaître son entreprise. Sa première semaine d'activité était déjà remplie.
Combien gagne une plombière en dépannage à son compte ? +
Dans l'épisode, Carole-Anne Terranova indique un chiffre d'affaires d'environ 70 000 euros au départ, monté jusqu'à environ 87 000 euros, pour un salaire stable d'environ 2000 euros par mois. Elle facture un forfait de 75 euros pour un dépannage, qu'il dure dix minutes ou une heure et demie, auquel s'ajoutent les fournitures.
Une femme cheffe d'entreprise du bâtiment est-elle indemnisée pendant sa grossesse ? +
Carole-Anne Terranova a découvert que sa prévoyance couvrait les arrêts maladie et les accidents du travail, mais excluait la grossesse. Elle a finalement été arrêtée pour une tendinopathie du coude et du poignet. Elle avait prévu de mettre environ 6000 euros de côté avant l'arrivée du bébé, et regrette qu'il n'existe presque rien pour les femmes enceintes à la tête d'une entreprise du bâtiment.

07 - TranscriptionLa transcription intégrale de l'épisode

Transcription automatique de la vidéo, découpée par chapitre. Les noms des intervenants et des entreprises ont été relus ; le reste peut comporter des erreurs de reconnaissance. Cliquez sur un horodatage pour lancer la vidéo à ce moment.

0:00 Teaser

0:00 De toute façon, une femme, ça n'a rien à faire sur un chantier. Tu devrais être dans la cuisine, derrière un fourneau. Mon petit, tu ne m'as pas vu derrière un fourneau parce que je suis mieux sur un chantier. Pourquoi tu ne te mets pas à ton compte en fait ? Tu fais les dépannages toi-même. J'ai dit, j'étais toute seule avec les filles moi. Ça fait un peu flipper. Comment on commence par vous ? Je n'ai pas de stock, je n'ai pas de matériel. Je tente de vendre ma voiture. Je dois avoir 4000 euros de côté, je crois. Je dis, allez, tant pis, je me lance. Là, sur le coup, j'ai dit comment je trouve les clients du coup. On a distribué les 1500 flyers, même pas en deux semaines.

0:25 J'ai fait un Facebook, la première publication que j'ai. La première ? Ça s'est partagé 17 000 fois. Et là, j'ai commencé à recevoir beaucoup d'appels. C'est génial pour moi, c'est vraiment là où ça a commencé. 60 % de mes clientèles, c'est parce que je suis une femme et parce que c'est des femmes. Et du coup, elles veulent que je vienne chez elles. Tu leur inspires confiance. La facture, au bout de deux mois, toujours pas payée. Je ne sais pas nous courir derrière les gens. Ils nous ont appelés. Moi, je viens tout de suite. J'ai envoyé un message et je dis, c'est pas compliqué. Si vous ne payez pas tout de suite dans les 10 minutes qui suivent.

0:50 Moi, je viens devant la boulangerie et je dis aux gens de prendre les baguettes sans payer. Et là, il y a deux ans, tu décides de racheter une entreprise. Alors avant d'être mon associé et mon ex-mari, c'était mon meilleur ami. Tu en vois ? Je ne connais pas en tant que chef d'entreprise non plus. Je le connais en tant que salarié. Je me suis dit pourquoi pas ? Je ne m'attendais pas à autant de charges de travail quand même. J'arrive dans le bureau, il me dit désolé, en fait, tout est pris en charge. N'importe quoi, sauf la princesse. Lui, il me dit faut pas faire d'enfants. Vous rigolez ou quoi ? Je ne suis pas la seule femme en chef d'entreprise qui va faire un enfant en France.

1:18 En France, quoi. Bonjour et bienvenue sur Bâti Légende, le podcast qui part à la rencontre des entrepreneurs du bâtiment au parcours inspirant.

1:24 Présentation de Carole-Anne Terranova

1:29 Aujourd'hui, je suis parti à la rencontre de Carole-Anne en Auvergne. C'est la dirigeante de Plomberie au féminin et de JC Chauffage. Elle a aussi écrit un livre qu'elle a auto-édité. Femme, maman, chef d'entreprise, tout est possible. Vous allez découvrir son parcours. N'hésitez pas à vous abonner d'ailleurs pour nous donner de la force et pour nous donner envie de partir à la rencontre d'autres dirigeants. C'est parti, on se retrouve dans l'épisode. Salut Carole-Anne et merci pour l'invitation. Merci aussi d'être venue. Avec plaisir. Est-ce que tu peux te présenter pour ceux qui ne te connaissent pas ? T'as quel âge ? T'habites où ? Qu'est-ce que tu fais ?

2:01 Je suis Carole-Anne Terranova. J'ai 36 ans, tout juste. Et je vis à Yzeure, dans l'Allier. Et je viens plutôt de la Haute-Savoie, à la base. Ok. C'est pour ça que j'ai entendu quelques petits éléments de langage de la Haute-Savoie. Après j'y suis resté aux 13 ans. Tu es plombier, plombière ? Comment on dit ? Moi je dis plombière, mais après, quand je dis que je suis plombier, on me dit bonjour monsieur. C'est juste que j'ai une voix un peu plus efféminée. Mais non, moi je dis plombière. Ça marche. Ça fait combien de temps que tu fais ça ? Eh bien ça fait, j'ai commencé à 17 ans.

2:34 Ses débuts dans le bâtiment

2:34 Ça fait presque 19 ans. Et t'as toujours voulu devenir plombier, plombière ? Comment tu peux partager un peu ton enfance, ton parcours scolaire ? Qu'est-ce que t'as fait comme études ? Donc j'étais en troisième, comme tout le monde. Et puis après, j'ai commencé la seconde en une seconde mécanique. Mais c'était pas vraiment ce que je voulais faire, mais je savais pas trop quoi faire. Après quelques soucis familiaux, on va dire, je me suis retrouvé qu'il fallait que je trouve un appartement, qu'il fallait que je travaille assez rapidement. Donc j'ai postulé pour rentrer à l'armée parce que c'est ce que je voulais faire. Moi, je voulais aller à l'armée.

3:04 Je voulais être reporter de guerre. Quel reporter de guerre ? Je voulais trop aimer faire ça. Du coup, j'ai passé les tests pour rentrer déjà à l'armée de terre. Mais le problème, c'est que comme j'avais l'appartement, il fallait que je trouve de l'argent assez rapidement. Parce que l'armée, c'est assez long. Il faut passer des tests et tout. J'ai passé les tests et après, il fallait attendre. Et du coup, j'ai frappé franchement chez un chauffagiste à côté de chez moi, Thévenay à Varennes. Et je lui ai demandé si je pouvais faire un stage là-bas en attendant pour ne pas rien faire. C'était au mois de juillet. Il me dit, il n'y a pas de souci, tu viens et tout.

3:33 Et puis de là, j'ai commencé à travailler avec mon futur associé. Puis j'ai tout de suite adoré. On a tout de suite fait de la brasure, des choses comme ça. Et du coup, il m'a tout de suite demandé si je voulais faire un apprentissage. Et ça s'est passé vraiment en 15 jours, 3 semaines. Donc, j'ai dit oui pour commencer. De toute façon, il fallait que je fasse quelque chose. T'avais quel âge ? Là, j'avais 17 ans, je crois. Pas 17 ans. OK. Et du coup, j'ai signé l'apprentissage. Je crois que j'ai eu les résultats de l'armée au mois de septembre. Et comme j'avais déjà l'appart, j'étais toute seule. Enfin, je n'ai pas pris de risque. Et du coup, j'ai accepté de faire l'apprentissage.

4:05 Et puis, j'ai laissé tomber l'armée. OK. Donc, tu es rentré chez un plombier. Voilà, je suis rentré. Qui est devenu ton futur associé. Alors, ce n'était pas le patron. C'était le maître d'apprentissage. Mais qui était jeune, du coup, enfin plus jeune. Alors, avant d'être mon associé et mon ex-mari, c'était mon meilleur ami. Ah, tu vois, on a l'écouté ? Ouais, voilà, on était. Bah, en fait, on a toujours travaillé ensemble. Du coup, il m'a appris le métier pendant deux ans. Et puis à côté, on était vraiment le meilleur ami, tout le temps ensemble et tout. Puis voilà, après, ça s'est fait un peu naturellement. OK. Donc, le CAP, je l'ai fini en deux ans après.

4:35 Puis ça m'a plu. Après, c'était un CAP installateur thermique. Du coup, c'était le plus dans le chauffage. Toi, aujourd'hui, tu fais du sanitaire, c'est ça uniquement ? Bah après, quand on est chauffagiste, on est plombier de toute façon, la plomberie. Mais je n'ai pas fait de la plomberie pure comme ça, que du dépannage tout de suite. C'est venu très longtemps après. Parce qu'après cet apprentissage, je n'ai pas osé aller dans une boîte. Je me suis mis qu'en intérim, en fait. Je ne faisais que de l'intérim. Je n'allais que sur des chantiers, des longs chantiers, des gros chantiers. Après, j'ai eu mes deux filles entre temps aussi. Ah, donc là, tu as fait ton apprentissage.

5:05 J'allais te poser la question. Mais toi, après, tu es parti de la boîte ? Oui. Quand tu allais ton service ? Je suis tombée enceinte, en fait. Avec mon ex-mari, on s'est mis ensemble. Là, par contre, je ne voulais pas travailler au même endroit. Donc, moi, je suis parti. Et puis en plus, comme je suis tombée enceinte, je n'avais pas envie d'imposer ça au patron. Parce qu'à l'époque, encore aujourd'hui d'ailleurs, je viens d'en subir les frais. Il n'y a rien pour les femmes enceintes dans le bâtiment. Là, en gros, si je m'arrêtais, le patron me payait plein de pot tout l'arrêt. Moi, j'ai dit, je vais arrêter, je vais quitter la boîte. Et puis, donc, j'ai arrêté.

