Trésorerie et facturation

Acompte dans le bâtiment : combien demander, comment le facturer et comment le déduire de vos situations

L'acompte est la seule somme qu'un client vous verse avant que vous ayez posé un seul tuyau. Bien calibré, il finance vos achats et filtre les mauvais payeurs. Mal rédigé, il devient des arrhes que le client peut abandonner pour partir. Mal déduit, il disparaît de votre trésorerie dès la première situation. Ce guide reprend tout le cycle : le vocabulaire qui engage, ce que la loi interdit selon votre client, le bon montant, la facture et la TVA, puis le mécanisme de déduction progressive de l'acompte au fil des factures de situation, chiffré de bout en bout.

Hedi Marinier, fondateur d'InterFast
Hedi Marinier Publié le 16 septembre 2026
30 min de lecture Guide

Un plombier chauffagiste fait signer un vendredi soir, dans la cuisine de ses clients, l'installation d'une pompe à chaleur à 15 400 €. Il repart avec un chèque d'acompte de 40 %, commande la machine le lundi et la paie à trente jours. Dix jours plus tard, les clients se rétractent. Il doit leur rendre la totalité de la somme, il garde une machine sur les bras, et il découvre au passage qu'il n'avait pas le droit d'accepter ce chèque le soir même.

L'acompte est l'outil de trésorerie le plus simple d'une entreprise du bâtiment, et l'un des plus mal maîtrisés. Parce qu'il se pratique « depuis toujours », on le croit libre. Il ne l'est pas tout à fait : le vocabulaire employé au devis décide de ce que le client peut faire en cas de désistement, le lieu de signature décide du jour où vous pouvez encaisser, et la TVA est due dès que l'argent arrive, pas quand le chantier se termine.

Puis vient la question que presque aucun guide ne traite, alors qu'elle se pose sur chaque chantier facturé en situations : comment déduire l'acompte des factures suivantes. Tout sur la première ? Tout sur le solde ? Au prorata ? Le total facturé est le même dans les trois cas, mais la trésorerie de votre entreprise, elle, n'a rien à voir.

À qui s'adresse ce guide. Aux dirigeants d'entreprises du bâtiment, du génie climatique, de la plomberie, de l'électricité et de la maintenance, qui travaillent pour des particuliers, des entreprises ou des acheteurs publics. Aucune connaissance juridique ou comptable n'est requise : chaque terme est défini là où il apparaît, et un glossaire les reprend à la fin.
7 jours
avant de pouvoir recevoir le moindre paiement sur un devis signé au domicile d'un particulier.
13 500 €
d'avance de trésorerie conservée après la première situation d'un marché de 60 000 € HT, avec une déduction au prorata. 3 000 € avec une déduction en bloc.
30 %
d'avance minimale due par l'État à une PME titulaire d'un marché public de plus de 50 000 € HT et de plus de deux mois.

01 - Le vocabulaireAcompte, arrhes, avance : le mot écrit au devis décide de tout

Un acompte est une partie du prix versée d'avance, qui engage définitivement le client et l'entreprise : le client ne peut plus renoncer au chantier en abandonnant la somme, et l'entreprise est tenue de réaliser les travaux. Des arrhes, à l'inverse, laissent à chacun la faculté de se dédire : le client en les perdant, le professionnel en les restituant au double. En cas de désaccord, le premier élément que regarde un juge est le mot écrit au devis.

Face à un particulier, l'article L214-1 du code de la consommation pose que, sauf stipulation contraire, les sommes versées d'avance sont des arrhes. C'est la règle que citent presque tous les guides. Ils oublient l'article suivant : l'article L214-3 écarte tout ce chapitre pour les « commandes spéciales sur devis » et les produits fabriqués sur commande spéciale. Un chantier chiffré sur mesure peut entrer dans cette exception, et la présomption d'arrhes ne jouerait alors plus : c'est l'interprétation du contrat qui tranche. Ce flou est la meilleure raison d'écrire le mot « acompte » noir sur blanc. Entre professionnels, la présomption ne s'applique de toute façon pas.

TermeCe que c'estLe client peut-il renoncer ?Où on le rencontre
AcomptePartie du prix payée d'avance, engagement fermeNon, sauf droit de rétractation légal. S'il rompt, il peut devoir réparer votre préjudiceDevis et marchés privés, particuliers et professionnels
ArrhesSomme versée d'avance qui rémunère la faculté de se dédireOui, en perdant les arrhes. Si c'est vous qui renoncez, vous restituez le doubleQuand le devis emploie ce mot, ou face à un particulier quand rien n'est précisé, hors commande spéciale sur devis
AvanceSomme versée avant tout commencement d'exécution d'un marché public, remboursée ensuiteSans objet, c'est un mécanisme réglementéMarchés publics
Acompte de marché publicPaiement de prestations déjà exécutées, en cours de marchéSans objetMarchés publics : c'est votre situation mensuelle
Situation de travauxFacture intermédiaire qui constate l'avancement réelSans objet, le travail est faitChantiers longs, marchés privés

Le régime des arrhes est fixé par l'article 1590 du code civil, la présomption face au consommateur par l'article L214-1 du code de la consommation, et son exception pour les commandes spéciales sur devis par l'article L214-3.

