01 - Le résuméCe que raconte Laurent Jacquet
Alors qu'Atelier Jacquet tourne bien et qu'il a un an de travail d'avance, Laurent Jacquet décide d'arrêter son entreprise pour se consacrer aux vidéos. Son banquier et son assureur le prennent pour un fou. Son raisonnement : il reste dans le bâtiment, mais passe de la branche chantier à la branche communication et valorisation, et peut redevenir plombier à tout moment.
La fermeture se fait sans laisser de client en difficulté. Il conservait les acomptes sur un compte de réserve dédié et ne les encaissait qu'un mois avant le démarrage du chantier, pour commander le matériel. Il termine les chantiers en cours et propose aux autres clients soit de leur rendre l'acompte, soit de transmettre le même devis et l'acompte à un plombier de confiance. Selon lui, neuf clients sur dix acceptent le transfert, ce qui donne du travail à ses collègues.
Libéré du chantier, il se concentre sur la rénovation de sa maison et sur la chaîne LJVS. Il achète sa première vraie caméra, une Panasonic GH4, et élargit son contenu au-delà des tutoriels : reportages, interviews, portraits d'artisans et visites d'écoles, avec l'idée de valoriser les métiers manuels auprès des jeunes et des conseillers d'orientation. Avec son équipe, il devient média officiel de salons professionnels et des WorldSkills, et monte des sociétés de production qui filment en France, en Europe, au Québec et au Canada. Il revendique plus de 1 000 vidéos et 700 000 à 800 000 abonnés toutes plateformes confondues.
Une société de production, Fremantle, le contacte pour tourner un pilote destiné à M6. Le contrat est signé directement avec la chaîne, après sept mois de discussions, pour faire de lui le spécialiste bricolage, travaux et rénovation de M6. Dans Mission Travaux, il intervient avec une équipe d'artisans chez des familles dépassées par leurs travaux. L'équipe refait deux ou trois pièces stratégiques, souvent cuisine et salle de bain, puis forme la famille pour qu'elle termine elle-même. Les familles ne paient rien, les artisans sont payés. Un chantier dure un mois à un mois et demi, les caméras sont présentes cinq à six jours, et il insiste sur le fait que l'émission est très peu scénarisée.
Il évoque aussi son rêve d'animer une émission d'aventure dans l'esprit d'Ushuaïa, et ses projets : finir sa maison, continuer LJVS, Bichons TV, les reportages et la télévision, et passer une partie de l'année au Québec, où il travaille déjà.
L'épisode se termine sur quatre conseils aux artisans : sortir de l'auto-entreprise dès que l'activité marche, gérer son agenda avec des jours de réserve et un lundi consacré aux devis et à l'administratif, avoir le courage de dire non, et ne pas être trop gentil mais juste, notamment en notant chaque geste commercial sur la facture. Les épisodes 1 et 2 retracent son parcours d'artisan.
02 - À retenirCe qu'un dirigeant peut en tirer
- Isoler les acomptes sur un compte de réserve Laurent Jacquet ne dépensait pas les acomptes reçus parfois huit mois à l'avance : il les plaçait sur un compte dédié et ne les encaissait qu'un mois avant le chantier. Cela lui a permis de fermer son entreprise sans léser personne.
- Sortir de l'auto-entreprise dès que ça marche Pour lui, le statut convient à une activité complémentaire ou à un démarrage incertain. Dès que l'activité fonctionne, il recommande de passer en société.
- Prévoir des jours de réserve dans l'agenda Laisser deux à quatre jours entre deux chantiers permet de respirer, de ranger l'atelier et de rattraper le retard, même si cela crée parfois une semaine creuse.
- Bloquer un jour par semaine pour l'administratif Il ne travaillait jamais sur chantier le lundi : devis, commandes, factures, appels fournisseurs et pièces pour le comptable y étaient regroupés, ce qui libérait ses soirées.
- Avoir le courage de dire non Donner une date ferme et la tenir rassure davantage le client qu'un oui impossible à honorer. Il dit avoir eu plus d'un an de travail d'avance en appliquant cette règle.
- Écrire chaque geste commercial sur la facture Un petit travail offert est mentionné avec sa valeur, par exemple 200 euros pour un robinet remplacé. Au moment du paiement, le client voit ce qui lui a déjà été donné et ne demande pas d'arrondi.
- Attention à la fourniture client Accepter de poser un équipement fourni par le client engage la responsabilité de l'artisan, y compris au titre de la décennale, si le produit lâche ensuite.
03 - Les phrases fortesIls l'ont dit au micro
J'ai passé ma vie entière dans le bâtiment. J'ai la possibilité de rester dans le bâtiment, sauf qu'au lieu d'être dans la branche chantier, je suis dans la branche communication valorisation.
Ayez le courage de dire non. Si vous leur dites non, vous leur dites la vérité, ça va les réconforter et ils vont avoir encore plus tendance à attendre pour vous prendre vous.
Il faut de la bienveillance, de la gentillesse, mais il ne faut pas être gentil. Il faut être juste. Ça ne m'a jamais empêché de faire un cadeau à un client.
04 - Les chapitresAller directement au passage qui vous intéresse
- 0:00 Teaser
- 2:08 Pourquoi il arrête une boîte rentable
- 4:26 Les débuts sur YouTube dans le bâtiment
- 6:26 Sa mission : valoriser les artisans
- 8:03 L’appel de M6 qui change tout
- 10:12 Les coulisses de Mission Travaux
- 14:08 Les grosses erreurs des rénovations maison
- 18:32 Pourquoi l’émission reste très authentique
- 21:38 Son rêve : refaire une télé d’aventure
- 31:05 Ses projets entre TV, YouTube et Québec
- 34:05 Ses meilleurs conseils pour les artisans
- 42:25 Conclusion du podcast
05 - L'invitéQui est Laurent Jacquet ?
Votre parcours mérite d'être raconté
BatiLégende reçoit des dirigeants du bâtiment au parcours singulier. Tournage en studio ou chez vous, gratuit, diffusé sur YouTube et les plateformes de podcast.
Proposer un dirigeant Tous les épisodes06 - FAQQuestions fréquentes sur l'épisode
Pourquoi Laurent Jacquet a-t-il arrêté son entreprise de plomberie ?
Comment Laurent Jacquet est-il arrivé sur M6 ?
En quoi consiste l'émission Mission Travaux de M6 ?
Quels conseils Laurent Jacquet donne-t-il aux artisans ?
07 - TranscriptionLa transcription intégrale de l'épisode
Transcription automatique de la vidéo, découpée par chapitre. Les noms des intervenants et des entreprises ont été relus ; le reste peut comporter des erreurs de reconnaissance. Cliquez sur un horodatage pour lancer la vidéo à ce moment.
0:00 Teaser
0:00 Dans l'épisode précédent. J'ai une casquette d'artisan, une casquette de créateur de contenu, une casquette d'animateur, une casquette de vidéaste. Ma spécialité, c'est d'être généraliste. Toutes les boîtes que j'ai fait, j'ai toujours eu à blinde de taf. Mais ça me plaisait moins. Ouais, j'étais plus sur les chantiers. Je passais mes journées à faire de la paperasse. Au même moment, je prends deux impayés. Quand je suis très gros, c'est des trucs à 100 000. Donc là, j'arrête. On vend tout, on dégage. Je retourne avec mes deux filles dans la cabane derrière chez mes parents. Au bout d'un mois et demi, deux mois, où mon père, il me dit, nous, on est là, on t'aide, c'est le rôle des parents, on sera toujours là.