5:35 J'ai eu ma fille. À partir de là, je n'ai fait que l'intérim. Je n'avais pas envie d'aller dans une boîte. C'est quand même un peu spécial avec les hommes et tout. Ils sont un peu... D'ailleurs, je voulais en parler, mais déjà que ce n'est pas facile, le métier de plombier de base,

5:45 Être une femme sur les chantiers

5:47 même si c'est un métier passionnant. Comment ça se passe pour une femme ? Est-ce que tu peux me parler un peu de ton ressenti sur le terrain ? En apprentissage, ça a été parce qu'en plus, j'avais Jean-Marc qui était quand même tout le temps avec lui. Donc, personne ne me embêtait ou quoi. Parce qu'après, quand on arrivait dans une usine, par exemple, où il n'y avait que des gars, nous, on venait faire des travaux. Les gars se retournaient tous. Il n'y avait pas de filles à l'époque du tout en chauffage. Puis, ils me regardaient tout le long où je travaillais. Mais ça, c'est encore aujourd'hui. C'est pareil. Mais mon patron était très protecteur.

6:19 Il était adorable. Il a tout le temps tout fait pour que les gars soient gentils avec moi parce qu'ils sont un peu lourds des fois, les gars, quand même. Et après, en intérim, sur les gros chantiers, c'était dans le lot. Il y avait toujours sur une dizaine de gars. Il y en avait un qui était vraiment lourd et pénible. Mais bon, après, moi, j'avais un sale caractère. Donc, je les envoyais bouler. Oui, puis je rentrais dedans, oui, sans souci. Et après, il y a eu aussi entre temps, il y a eu le CFA. J'y suis resté deux ans. Là, il y avait 500 gars dans le CFA de Belle Rive. Attends, le CFA, ça, c'était pendant tes études ? Oui, ça, c'était pendant le passage, oui.

6:51 Là, il y avait, c'était que des garçons parce que c'est que c'est l'école du bâtiment, quoi. Tu étais la seule fille ? Eh bien, il y en avait deux, trois, quelques-unes en peinture. Mais bon, moi, je les voyais pas trop. Et sinon, moi, en chauffage, oui, j'étais la seule. Et là, pareil, j'ai eu un prof adorable. Il était tout le temps, il fallait pas m'embêter ou quoi. Mais bon, aujourd'hui, il dirait sur toute ma classe, la seule où on voyait les marteaux passer à travers de la pièce, c'était elle. Quand ça me gonflait, moi. C'est toi qui lancé le bâtiment ? Oui, quand ça me gonfle. Mais du coup, après, les gars, ils ont été tous adorables aussi.

7:20 Là, à l'école, c'est plutôt adulte. Il y en a toujours un où, en fait, il peut pas concevoir que moi, je sache faire des choses que lui ne peut pas faire. Donc, je me rappelle sur un gros chantier où il y avait 40 appartements. Mon chef me dit, je te laisse tout le deuxième étage, par exemple, où là, il faut poser les toilettes, il faut poser les évacuations, tout, le chauffage, il faut tout faire. Il y avait 3-4 gars avec moi. Il fallait que je leur dise par rapport au plan, vous faites ça, ça. Il y en a toujours un où on ferait pas comme ça. Non, mais c'est bon, je sais faire. Ou par exemple, un bac, une fois, je me rappelle, il n'était pas de niveau.

7:55 Je lui dis, non, mais là, il faut refaire. Il n'est pas de niveau, le bac. Là, je me suis pris comme réflexion. De toute façon, une femme, ça n'a rien à faire sur un chantier. Tu devrais être dans la cuisine, derrière un fourneau. Et quand tu l'as vu à ce moment-là ? Moi, j'ai répondu, mon petit, tu ne m'as pas vu derrière un fourneau parce que je suis mieux sur un chantier. Mais du coup, après, moi, je râle aussi. Tu ne l'as pas dit, toi ? Tu devrais aussi peut-être aller ailleurs ? Tu ne sais même pas mettre un bac de niveau ? Ben voilà, c'est ce que je lui ai fini par lui dire. Je ne sais même pas mettre un bac de niveau. Après, il s'excuse.

8:24 Les gars, de toute façon, c'est un peu macho. Je l'ai revécu après, quand j'ai travaillé à l'hôpital à Moulins. J'ai fait toute la plomberie, en fait, dans l'hôpital de Moulins. C'était sympa. Pareil, les gars étaient très machos. Moi, eux, ils m'ont fait pleurer quand même parce qu'ils étaient durs. Et malgré ce côté très macho, ça t'a quand même donné envie de continuer ou tu as eu envie d'arrêter ? Non, je n'ai jamais eu envie d'arrêter, mais c'est que j'y avais tout le temps ce côté où j'étais la seule fille, donc toujours un peu mis en avant quand même. Et du coup, ça m'a toujours conforté dans l'idée de faire ça, enfin de rester à faire ça.

8:56 Mais après, j'en avais un petit peu marre de faire, de bouger, de tout le temps faire un chantier là, un chantier là. Donc du coup, je me suis dit, allez, je me pose. Je vais à l'hôpital de Moulins-Yzeure. Donc ça, c'était en 2020, je crois. Parce que l'hôpital, ils avaient des plombiers. Ils ont trois plombiers, en fait, je crois deux ou trois. À l'époque, on était trois. Et c'est énorme parce qu'il y a l'hôpital de Moulins et d'Yzeure, donc c'est l'hôpital psychiatrique. Et la plomberie, c'est génial parce que l'hôpital, il est sur huit étages. Enfin, une fuite, elle est monstrueuse. Et moi, je sais que là, j'ai découvert vraiment le dépannage plomberie.

9:24 Parce qu'avant, j'en faisais, mais pas autant. En fait, on reçoit des bons. Enfin, on reçoit, voilà, il y a une fuite à calmer. On doit intervenir rapidement. Et là, moi, j'ai adoré. Ça, c'est vraiment... Mais après, il n'y avait pas assez de dépannage à mon goût. Enfin, en fait, une fois qu'on les ait tous, il faut attendre le lendemain parce qu'il n'y a plus de suite, quoi. Donc, des fois, c'était un peu long, je trouve, les soirées. Et tu faisais quoi ? On fait de l'administratif ou on range. Enfin, on fait des choses comme ça. J'ai bien adoré ça. Et les gars, il y avait donc trois plombiers et je ne sais plus, quatre, cinq chauffagistes. C'était l'élite par rapport aux plombiers. Enfin, ça a toujours été un peu comme ça.

9:57 Et là, c'était un peu plus compliqué parce que pareil, c'est pas spécialement les chauffagistes. C'était un des plombiers qui m'a posé problème. En fait, il avait eu sa boîte, lui déjà. Et je ne sais pas comment il avait atterri ici. Il y a plein de choses qu'il ne savait pas faire. Donc, il m'appelait. Viens m'aider. Là, j'ai une fuite. Je ne sais pas comment faire et tout. Donc, moi, je venais. Il n'y a pas de problème. Plus une fois, il m'appelle. Il me dit là, je ne sais pas comment faire et tout. Et je lui dis ça ne passait pas le réseau. Ça passe très mal à l'hôpital. Et j'arrive devant. Donc, il y avait tous les chauffagistes avec lui. Et j'arrive devant lui. Je lui dis au fait, donc, pour ce que tu as à faire, il faut faire comme ça, il faut faire comme ça. Donc là, il dit je ne t'ai rien demandé.

10:29 Devant tout le monde, il fallait pas qu'il m'appelait, mais toutes les cinq minutes. Il y a des gars. Il y a toujours un sur le lot qui est vraiment lourd, qui n'est pas drôle. Et c'est dommage. Puis après, il y a une histoire d'un petit peu de jalousie. En fait, il y a un autre qui est arrivé, un nouveau plombier. Et moi, j'ai adoré. Il y a des collègues où on rigole tout le temps. Mais c'est génial. Et donc, du coup, on a commencé à travailler tout le temps, tous les deux. Et lui, du coup, il nous faisait des crises de jalousie parce qu'il fallait être avec lui, parce qu'en plus, il fallait l'aider. Donc là, ça a commencé un peu à me gonfler parce que j'ai été appelé plusieurs fois dans le bureau du chef parce que oui, Carole-Anne, il faut que tu tournes, que tu sois avec un tel.

11:02 Et puis, bon, je n'avais plus envie. Il a les se plaindre au chef. Voilà, il se plaignait et tout. Et ça, ça m'a un peu gonflé. On a l'impression d'être dans la cour de récré. Puis moi, je n'aime pas qu'on... Je ne sais pas comment dire, mais j'ai un caractère de merde de toute façon. Donc, quand on n'est pas d'accord avec moi ou quoi, ça m'agace. Et du coup, ça m'a gonflé. J'ai décidé de partir. Je vais faire autre chose, tant pis. Mais juste pour ça, ça m'a saoulé.

11:22 Le déclic pour se mettre à son compte

11:24 Après, j'ai lancé en un mois. En fait, je crois que c'était le mois d'août. J'ai dit, allez, on me parle avec un copain. Et puis, il me dit pourquoi tu ne te mets pas à ton compte ? En fait, tu fais les dépanages toi même. J'ai dit, j'étais toute seule avec les filles. En fait, j'avais déjà divorcé depuis longtemps. J'imagine que ce n'était pas facile de travailler plus dans la plomberie, qui est quand même un métier assez physique. Mais d'avoir géré une enfant, tu avais déjà divorcé avant. Et bien, on a divorcé finalement tôt parce qu'on n'est pas resté. En fait, on était plus meilleur ami. On était fait pour être meilleur ami qu'ensemble. Donc, on s'est toujours bien entendu, mais on a divorcé assez rapidement.

11:55 Et de là, lui, il est resté dans la société où il était. Et moi, j'étais toute seule avec mes deux filles. Tant que j'étais à l'hôpital ou en intérim, ça allait. Quand j'étais en intérim, par exemple, à côté, j'avais commencé une petite société. Et c'était de la vente de jouets. Ça n'a rien à voir. J'adorais ça. Mais en fait, je voulais avoir un truc à moi. Attends, raconte, c'est trop intéressant. J'ai trouvé sympa. Moi, à l'époque, en fait, c'est que j'avais mes... Donc, j'avais dit à l'intérim, voilà, je ne travaille pas les vendredis. Et en fait, tous les vendredis, j'avais tout aménagé. À l'époque, j'avais acheté une maison et j'avais aménagé tout le sous-sol. Et en fait, j'achetais des jouets d'occasion.