Le piège du marché public. Dans le code de la commande publique, le mot « acompte » ne désigne pas l'argent versé à la commande, mais le paiement de ce que vous avez déjà exécuté, c'est-à-dire l'équivalent de vos situations de travaux. L'argent versé avant le démarrage s'appelle une avance. Un dirigeant qui cherche « l'acompte » dans un CCAP passe souvent à côté de l'avance à laquelle il a droit.

02 - Les règlesCe que la loi permet, selon votre client et le lieu de signature

Il n'existe pas de plafond légal général à l'acompte d'un devis de travaux. Ce qui est encadré, c'est le moment où vous pouvez l'encaisser et ce que devient la somme si le contrat s'arrête. Les règles dépendent de deux questions : votre client est-il un particulier, et où le contrat a-t-il été signé ? Deux régimes particuliers, le contrat de construction de maison individuelle et le marché public, fixent en plus des montants.

Votre client et le lieu de signatureQuand pouvez-vous encaisser ?MontantPeut-il se rétracter ?
Particulier, devis signé dans vos locauxDès la signatureLibreNon, aucun délai légal
Particulier, devis signé chez lui ou hors de vos locauxPas avant 7 jours après la signatureLibreOui, 14 jours
Particulier, devis signé à distance (e-mail, signature en ligne)Dès la signatureLibreOui, 14 jours
Particulier, dépannage urgent demandé par lui, chez luiImmédiatementLimité aux pièces et travaux nécessaires à l'urgenceNon
Professionnel (entreprise, syndic, bailleur)Selon le contratLibreNon, sauf clause
Contrat de construction de maison individuelleSelon l'échelonnement réglementairePlafonné à chaque stadeRégime propre
Marché publicAvance au démarrage5 à 30 % du montant TTCSans objet

État du droit au 16 septembre 2026. Code de la consommation, articles L221-10, L221-18 et L221-28 ; code de la construction et de l'habitation, article R231-7 ; code de la commande publique, articles R2191-3 et R2191-7. Un devis remis au domicile puis signé en ligne quelques jours plus tard peut, selon les circonstances, être regardé comme un contrat hors établissement.

Le devis signé au domicile du client : sept jours sans encaisser

Quand un particulier signe votre devis ailleurs que dans vos locaux, le plus souvent chez lui à la fin de la visite technique, le contrat est un contrat hors établissement. L'article L221-10 du code de la consommation vous interdit alors de recevoir « aucun paiement ou aucune contrepartie, sous quelque forme que ce soit » avant l'expiration d'un délai de sept jours à compter de la signature. Espèces, virement, chèque remis en promettant de ne l'encaisser que plus tard : la formule ne laisse aucune porte ouverte.

Ce n'est pas une simple irrégularité. L'article L242-7 punit le fait d'exiger ou d'obtenir un paiement dans ce délai de deux ans d'emprisonnement et de 150 000 € d'amende. La seule exception utile au bâtiment vise les travaux d'entretien ou de réparation à réaliser en urgence au domicile du client et expressément demandés par lui, dans la limite des pièces et des travaux strictement nécessaires pour répondre à l'urgence.

En pratique. Faites signer le devis sur place, puis envoyez la facture d'acompte au huitième jour. Le délai de sept jours coûte une semaine de trésorerie, pas un chantier.

Le délai de rétractation de quatorze jours

Le même particulier dispose, pour un contrat hors établissement comme pour un contrat conclu à distance, d'un délai de rétractation de quatorze jours à compter de la conclusion du contrat (article L221-18). S'il se rétracte, il récupère l'intégralité des sommes versées. Les deux délais se superposent : vous encaissez au plus tôt le huitième jour, mais le client peut encore renoncer jusqu'au quatorzième. Commander du matériel spécifique avant le quinzième jour, c'est accepter le risque de le garder.

Si le client veut que le chantier démarre avant la fin du délai, l'article L221-25 exige qu'il le demande expressément, et, pour un contrat hors établissement, que cette demande soit recueillie sur papier ou sur support durable. S'il se rétracte ensuite, il vous doit un montant proportionné à ce qui a été réalisé. Sans cette demande écrite, il ne vous doit rien. Les dépannages urgents demandés par le client n'ouvrent pas de droit de rétractation (article L221-28), et un devis signé dans vos locaux non plus.