0:29 Mais c'est pas l'hôtel ici. Des gens comme toi, il y en a des milliers chaque jour. La vie, elle s'arrête pas. Et je me rappelle, je fais des CV. Et il y a une boîte qui m'appelle et qui cherchait quelqu'un pour s'occuper d'un service, d'un département. Solaire, énergie, production d'énergie autonome. Et là, je pars dans le monde entier. Je fais 15 pays. Je fais tout le Maghreb. Je fais toutes les îles. Une bonne partie de l'Afrique de l'Ouest. J'étais en mode Indiana Jones. J'arrête ma boîte. Il me dit, mais pourquoi, tu as un an de travail d'avance ? Je lui ai dit, parce que je veux faire des vidéos. Il m'a dit, non, mais comme vrai métier, tu vas faire quoi ?
1:02 Je dis, ben des vidéos sur YouTube. Il me dit, mais c'est pas un métier. J'ai dit, ben ouais, ça va devenir un métier. Et voilà. Mais tout le monde m'a pris pour un taré. Le banquier m'a pris pour un fou. L'assureur m'a pris pour un fou. Tout le monde m'a pris pour un fou. Mais pourquoi on est parti là-dedans ? Avec Carole, on s'est dit, qu'est-ce qu'on risque ? J'ai passé ma vie entière dans le bâtiment. Au jour d'aujourd'hui, j'ai la possibilité de rester dans le bâtiment. Sauf qu'au lieu d'être dans le département, dans la branche chantier, je suis dans la branche communication valorisation. Je pense être crédible pour ça. Je pense avoir la légitimité.
1:37 J'ai envie de le faire. J'ai envie de prendre ce combat à bras-le-corps. Donc, je pars là-dedans. Si ça marche, tant mieux. Si ça marche pas, mais même encore maintenant, à mon âge, demain, il y a quoi que ça ? Je retourne plombier, j'ai du boulot. Alors, encore pire maintenant. J'ai du boulot demain. Et tu reprendrais du plaisir. Bien sûr, puisque même encore maintenant, il n'y a pas un jour où je ne bricole pas, où je ne suis pas dans mon atelier. Je travaille différemment. Maintenant, je travaille plus pour moi, mais je reste connecté, tu vois, au chantier, au bâtiment, etc. Et on a fait ce pari.
2:08 Pourquoi il arrête une boîte rentable
2:09 Et ça, c'est avéré payant, puisque du moment qu'on a professionnalisé, on a plein de marques qui sont venues nous voir. Des tout petites. Nous, on a des partenaires, des mecs, ils sont deux dans la boîte. Et on a des partenaires, c'est des groupes de 30 000 personnes internationaux qui ont 15 usines. Et on est copains avec tout le monde, on bosse avec tout le monde. Et on n'a jamais vendu notre amaudiable, tu vois. On continue de garder ça. Et donc là, tu arrêtes ta boîte ? C'est quand même une grosse décision, j'imagine. Ah bah là, j'arrête ma boîte. C'est une super grosse décision. Ce qui est une plus grosse décision, c'est que tout va bien.
2:39 Et que j'ai des chantiers de signés, et que j'ai un an de taf d'avance. On fait quoi de ces chantiers ? Bah j'appelle des potes. Déjà, j'appelle tous les clients. Et je leur demande. Je leur explique la situation. 9 sur 10, ils me disent, putain, allez-y. Voilà. Bon, j'en ai toujours un ou deux qui me disent, vous savez, l'herbe est toujours plus verte ailleurs. Je dis, ouais, ok. Bon. Et je leur demande. Parce que moi, j'encaissais pas les accomptes. C'est-à-dire que j'ai toujours fait dans mon entreprise un compte de réserve. Parce que moi, des fois, ils me donnaient des accomptes 8 mois avant de faire le boulot. Ouais. Il s'agissait pas de craquer le pognon.
3:11 Ouais, donc tu les laissais de côté. Donc moi, j'avais un compte que pour ça. Ok. Et je leur disais, la compte, je le démarre. Je l'encaisse un mois avant de démarrer le chantier parce que je commande du matos, etc. Donc je leur demandais, je leur disais, voilà ce qui va se passer. Donc il y a deux solutions. C'est soit je vous rends la compte, on déchirre le devis, je peux vous conseiller quelqu'un, et voilà. Du moment que j'ai pas démarré. Bien sûr, ce que j'avais en cours, je l'ai fini. Soit sinon, je connais des gens qui sont très bien, des collègues pombiers, et ils vous refait le même devis, le même truc. Votre compte, je lui donne à lui, et c'est lui qui fera votre chantier.
3:50 Et 9 sur 10, on a fait comme ça. Et du coup, j'ai donné du boulot à tous les collègues autour, et ils étaient contents, et ça s'est arrêté, et voilà. Et du jour au lendemain, je me suis retrouvé à me dire, bon... Et donc là, c'était la grosse activité, c'est construire ta maison. Là, la grosse activité, c'était la rénovation de la baraque. Donc ça m'a laissé, le truc de super bien, c'est que ça m'a laissé beaucoup plus de temps pour rénover la maison. Donc plus cali aussi, en plus peut-être ? Ouais, non, moi j'ai toujours été cali, même avant, je tirais pas sur la cam. Mais ça m'a laissé plus de temps, donc... Je parlais pas en termes de produits, mais plus, tu vois, quand tu prends le temps de faire les choses...
4:26 Les débuts sur YouTube dans le bâtiment
4:26 Ouais, j'avais moins de stress. Ouais, t'avais moins de stress. J'avais beaucoup moins de stress, j'étais... C'était une autre vie, franchement. Et en fait, ça t'a permis de te concentrer, vraiment, et sur la maison, et sur YouTube. Ouais, ça m'a permis de me concentrer. Là, j'ai acheté mes premières caméras. Ma première vraie cam... Au début, j'avais acheté une tout petite Canon, mais c'était genre un truc à Darty, à 150 balles. C'est enfin un truc de... C'était naze. Ma première vraie caméra, c'était le Panasonic GH4. Bah, je peux te dire que c'est un tank. Et je peux te dire qu'au jour d'aujourd'hui, j'ai encore des collègues qui tournent avec des GH5.
4:59 Et bah, vous pouvez y aller, si vous voulez faire du contenu. Mais il est tombé du toit, des échafaudages. Je l'ai ramassé. C'est vrai ? Ah ouais, ouais. Je me rappelle, d'un coup, j'avais pété un objectif. J'avais un objectif, et il avait une semaine. Un truc déjà cher. Parce que là, c'est que du matos pro. Tu vois, maintenant, aujourd'hui, on tourne. Mais il tombait, et il y avait un tas de sable, et au milieu du tas de sable, il y avait juste un caillou. Il est tombé sur le caillou. Bah, l'objectif, clac ! À partir de là, à chaque fois que j'ai acheté un objectif, j'ai acheté un filtre à 150 balles pour le protéger. T'apprends, mais t'apprends, t'apprends.
5:35 D'ailleurs, je te remercie, parce que là, on est chez toi, et t'as sorti le gros matos. On a sorti un peu de matos. Il n'y a pas tout, là. C'est léger encore. Mais on a un bon setup. Écoute, à mon niveau, c'est l'artillerie lourde, déjà. Ah oui, là, t'en as déjà. Tu vois, là, t'as... T'as quatre. Quatre. T'as huit, huit, neuf, peut-être. Oh là, t'as peut-être peut-être 20 000 balles, là. Déjà, pas loin. Peut-être 25. Il y a la Mi7, les micros. Il y a un peu de matos. On va faire du bon boulot. Et c'est ce qu'il faut. Pour un bon podcast, il faut du bon matos. T'es le premier créateur de contenu à Bâtiment en France. En tout cas, celui qui a un peu ouvert la voie aussi à plein d'autres.