12:25 J'allais aux brocantes le matin tôt. J'achetais les jouets comme neufs. Et après, j'avais fait une boutique en ligne et je les revendais pas très cher comme ça. Donc, j'avais ça. Il y avait la boutique de jouets, l'intérim. Et là, les enfants. Plus les deux filles. Je me suis dit, ça fait un peu beaucoup. J'étais avec quelqu'un à ce moment-là. On s'est séparés. Et puis, du coup, j'ai tout laissé tomber. J'ai tout vendu. Mais je suis parti à Moulin pour... J'ai postulé à l'hôpital, en fait. Donc, ça, c'était avant l'hôpital ? Ouais, c'est juste avant l'hôpital. Et à l'hôpital, j'ai dit, allez. Par contre, je gagnais beaucoup moins. Mais au moins, je me suis dit, là, je sais, peut-être que ça va être plus simple.

12:57 On a des horaires. Mais c'est pas ce qu'il me fallait. Mais bon, j'ai hésité quand même. Ça, c'était en quelle année, l'hôpital ? L'hôpital, c'était en plein Covid. Donc, 2020, je crois. 2020, 2021. Donc, finalement, ça ne fait pas si longtemps que ça. Ça fait que depuis 2021. Ouais, ça fait cinq ans que tu es à ton compte ? Bah oui, c'est ça. C'est ça. Ouais. Donc, tu as créé Plomberie au féminin ? Voilà, c'est ça. En trois semaines. En trois semaines ? Tu peux raconter un peu la création ? En gros, dis-moi, c'est quoi qui t'a poussé à te lancer ? C'était la conversation avec ton poche ? Oui, Romain. On était en train de discuter. Et puis, il me dit, pourquoi tu ne te mets pas à ton compte ?

13:29 Lui, il travaillait chez Engie à l'époque. Du coup, je dis, allez, mais dans ma tête, je dis, mais comment on commence par où ? Enfin, je n'ai pas de stock, je n'ai pas de matériel. J'avais même pas. J'avais une 207, je crois. J'avais mes deux filles. On était toutes, enfin, on ne peut pas tout quitter. Je n'avais pas d'argent de côté. Enfin, je devais avoir 4000 euros de côté, je crois. Je dis, allez, tant pis, je me lance. Donc, je vais à la Chambre des métiers. Ils me disent quoi faire. En gros, il faut faire juste un numéro de sirète, en fait. Et après, il faut aller à la banque. Il faut demander un prêt pour acheter le matériel. Je crois qu'à l'époque, il y en avait pour 5000 euros quand même pour démarrer.

13:55 5 000 pour acheter au moins le matos, même pas de camion et tout. Au début, tu étais dans ta voiture. Ah bah non, j'ai tout de suite pris la voiture. J'ai dit, allez, je tente de vendre ma voiture et j'achète un berlingo à la place. Franchement, toute seule, ça fait un peu flipper. Mais c'était sur un mois. Donc, du coup, début du mois, je trouve un berlingo à Bourges. Donc, on fait les deux heures de route. On va chercher le berlingo. Ma voiture, je la vends à une copine. Donc, en fait, le berlingo, je l'ai payé 10 000 euros. Mais j'ai fait un prêt dessus. C'est plus pratique en utilitaire. Bah non, mais c'était tout petit. Enfin, j'ai des photos. J'ai tout tout gardé et tout. Mais c'était vraiment tout petit. Berlingo, c'est trop petit.

14:29 Bah oui, c'est trop petit. Pour du dépannage, ça le fait. Bah je me suis dit, c'était moi, pour moi, c'était super. Donc, je l'ai fait équiper. Non, il était déjà équipé celui-là. Il avait déjà les casiers. Donc, c'était une ancienne voiture NG, je crois aussi, d'ailleurs. Tout de suite, je le fais floquer. Alors ça, par contre, c'est génial.

14:38 Création de Plomberie au féminin

14:44 C'est génial quoi. Enfin, pour moi, c'est vraiment là où ça a commencé. En fait, je l'ai fait floquer. Plomberie au féminin. J'avais le numéro de SIRET, une adresse mail. Et toi, dès le début, ça s'appelle Plomberie au féminin ? Ouais, j'ai mis longtemps à chercher. J'ai dessiné et tout. Enfin, j'avais fait plein de trucs. Puis j'ai trouvé que Plomberie au féminin, bah c'était sympa. Du coup, j'avais déjà l'idée que c'était en bleu et avec du rose dessus. Mais ça s'est fait en une soirée, ça. Non mais vraiment, moi, j'ai une idée. Il faut que j'y fasse tout de suite. Et puis, du coup, j'ai été à Terre-Evara. J'étais à la banque. La banque m'ont tout de suite suivi.

15:12 En fait, ils m'ont dit, il n'y a pas de souci. Donc, ils m'ont fait le prêt de voiture. Après, je n'avais pas de prêt à côté. Sur ton entreprise, tu avais choisi quel stock ? Non, en fait, c'était autant d'auto-entrepreneurs au début. Donc, il y a pas besoin en compte pro. Mais j'avais fait tout de suite un compte pro quand même. Donc, ils m'ont prêté pour acheter la voiture. Ensuite, ils m'ont prêté. Ils m'ont fait un prêt de 5000 pour acheter le matériel et c'est tout. Donc là, je me suis débrouillé avec ces 5000 euros. Donc, il fallait acheter du chalumeau. Mais j'avais rien du tout, même pas une caisse à outils. Le chalumeau, c'est le plus cher. 400 euros au moins.

15:37 Les petits, ouais, j'ai acheté un tout petit qui, d'ailleurs, prenait toute la place dans le berlingot. Mais bon, j'avais pas de stock chez moi. J'avais pas de garage. Rien du tout. Il fallait que ça rentre tout dans le camion. Après, j'ai dit, allez, c'est bon, j'ai tout ce qu'il fallait, mais le matériel arrivait plus tard. En fait, il est vraiment arrivé la veille que je commence. Là, sur le coup, j'ai dit comment je trouve les clients, du coup. J'ai fait un Facebook. J'ai une photo. Ça s'est partagé 17 000 fois. La première publication que j'ai. La première ? T'as mis quoi tout de suite ? Bah, j'ai mis en photo là. J'ai fait sortir 1500 flyers. En plus, j'aurais même pas dû distribuer. C'est pas homologué pour vous.

16:16 Normalement, il faut marquer ne pas jeter sur la voie. Enfin, il y a un jour. Je me dis non, il faut pas. Il y a des petites règles. Contendant les flyers. Alors que là, j'en ai sorti 1500. Donc en gros, t'as fait un flyer 500 ? J'ai dit, allez tous les soirs avec les filles au mois d'août. Pendant deux semaines, on sortait. On faisait. On a fait Easer, Toulon et Varennes. Parce que Varennes, c'est là où je connaissais du monde. Alors je me suis dit, je vais on distribuer aussi. Et on a distribué les 1500 flyers. Même pendant deux semaines à peu près. Et là, j'ai commencé à recevoir beaucoup d'appels. Et là, je me suis dit, ça, c'est pas mal. Et en fait, j'ai tout de suite, dès la première semaine, eu la semaine remplie.

16:50 C'est ouf parce que des fois, on se dit, on peut retrouver des clients, il faut faire des trucs de fou. Des choses basiques, ça fonctionne aussi. Micro pause dans cette vidéo. J'aimerais vous demander de vous abonner et de mettre un petit pouce en bas de cette vidéo. Ça nous aiderait énormément et ça nous donne beaucoup de force. On a l'ambition de créer beaucoup plus de vidéos et d'apporter un maximum de valeur, de ramener des invités prestigieux. Tu sais ce qu'il te reste à faire et je te renvoie sur la vidéo. Après, ce qui m'avait aussi un peu aidé, je pense, c'est que juste avant que je parte de l'hôpital et La Montagne, c'est le journal d'ici.

17:17 Ils sont venus et ils ont fait un article sur moi à l'hôpital, en fait. La plombière de l'hôpital, en fait.

17:21 Comment elle trouve ses premiers clients

17:22 Ça, c'était avant que tu crées ta boîte ? Oui, mais genre trois semaines avant que je quitte l'hôpital. D'ailleurs, l'hôpital, quand je voulais partir, ils m'ont demandé si je voulais signer un CDI et tout. Ils ne voulaient pas que je parte, mais il y a eu cet article et je pense que les gens, en fait, quand j'ai démarré, ils ont tout de suite fait le lien que c'était La Plombière de l'hôpital, en fait, qui s'est mis à son compte. Après, c'est peut être aussi parce que je suis une femme, mais ça a pris tout de suite. Après, je suis passé dans la semaine de l'allié. C'est un autre, un gros magazine aussi, un gros journaliste. Et eux, tout de suite, pareil, l'article. Alors là, par contre, j'ai reçu un tas d'appels.

17:53 Pour demander des dépannages ? Que des dépannages. Tu as déjà demandé des chantiers ? Bah oui, du coup, on me demandait les chantiers, mais je disais non, je ne fais pas. Pendant deux ans, les deux premières années, même trois ans, je pense, j'ai envoyé aux collègues. Ils étaient contents, du coup, les boîtes auto. Mais eux, ils m'envoyaient des dépannages, en fait. Enfin, je pense, quand ils ne pouvaient pas les faire, ils me les envoyaient. Et moi, j'envoyais les chantiers. Mais c'est là où je me suis dit, c'est de l'argent perdu quand même. Mais après, il n'y en avait pas tant que ça non plus. Il n'y a jamais une fois que tu t'es dit, je vais tester un chantier ?

18:17 Ah non, alors moi, ça ne me plaisait pas du tout. Puis je n'avais pas de dépôt. C'est une logistique plus complexe. Je ne rentrais même pas dans le camion. Enfin non, mais ouais, ça ne m'intéressait pas du tout. Puis je n'aime pas. En fait, les seuls chantiers que j'ai fait, j'en ai fait. Mais c'est avec le papa des filles. J'allais l'aider ou lui, il venait m'aider. Parce que vous êtes resté en bon cours. Ah oui, on a tout le temps travaillé ensemble. En fait, il y a des fois, par exemple, j'avais un chauffe-eau à changer, un truc trop lourd que je ne pouvais pas. Il venait m'aider tant pis. Il venait un week-end. Puis il venait gratuitement.