Entre professionnels : la liberté, et donc le contrat

Quand votre client est une entreprise, un syndic, un promoteur ou un bailleur, aucune de ces protections ne s'applique. Le montant, la date d'exigibilité et le mode de déduction de l'acompte sont ceux que fixent le devis, vos conditions générales de vente ou les pièces du marché. Un acompte qui ne figure pas au contrat signé ne peut pas être imposé après coup. Un marché privé qui se réfère à la norme NF P03-001 prévoit le principe d'une avance, dont le montant doit être fixé par les pièces particulières du marché.

Deux régimes où le montant est fixé par les textes

Dans un contrat de construction de maison individuelle avec fourniture du plan, le constructeur ne choisit pas ses appels de fonds. L'article R231-7 du code de la construction et de l'habitation plafonne le total des sommes exigibles à chaque stade du chantier, et l'article L231-4 limite le dépôt de garantie versé à la signature à 3 % du prix, déposé sur un compte spécial ouvert au nom du client.

Stade du chantier (CCMI)Paiements cumulés maximum
Ouverture du chantier, dépôt de garantie compris15 % du prix
Achèvement des fondations25 %
Achèvement des murs40 %
Mise hors d'eau60 %
Achèvement des cloisons et mise hors d'air75 %
Achèvement des travaux d'équipement, de plomberie, de menuiserie et de chauffage95 %

En marché public, l'argent versé au démarrage s'appelle une avance. L'article R2191-3 du code de la commande publique la rend obligatoire lorsque le montant initial du marché dépasse 50 000 € HT et que le délai d'exécution dépasse deux mois. L'article R2191-7 fixe son taux entre 5 et 30 % du montant TTC, avec un minimum de 30 % quand l'État contracte avec une PME, et de 10 % pour les établissements publics et les collectivités dont les dépenses réelles de fonctionnement dépassent 60 millions d'euros. L'article sur le CCAP montre ce que ce taux déplace dans la trésorerie d'un marché de 210 000 €.

03 - Le calibrageCombien demander : la méthode plutôt que le 30 % réflexe

Hors contrat de construction de maison individuelle et marché public, aucun texte ne fixe le pourcentage d'acompte d'un devis de travaux : c'est une négociation commerciale. Le bon montant est celui qui couvre ce que vous devez dépenser avant votre prochain encaissement, principalement le matériel commandé pour ce chantier. Demander moins, c'est financer le client. Demander beaucoup plus, c'est faire porter au client un risque qui freine la signature, sans bénéfice réel pour vous.

Acompte cible (%) = Dépenses engagées avant le prochain encaissement ÷ Montant HT du devis

Les dépenses engagées comprennent les achats de matériel et de fournitures spécifiques au chantier, la location d'équipement et, sur les chantiers de plus de quelques semaines, les heures de main-d'œuvre du premier mois. Le prochain encaissement est la première situation, ou le solde s'il n'y en a pas.

ChantierMontant HTDépenses avant le prochain encaissementAcompte cibleCe qu'on retient
Pompe à chaleur air/eau chez un particulier, posée en 3 jours, solde à la fin14 000 €7 000 € de matériel payé à la commande50 %40 à 50 % : tout le matériel est acheté avant la pose
Rénovation de salle de bains, 2 semaines, solde à la fin11 000 €3 300 € de fournitures et faïence30 %30 %
Plateau de bureaux, 4 mois, situations mensuelles60 000 €9 000 € de matériel + 6 000 € de main-d'œuvre du mois 125 %20 à 30 %, déduit au prorata
Remplacement de tableau électrique, 1 journée1 800 €700 € de matériel39 %Souvent 0 % : paiement à la fin de l'intervention
Dépannage, entretien annuel200 à 600 €Négligeables0 %Paiement immédiat, pas d'acompte

Exemples construits pour illustrer la méthode : vos prix d'achat et vos délais fournisseurs donnent vos propres chiffres.

Deux limites encadrent le résultat. Vers le bas, un acompte qui ne couvre même pas le matériel spécifique vous laisse sans recours si le client se désiste une fois la commande passée chez le fournisseur. Vers le haut, au-delà de la moitié du prix, le client paie une part de chantier que vous n'avez pas encore engagée : c'est défendable pour du matériel sur mesure, beaucoup moins pour de la main-d'œuvre. Sur les chantiers longs, retenez qu'un acompte élevé n'est utile que s'il est déduit progressivement : déduit en bloc sur la première situation, il ne finance qu'un mois (voir la section 05).