6:22 Tu rénoves ta maison, donc tu vis presque ton rêve, j'imagine, aussi. Ouais, en fait, disons que je sais pas trop
6:26 Sa mission : valoriser les artisans
6:27 ce qui m'arrive, quoi. Ouais. Parce que je vis que des trucs... Je repense à ma conseillère d'orientation, tu vois. Je vis que des trucs qui paraissent impossibles à tout le monde. Là, aujourd'hui, je passe à la télé aussi. Comment ça s'est passé, d'ailleurs, ce... Bah, je rénovais la maison, j'ai fait les vidéos, donc on... YouTube a évolué, donc en fait, ça a tellement évolué qu'en plus de rénover ma maison, moi, j'ai toujours eu un caractère très curieux et encore une fois, je voulais valoriser. Je voulais montrer à la terre... Je voulais pas faire que du tuto et je voulais pas me filmer que moi sur les chantiers. Y'en a qui font ça très bien, c'est très bien.
7:00 Moi, tout de suite, déjà, dans ma tête, je pensais reportage, interview, tu vois, je voulais déjà aller dans les écoles, je voulais aller filmer des mecs sur leur chantier, je voulais valoriser, je voulais montrer à la terre entière que... Je pense que je voulais montrer à la terre entière et je voulais aussi... Peut-être que j'espérais secrètement que des conseillers d'orientation tombent là-dessus, tu vois, et qui voient des portraits de gens que je fais qui s'éclatent, qui s'amusent, qui gagnent leur vie, qui arrivent, où tout n'est pas tout beau, tout rose, mais quel métier est tout beau, tout rose ? Voilà. Ou alors, tu veux prendre aucun risque, faire aucun souci, bah ok, tu vas à l'usine, mais enfin, t'as la vie qui va avec, quoi.
7:39 T'es sur un mètre carré, tu fais la même chose pendant 30 ans. Bon, génial, il y a des gens qui adorent, moi, c'est pas mon truc. Donc, surtout, si tu veux, moi, j'ai commencé là-dedans et j'ai diversifié, diversifié et j'ai commencé à être connu aussi pour ça. Faire des plateaux, faire des émissions dans les salons, on a été les premiers à être médias officiels dans les salons, on a été médias officiels pour les WorldSkills, on a été, enfin, tu vois, on a fait beaucoup, beaucoup,
8:03 L’appel de M6 qui change tout
8:03 beaucoup de trucs, quoi, je veux dire, LJVS que les gens voient, on a fait une boîte de prod, aujourd'hui, LJVS que les gens voient, LJVS, c'est le dessus de l'iceberg, mais à côté, on a des boîtes de prod, on va filmer en France, en Europe, au Québec, au Canada, on fait plein de trucs, jusqu'au jour où, à un moment, je reçois un coup de fil d'une boîte de prod qui me dit, Monsieur Jacquet, on aimerait venir vous voir pour faire un pilote, on est en train de travailler sur un projet pour la télé et on aimerait vous mettre sur ce projet. Première chose que je me dis, bon, moi, je n'ai pas la télé, je ne regarde pas trop la télé, plus trop la télé, parce que je l'ai beaucoup regardée, moi, je suis dans les années 80, donc forcément, je suis un enfant de la télé, mais je ne la regarde plus trop et puis, j'ai autre chose à foutre et puis, mais d'un autre côté, c'est comme s'il y avait une petite voix qui me disait, mais Laurent, c'est la suite logique.
8:57 Tu as commencé à te battre, à valoriser quand tu étais encore artisan et après, tu étais à la CAPE, tu te battais, tu valorisais, tu as fait des salons, tu as fait ci, tu as bossé un peu dans le monde entier, aujourd'hui, tu es sur YouTube, tu partages des trucs, tu te bats, tu valorises, tu vas... C'est la suite logique. Donc, je leur dis, ben, venez. Bon, ils viennent, on fait un pilote, une espèce de... Donc là, c'est une boîte de prod qui vient. Là, c'est une boîte de prod à l'époque qui s'appelle Freemantle et qui vient parce qu'en fait, comment ça marche ? Elle, elle a eu l'idée de faire un programme et après, de vendre ce programme à une chaîne télé et la chaîne télé lui dit, qui est M6 en l'occurrence, et la chaîne télé lui dit, ben, allez interviewer ce mec et tout, le concept nous plaît, si c'est bon, si c'est le bon gars, on part.
9:44 On y va. Il s'avère que je suis le bon gars. Donc, tout le monde est ravi, content. Donc là, je suis convoqué chez M6 parce que moi, je n'ai pas de contrat avec la boîte de prod, moi, j'ai un contrat avec M6. Donc là, j'arrive à Paris avec Carole où ils nous font visiter la salle de rédac, le journal, les infos, les trucs, je vois Courbet, je croise Etchebest, machin. Du jour au lendemain,
10:12 Les coulisses de Mission Travaux
10:12 on se dit, qu'est-ce qui se passe ? Les discodeurs, les trucs, les machins, le gratin. Nous, on arrive, je ne veux pas dire que je suis en bleu, mais presque. Nous, on est des gens simples, on arrive. Et ils nous disent, voilà, à quoi on pense, on aimerait vous faire un contrat, que vous deveniez un animateur M6. Chez M6, on a une particularité, c'est que on a des émissions d'expertise qui traitent de sujets et pour traiter ces sujets, on fait intervenir des experts. Etchebest, la cuisine, Ferjani, tout ça, la déco, chacun a sa spécialité. Courbet, c'est le droit, les trucs comme ça. Et on aimerait que vous deveniez le monsieur bricolage, travaux, rénovation, bâtiment de M6.
11:01 Donc moi, je rencontre ces gens, c'est du bonus, je me dis, bon, ok, je vais passer à la télé, mes parents vont être fiers. Et je pense à des trucs, je me dis, putain, il n'y a quand même pas beaucoup de gars en France qui ont cette avance. parce que là, tu arrives, et puis tout de suite, moi, il me parle de prime time. Donc, c'est tête d'affiche, donc c'est le gratin, donc encore une fois, sans prétention. Et 1% de la population, quoi, même pas. Là, je repense, mais tu as des gens qui t'ont recontacté, qui t'ont retrouvé à la télé ? C'est-à-dire ? Je ne sais pas, des gens que tu n'avais pas vus depuis longtemps. Ah ouais, ouais, ouais, sur toutes les premières émissions, ouais.
11:30 Bon, tu ne réponds pas, parce que soit, tu n'as pas envie de les revoir, soit, tu les crois, tu te dis, ah ouais, on était au collège, je m'en rappelle, bonne chance. Bah oui, tu ne peux pas, tu ne peux pas. Tu sais, c'est comme les gens qui disent, tu réponds aux commentaires. Bah oui, de temps en temps. Mais nous, aujourd'hui, on a en tout plus de 1000 vidéos, comme je te disais, toutes plateformes confondues, je ne sais pas, 7-800 000 abonnés, si demain, je veux répondre à tous les commentaires, il me faut deux secrétaires à temps plein, quoi, ce n'est pas possible. Donc, de temps en temps, on les regarde, on les lit, on a un service de veille, mais tu ne peux pas, tu ne peux pas, les gens se répondent entre eux, parce que vu que j'ai une super communauté de bichons, ça se répond, ça s'entraide, etc.
12:11 Donc, moi, je me retrouve chez MC, première chose qu'on me dit, je suis sur une table, en ronce de noyer, qui fait 8 mètres de long, qui dit, putain, les contrats qui ont dû être signés là, tu sais, à la grande époque de la télé, et moi, je suis là, et là, il se passe 2-3 trucs, la première chose qui se passe, c'est qu'on me demande, alors, qu'est-ce que vous regardez à la télé ? Je lui dis, ben, rien, je n'ai pas de télé. Déjà, ça, j'ai un froid, je leur explique, etc. Voilà, ce n'est pas qu'on ne regarde pas la télé, mais on va plus regarder un replay, un truc. Donc, je demande si je peux avoir les épisodes de Top Chef avant qu'ils sortent, tu vois.