18:43 D'ailleurs, en passant, il y avait des samedis gratos aussi. Ça ne s'est pas changé, en fait. On faisait comme ça. En fait, on s'est toujours un peu entraînés. Et sinon, j'avais aussi d'autres collègues qui venaient quand des fois, il y avait des gros chauffe-eau à descendre les escaliers. Enfin moi, je ne peux pas en fait. Même eux, ils ne peuvent pas tout seuls. Ah, donc tu fais quand même un remplacement de chauffe-eau ? Ah bah les chauffe-eau, j'en fais beaucoup. C'est plus facile pour moi de changer un chauffe-eau de 300 litres toute seule que de changer un 150 des fois au mur. Ouais, parce qu'il faut le soulever. C'est ça, c'est que ça fait une manipulation. Alors que bon, les 300 litres, même si c'est loin, on les tourne, on les bouge. C'est pas pareil.

19:13 Mais ils sont bons à enlever. Ils sont pleins de calcaire quand même. C'est un peu bon. Ça me rappelle une fois, moi, j'avais dépanné un chauffe-eau à l'époque dans Paris. L'impression qu'il m'en reste là, c'est qu'ils avaient construit tout l'appartement autour du chauffe-eau. Il était encastré dans un mur en fait. C'est ça, on en a fait un autre jour. Ils ont mis le chauffe-eau et monté les cloisons après. Exactement. Du coup, j'avais une scie sabre. Je l'avais découpé. Ouais, ça crotte. Puis les gens, ils comprennent pas parce qu'en fait, il y a beaucoup de gens qui font des choses. Mais je vois même des vannes. Des fois, elles sont là. J'ai encore fait une vanne l'autre jour. Ils ont mis des plaques autour de la vanne. Il ne reste que la vanne pour tourner. Je dis, je peux pas la changer.

19:49 Moi, je suis obligé de tout casser. Juste pour ça, on casse le mur. T'as déjà fait des dépannages de fou un peu marquants ? Oui, mais à l'hôpital psychiatrique du coup. Enfin, les pires. Il faut savoir qu'il y a une chambre sécurisée là-bas où ça ressemble à une prison. Pour moi, c'est comme une cellule de prison. Une sorte de camusole ? Ouais, c'est vraiment les toilettes en ferraille, en inox dans le mur. J'y vais tout seul du coup pour un toilette bouchée. Et en fait, le gars, il a réussi à mettre... C'est un toilette normal. C'est juste qu'il est au mur. Il avait réussi à passer dans le toilette un oreiller entier et un drap. Mais un drap.

20:22 Mais un drap, ils sont grands, les draps de l'hôpital. Et ça, ça m'avait marqué parce qu'on avait appelé à sa vac et tout. Du coup, on peut déboucher nous-mêmes. Et puis, le gars, il a ouvert le tuyau et il a sorti ça. Mais il sortait... J'ai dit, mais comment il a passé ça dans un tuyau de sang ? J'ai trouvé que c'était des gros dépannages. Après, les dépannages qui m'ont marqué et qui... Je fais des cauchemars encore parce que... Mais ça, je reste souvent de fuites en fait. Mais comme il y a huit étages, si on ouvre une gaine technique, quand il y a une fuite en haut, l'eau coule vraiment comme un robinet ouvert dans la gaine technique. Ça coule les huit étages.

20:51 Ouais, il faut isoler rapidement. Il faut vraiment couper la vanne vite. Et quand vous allez... Il y a un gros vide sanitaire en dessous de l'hôpital, c'est géant. Il y a des vannes partout. Je ne sais pas combien il y a de vannes, mais c'est énorme. Ça coupe chaque étage. Elle ne marche plus. Donc, en fait, on est obligé de couper, mais on ne peut pas couper. Par exemple, je ne me rappelle plus quel étage c'est, mais au 2, par exemple, c'est le bloc. Donc, on ne peut pas couper l'eau. Moi, j'adore parce que c'était en vitesse. Il faut trouver les plans. Et les plans, il y en a 50 000. Moi, j'ai adoré faire ça. À l'hôpital psychiatrique, il y avait aussi les gens qui se dénudaient.

21:19 Un jour, j'étais coincé à un couloir. J'étais en train de dépanner dans la gaine technique. Et là, il y en a un qui arrive. Il avait le sexe à l'air. Et là, par contre, je ne fais pas la maline. Parce que là, je dis que je peux le pousser et tout. Et puis, il venait vers moi. Moi, j'ai tous les tournevis et tout. Dans l'hôpital psychiatrique. Bah oui, ouais. J'étais là. Infirmière ! Il y a quelqu'un. Il n'y a pas quelqu'un qui reste avec toi. Il y a personne. Et du coup, elles ne m'ont pas écouté. Et puis, il était à deux mètres de moi. Moi, ce que j'avais peur, c'est qu'il prenne un tournevis et qu'il me le mette dans le dos. Bon, il avait tout le temps l'air. Ça ne le dérangeait pas. Il y en a. C'est un peu compliqué.

21:50 Et puis là, ils sont arrivés après. Mais il était à un mètre de moi. Ils sont venus le chercher et tout. Puis moi, j'étais en sueur parce que j'étais en train de travailler. Puis, j'étais là. Il va. Mais je ne sais pas. Qu'est-ce qu'il va faire ? Il y en avait un autre une fois. Il m'a pris un tournevis du couple. Il me dit Ah, c'est joli ça et tout. Et j'étais là. Donne. Allez, on range. Mais ça, c'était sympa, l'hôpital psychiatrique. Pareil, il y avait des sous-stations. Donc, on travaillait plus quand même en dessous. Mais on allait quand même beaucoup de WC boucher. Et moi, ce qui m'a marqué là-bas, c'est l'odeur en fait. Ça sent pas bon.

22:16 Ça sent pas bon. Dans l'hôpital ? Dans tout l'hôpital psychiatrique, je trouve que ça... Ils ont du courage de travailler là-bas. C'est pas facile, j'imagine. Non, et puis il y en a qui sont... C'est vraiment des gros handicaps. Si on revient là sur ta boîte aujourd'hui, tu fais exclusivement du dépannage dans ta zone. Tu arrives à en vivre bien, confortablement ? Tu fais à peu près combien de chiffre d'affaires ? J'ai jamais bien changé. Bah, le chiffre d'affaires, il a un peu augmenté. Mais bon, comme tout a augmenté à côté, j'ai envie de dire. Parce que quand on passe de micro à entreprise individuelle, il y a plein de charges qui s'ajoutent.

22:47 Ah, du coup, tu étais resté combien de temps en auto ? Trois ans. Parce que je me suis mis en entreprise individuelle qu'en 2024. J'ai pas le choix. J'ai été forcé parce que moi, sinon, j'y serais pas passé. C'est parce que comme on a voulu prendre la société là, en SARL, on peut pas accumuler micro entreprise et SARL. On peut que entreprise individuelle et SARL. Oui, parce que tu vas en parler juste après, mais t'as acheté une autre entreprise après. En 2024, j'avais pas encore acheté de la société, mais en vue de, il fallait que je passe en EI. Parce que comme c'est en début d'année, faut le faire en début d'année. En auto entreprise, tu vivais bien ?

23:18 Moi, j'ai jamais cherché à gagner beaucoup d'argent. Moi, ce que je voulais, c'était pouvoir m'occuper des deux filles parce que du coup, j'étais toute seule avec elles. Et c'était dur parce que mes dépannages préférés, moi, c'est le soir ou vraiment dans l'urgence et tout. Mais j'étais quand même déjà grande. C'est là où tu gagnes plus d'argent aussi ? Alors moi, je fais pas payer bien plus cher. Ah ouais ? Franchement, je suis pas très cher. Pourquoi c'est tes préférés ? Bah j'adore. En fait, j'adore venir en urgence. Bah vraiment, si je dépasse les gens. Du coup, comme il y avait les filles, j'essayais d'être là le mercredi après-midi avec elles.

23:45 Parce qu'à l'époque, elles ne venaient pas trop avec moi. Un petit peu plus la petite d'ailleurs. Donc du coup, au début, j'ai toujours, de toute façon, j'ai quasiment toujours sorti le même salaire. Avec cette boîte, j'ai toujours fait à peu près 2000 euros. Après, on a des avantages. On gagne un peu plus parce qu'en fait, on paye pas l'essence, on paye pas le forfait, on paye pas restaurant le midi. En fait, il y a plein de choses qui font qu'on gagne quand même plus d'argent. Je gagnais à peu près autour de 2000 euros. Alors, c'était pas mal parce que le chiffre d'affaires était pas énorme au début, dans les 70 000. Et en passant en EI, j'ai quand même gagné plus.

24:13 En fait, à chaque fois, ils montaient quand même. Mais je crois que le plus, ça devait être 87 000 euros. C'est pas énorme. Mais en dépannage, c'est beaucoup parce qu'un dépannage, c'est que 70 euros. 7 000 euros de CA à peu près par mois. C'est ça, oui, à peu près. Mais après, j'imagine si tu enlèves tout le matos que tu achètes, l'essence, etc. Tu restes 2000 entre guillemets de salaire dans ta poche. C'est ça. Tu te verses du salaire ou tu fais plutôt des... Non, moi, je me paye un salaire à peu près tout le temps la même chose. Des fois, c'était plus. Il y a des mois où je gagne mieux et j'arrive à sortir plus. Jamais moins parce que... Après, ce que je mets de côté dans la boîte, j'essaie de mettre de côté pour l'Ursaf, les choses comme ça.

24:51 Mais l'Ursaf, ils m'ont fait tout perdre. Ça, c'est vraiment très compliqué. Donc là, tu te sors ce salaire qui te permet de vivre ta vie tranquille. Oui, ça va. Est-ce que tu as eu des moments creux ou un peu difficile ? Jamais. J'ai toujours eu du boulot, mais après, pas de vacances. Je travaille les week-ends, mais les week-ends, c'est que du dépannage urgent. Donc, c'est vraiment... Je dis aux filles, bon, là, ce matin, j'ai eu un dépannage vite fait. C'est pas du week-end ? Non, voilà, non. C'est que quand il y a besoin. Et puis, si je ne peux pas, je dis non, je ne suis pas là. J'ai jamais eu de... Il n'y a que le mois de mai. Tous les ans, c'est pareil.