Ce qu'il faut retenir. L'acompte n'est pas une marge ni une sécurité juridique à maximiser : c'est un besoin en fonds de roulement que vous faites porter au client. Une entreprise qui réalise 600 000 € de chiffre d'affaires sur des chantiers avec acompte et qui passe de 0 à 30 % encaisse 180 000 € par an avant de travailler. La fiche acompte du dictionnaire détaille cet effet sur la trésorerie.

04 - La fiscalitéFacture d'acompte et TVA : la taxe est due à l'encaissement

Pour la TVA, des travaux immobiliers sont des prestations de services. L'article 269, 2, c du code général des impôts rend la TVA exigible lors de l'encaissement des acomptes et du prix, sauf si l'entreprise a opté pour le paiement d'après les débits. Chaque acompte encaissé déclenche donc la TVA correspondante sur la déclaration de la période, même si le chantier n'a pas commencé. La facture d'acompte est la pièce qui porte cette TVA.

En clair. L'exigibilité est la date à laquelle la TVA devient due au Trésor. Pour une vente de matériel seule, c'est la livraison. Pour des travaux, c'est l'encaissement : un acompte reçu le 25 septembre se déclare avec le mois de septembre.

Qui doit émettre une facture d'acompte

ClientCe que prévoit le texteCe qu'il faut faire
ProfessionnelFacture obligatoire pour les acomptes perçus avant l'exécution de l'opération (CGI, art. 289, I, 1, c)Émettre la facture d'acompte à l'encaissement, avec les mentions habituelles
ParticulierNote obligatoire pour les travaux immobiliers, sans seuil de montant, remise au plus tard au paiement du solde (CGI, art. 290 quinquies)Émettre quand même une facture d'acompte : elle justifie la TVA déclarée et se rappelle sur les factures suivantes

État du droit au 16 septembre 2026. Le transfert des règles de TVA du code général des impôts vers le code des impositions sur les biens et services a été repoussé au 1er janvier 2027 : les articles du CGI cités ici restent applicables jusqu'à cette date.

La doctrine fiscale admet qu'une facture d'acompte omette les mentions qui ne sont pas encore connues au moment où elle est établie, comme la date d'exécution ou les quantités définitives (BOI-TVA-DECLA-30-20-20-20). Elle doit en revanche porter tout le reste : numéro dans la séquence continue de vos factures, identité des parties, référence du devis, base hors taxes, taux et montant de TVA, total TTC. Les mentions détaillées sont reprises dans la fiche facture d'acompte du dictionnaire.

Le calendrier de TVA de notre exemple

Reprenons le marché de 60 000 € HT détaillé en section 05, facturé à 20 % de TVA, avec un acompte de 30 % et des situations payées dans le mois.

FactureEncaissée enBase HTTVA 20 %TTC encaissé
Facture d'acompteMois 018 000 €3 600 €21 600 €
Situation 1, acompte déduitMois 110 500 €2 100 €12 600 €
Situation 2, acompte déduitMois 212 600 €2 520 €15 120 €
Situation 3, acompte déduitMois 312 600 €2 520 €15 120 €
Situation 4, soldeMois 46 300 €1 260 €7 560 €
Total-60 000 €12 000 €72 000 €

La TVA de chaque ligne est déclarée au titre du mois d'encaissement. La TVA totale, 12 000 €, correspond bien à 20 % du marché : chaque situation est taxée sur son net à facturer, acompte déjà déduit, ce qui évite de taxer deux fois la même somme.

Le piège du taux réduit. Sur des travaux chez un particulier à 10 % ou 5,5 %, le taux réduit exige une mention par laquelle le client certifie les conditions du logement, portée sur le devis et sur la facture. Recueillez-la dès le devis : c'est elle qui justifie le taux appliqué sur la facture d'acompte comme sur les suivantes. Le détail figure dans notre guide sur la TVA à taux réduit en rénovation.

Facture d'acompte et facturation électronique

Depuis le 1er septembre 2026, toutes les entreprises doivent pouvoir recevoir des factures électroniques, et les grandes entreprises et ETI doivent les émettre. Les PME, TPE et micro-entreprises émettront à leur tour à partir du 1er septembre 2027. Une facture d'acompte adressée à un client professionnel est une facture comme les autres : elle suivra le même circuit. Le calendrier complet est détaillé dans notre guide de la facturation électronique.