12:42 Tu regardes Top Chef, comme vous ? Ouais, je regarde Top Chef, je regarde un peu Pékin, je regarde, et parmi les chaînes que je regarde, celle que je regarde le plus, c'est la 6. Donc, je suis quand même content, je leur dis, tout le monde est content, mais c'est très honnête, de toute façon, moi, je t'ai dit, je suis toujours très honnête. Des fois, je suis un peu brut, des fois, on me l'a eu reproché un peu, mais je dis la vérité, quoi. Donc, je leur dis que je serais content de faire ci, faire ça, et ça a duré quand même, entre le moment où on est venu le moment où on a signé, 7 mois. Parce qu'il s'est passé la même chose, c'est qu'on n'a pas voulu, entre parenthèses, vendre notre âme, même si moi, aujourd'hui, je suis très, très, très content et très respectueux d'être, de faire partie de la famille d'M6.
13:22 J'espère que ça va durer le plus longtemps possible. En tout cas, j'aime ce côté télé. C'est vraiment quelque chose que j'aime. D'abord, parce que l'émission, là, en l'occurrence, on va en faire d'autres, mais l'émission qu'on fait, mise en travaux, est super. On va aider des gens, on aide des gens, on les sort de la merde. Je réunis une super équipe d'artisans. On ne fait pas que de la déco, si tu veux. On fait des vrais travaux. Du keep, non ? Ah ouais. Et on fait de la vraie qualité. Donc, si tu veux, c'est pareil, c'est une aventure de fou. Allez, on part tous à la Rochelle pendant un mois et demi. Machin, on fait, enfin, c'est du délire, quoi.
13:51 Et moyens de production de fou. Ouais, on a des bons moyens de prod. Et puis, on fait du bon boulot. Moi, j'ai quand même mon caractère. C'est-à-dire que je suis très pro, je suis très sérieux, je suis, tu peux compter sur moi, je suis quelqu'un sur qui on peut compter. Je m'investis dans tout ce que je fais, donc je m'investis dans la télé à mort,
14:08 Les grosses erreurs des rénovations maison
14:08 je m'investis dans tout. Par contre, j'ai mon caractère. Pour ceux qui n'ont jamais vu, tu peux expliquer un petit peu la mission travaux, ça consiste en quoi ? Mission travaux, en fait, c'est, le but, c'est d'aller aider des gens, donc généralement, c'est une famille qui s'est laissée dépassée par ses travaux, qui n'a pas eu la même réflexion que moi et Carole, on a eue au début, c'est-à-dire soit qu'ils se sont un peu mentis à eux-mêmes, parce que, tu sais, ils se sont sentis, on ne peut pas leur en vouloir, ils se sont sentis capables et ils se sont mentis à eux-mêmes ou alors ils ont été malades ou alors ils ont eu un accident ou alors, en tout cas, il y a quelque chose qui a fait et la plupart du temps, c'est quand même qu'ils sont mal préparés et ce n'est pas méchant ni rien, mais quand tu arrives chez des gens, les gens, ils te disent, bon, on a acheté une maison 300 000 euros, il y a tout à refaire, on a prévu un budget de travaux de 40 000, on n'a pas le temps, on n'a pas d'outils, on n'a jamais bricolé, au bout d'un moment, quand tu arrives, les gars, tu es obligé de leur dire, vous avez un peu cherché la merde quand même, parce que, normalement, si tu t'assoies, tu réfléchis, moi, j'ai démarré ma baraque, je savais qu'il y en avait pour 10 ans, mais c'était mon métier, j'avais le réseau, j'avais tous les fournisseurs, j'avais 100 000 boules de matos et je faisais ça depuis que j'avais 14 ans et j'en ai chié !
15:23 Et tu savais déjà que c'était 10 ans alors que les gens... Et tu savais déjà que c'était 10 ans et j'en avais chié et j'en ai chié ! Parce qu'il ne faut pas croire que ça a été tous les jours YouTube, j'en ai chié ! Donc, je t'ai dit, avec Carole sur les échafaudages qui pétait les murs au perfo, je pense qu'elle aurait préféré être dans le sud à se faire bronzer, tu vois, parce que, non mais voilà, j'en ai chié, on en a chié ! Mais on savait ce qu'on voulait ils sont dépassés, etc. Donc, ça joue sur tout, si tu veux, parce que souvent, ce n'est pas des mauvais gars. Mais ça joue sur la famille, ça joue sur les gamins, ça joue sur tout, ça joue...
15:59 Donc, nous, notre boulot... Parce que souvent, nous, on n'est pas là pour faire ce qu'on appelle du Las Vegas. C'est-à-dire qu'on n'est pas là pour leur dire, vous allez monter dans un camping-car, vous barrez, ou alors vous allez en chambre d'hôte, massage à volonté, spa, et pendant deux mois, et vous revenez, t'as là, Vegas, tu vois, ils doivent mettre la main à la pâte. Nous, le deal, c'est qu'on refait deux, trois pièces stratégiques de la maison. C'est-à-dire, on ne refait pas toute la maison. On vous aide à refaire deux, trois pièces stratégiques, souvent des pièces compliquées, cuisine, salle de bain, etc. Et on vous forme. Donc, vous devez travailler avec nous pour la suite.
16:36 Nous, le but, c'est qu'on vous remette le pied à l'étrier. Il ne paye rien. C'est tous les partenaires qui prennent en charge, etc. Non, il ne paye rien. Moi, je voulais qu'ils ne payent rien. Et tous les artisans sont payés et tout, mais les gens ne payent rien. Par contre, on leur dit, attention, c'est à la Bernard, quoi. Tu vois, il faut que ça marche dans les deux sens. C'est-à-dire qu'il faut que vous bougiez un peu. Voilà, nous, on est là, vous avez peur. Ou que vous vous sortiez les doigts du... Bah oui, non, mais nous, on ne va pas se mentir. On arrive, les gens, soit ils ont tellement tout lâché, soit ils sont tellement désespérés. On arrive, et ce n'est pas caricatural, ce n'est pas méchant.
17:12 Moi, j'ai eu des périodes dans ma vie où j'étais au bout du rouleau. Mais on arrive, si tu veux, les mecs, ils sont en jogging, ils bouffent des chips toute la journée sur le canap en scrollant TikTok, quoi. Donc ouais, si tu veux, Mission Travaux, le but, c'est vraiment d'aller les aider, mais c'est aussi de leur faire perdre leurs mauvaises habitudes. Ce n'est pas pour les engueuler ni rien. Moi, tu sais, je suis un mec, j'ai mon caractère, mais par contre, il n'y a pas plus gentil que moi. Je me trouve sympa, déjà. Non, mais je veux dire, je veux dire, je n'ai pas un brin de méchanceté. Et des fois, il faut gueuler, j'en suis malade, ça me rend dingue.
17:49 Mais des fois, il n'y a pas le choix. Il y a des gens, il faut un électrochoc, il faut qu'ils comprennent que quand tu as huit artisans qui partent de chez eux un mois et demi, qui laissent leur boîte, leurs clients, leur famille, leurs enfants qui traversent la France pour aller aider de parfaits inconnus qui ont été choisis parmi mille autres castings qui ont été choisis pour qu'on les aide, eux, et qu'on les sauve, entre parenthèses, parce que nous, entre le moment où on arrive et on repart, c'est comme s'ils ont gagné au loto. Et bien, eux, on leur demande de se bouger la tartine, comme on dit. Et c'est prévu dans Mission Travaux que vous reveniez chez eux peut-être dans un an ou un truc comme ça ?