25:25 Le mois de mai, on sait, on gagne moins. De toute façon, c'est tout le temps pareil. Et là, dans ce cas, j'essaie de faire plus le mois d'avant ou le mois d'après. Tu avais déposé tes 1500 flyers. Est-ce que depuis, tu as fait d'autres actions ? La page Facebook aussi, tu m'as dit ? Oui, Facebook, c'est vraiment ce qui m'a fait pour moi. C'est vraiment... C'est le tas de partage qu'il y a à chaque fois. Et puis, même encore aujourd'hui, mes vidéos, à chaque fois, je trouve qu'elles font beaucoup de vues par rapport aux gens qui sont ici. Et du coup, Facebook, les journaux, le magazine installateur, les choses comme ça, c'est des gros magazines qui ont fait tout le temps des articles.

25:52 En fait, pareil, ça m'a ramené des clients aussi, je pense. Après, c'est bouche à oreille. Mais les gens te disent, je vous ai découvert... Déjà, est-ce que tu demandes aux gens ? Oui, toujours, où est-ce que vous avez mon numéro ? Alors maintenant, c'est des clients récurrents, là. Donc maintenant, je les connais. Mais souvent, c'est qu'ils m'ont vu quelque part ou sur Facebook. Ils ont bien aimé mes vidéos. 60 % de mes clientèles, c'est parce que je suis une femme et parce que c'est des femmes. Et du coup, elles veulent que je vienne chez elles. Pour eux, les gars, ça peut arnaquer et tout. Or que moi, non. Ah ouais, donc c'est vrai que tu récupères aussi peut-être plus une clientèle de femmes ?

26:23 Oui, toutes tes petites mamies, même les papys, mais les personnes âgées et les femmes. Parce que tu leur inspires confiance. Et puis en plus, je ne suis pas chère. Je suis assez transparente. Moi, j'arrive, je dis voilà, ça va. Déjà, je fais toujours des devis. Même un petit dépannage. Je dis envoyez-moi une photo de ce que ça fuit parce qu'il fuit chez eux. Je demande toujours une photo avant. Ceux qui ne peuvent pas, j'imagine. Et je fais toujours un devis. Et genre, tu vend combien ton heure de main d'oeuvre ? Bah, en forfait d'épanage, je viens d'aller déboucher à un toilette hier. Le forfait débouchage ou même entre 10 minutes et une heure et demie, je facture 75 euros.

26:55 Ça ne change rien que j'y aille 10 minutes ou une heure et quelques. Parce que pour moi, je ne peux pas me déplacer pour moins. Souvent, c'est dans l'urgence. On paye, voilà, enfin, je fais payer. Moi, dans Paris, par exemple, à l'époque, quand j'avais ma boîte, une heure de main d'oeuvre et des déplacements, c'était 140 euros.

27:07 Facebook, confiance client et impayés

27:08 Je vois une piscine à cette fois-là. Et je sais, mais même... Mais à Paris aussi, c'est amende, c'est compliqué, il y a beaucoup de circulation. Mais je suis aussi, on se prend des amendes, mais un peu moins. Peut-être que c'est parce que c'est Plomberie au féminin, mais je trouve que je n'ai pas beaucoup d'amende par rapport même aux gars. Ils en ont un peu plus. Donc, 60 euros, ça, c'est ton forfait d'épanage ? 75 euros, ça, c'est mon TTC. J'ai pas de TVA de toute façon. Une heure de déplacement main d'oeuvre. Voilà, c'est ça. Et après, tu vends la petite fourniture ? Et bien, après, je rajoute ma fourniture. Après, ça dépend si vraiment j'y ai passé 10 minutes.

27:38 Là, je vais baisser, je vais mettre 55 ou 65. Si t'as changé un joint de fibre ? Ça dépend. Si je fais vraiment qui il est, je laisse. Ça dépend aussi. Ça dépend de la route qu'il y a eu aussi. Des fois, j'y retourne. Il faut y retourner, chercher les joints. On n'a pas ce qu'il faut. Il y a des clients ou quand j'ai du mal à payer des fois ? Pour le coup, par rapport aux deux sociétés, moi, j'ai de la chance. Parce que comme c'est du dépannage, en général, ils payent sur le mois. Voir dans les deux jours qui suivent. Tu ne demandes pas direct ? Si, des fois, oui. Mais je préfère qu'ils payent par virement, moi. Donc, du coup, j'envoie la facture par contre tout de suite.

28:09 Je fais la facture directe en sortant. Là, à l'heure d'aujourd'hui, j'ai que trois impayés. Dans toute ta vie ? Oui, mais c'est de la semaine dernière, je veux dire. Donc, j'ai que trois impayés. Ils vont payer, là. C'est que c'était la semaine dernière. Ah oui, oui. Ok. Donc, t'as jamais eu d'impayés, du coup. J'en ai eu deux, trois qui étaient un peu longs. Mais après, je ne suis pas très gentil. Il y en a une, c'était une boulangerie. J'ai dépanné plusieurs fois et un jour, ils étaient vraiment embêtés. J'y suis allé un samedi, je crois. Donc, je dépanne et tout. Je fais ce qu'il y a à faire. Et la facture, au bout de deux mois, toujours pas payée.

28:35 J'ai relancé, j'ai renvoyé. Et ça, je n'aime pas. Parce que pour moi, j'estime que ce n'est pas courir derrière les gens. Ils nous ont appelés. Moi, je viens tout de suite. Et ça, ça peut vraiment me mettre en colère. Du coup, la boulangerie était à côté de chez moi. J'ai envoyé un message et je dis, bah, ce n'est pas compliqué. Là, si vous ne payez pas tout de suite dans les dix minutes qui suivent, moi, je viens devant la boulangerie et je dis aux gens de prendre les baguettes sans payer en fait, parce que de toute façon, vous, on vous dépannais, vous ne payez pas. Puis là, on s'est engueulé au téléphone et tout, mais elle a payé. Et pourquoi elle ne voulait pas payer ?

29:00 Elle n'avait pas de raison. Elle dit, c'est bon, on n'est pas un mois près. Enfin, si, en fait, deux mois, il y a une date dessus en plus. Normalement, on peut majorer au bout de 30 jours. On ne le fait pas, mais bon, normalement, on devrait le faire. Pourquoi tu n'es plus jamais retourné ? Ah bah, par contre, elle peut me rappeler. Par contre, je lui ai dit à la fin, je dis maintenant, si vous avez un problème, le week-end, vous allez galérer à trouver quelqu'un. Il n'y a personne qui en fait le week-end. Mais je n'en ai pas, moi. Sur mes contacts, j'ai quelques contacts. Là, ne paye pas. J'en ai un zizi à l'air parce qu'en fait, c'est que je suis arrivé chez lui.

29:26 Arrête. Mais si, mais moi, il y en a des fois. C'était le même qui était dans l'hôpital ? Non, pas du tout. Il avait une grande baie vitrée, en fait. Quand je suis arrivé devant chez lui, il y avait une grande baie vitrée à hauteur de ma tête. Lui, c'était à hauteur de ses cuisses quand il était debout. Et donc, je saute à la porte et lui, il ouvre la fenêtre ici à poil. Et donc, j'étais à hauteur de son truc. Et donc, du coup, je dis bonjour. Et il me dit oui, bonjour. Et bien, il dit faites le tour. Rentrez par derrière. Il n'y a pas de souci. Ben si, il y a un souci en fait. Donc moi, je suis parti. Je suis rentré dans ma voiture et le monsieur m'a rappelé.

30:00 Il me dit je ne comprends pas votre ouvrier parce qu'il ne savait pas que c'était moi qui était la patronne, je pense. Il me dit je ne comprends pas votre ouvrier. Il est venu. J'ai ouvert la porte. Il est parti. Et bien, je dis c'est peut être parce que vous aviez les idées à l'air, non ? Et il dit mais non, j'allais le mettre mon pantalon. Enfin, j'allais m'habiller. Il était vraiment ouvert. Il y en a des fois, ils sont bizarres, les gens. Ça m'a traumatisé ça parce que le gars, ils sont un peu perdus. Il y en a, je pense. Toi, tu fais du dépannage et là, il y a deux ans, tu décides de racheter une entreprise. Donc, le monsieur qui vend ici décide d'arrêter.

30:32 Tu le connaissais ? Oui, j'avais déjà travaillé pour lui pendant six mois en fait. Du coup, Jean-Marc, je lui avais dit de venir travailler ici. C'est vraiment comme les anciens ouvriers là. C'est vraiment les gars qui travaillent vraiment. Ils sont là pour bosser. Pas qu'il était salarié, il était mort. C'était mettre soin, oui. Voilà, c'est ça. Et bien du coup, je lui dis viens travailler ici dans cette boîte parce qu'après, il va devoir vendre. Et du coup, ça peut être sympa pour lui d'évoluer. Et puis, en tout cas, il est venu ici à travailler. Il a travaillé deux, trois ans avec Christophe du coup, celui avec qui on a racheté la société. Et puis, bien le jour où là, en fin 2024, il décide de vendre.

31:05 Donc, Jean-Marc ne veut pas racheter tout seul. Donc, il m'appelle, il me dit, tu ne veux pas t'associer ? Franchement, au début, j'ai dit, je vais le materner. Enfin, ouais, j'étais toujours derrière. Mais après, c'était sympa parce que lui, c'est vraiment un bon ouvrier. Il travaille vraiment très bien. Donc, je me suis dit, ça peut être sympa. Ça fait un truc en plus. Je ne m'attendais pas à autant de charges de travail quand même. Mais je me suis dit, allez, pourquoi pas ? Mais en gardant Flombré à côté. Enfin, Plomberie au féminin. Plomberie au féminin. Toi, il faut que tu gardes ton activité et tu restes toujours sans indépendance. J'ai dit, ça se casse la gueule.