05 - Le mécanismeDéduire l'acompte de vos situations : la libération progressive

Sur un chantier facturé en situations de travaux, l'acompte versé à la commande doit être déduit des factures suivantes, sinon le client paierait deux fois la même part du marché. La question n'est pas de savoir s'il faut le déduire, mais quand. La méthode la plus équilibrée consiste à le déduire progressivement, au prorata de l'avancement : chaque situation rembourse la part d'acompte qui correspond aux travaux qu'elle facture. Sur le terrain, on parle aussi de libération, de résorption ou d'imputation progressive de l'acompte. En marché public, où l'acompte versé au démarrage s'appelle une avance, le texte parle de remboursement par précompte.

En clair. Un acompte n'est pas un paiement de plus, c'est une partie du prix payée en avance. Le « libérer » progressivement, c'est le consommer au rythme du chantier : à 25 % d'avancement, vous avez consommé 25 % de l'acompte, à 100 %, vous l'avez consommé en entier. Le total facturé reste exactement le prix du marché.
Acompte déduit sur la situation n = Acompte × Avancement cumulé à la situation n − Acompte déjà déduit sur les situations précédentes Net à facturer (HT) = Travaux de la période − Acompte déduit sur la situation n

L'avancement cumulé est le montant des travaux réalisés depuis le début du chantier, divisé par le montant total du marché. La retenue de garantie, si le contrat en prévoit une, se calcule à part sur le montant des travaux et ne change rien au mécanisme.

Le cas chiffré : 60 000 € HT, quatre situations

Une entreprise de génie climatique signe la rénovation du chauffage et de la ventilation d'un plateau de bureaux pour 60 000 € HT. Le contrat prévoit un acompte de 30 % à la commande, soit 18 000 € HT, puis une situation par mois. Le chantier avance de 25 % le premier mois, atteint 55 % le deuxième, 85 % le troisième et se termine le quatrième. Les montants sont exprimés hors taxes : la TVA s'applique ensuite sur chaque net à facturer.

FactureAvancement cumuléTravaux de la périodeAcompte déduitNet à facturerAcompte restant
Facture d'acompte0 %--18 000 €18 000 €
Situation 125 %15 000 €4 500 €
18 000 × 25 %
10 500 €13 500 €
Situation 255 %18 000 €5 400 €
18 000 × 55 % − 4 500
12 600 €8 100 €
Situation 385 %18 000 €5 400 €
18 000 × 85 % − 9 900
12 600 €2 700 €
Situation 4 (solde)100 %9 000 €2 700 €
18 000 × 100 % − 15 300
6 300 €0 €
Total100 %60 000 €18 000 €60 000 €-

Contrôle : 18 000 + 10 500 + 12 600 + 12 600 + 6 300 = 60 000 € HT. Le client paie le prix du marché, ni plus ni moins.

Trois façons de déduire, trois trésoreries différentes

Le total facturé est le même quelle que soit la méthode. Ce qui change, c'est le moment où l'argent sort de votre trésorerie. Le bon indicateur est l'écart entre ce que vous avez encaissé et ce que vous avez réellement exécuté : tant qu'il est positif, vous travaillez avec l'argent du client, et non avec le vôtre.

MéthodeNet facturé S1 / S2 / S3 / S4Avance dont vous disposez après S1 / S2 / S3Ce qui se passe en pratique
Tout l'acompte sur la première situation0 / 15 000 / 18 000 / 9 000 €
S1 négative de 3 000 €, reportée sur S2
3 000 / 0 / 0 €Un mois de travaux facturé zéro, et plus aucune avance dès le deuxième mois. L'acompte a financé le démarrage, puis plus rien.
Tout l'acompte sur le solde15 000 / 18 000 / 18 000 / −9 000 €18 000 / 18 000 / 18 000 €Idéal pour vous sur le papier, mais la dernière situation est négative : vous devez 9 000 € au client. Un maître d'œuvre ou un client averti le refuse dès la première situation.
Au prorata de l'avancement10 500 / 12 600 / 12 600 / 6 300 €13 500 / 8 100 / 2 700 €L'avance décroît au rythme du chantier et s'éteint à la réception. Chaque facture reste positive et se justifie ligne à ligne.

« Avance dont vous disposez » = encaissé cumulé (acompte compris) − travaux exécutés cumulés, hors TVA et hors délais de paiement. Avec la méthode au prorata, elle vaut toujours Acompte × (1 − avancement) : 18 000 × 75 % = 13 500 € après la première situation.

La déduction au prorata est la seule qui tienne à la fois pour vous et pour le client. Pour vous, elle garde une avance de trésorerie pendant tout le chantier, là où la déduction en bloc la fait disparaître dès le premier mois. Pour le client, elle garantit qu'à aucun moment il n'a payé beaucoup plus que ce qui a été exécuté : son exposition baisse à chaque situation. C'est ce qui la rend facile à faire accepter, y compris par un maître d'œuvre qui vérifie vos situations.