18:31 Ça,
18:32 Pourquoi l’émission reste très authentique
18:32 je ne sais pas, ça, c'est les prods. Moi, ce que je peux te dire, c'est que c'est très, très, très, très peu. c'est quelque chose que je voulais, c'est très, très, très, très peu scénarisé. Ok. C'est-à-dire que c'est très... La rencontre au début, toutes les rencontres, quand la porte s'ouvre, elle ne m'a jamais vue. C'est-à-dire qu'il y a les caméras qui viennent, c'est des gens, par exemple, qui ont déjà été castés et puis tout d'un coup, on les rappelle en leur disant nous, on sait que ça va être eux. Je suis content que tu me dises ça. Ouais. Et tu sais, moi, j'ai un peu du mal avec la télé aujourd'hui parce que je trouve que tout est trop scénarisé.
18:59 Ouais, non, mais moi, je veux que ce soit le moins scénarisé possible pour qu'on soit le plus naturel possible. Donc, les gens, on les rappelle, la prod rappelle la dame, on lui dit, enfin, le couple, on a eu un problème de caméra la dernière fois, il faut qu'on revienne filmer deux, trois trucs. Et puis, tu sais, tu as tout le temps le couple qui dit mais comment on va le savoir si c'est bon, vous le saurez quand le jacquais viendra taper à votre porte. Voilà, nous, pour l'instant, on est là juste pour refaire deux, trois images et puis, moi, je suis planqué 10 mètres derrière. Donc, si tu veux, ils sont en pleine interview, ils font une fausse interview, un faux semblant, tout d'un coup, ça tape, puis tu sais, tu as la prod qui joue le jeu.
19:39 Mais tu attendais quelqu'un ? Ben non, personne. Ben bon, dépêche-toi parce que tu sais, ça tourne. Donc, la croquette Louvre, elle est cueillie complètement. Tu sais, oh ! Tu vois, il n'y a pas, il n'est pas scénarisé. Tu vois, c'est pas, on ne dit pas à la dame, tu fais semblant de, c'est vraiment à Louvre. Wow ! Ah ouais, merde ! Qu'est-ce que tu fous là ? Ben, c'est toi, tu sais, on t'a choisi. Wow ! Et là, les gens, la vie des gens change. Là, c'est la fin du cauchemar. Donc oui, des fois, il y a un peu dégueulante des trucs, mais c'est la fin du cauchemar. Vraiment. Et puis, moi, j'aime ça puisque j'aime aussi dans cette émission, c'est tous les moments off.
20:14 Parce que tu sais, le chantier, il dure entre un mois et un mois et demi. Et les caméras, elles sont là cinq, six jours. Mais tout le reste du temps, on est avec eux. Donc, t'as les artisans qui sont là-bas. Moi, j'y suis les trois quarts du temps. Donc, tu sais, si tu veux, tu tises des liens, t'arrives à comprendre la famille. Tu sais, même quand il n'y a pas les caméras, oh, qu'est-ce que tu fous ? Ben, tiens, viens, je vais te apprendre à faire une soudure. Tu vois, c'est génial. C'est de la super expérience. Mais par contre, il faut que les gens jouent le jeu. Il faut que vraiment, les gens comprennent qu'on est là pour eux. Nous aussi, on lâche toutes nos familles, tout ça, pour les aider.
20:51 Et quand tu tombes sur des gens qui jouent le jeu, qui sont vraiment conscients de la chance qu'ils ont, tout, moi, ça, c'est comme le reste. Je m'en rappellerai jusqu'à la fin de ma vie. C'est parce que c'est des aventures humaines. Tu vois, c'est pas juste un programme industriel. Allez, on en tourne cinq par mois. Tu vois, là derrière, t'as toute une démarche. T'as toute... Moi, j'y trouve vachement bien. Moi, j'adore. J'adore. Et j'espère que j'en ferai d'autres. J'espère que je ferai d'autres choses. Ça s'en devrait appeler. Normalement, il y a d'autres choses dans les tuyaux, mais même moi, je suis à peine au courant, donc je peux pas t'en parler.
21:22 Mais j'espère en tout cas que je peux pas donner de scoop ni rien. Mais j'espère en tout cas que oui, que je continuerai à faire de la télé comme ça parce que j'aime bien ces des aventures. Même si bon, c'est encore très, très bien. Même si ça vaut pas la télé des années 80-90. Tu sais, moi, j'ai grandi avec Ushuaïa et tout.
21:38 Son rêve : refaire une télé d’aventure
21:40 Moi, ça aurait été mon rêve, moi, ça. C'est stylé. Là, je suis en train de tous les re-regarder. Les reportages, tu crois même ça, à l'automne du mois ? Avec Carole, on se re-regarde tous les Ushuaïa. On se regarde les Thalassa, les Cousteau. Ushuaïa, c'était du lourd. Ah, Ushuaïa. Je pense que jusqu'à ma mort, je parle pas de films ni de séries. Là, je parle de format magazine, reportage d'Occu, quoi. Aucune équivalence. Le mec, tu le vois, en haut d'un volcan, il marche sur la lave. Dix minutes après, il fait de la plongée sous la glace. Après, le mec, il est en ULM au-dessus des flamants roses. Et le mec, en plus, il menait un vrai combat. Et puis, tu sentais que c'était la télé à l'ancienne.
22:23 Là, c'était pas les trois cartes SD qu'on change pendant le podcast. Derrière, ça devait être des... Le cadreur, il devait... Mais il devait y avoir 20 cadreurs, 12 caméras, toutes les équipes techniques, c'était de l'aventure. Il y a de la logistique, les traducteurs, l'écosystème. Tu te rends compte, aujourd'hui, nous, même moi, c'est mon métier aujourd'hui de faire du... À côté de faire tout ça, je fais du docu, je fais du reportage, je fais des films. C'est mon métier. Mais nous, on part en équipe réduite. Mais pour faire un Ushuaïa, et moi, maintenant, qui fais de la prod, je me dis, putain, t'as vu, là, ils... Je me dis, il devait y avoir quatre ingénieurs son, dix cadreurs, la prod, ça devait être des bus.
23:04 En fait, c'est pas les caméras, de ça, c'est des grosses... Ah ouais, et là, maintenant, tu sais, t'as un éclairage LED qui marche avec une batterie, mais avant, ça devait être groupe électrogène, truc en tungstène. Bon, les gars, faut qu'on amène ça en Papouasie, Nouvelle-Guinée, au milieu de la jungle. Euh, ok. Par contre, la séquence, on va pas la faire au sol, ouais, non, on va la faire à la signe des arbres. Donc, on va faire venir deux moniteurs d'escalade qui vont nous équiper de tous les arbres. Il n'y a pas de drone, donc faut des hélicos. Euh, faut euh... Non, mais ça devait être... Non, mais même à vivre, ça devait être extraordinaire.
23:39 La logistique, les talkie-walkie, ouais, attention, la caméra 2, dans 3, 2, 1, on envoie l'hélico. Non, non, ça devait être fou. Moi, moi, moi, c'est mon rêve. Moi, ça aurait été... Demain, il y a quelqu'un qui vient me voir, qui me dit, on relance un Ushuaïa. Est-ce que tu... Je te jure, au Québec ? Ah bah, alors là, instantanément, je serais prêt, je veux même te dire, je serais prêt à vendre ma baratou. Ah non, je te jure, parce que... D'abord, c'était une émission extraordinaire, qui a éveillé des millions de gens. Nous, on la re-regarde, 20, 30 ans après, on les re-regarde. Mais à chaque fois, tu apprends des choses, c'est intéressant, c'est intelligent, c'est instructif, il y a des petits moments d'humour, il y a des petits...
24:24 C'est une belle émission qui est passée en prime time, je veux dire, sans méchanceté, mais c'est pas les ch'tis, à Cancun, tu vois, je veux dire, ça avait de la gueule, tu sais, t'apprenais des trucs, c'était une émission intelligente, intéressante, qui te faisait découvrir les trucs. Moi, je me rappelle, j'avais 8 ans, 10 ans, je regardais ça avec des yeux comme ça. Ils te montraient un coup un serpent, un coup un lac de lave en fusion. Tu sais, aujourd'hui, ça te paraît, tu sais, parce que t'as une influenceuse qui a fait un truc à Dubaï, tu dirais... Mais à l'époque, c'était, enfin, je veux dire, c'était des expéditions incroyables. T'avais un expert international de ça, t'avais ça.