31:37 Moi, je n'ai plus rien. Enfin, je n'ai pas envie de recommencer tout à zéro. Puis, Jean-Marc, je ne connais pas en tant que chef d'entreprise non plus. Je le connais en tant que salarié. Donc, ce n'est pas pareil. Donc, on décide de faire ça. Alors, ça a été un parcours du combattant pour y faire. On a commencé, je crois, au mois de février 2024 pour le racheter. Et on ne l'a racheté qu'au mois de septembre. Donc, ouais, c'était long. Enfin, ils montrent des trucs. Là, vous, vous étiez déjà en relation avec le sédant. Oui. Christophe. Eh bien, oui, puisque lui, il travaille. Et Jean-Marc travaillait là aussi. Ouais, du coup. Et donc, lui, il part à la retraite.

32:08 Oui. Enfin, c'est la raison du départ. Bah, il voulait. Oui, il est encore à côté. Du coup, il a monté après une petite entreprise dans la plombie. Mais à la base, c'était pour partir à la retraite. Donc, du coup, je ne savais pas. Que le jour de la signature, on le savait quand même, parce qu'il n'avait pas le droit de travailler autour de la société ici. Ah, OK. Voilà, il y a un... Ça, comment tu faisais-le ? Comment ça se fait qu'il n'a pas le droit ? Parce que tu t'es fait conseiller par un avocat ? Non, c'est la loi, au fait. Quand on vend... Par exemple, moi, je vends ma société là à quelqu'un. Je n'ai pas le droit de venir travailler dans un rayon de 20 km à vol d'oiseau.

32:38 Ce qui est normal, parce que sinon, tu vends ta société, puis tu reviens travailler ici. Mais par contre, de toute façon, même si l'idée, on ne pourrait rien y faire. Voilà. On peut suivre avec un GPS. On a signé, enfin, on a été aidé par France Active. France Active, c'est sympa de le connaître quand même, parce que c'est une garantie en gros, si on se casse la gueule. France Active prend en charge 70 % du prêt, parce que la société, on l'a payé quand même. On a racheté des fonds, on en a eu pour... De mémoire, je crois que c'est 85 000 €. Donc, dedans, il y a la clientèle, 30 000 €.

33:10 Le rachat de JC Chauffage

33:11 Enfin, c'est divisé en... Tout est bien réparti, mais donc il y a la clientèle, le matériel... Oui, c'est ça. Après, moi, je déconseigne de racheter une société, parce qu'en fait, la clientèle, on achète une clientèle, on n'achète pas une clientèle. La clientèle, quand c'est une entreprise de chauffage comme ça, il a posé sa chaudière, ses chaudières déjà partout. Donc, oui, on a les clients dans le fichier. Mais en fait, ils n'ont pas besoin de nous, les clients. Bon, ils s'attent de bain, ils pourront le chauffage. Donc, étant donné que c'est ce que fait l'entreprise, je trouve que c'est pas vraiment... En fait, pour moi, ça se rachète pas. Il valait mieux créer JC Chauffage.

33:41 En fait, on aurait créé JC Chauffage, on aurait eu la même chose. Puisque 60 % et 70 % des clients agents marquent, c'est mes clients. C'est moi qui lui envoie. C'est des clients de taille d'épanage qui ont besoin de faire des instables. Bah oui, donc du coup, en fait, on aurait pu juste faire une création. Bah voilà, on aurait gagné 85 millions. Après, non, pas 85 millions, parce qu'il y a quand même le matériel. Là, Jean-Marc, le matériel de chauffage, c'est avant quand même cher. Il y a quand même beaucoup de matos. Mais c'est pas du matos neuf. Ça date un peu aussi. Les camions, ils datent aussi. On a fait floquer le gros camion là. Jean-Marc et l'apprenti sont rami de rouler dans un petit camion rose.

34:17 Avec des écrits de dire rose. Mais je trouvais que ça a cassé un peu l'image du plombier. Enfin, tu les as bien vus. Les barmues, quand ils arrivent, bah je trouve qu'avec le camion rose, ça a doucé un peu la chose. Et qu'est-ce qu'on dit les clients ? Moi, j'ai remarqué qu'il y en a beaucoup qui m'appellent. Il y a des deux numéros sur le camion. Il y en a beaucoup qui m'appellent moi, qui pourraient appeler Jean-Marc parce que c'est du chauffage. Mais il m'appelle moi, je pense qu'il fait un peu... Ça fait vraiment le barbu et qui arrive. Et en fait, pour la petite anecdote, une fois, je les envoie chez un client à moi. Je n'ai pas encore dépanné chez eux.

34:48 C'est qu'elle m'a appelé moi et je dis, bah là, c'est Jean-Marc qui l'a fait. Donc, j'envoie Jean-Marc avec son ouvrier. Il y a un ouvrier. Jean-Marc, c'est ce qu'il fait. Il n'a pas besoin de moi. C'est souvent moi qui appelle Jean-Marc. Dès le moment, je ne sais pas faire un truc ou je ne sais pas comment... Mais là, ce jour-là, donc, il change, je ne sais plus, il change des trucs sous un chauffe-eau et tout. Et la cliente, elle m'appelle. Moi, je n'étais pas là. Et elle me dit, oui, votre ouvrier, il est en train de faire ça. Est-ce que c'est sûr que c'est comme ça qu'on fait et tout ? Puis je dis, bah oui, Jean-Marc, il sait ce qu'il fait.

35:15 Enfin, je rappelle Jean-Marc. Je dis, qu'est-ce que tu fais pour que la clientèle m'appelle ? Il dit, en fait, j'ai tourné une balle, la vanne m'est restée. Donc, forcément, j'ai dit à la cliente, je suis obligé de vous changer la vanne. Donc, en fait, elle, elle a pris ça pour genre... Oui, alors que pas du tout. Enfin, bon, je rappelle la dame et je dis, non, mais c'est pas du tout mon ouvrage en marcant. C'est un problème derrière, il y a un 2,4. Oui, il fallait changer la vanne du coup. Parce que c'était une vanne qui était accrochée, c'est pas avec la petite visse. Ah, ok. Et du coup, je dis, non, mais c'est parce que ça arrive, quand c'est trop vieux, ça peut.

35:39 Mais je dis, là, il ne vous en a qu'pas, c'est pas du tout son genre. Il est pas du tout commercial en plus. Alors, lui, pas pour un sou. Ce serait plus à dire, c'est bon, c'est pour nous. Ah non, mais vraiment, en plus. Et je dis, c'est pas mon ouvrier, c'est mon associé. Je dis, c'est sa société aussi. Et elle me dit, ah, d'accord, mais tout. Et ça a arrivé plusieurs fois que les clients m'appellent. Ils pensent que c'est moi la patronne et que Jean-Marc, c'est mon ouvrier. Non, mais ça, c'est parce que Jean-Marc, il est encore peut-être ce côté ouvrier. Donc, il arrive, il ne va pas aller discuter autant avec les clients, peut-être. Il ne crée pas de relation.

36:05 Bah, c'est un ancien ouvrier. Pour moi, il a passé 25 ans ouvrier. Donc, il arrive, il n'a pas envie de chercher pendant deux heures. Il va aller travailler ou il n'a pas ce côté... Il n'y a pas ce côté... Je ne sais pas, ouais. C'est pas comme les femmes. Mais il y en a des patrons gars qui ont bien la tchatche et tout aussi. Il faut le côté un petit peu commercial. Oui, oui, oui. Il y en a qui ont bien. Mais souvent, c'est quand même les patrons qui ont des ouvriers qui travaillent pour eux. Mais ce que Jean-Marc, dès qu'il arrive le matin, il est habillé en ouvrier quand même. Enfin, il est habillé en chantier. Et c'est vrai que des fois, des gens doivent le prendre pour...

36:36 Oui, c'est des ouvriers, quoi. Mais après, il y en a pas mal ici qui savent qu'il a repris cette société-là. Donc là, il l'appelle, ils savent que c'est lui et tout. Après, on a pas mal qui appellent et qui disent, bah, c'est plus Noisy Rousseau, l'ancien propriétaire. Il y en a aussi qui aimeraient bien que ce soit lui. Enfin, c'est normal. Il y a des gens, quand ils ont un flammeier... Ah, donc tu récupères quand même un petit peu de... Pas beaucoup, mais c'est plus pour ceux des choses qu'il a fait. Par exemple, ça tombe en panne ou quoi. Donc, il voudrait qu'il y ait une réparation. Mais ça, c'est compliqué aussi. L'autre jour, lui, il avait posé un robinet.

37:05 Il a duré deux ans. Moi, il arrive deux ans après, il tombe en panne. Bah, moi, je dois le changer à titre gratuit. Ah ouais ? Bah, alors moi, je le fais plus, là. Parce que j'ai dit, on va pas fight, sinon... Maintenant, j'explique qu'en fait, nous, on a repris. On a changé notre société et tout, quand même. On n'a pas repris toute la société entière. Si on fait marcher la décennale, c'est ça décennale. C'est pas la nôtre. Et puis, s'il y a des pièces qui sont cassées, c'est pas nous qui aurons posé, quoi. Donc, au début, j'avais compris, moi, qu'on devait tout réparer. Lui, il a encaissé tout, puis nous, on doit... En tout cas, c'est le matériel, c'est pas la décennale.

37:36 Non, voilà, mais la décennale. S'il y a un dégât... Oui, la décennale, je crois que c'est clair. C'est pendant dix ans, c'est lui. La décennale marche encore pendant dix ans. Enfin, pendant dix ans. Surtout, s'il y a un dégât. Mais si, pour exemple, ton robinet, s'il lâche... Bah oui, ça va pas être nous qui allons... Enfin, on peut pas, enfin. S'il y avait une garantie sur le matériel... Et bah, il y en a, de toute façon, il y en a quasiment tout le temps. Ouais, là, franchement, mais nous, c'est plus les mêmes factures. C'est plus le même nom et tout. Donc, je sais pas, ouais. Donc, toujours, encore une fois, on est retourné chez lui. Enfin, il avait posé quelque chose, ça a lâché.