Le piège de la situation négative. Quand l'acompte est supérieur aux travaux d'une période, la déduction en bloc produit une facture négative. Personne ne veut recevoir une situation qui lui réclame une somme négative : en pratique, il faut reporter le reliquat sur la situation suivante, ou émettre un avoir quand il n'y en a plus. Dans les deux cas, c'est une écriture de plus à expliquer au client et au comptable. La déduction au prorata ne produit jamais ce cas, puisque la part déduite est toujours inférieure aux travaux de la période.

En marché public : le remboursement de l'avance par précompte

Le marché public connaît ce mécanisme depuis longtemps, sous un autre nom. L'avance versée au démarrage est remboursée par précompte, c'est-à-dire retenue directement sur les acomptes suivants, selon le rythme fixé par le marché. Dans le silence du marché, l'article R2191-11 du code de la commande publique, dans sa version en vigueur depuis le 1er janvier 2026, échelonne ce remboursement en tenant compte du montant de l'avance et des sommes restant dues, et fixe son point de départ :

Avance accordéeLe précompte commence
30 % ou moins du montant TTC du marchéQuand les prestations exécutées atteignent 65 % du montant TTC de votre part du marché
Plus de 30 %Dès la première demande de paiement

L'ancienne règle qui imposait d'avoir tout remboursé à 80 % d'exécution a été abrogée au 1er janvier 2025. Beaucoup de guides la citent encore.

Pour l'entreprise, ce régime est encore plus favorable que le prorata : une avance de 30 % reste entière dans la trésorerie pendant les deux premiers tiers du chantier. En marché privé, en revanche, peu de clients acceptent d'attendre 65 % d'avancement pour commencer à récupérer leur acompte. Le prorata reste le compromis qui se négocie le plus facilement.

Ce qu'il faut écrire au devis

Le mode de déduction se décide à la signature, pas à la première situation. Une ligne suffit, dans les conditions de paiement du devis ou du contrat :

Exemple de clause

« Un acompte de 30 % du montant HT du présent devis, soit 18 000 € HT, est exigible à la signature. Il sera déduit des factures de situation au prorata de l'avancement cumulé des travaux, de sorte qu'il soit intégralement imputé à la facture de solde. »

Sur chaque facture de situation, faites ensuite apparaître trois lignes distinctes : le montant cumulé des travaux exécutés, l'acompte déduit sur la période avec le rappel du numéro de la facture d'acompte, et le cumul d'acompte déjà déduit. Le client ou son maître d'œuvre refait le calcul en dix secondes, ce qui supprime la moitié des questions qui retardent la validation.

Des situations qui déduisent l'acompte sans tableur

InterFast gère la libération progressive de l'acompte sur vos factures et vos factures de situation : la part d'acompte déduite est calculée au prorata de l'avancement, et vous pouvez l'ajuster avant d'envoyer la facture.

Voir le module facturation Essayer gratuitement

06 - Quand ça dérapeAnnulation, impayé, faillite : ce que devient l'acompte

Le sort de l'acompte en cas de problème dépend de trois choses : la qualification de la somme (acompte ou arrhes), le moment où le contrat s'arrête (pendant ou après un délai de rétractation) et la partie qui manque à ses engagements. Contrairement à une idée répandue, un acompte ne se « garde » pas automatiquement quand le client renonce : il s'impute sur ce que le client vous doit réellement.

SituationCe que prévoit le droitCe qu'il faut faire
Le particulier se rétracte dans les 14 jours (contrat hors établissement ou à distance)Il récupère toutes les sommes versées. S'il avait demandé par écrit un démarrage anticipé, il paie la part réaliséeRembourser, et ne commander le matériel spécifique qu'après le délai
Le client renonce, la somme est un acompteLe contrat le lie (code civil, art. 1103). Sa rupture unilatérale vous ouvre droit à réparation de votre préjudice (art. 1217)Chiffrer le préjudice réel : matériel non repris, temps passé, marge perdue. L'acompte s'impute dessus
Le client renonce, la somme est qualifiée d'arrhesIl se dédit en perdant les arrhes (code civil, art. 1590)Rien à réclamer de plus, même si votre préjudice est supérieur
C'est vous qui renoncez, avec des arrhesVous restituez le doubleÉviter : sur 4 000 € d'arrhes, la sortie coûte 8 000 €
Le client ne verse pas l'acompte prévuVous pouvez suspendre votre propre obligation si ce manquement est suffisamment grave : c'est l'exception d'inexécution (art. 1219)Écrire au devis que la commande du matériel et le démarrage sont conditionnés à l'encaissement
L'entreprise est placée en redressement ou en liquidation judiciaireLe client devient créancier chirographaire et doit déclarer sa créance dans les 2 mois suivant la publication du jugement au BODACC (code de commerce, art. L622-24 et R622-24)Côté client, peu de chances d'être remboursé : c'est l'argument qui justifie un acompte proportionné

État du droit au 16 septembre 2026. Un créancier chirographaire ne bénéficie d'aucune garantie particulière et n'est payé qu'une fois les créanciers prioritaires désintéressés.