25:02 C'était de la vraie télé avec des moyens qu'on ne retrouvera jamais parce que ça fait... Maintenant, c'est le flux, le contenu, et c'est normal, ça se comprend, le contenu est dilué, tu vois, entre toutes les plateformes, tous les réseaux, tout. Même si la télé a encore des beaux moyens et que ça marche encore bien et que j'adore. Mais moi, demain, il y a quelqu'un qui vient, il me dit, Laurent, on relance un Oshuaïa, tu veux être l'animateur, je lâche tout, j'arrête tout, je perds 15 kilos, je me remets au sport, j'arrête tout, je pars faire ça. Moi, c'est le rêve de... Moi, ça, je pense qu'il n'y a aucune équivalence d'émission, il n'y en a plus aucune.
25:34 Koh-Lanta à côté, ça n'a rien à voir, même si c'est des trucs de fous. Et même Pékin Express qui sont des émissions de dingue ! Là aussi, la logistique, c'est de la... C'est de la folie ! C'est de la folie ! Mais même que c'est de la folie, il y a tellement de moyens modernes maintenant que c'est peut-être 10% par rapport à Oshuaïa. Moi, j'ai regardé, il n'y a pas longtemps, j'ai regardé une conférence d'un ancien... Enfin, d'un photographe, tu sais, de presse. Donc, je ne veux pas dire de bêtises, je crois que lui, il bossait pour Sica Press. Donc, tu sais, c'est des agences, tu sais, comme Reuters, Magnum, je ne sais pas si tu as déjà entendu ces mots, tu sais, c'est eux qui bossent pour tous les magazines des...
26:09 Ça va du reporter de guerre à un mec qui suit le pape, enfin, tout ton journal, les photos, c'est eux qui les font, ou VSD, ou tous ces magazines. Et le mec, il expliquait, je crois qu'il s'appelait, je ne veux pas dire, je crois qu'il s'appelait Jacques White. Donc, c'était un mec qui bossait avec Nikon, tu sais, c'est le reporter, tu sais, il est en photo, deux boîtiers de chaque côté en zone de guerre, tu sais. Et le mec, il expliquait, lui, il a commencé ça dans les années 60-70. Mais il te raconte. Ah, mais moi, ma femme, elle me regarde, tu sais, des fois le soir, on se met au lit, puis tu sais, on regarde des trucs, moi, j'aime bien les conférences et tout.
26:44 Elle me regarde, il me dit, mais qu'est-ce que tu regardes, tu sais, alors, quelle est notre regard, une série ? Mais moi, je suis, je suis debout dans le lit, je me dis, wow, putain, ça fait trop bien, mais tu ne te rends pas compte. Et le mec, il te raconte qu'ils étaient en, quand ils avaient du bol d'avoir un modem ADSL pour envoyer les photos, parce que quand tu es en zone de guerre, en 1970, avant l'arrivée d'Internet, il faisait les photos, il les donnait à quelqu'un de confiance, le mec partait à l'aéroport. À l'aéroport, ils interpellaient tout le monde, excusez-moi, est-ce qu'il y a quelqu'un qui part à Paris ? Est-ce qu'il y a quelqu'un qui part ?
27:17 Et tout d'un coup, tu avais un couple de touristes qui disaient, bah oui, nous, on rentre sur Paris, je vous confie des négatifs, des pellicules, c'est très important. Il disait, on lui donnait des bistons avec, le mec, c'était presque comme de lui donner un coffre-fort, tu venais d'avoir des photos d'Hiroshima, des photos, t'imagines, les scopes, et bah tu les donnais à des inconnus, en disant, putain, pourvu qu'il n'y a rien qui merde, t'appelais Paris, qui allait, parce que le mec, il faisait une escale à Francfort, alors t'as Paris, qui envoyait un jet privé à Francfort, avec un mec qui récupérait les pellicules, c'était développé dans la nuit, dans des chambres noues.
27:53 Maintenant, t'es à l'iPhone, tu fais une visio, t'en as un au Pirou, l'autre t'il est au Japon, dis donc, ça va, putain, ça passe mal, t'as 4G, ça bug un peu, tu te rends compte ? Et bah moi, j'aurais aimé, sans vouloir dire c'était mieux avant ou faire le vieux con, parce que j'aime quand même tout ce qu'on a aujourd'hui, mais j'aurais aimé moi connaître ces périodes, connaître ces trucs où les mecs, ils faisaient le montage à l'arrière du coffre de bagnole avec des bétacams, c'était de la pellicule, et fallait que ça parte pour envoyer ça au journal deux heures après à 2000 bornes, enfin tu sais, ça devait être fou, ça devait être fou, c'est pour ça qu'aujourd'hui, moi je suis content de faire tout ce que je fais, mais j'ai beaucoup de respect toujours pour les anciens, parce que je veux pas dire qu'on a plus de mérite, mais c'est valable dans tout, regarde, moi j'ai fait ma maison, on a eu une mini pelle, on a fait venir des camions grues, des trucs, tu te rends compte, les gens quand là, ils ont fait la maison, il y avait rien, il y avait même pas de bétonnière, il y avait que dalle, les mecs, tu sais les mecs qui recontent les châteaux là, mais avec les méthodes à l'ancier, c'est fou, c'est fou, je veux dire, c'est aujourd'hui, quel mérite on a, d'ailleurs tu vois, ça fait partie des coups de gueule que je pose tout le temps, j'arrive pas à comprendre comment dans tous les métiers je parle, aussi bien, je vais parler dans mes deux métiers qui sont le bâtiment et la production audiovisuelle, j'arrive pas à comprendre comment on peut faire de la merde à l'heure actuelle, avec tous les outils, c'est impossible, on a, bon dans le bâtiment, c'est perdu dans l'audiovisuel, dans le bâtiment, on a, surtout en France, on a 2500 ans de savoir-faire, tous les livres, des milliers de livres, des milliers de podcasts, des milliers de vidéos, le matos, des chaînes YouTube, des chaînes YouTube, le matériel, il y a du millier de matériel, les matériaux, parce qu'il y a le matériel et les matériaux, moi quand j'ai démarré, j'allais acheter un sac de colle à carrelage, le mec il me disait, de la grise ou de la blanche ?
29:46 La grise, seul ou mûr ? Seul. Il n'y a pas de flex. C'était, maintenant, C2S, flex, mâche, fibrille, non fibrille, rapide, pas rapide, blanche, beige, rouge, mais il n'y avait rien. Maintenant, il y a tout, il y a le savoir-faire, l'outillage, bon, on n'en parle même pas de l'outillage, regarde l'outillage, tu prends n'importe quelle marque, Bosch, Metabo, Milwaukee, DeWalph, ils ont tous 250 machines au catalogue. Ils ont même des super logiciels. Ouais, mais ça, c'est pour toi. Non, mais je veux dire, tu nous as même pas parlé de ta boîte, là. C'est toi la star de ce podcast. Non, mais tu nous en parleras un peu parce que ça m'intéresse. Mais tout ça pour dire que ce que je veux dire, je n'arrive pas à comprendre qu'aujourd'hui, avec tout ce qu'on a, la technique, le savoir-faire, t'arrives encore des fois à aller sur des chantiers ou à aller dans des endroits où c'est de la merde.