38:01 Bah, j'ai dit, je suis désolé, on le refacture, quoi. Je fais pas cher et tout. Bah, il comprend, les gens, ça. Si c'est pas indiscret, donc toi, tu recrées la boîte avec ton expérience. Mais c'est toi qui a un peu piloté, finalement. C'est quoi le cadre de votre association ? Est-ce que t'as mis... Question, est-ce que t'as mis quand ? Ils vont notre cadre. Ouais. Bah, est-ce que t'as mis un cadre, du coup, dessus, pour essayer d'éviter les embrouilles ? Déjà, lui, il a 60% de la société, moi, 40. Ce qui est drôle, étant donné que c'est moi, toutes les décisions passent par moi. Bah, c'est pas que ça passe par moi. J'en remarque que sur une lot, je n'ai rien à dire.

38:32 C'est pas moi qui... Sur un chantier, c'est lui qui, de A à Z, il fait ses commandes. Ça, j'ai rien à voir là-dedans. Lui, tout ce qu'il aime pas, c'est tout ce qui est paperasse, tout ce qui est à côté, où vraiment, les clients, faut les rappeler rapidement. Enfin, il va le faire, mais pas aussi rapidement que moi. Il va, des fois, attendre un ou deux jours. Je vais tout le temps être derrière. Allez, il faut faire ça. Sinon, pour une question d'engueulade ou quoi, ça se fait comme depuis dix ans. En fait, c'est pas compliqué. Si on s'engueule, c'est moi qui a un nom. C'est moi qui a le dernier mot. Et puis lui, il dit plus rien. Ok. Il râle un peu, puis après, il est bonne patte.

39:02 Mais ça a toujours marché comme ça, et puis ça fonctionne là. Des fois, on s'engueule, même pour les filles. Des fois, on n'est pas d'accord, mais ça va, en fait, pas trop. Non, mais ça marche comme ça. Il n'y a pas de... Mais c'est vrai que c'est lui qui a la majorité de la société. S'il a envie de me dire, mais tais-toi en fait, t'as rien à dire, il pourrait. Les devis, par exemple, il n'aime pas lui tout ce qu'il... Il ne répond pas aux mails, il ne fait pas les devis et tout. Donc ça, moi, je le fais. Moi, je fais en plus de ma société. Ça, des fois, c'est un peu... Bon, ouais. Déprenant. Oui, c'est un peu plus long, des fois. C'est surtout que j'ai un conjoint adorable.

39:29 Parce que je remarque qu'on passe nos souris au téléphone. Les vendredis, un vendredi sur deux, il vient chercher les filles. Donc du coup, la midi, on en profite. Il reste tout le temps plein avec moi. On fait des dépannages. On entend bien, mais après, il n'y a pas d'envie de biter rien. C'est vraiment... Voilà, on est deux collègues. Donc il dit, il vaut bien. On s'appelle, on est dans l'ue. Et il le sait, il dit... Maintenant, il répond, il dit, allons-nous remarquer. Du coup, là, t'as eu un nouvel enfant aussi ? Oui. Tu as quel âge ? Cinq mois. Aujourd'hui, c'est pas trop la course, ouais ? Ça a été très, très compliqué, la grossesse. Mais ça, c'est tout un sujet.

40:02 Bon, la maternité, le bâtiment, il n'y a rien qui va. Et moi, c'est surtout que j'ai arrêté le sport et le boulot, du coup, pendant neuf mois, presque neuf mois. Tu fais en plus de ça que je fais du sport ? Oui, moi, j'adore courir et tout. Je fais beaucoup de course à pied et de vélo. Mais d'arrêter tout d'un coup le boulot, sport, franchement, la grossesse, c'était très compliqué. Et à l'accouchement, on est tellement accablés par les charges qu'il fallait reprendre vite. Mais sauf qu'un métier physique, reprendre vite, on ne se rend pas compte, mais j'ai repris en deux mois. Ah ouais ? Il fallait que je reprenne la course à pied avant parce que je me disais qu'il fallait que je reprenne quand même le sport,

40:33 qu'on me remusquait un petit peu. Quand tu étais à grossesse, tu as arrêté de travailler au bout de combien de mois ? Trois mois et demi, je crois. Parce que je me suis mis en arrêt, je me suis fait mal au coude. Je vais t'y raconter, mais c'est vraiment la chance de ma vie parce que c'est tellement mal fait dans ce système que je me dis que si je n'avais pas eu un problème au coude, j'aurais perdu ma société et tout ce que j'avais. J'ai su que j'étais enceinte. En fait, on voulait un enfant, mais moi, je ne pouvais pas en avoir. Donc, du coup, j'ai arrêté la pilule et on s'est dit « On va laisser faire les choses pendant deux ans. Et s'il faut après, peut-être qu'on fera quelque chose. Et s'il n'y en a pas, on n'en va. »

41:05 J'avais assez avec les deux filles. Lui, il est plus jeune. Et je lui ai dit « Si on n'en a pas, il ne faut pas m'en vouloir. Déjà, je ne peux pas en avoir. » Il m'avait dit que je ne pouvais plus en avoir. Pour moi, on a le temps. On a dit qu'on va mettre de côté tant pour se mettre à l'abri que si je suis en arrêt, quand le bébé va arriver. J'avais tout calculé. Il fallait mettre à peu près 6 000 euros de côté déjà sur… Pour commencer. Deuxième mot, j'ai la pilule, je suis tombé enceinte. Enfin, je dis « Mais là, c'est trop fricot. » Mais pourquoi tu disais que tu ne pouvais pas en avoir ? Parce que j'avais été opéré, en fait, à l'époque où je travaillais à l'hôpital.

41:35 Ils avaient brûlé, en gros, le col de l'utérus. Donc, en fait, pour tomber enceinte, elle m'avait dit « C'est compliqué. Il faut faire un cerclage. Sinon, ça ne tiendra pas. Il faut être alité pendant neuf mois. » Moi, c'était même pas aussi, ça. Donc, ça, moi, je pensais que je ne pouvais pas en avoir et que ça ne viendrait pas naturellement, en tout cas. Et là, ça m'a pris courant. Par contre, ça ne m'a pas amusé du tout parce que je me suis dit « Mais je fais comment ? Je n'ai pas d'argent de côté ? » En tout cas, pas pour la société. Et je regarde mes prévoyances. J'avais deux prévoyances. J'en ai une qui couvre mon salaire, mais pas beaucoup.

42:04 Ça couvre, mais pas trop mal. Ça couvre 1 800 euros. Mais dans quel gré mois ? Toutes arrêt maladie, accidents de travail et tout. La deuxième prévoyance, j'ai dit « Putain, j'ai été prévoyante quand même. » J'en ai pris une deuxième qui couvre les charges, mais à hauteur de 900 euros par mois. Si je suis en arrêt, ça couvre les charges. Mais en fait, les charges, je suis à 1 200 euros. Donc, ça ne couvrait pas tout. C'est déjà pas mal. Après, il y a la sécurité sociale aussi qui vient compléter. Donc, on s'y retrouve normalement. Ça, c'est toi qui as tout géré ou tu as dû appeler la prévoyance ? Non, là, je l'étais déjà enceinte de deux mois.

42:35 Je l'ai suivi à un mois et ça m'a mis un mois le temps.

42:37 Grossesse et réalité de cheffe d’entreprise

42:38 Parce qu'il a fallu aller chez la sage-femme, qu'elle fasse un papier disant que je suis enceinte. De là, je suis allé à la MAF. Moi, j'étais à la MAF. Et là, j'arrive dans le bureau et il me dit « Désolé, en fait, tout est pris en charge. N'importe quoi. Sauf la française. C'est la seule chose qu'on ne prend pas en charge. C'est si vous êtes enceinte. » C'est une plaisante. Non, mais en fait, je me dis « Mon collègue, là, il se bourre la gueule un dimanche en jouant au foot avec ses copains. Il se tord la cheville. Il en arrêt pendant six mois. Il est payé. Alors qu'il sera bourré la gueule un dimanche. Moi, je tombe enceinte et je ne suis pas payé du tout.

43:11 Il y a zéro. Alors là, je dis « Ça ne va pas le faire. » Et en fait, je vais chez mon médecin traitant et on discutait tout. Et lui, ça faisait déjà trois, quatre mois qu'il voulait m'arrêter pour le bras parce que tant que je ne m'arrêterai pas, je ne guérirai pas. J'avais une tendinopathie. Donc, j'en avais une au coude et une au poignet. C'est en fait à la force avec les pinces et tout. J'ai les canaux carpiens, pareil, qui sont en train de lâcher. Forcément, en fait, moi, j'ai des petites mains au bout de tant d'années. Donc, il m'avait déjà dit plusieurs fois de m'arrêter et tout. Je ne voulais pas parce que je ne suis jamais arrêté de ma vie.

43:39 Je n'ai jamais été en arrêt maladie. J'ai dit non. Et donc là, je vais chez mon médecin et je dis bah, ce n'est pas compliqué. Est ce que vous avez moyen de prouver que j'ai des problèmes au bras? Parce qu'en fait, s'il prouve que j'ai mal au bras et que j'ai vraiment des problèmes, là, oui, je suis arrêté. Là, ils prennent en charge. C'est malheureux, en fait. Mais du coup, j'ai fait ça. Et il m'a dit bien sûr, évidemment qu'on peut le prouver. Il n'y a pas de problème. Ça fait déjà des mois qu'on veut le faire. Il n'y a pas de souci. Donc, on a vu qu'il était déjà en mauvais état. Il y avait le coude. La tendinopathie, c'était radio ou écho.

44:07 Je ne sais plus. J'avais un gros quiste dans le poignet. En fait, ça va. J'avais de quoi m'arrêter. Non, parce qu'il est parti tout seul. En fait, il fallait du repos. C'est tout ce qu'il fallait. Mais moi, je n'en avais jamais. Du coup, tu t'es arrêté. Oui, ça fait du bien. Non, mais en fait, déjà avant, je travaillais avec les attelles aux mains et tout. En plus, j'étais à un stade quand même où je suis persuadé que ma fille, ma dernière, elle est arrivée parce qu'il fallait que je m'arrête de travailler. Parce que sinon, je ne me serais jamais arrêté ma vie. Mais ça se trouve que tu te serais ruiné les poignets? Oui, c'est sûr, je serais arrêté à un moment ou un autre pour me faire opérer.