Pour sortir du débat sur le montant du préjudice, vos conditions générales peuvent prévoir à l'avance une indemnité forfaitaire en cas d'annulation par le client. Le code civil permet alors au juge de la réduire si elle est manifestement excessive (art. 1231-5), et face à un particulier, une clause trop lourde risque d'être jugée abusive. Une indemnité alignée sur vos dépenses engagées, matériel spécifique en tête, tient beaucoup mieux qu'un forfait de 50 % du prix.

Ce qu'il faut retenir. L'acompte protège l'entreprise parce qu'il engage le client, pas parce qu'il se garde. Plus il colle aux dépenses réellement engagées, plus il est facile à défendre quand le chantier s'arrête. C'est la même logique qui plaide pour sa déduction au prorata : à tout moment, l'argent du client correspond à peu près à ce qui a été fait pour lui.

07 - Les piègesLes 8 erreurs d'acompte qui coûtent cher

Les litiges d'acompte ne viennent presque jamais d'une mauvaise foi délibérée. Ils viennent d'un mot mal choisi au devis, d'un encaissement trop tôt ou d'une déduction mal expliquée. Voici les huit erreurs les plus fréquentes, de la signature au solde.

  1. Ne pas écrire le mot « acompte ». Face à un particulier, une somme versée d'avance sans qualification est présumée être des arrhes. L'exception des commandes spéciales sur devis peut vous en sortir, mais elle se plaide : si elle échoue, le client renonce au chantier en abandonnant la somme, alors que vous avez déjà commandé le matériel. Un mot au devis évite le débat.
  2. Encaisser le jour de la signature chez le client. Sur un contrat conclu au domicile, vous ne pouvez recevoir aucun paiement, chèque compris, avant sept jours. C'est un délit puni de deux ans d'emprisonnement et de 150 000 € d'amende, sauf dépannage urgent demandé par le client.
  3. Encaisser sans émettre de facture d'acompte. La TVA est due dès l'encaissement. Un virement reçu sans facture crée un décalage entre votre comptabilité, votre déclaration de TVA et la facture finale.
  4. Appliquer 30 % partout. Trop bas sur une pompe à chaleur dont le matériel pèse la moitié du prix, trop haut sur un chantier de main-d'œuvre pure. Le pourcentage se calcule chantier par chantier (section 03).
  5. Démarrer sans avoir encaissé. Un acompte prévu mais non versé au démarrage ne se récupère presque jamais ensuite : le client considère que le chantier se déroule très bien sans. Conditionnez la commande du matériel à la réception des fonds.
  6. Déduire tout l'acompte sur la première situation. Vous facturez un mois de travaux à zéro et vous perdez toute avance de trésorerie dès le deuxième mois. Sur l'exemple de 60 000 €, l'avance tombe de 13 500 € à 3 000 € après la première situation.
  7. Oublier de déduire l'acompte sur la facture finale. Le client reçoit une facture qui lui réclame une somme déjà payée. Au mieux il appelle, au pire il bloque tout le paiement le temps de faire vérifier. Rappelez toujours le numéro et le montant de chaque facture d'acompte.
  8. Confondre acompte et avance en marché public. L'« acompte » d'un marché public est votre situation mensuelle. L'avance, elle, est due au démarrage sous conditions de seuil, et beaucoup de PME ne la demandent pas faute de savoir qu'elle existe.

08 - Passer à l'actionPar où commencer lundi matin

Remettre de l'ordre dans ses acomptes ne demande ni avocat ni nouveau contrat type. Cinq gestes, réalisables dans la semaine, couvrent l'essentiel des risques décrits dans ce guide.

  1. Relisez vos conditions de paiement. Ouvrez votre dernier devis signé et vérifiez que le mot « acompte » y figure, avec un montant ou un pourcentage et sa date d'exigibilité. Corrigez votre modèle de devis et vos conditions générales de vente.
  2. Ajoutez la clause de déduction. Une phrase qui annonce la déduction au prorata de l'avancement, sur tous les devis qui donneront lieu à des situations.
  3. Calculez l'acompte de vos trois prochains devis avec la formule de la section 03, au lieu de reprendre le pourcentage habituel.
  4. Listez les devis signés hors de vos locaux et vérifiez qu'aucun encaissement n'a été demandé avant la fin du délai de sept jours. Adaptez votre processus de signature si c'est le cas.
  5. Contrôlez vos chantiers en cours. Pour chacun, rapprochez l'acompte encaissé, l'acompte déjà déduit et l'avancement réel. Un écart signale une situation mal établie, à corriger avant la suivante plutôt qu'au décompte final.