30:43 Et les gars, t'as envie de dire, mais... tu m'as régalé avec Ushuaia, Laurent. Ouais, on a tchatché. On a bien tchatché. On est en PLS de stockage et de batterie. C'est pas la suite pour Laurent Jacquet. La suite pour Laurent Jacquet, je finis ma maison. OK. Donc là, bon, façade, escalier, cours, deux, trois bricoles. Sur YouTube aussi. Ouais, sur YouTube, bien sûr, LJVS,
31:05 Ses projets entre TV, YouTube et Québec
31:05 Bichon TV aussi un petit peu. Je relance un peu des podcasts, je relance tout un tas de choses inspirants, etc. Je vais continuer mes reportages. Moi, de toute façon, je suis un amoureux de la prod audiovisuelle. Je continue ça. Je continue aussi un peu le bâtiment. Un de mes rêves, comme tu le sais, je pense, on en avait déjà parlé. Nous, on est complètement... Bon, en plus, on a une fille là-bas, mais au-delà de ça, on est complètement tombé amoureux du Québec, du Canada. Donc, même si moi, je reste un Français élevé au grain, pur jus, bien chauvin et que j'adore mon pays, je resterai toujours là. Mais j'ai un rêve que j'aimerais réaliser, c'est-à-dire c'est d'aller acheter 50 hectares là-bas, me reconstruire une petite maison là-bas en bois, un petit chalet, un truc, et aller y passer 5-6 mois de l'année aussi pour travailler, parce que maintenant, on travaille un peu là-bas, pour travailler, pour faire plein de trucs.
31:55 Donc, par rapport au projet d'avenir, finir cette maison, la vendre ou pas, j'en sais rien, essayer de développer quelque chose au Québec, pourquoi pas essayer d'avoir un pied à terre, filmer, bien sûr, tout ça, en restant en France et continuer mes reportages, mes docus, ma création de contenu que j'adore et j'espère continuer la télé et peut-être faire de plus en plus de choses à la télé. Et ça fait déjà pas mal de boulot, quoi. Oui, je pense. À côté de ça, tu rajoutes un peu de pêche, je vais voler de temps en temps, tu vois, je fais un peu comme Romain, un peu du LM, un peu de truc, ça fait déjà pas mal de choses. Et merci pour tout ton parcours, tu m'as bien fait kiffer et j'adore ressentir toute la passion que tu as pour ce que tu fais ou que ça soit ton travail ou j'ai l'impression tout ce que tu entreprends.
32:41 J'ai regardé une vidéo avant de venir où tu présentais une recette de crêpe, je sais pas. Ouais, c'était la recette de ma mémé cocotte, attention. Et tu m'as fait kiffer, donc merci. Et d'ailleurs, merci aussi pour toutes les vidéos que tu fais. Franchement, je te jure, tu m'as appris plein de choses et peut-être on s'en rend plus compte des fois quand on fait du contenu ou autre, mais il y a un impact derrière, tu vois, chez les gens. Ouais. Je voulais te remercier et tu m'avais préparé des conseils. J'ai même pris deux, trois petites notes. Micropause, j'en profite pour vous demander de vous abonner et de mettre un petit pouce sur cette vidéo, ça nous aide énormément et ça nous motive à aller faire des interviews de qualité comme celle de Laurent.
33:19 Pour ceux qui ne me connaissent pas, je m'appelle Hedi Marinier. Moi aussi, j'ai géré une entreprise dans la climatisation et pendant sept ans. C'était très difficile et c'était aussi une aventure incroyable. Après cette aventure, j'ai créé InterFast, c'est un logiciel de gestion tout en un pour les dirigeants d'entreprises de bâtiments. Si ça vous intéresse, vous pouvez aller en description. On vous mettra les liens vers le site et j'en profite pour vous demander de me mettre un commentaire et de me dire qui est-ce que je dois aller interviewer après Laurent Jacquet et je vous remercie. On repart sur l'épisode. J'avais préparé quatre conseils.
33:51 Bon, dans l'idéal, il aurait fallu les développer mais je vais les donner comme ça et puis je te propose c'est qu'on se revoie je ne sais pas quand et puis on développera ces conseils. Allez. Premier conseil que je donne. Là, ça s'adresse vraiment aux gens dans le bâtiment. Ne restez pas
34:05 Ses meilleurs conseils pour les artisans
34:05 en auto-entreprise. Ok. L'auto-entreprise, c'est bon pour deux choses. Première chose, quand tu as un boulot et que tu veux en faire un autre à côté pour toi pour arrondir les fins de mois, c'est parfait. Et l'auto-entreprise, c'est vraiment fait pour démarrer quand tu ne sais pas trop si ça va marcher et tu ne veux pas prendre trop de risques. Dès que ça marche, il faut sortir de l'auto-entreprise. je ne peux pas développer ça maintenant mais crois-moi que si je développe ça, à la fin, les 50 auto-entrepreneurs passent en société le lendemain parce qu'il y a vraiment, vraiment, vraiment des avantages, vraiment des choses à passer en société. Deuxième conseil, c'est gérer vos agendas.
34:47 Gérer, gérer les agendas. Mettez-vous des jours de réserve. J'ai toujours dit et j'ai souvent dit dans mes podcasts, avoir trop de travail, c'est pire que le passé. En réalité, ce n'est pas vraiment pire mais ça peut être vraiment compliqué parce qu'on est toujours en retard, on est toujours stressé. Donc, entre deux chantiers, prévoyez-vous deux, trois, quatre jours. Tant pis s'il y a une semaine de vide. Si vous avez du boulot ou votre boîte, elle tourne, ce n'est pas parce que vous loupez trois jours ou que vous n'êtes pas chez des clients que votre boîte va mal se passer. Au contraire, vous, ça va vous permettre de respirer, de ranger l'atelier, de faire des choses qu'on a en retard, etc.
35:21 Il faut toujours, toujours, c'était les lundis. C'est-à-dire que c'est facile, je travaillais comme un fou du mardi au vendredi, des fois un peu le samedi matin, mais les lundis, je travaillais aussi mais je n'étais jamais sur le chantier. Le lundi, j'étais à la maison, je faisais mes devis, mes commandes, mes appels fournisseurs, mes trucs. Et croyez-moi, ça vous libère à mort parce que quand vous avez le comptable qui appelle, dis donc, il faut me faire passer mes tickets. Oui, je le fais le lundi. Un client qui appelle, vous me ferez mon devis. Ah, Madame, les devis, je les fais les lundis. Vous me ferez ma facture. C'est les lundis, les factures, les machins.
35:57 Et du coup, eh ben, quand vous rentrez le soir de votre journée de boulot, vous ne dites pas, merde, j'ai quatre devis à faire, j'ai des trucs, etc. Donc, il faut gérer les agents. Oui, tu as une routine en fait. Faites-vous une routine. C'est ça. En fait, c'est un marathon d'être entrepreneur. Ce n'est pas une course. C'est pas, il ne s'agit pas de faire un 400 mètres et au bout des 400 mètres de vous effondrer. Moi, je fais toujours le parallèle avec la randonnée. Quand vous partez faire compostelle pendant trois mois, au début, vous avez un sac à dos qui fait 35 kilos sur le dos. Donc, la première semaine et les premiers jours, qu'est-ce qui se passe ?
36:30 Vous avez des ampoules plein les pieds, ça vous défonce. Vous avez les marques des bretelles du sac à dos qui vous a arraché le truc. Vous avez pris trois coups de soleil, vous avez le dos éclaté. Vous avez juste envie, c'est de chialer. Pourquoi ? Parce que vous ne faites que subir. Et puis, au bout d'un moment, vous prenez des habitudes. La première habitude, c'est de dégager la moitié du bordel qu'il y a dans le sac à dos qui ne sert à rien. Et ensuite, vos pieds s'habituent donc vous n'avez plus d'ampoules. Vos épaules s'habituent donc vous n'avez plus de marques. Et vous prenez une routine. Être entrepreneur, c'est la même chose. C'est-à-dire que les deux, trois premières années, vous en chiez.