44:38 Mais ça va arriver. De toute façon, un jour, il va falloir les faire. Mais là, je n'ai pas pu. Du coup, j'étais enceinte. Là, ça a été horrible parce que j'avais l'impression d'être arrêté pour la mauvaise chose. Dans ma tête à moi, je n'étais pas arrêté pour la bonne chose. Je suis quelqu'un d'assez honnête et tout, assez droite. Et pour moi, là, j'étais en faute. Parce que tu avais remis l'histoire des poignets et des coups sur ça. Je m'étais arrêté pour ça. Alors qu'en fait, moi, j'étais enceinte. Donc je suis allé voir la ma femme et il le savait que j'étais enceinte. Et je lui ai dit même lui, ils m'ont fait comprendre. Voilà, vous n'êtes pas arrêté pour ça.

45:08 Arrêtez vous pour autre chose. En fait, il avait été super le gars parce qu'il a bien vu que c'était dégueulasse. J'ai appelé partout la CAPEB. Il y a un truc, c'est FFP, je crois, FFB, je ne sais plus, Fédération Française du Bâtiment. Parce que j'avais envie de me battre pour ça, en fait, pour montrer que ce n'était pas juste. Et lui, il me dit, il ne faut pas faire d'enfant. J'ai dit, attendez, vous rigolez ou quoi ? Je ne suis pas la seule femme en chef d'entreprise qui va faire un enfant en France. Il me dit, il faut y réfléchir avant. Mais je dis, attendez, ça existe aussi les accidents. Parce que moi, je suis tombé enceinte, mais il y en a aussi qui tombent par accident.

45:34 En fait, on est vraiment toutes seules. Il n'y a rien du tout. Tout le monde s'en fout. Aujourd'hui, tes poignées, comment savoir ? Du coup, j'ai reposé pendant neuf mois. La seule chose que j'ai pu faire enceinte, c'était du vélo. J'étais content. Mais les poignées, en fait, il faut savoir qu'enceinte, le canal carpien, il s'accélère. Ça fait encore plus mal. Donc, j'avais encore plus mal aux mains et je me disais, ça ne va jamais se dérire cette connerie. Et je me suis arrêté tout le long pour rien. C'est douloureux en plus. Ça me fait mal. Alors, quand j'ai repris les débuts avec les pinces, après, je n'ai jamais trop arrêté non plus. C'est arrivé qu'enceinte, j'ai à faire des petits dépannages.

46:03 Mais en fait, j'ai toujours rien facturé, j'ai rien gagné. Enceinte, j'ai rien touché de gist et chauffage, évidemment. Et j'ai rien touché de Plomberie au féminin. Donc, en fait, ce que je faisais, c'est vraiment des fois, Jean-Marc qui ne vient pas aussi vite que moi. Donc, les gens, ça m'embêtait. Il y a des clients. Alors, ça arrive une ou deux fois que j'ai à le dépanner et je fais la facturage et c'est chauffage, en fait, pour Jean-Marc. En fait, moi, je touche rien du tout. C'est comme si c'est lui qui avait été. Et donc, du coup, ça, j'y ai fait la veille d'accoucher. Ah ouais ? J'en ai pas fait beaucoup, mais la veille d'accoucher, en fait, ça...

46:32 Ou ça, je peux faire un dépannage et facturer sur la boîte, mais ne pas te verser de salaire. Bah, j'avais le droit. En fait, c'est ambigu tout ça. Moi, j'étais pas en faute. J'avais bien regardé et tout quand même. C'est qu'en fait, JC Chauffage, j'étais pas en arrêt. Moi, j'étais arrêté sur Plomberie au féminin. Mais par contre, pour moi, je me suis pas fait. J'ai rien de touché de JC Chauffage pendant toute la grossesse. Pour pas toucher en plus de ce que... Bah non, ça sert à rien. Je remarque que je travaillais pas. Je servais à rien. Déjà qu'il est pas riche non plus. On va pas non plus lui faire payer un salaire, quoi. Donc, du coup, c'est arrivé que je fasse quelques dépannages.

47:00 Mais à chaque fois, je l'ai facturé à JC Chauffage, je me disais ça lui faisait un plus à lui. Et puis voilà. Et la veille d'accoucher, j'ai fait mon dernier dépannage. Mais après, je me suis énormément reposé. J'ai rien fait. C'est arrivé, je crois, allez, 4 fois, 5 fois. Par contre, j'ai fait beaucoup de vidéos. Donc, c'est pour ça que j'ai jamais arrêté. C'est que j'ai fait beaucoup de vidéos pour les fournisseurs, pour Jeb, Virax, des choses comme ça. Ça, j'ai toujours continué. Je faisais dans mon camion. Je montrais les tutos, comment on fait ça. Tu peux en parler, d'ailleurs, parce que toi, tu fais un petit peu sur les réseaux. Oui. Et comment ça s'est arrivé là ?

47:31 Tu as un partenariat avec Virax ? Eux, ils m'envoient du matériel. Et puis moi, je donne mon avis. Mais c'est surtout des cadeaux, en fait. Ils font surtout des cadeaux. Et comment ça arrivait ? En fait, moi, j'ai toujours fait des vidéos avec Virax, parce que j'adore ça. Donc en fait, comme je montrais déjà des choses Virax, je crois que c'est eux qui ont dit est-ce qu'on peut vous envoyer ça ? Vous le tester, en fait. C'était juste pour tester. Donc toi, au début, tu as déjà fait des vidéos en montrant leur matos. Voilà, c'est ça. Mais sans attendre quoi que ce soit. Et eux t'ont contacté. C'est ça, je pense. Mais j'aime aussi. C'est pareil.

48:02 Mais c'est plus des cadeaux, en fait. Ils n'envoient pas non plus beaucoup de trucs. Mais c'est un petit truc et ils veulent surtout qu'on le teste et tout. Puis nous, on donne notre avis surtout. Là, je viens d'acheter la certisseuse. Je ne vais pas leur demander. Est-ce que je l'ai acheté entièrement ? Et puis voilà, j'adore. J'achète tout là-bas quand même. Tu n'attends pas qu'ils t'envoient pour si tu as besoin de acheter. Non, non, non. Heureusement. Moi, j'adore cette part. Jeb, c'est tout ce qui est étanchéité, chose comme ça, la silicone. Et je reviens sur ton histoire de poignet. Là, aujourd'hui, ça va mieux ? J'ai repris. J'ai vraiment eu mal.

48:31 Et puis après, ça se calme un peu en fait. Mais franchement, je ne connais pas bien de plombiers qui ont pas mal de poignet. On a tous mal aux doigts. C'est les doigts en fait. Il faut serrer fort. Oui, de toute façon, on ne pourra rien y faire. Jean-Marc, il a mal aussi des fois, mais il s'en fout. Lui, il a des mains, un doigt à lui, ça fait deux à moi. Et donc, du coup, il a mal aussi. Il a mal aussi aux doigts. Enfin, tout le monde, on est tous comme ça. Oui. Après, peut-être avec l'expérience, des fois, on force moins, on n'utilise plus ça. C'est ça. Et puis avec les outils d'aujourd'hui, on arrive quand même à faire des choses mieux. Alors moi, oui, mais lui, il ne fait pas partie de la génération qui se sert des outils pour avoir moins mal.

49:04 Il force comme des bœufs. Des fois, je dis n'importe quoi. On a les lèvres chauds au faux et tout quand même. Ils ne vont pas le prendre. Moi, je vois des fois dans les positions qu'on se met, je vois dans les regards et tout. Ça fait très, très mal, même aux avant-bras et tout. On se fait vraiment mal. Et puis, on se sent compté qu'on s'arrache de partout. Lui, la dernière fois, il s'était pris un coup de masse sur le doigt. Je suis sûr qu'il s'est cassé le doigt. Il a laissé son doigt bleu gonflé pendant des semaines. On ne va jamais s'arrêter, en fait. Surtout quand on est à son compte. C'est ça. Et c'est pour ça que l'assurance, je n'ai pas trop apprécié qu'ils ne me suivent pas, entre guillemets.

49:33 Ils m'ont suivi du coup. Mais parce que je me suis dit, bon sang, toutes les fois où je me suis fait mal, je ne me suis jamais arrêté. Eh bien, on aurait pu en profiter. Je me suis rentré le cutter dans la main il y a trois ans, je crois. En fait, j'ai voulu ouvrir un truc. Le cutter a ripé. Il est rentré dans la main. Donc, ça m'a resté rentré jusque là. Ça m'a sectionné le nerf dans la main. Alors, obligé de monter à châtaignurer et me faire opérer. Deux jours après, j'étais dehors en train d'avoir le gros mandage, mais j'étais en train de travailler. On ne s'arrête pas, mais voilà, ça ne s'arrangera pas. En fait, de temps en temps, il faut mettre des attelles.

50:01 On peut travailler avec. Ça soulage un peu et puis il faut en prendre soin. Mais les mains, je ne vois pas trop comment on peut en prendre soin. Qu'est ce qu'on peut te souhaiter pour la suite ? J'ai plein de choses que j'aimerais faire, mais il faut que je... Un jour, je vais me lever et puis je vais dire tiens, ce matin, je vais faire ça ou rajouter ça. Que ça marche quand même bien, la société JC Chauffage, surtout parce que Plomberie au féminin, je ne me fais pas de souci. Il y a tout le temps des dépannages. Et JC Chauffage, on n'est qu'à un an et demi. Ça traîne un peu la patte quand même. C'est le début. Il faudrait un peu plus de chantier.

50:28 J'aimerais bien trouver des chantiers de chauffage pour lui, parce que je sais que c'est ce qu'il veut faire. Et où est-ce qu'on te contacte ? Il y a des gens qui veulent prendre contact avec toi ? Sur Google, sur Plomberie au féminin. De toute façon, je crois que quand on tape Plomberie au féminin, on trouve assez facilement. Et JC Chauffage, je pense qu'on trouve aussi. Mais à Sol C, du coup, JC Chauffage. Alors que moi, Plomberie au féminin, je suis à Yzeure. Écoute, merci beaucoup, Carole-Anne, d'avoir accepté l'invitation. Merci aussi.