37:03 Mais c'est normal, il faut accepter. Et il faut profiter de ces premières années pour en chier, mettre en place des choses. Et à chaque fois que je discute avec un entrepreneur qui a moins de 10 ans, il me dit c'est dur, il y a ci, il y a ça. Et je lui dis c'est normal, tu fais tes armes, t'apprends patati. Et à chaque fois que je discute avec un entrepreneur qui fait ça depuis 30-40 ans, je dis ça va ? Ouais, ça va, c'est pas pire, ça roule. Deuxième conseil, c'était vraiment gérer vos agendas, n'en prenez pas trop, n'en prenez pas trop, laissez de la place. Ça m'amène au troisième conseil, ayez le courage de dire non. Ah, il y a pas mal ce conseil.
37:37 Ayez le courage de dire non, vraiment. vous dites non aux gens, ils vont pas vous rappeler ou ils vont pas vous aimer ou ils vont prendre quelqu'un d'autre. En fait, simplement, si vous leur dites non, vous leur dites la vérité, eux, ça va les réconforter et ils vont avoir, au contraire, encore plus tendance à attendre pour vous prendre vous. Moi, le discours, il était très facile. Quand je disais à quelqu'un, je viendrai dans deux mois, la personne insistait pour que je vienne avant, dans deux mois, trois mois, quatre mois. Et au bout d'un moment, je lui disais, je lui disais, ok. Alors je disais, il y a deux solutions. Soit je vous dis, non, je peux pas venir maintenant, je ne peux pas faire votre travail maintenant.
38:15 Par contre, tel jour, je prends mon agenda, je vous montre, tel jour, je suis chez vous. Et là, je suis content, vous êtes content, tout le monde dort bien, je vous dis pas de conneries. Soit je vous dis oui, comme beaucoup d'artisans font. Je vous dis oui. Oui, oui, on passera pas. Vous, vous allez m'attendre. Moi, je sais très bien, en même temps que le oui sort de ma boue, je sais très bien que je pourrais jamais honorer mon truc. Moi, ça va me mettre en stress, ça va m'énerver. Vous, ça va vous énerver. Vous allez penser que j'ai pas de parole. Personne va être bien, ça va être un bon calcul pour personne. Vous allez m'appeler, je vais pas vous répondre parce que je vais me dire merde.
38:50 Et en plus, ce que tu peux dire aux clients dans ce cas-là, c'est du style, bah autant que moi, je respecte mes clients actuels parce que je prends pas deux chantiers en même temps et que je vais pas faire des choses en parallèle. Quand je vais m'occuper de vous, je le ferai de la même manière. C'est ça, c'est ça. Donc, ayez le courage de dire non. Moi, je pense que ma vie d'entrepreneur a changé quand j'ai pris tous mes lundis. Par contre, il faut bosser le reste du temps pour faire ma paperasse et ranger mon atelier et tout. Et quand j'ai commencé à dire non, ça, c'est clair et net. Mais vraiment, je vous dis, je disais non et j'avais plus d'un an de travail d'avance.
39:30 Et ensuite, dernier conseil, ça, c'est surtout pour les débutants parce que les autres, après, ils s'en rendent vite compte. Ne soyez pas trop gentils. Les anciens disent bon et bête, ça commence par la même lettre. Donc, en gros, il faut pas être gentil, il faut être juste. Parce que si vous êtes trop gentil, surtout au début, vous allez vous faire avoir. Il y a des choses que vous allez pas facturer. Vous allez vouloir faire des cadeaux. Les gens, en plus, il y a certaines personnes qui sont des spécialistes pour appeler les entrepreneurs qui démarrent parce qu'ils savent très bien que le gars, il a pas trop de boulot. Tiens, pendant que vous y êtes, vous me ferez bien ci, vous me ferez bien ça, vous patati, vous patata.
40:08 Bah, je vais vous embaucher, vous, mais par contre, vous me ferez que la main d'oeuvre. Je vais fournir. Puis vous, vous acceptez de poser ce qui a été fourni. Ce que vous savez pas, c'est que du moment que vous acceptez de poser ce qui a été fourni, vous devenez responsable. Donc, c'est-à-dire que si le gars, il vous a fourni un truc de chiotte qui vient de chez Brico Bourrico et que le machin, au bout d'un an et demi, il est mort, bah, c'est pas lui qui l'a dans l'eau, c'est vous. Parce que vous allez être obligé par votre décennale et tout de venir le refaire. Voilà. C'est que des choses comme ça. Donc, vous pouvez, moi, ça m'est arrivé plein de fois de dire non à des gens.
40:42 Alors, il faut pas être bête. Mais quand j'étais gentil, je leur faisais un petit cadeau, j'étais juste. C'est-à-dire que je le marquais sur la facture. À la fin de la facture, il y avait la facture normale et je marquais en gros et en gras « Remplacement du robinet de machine à laver de la cave au fer. d'une valeur de 200 euros. Même si je leur referais, je le marquais. Parce que le gars, entre-temps, il s'est passé trois semaines et au moment de payer la facture, il l'a oublié. Alors, il va dire « Bah, dis donc, vous êtes à 11002. On va peut-être arrondir à 11000. » « Ben non, je vous ai déjà fait 200 euros de cadeau. Regardez, c'est marqué là.
41:26 Et puis, il n'y a pas que cette ligne, il y a celle du dessous aussi parce que là, vous m'avez demandé de resserrer ça. Puis là, vous m'avez demandé de faire ci. Donc, vous voyez, je vous ai déjà fait 500 euros de cadeau. Les 500 euros de cadeau, c'est facile. Ça correspond à deux jours d'artisan. Donc, vous, vous travaillez où ? « Ben, je travaille, j'en sais rien, en supermarché. Demain, votre patron, il vient vous voir, il va vous dire « Tu vas travailler samedi, dimanche et en plus, gratos ne sera pas payé. Vous le faites ou pas ? » « Ben non. » « Ben voilà, c'est ce que vous êtes en train de me demander. » Donc, il ne faut pas être gentil.
41:53 Il faut de la bienveillance, de la gentillesse, mais il ne faut pas être gentil. Il faut être juste. Moi, ça ne m'a jamais empêché de faire un cadeau à un client. Mais par contre, à chaque fois, je lui disais « Attention, je vous fais un cadeau, je marque, je vous ai fait un cadeau. » Et ce cadeau là que je vous offre qui fait mine de rien, « Oh, mais vous en avez pour deux minutes ! » Mais là, si je me déplace chez un client, rien que pour faire ça, ça coûte 200 balles. Donc, gardez-le en tête. Et quand tu l'expliques aux gens,
42:25 Conclusion du podcast
42:25 ils comprennent toujours. Ils comprennent toujours. Bon, dites-nous en commentaire ce que vous pensez de ces conseils. Si vous en avez d'autres aussi à partager pour les autres artisans qui regardent. Laurent, merci infiniment. Merci à toi. Du coup, on n'aura pas… Alors toi, tu fais un super logiciel qui s'appelle InterFast, c'est ça ? Si demain, je me remets à mon compte, je t'appelle, on en parle. Enfin, je me remets à mon compte. Si demain, je remonte une boîte de bâtiment et que j'ai besoin d'un logiciel, je t'appelle, on en parle. Avec grand plaisir. Bon, merci beaucoup à toi pour… La meilleure chose que je dois te remercier, toi, c'est ta bienveillance.
43:01 Je le dis, je pense que tu es quelqu'un de bien. Donc, merci. Merci Laurent. Voilà. Allez, on met un pouce bleu, on s'abonne, les gars, on fait péter les scores. Il n'y a plus de pile nulle part, il n'y a plus que cette caméra, je parle tout seul, vous ne le voyez plus. On vous adore, c'était génial. Le podcast Bâti Légende. Voilà, on s'abonne, on met un pouce, un commentaire et on vous aime ! Sous-titrage ST' 501