Sur les chantiers facturés en situations, le suivi de l'acompte restant à déduire est le calcul le plus souvent oublié quand il vit dans un tableur séparé. C'est précisément ce que la facturation InterFast prend en charge : l'acompte encaissé se libère au fil des factures et des factures de situation, au prorata de l'avancement, avec un montant que vous pouvez ajuster.

09 - Le vocabulaireGlossaire de l'acompte

TermeDéfinition
AcomptePartie du prix versée d'avance, qui engage fermement le client et l'entreprise. Elle s'impute sur le prix total.
ArrhesSomme versée d'avance qui laisse à chaque partie la faculté de se dédire : le client en la perdant, le professionnel en la restituant au double.
AvanceEn marché public, somme versée au titulaire avant exécution des prestations, remboursée ensuite par précompte sur les acomptes.
Acompte (marché public)Paiement partiel de prestations déjà exécutées, l'équivalent d'une situation de travaux en marché privé.
Facture d'acompteFacture émise lors de l'encaissement d'un acompte, qui porte la TVA exigible à cette date.
Situation de travauxFacture intermédiaire qui constate l'avancement cumulé du chantier et en réclame le paiement.
Avancement cumuléMontant des travaux exécutés depuis le début du chantier, rapporté au montant total du marché.
Déduction progressive (libération, résorption)Imputation de l'acompte sur les situations successives, au prorata de l'avancement, jusqu'à extinction à la facture de solde.
PrécompteRetenue opérée directement sur les sommes dues au titulaire d'un marché public pour rembourser l'avance.
Facture de soldeDernière facture du chantier, qui reprend le prix total et déduit l'ensemble des acomptes et situations déjà facturés.
Retenue de garantieFraction du prix, plafonnée à 5 %, conservée par le client jusqu'à la levée des réserves. Elle ne se confond pas avec l'acompte.
Contrat hors établissementContrat conclu avec un consommateur ailleurs que dans les locaux de l'entreprise, par exemple à son domicile.
Exigibilité de la TVADate à laquelle la TVA devient due au Trésor. Pour les travaux, c'est en principe l'encaissement.

10 - QuestionsL'acompte dans le bâtiment : les questions fréquentes

Quel pourcentage d'acompte demander pour des travaux ? +
Aucun texte ne fixe de pourcentage pour un devis de travaux, hors construction de maison individuelle et marché public. L'usage se situe entre 20 et 30 % du prix, et monte à 40 ou 50 % quand le matériel représente l'essentiel du chantier. La bonne méthode consiste à diviser les dépenses engagées avant votre prochain encaissement, surtout le matériel commandé, par le montant HT du devis.
Existe-t-il un montant maximum d'acompte pour des travaux chez un particulier ? +
Non. La loi ne fixe ni minimum ni maximum pour l'acompte d'un devis de travaux, ce qu'a rappelé une réponse ministérielle publiée le 9 décembre 2025. Deux régimes font exception : le contrat de construction de maison individuelle, où les paiements sont plafonnés à chaque stade, et le marché public. Face à un consommateur, une clause exigeant le paiement intégral d'avance risque en revanche d'être jugée abusive.
Quelle différence entre un acompte et des arrhes ? +
L'acompte est une partie du prix payée d'avance qui engage fermement les deux parties : le client ne peut pas renoncer sans risquer de devoir vous indemniser. Les arrhes laissent à chacun la faculté de se dédire, le client en les perdant, l'entreprise en restituant le double. Face à un particulier, une somme versée sans précision est présumée être des arrhes, sauf commande spéciale sur devis. Écrivez toujours « acompte » au devis.
Peut-on encaisser un acompte sur un devis signé chez le client ? +
Pas avant sept jours. Pour un contrat conclu avec un particulier hors des locaux de l'entreprise, l'article L221-10 du code de la consommation interdit de recevoir tout paiement ou contrepartie avant l'expiration d'un délai de sept jours après la signature. L'infraction est punie de deux ans d'emprisonnement et de 150 000 euros d'amende. Seuls les travaux d'entretien ou de réparation urgents, expressément demandés par le client, échappent à cette règle.
Faut-il faire une facture d'acompte ? +
Avec un client professionnel, oui : l'article 289 du code général des impôts impose une facture pour les acomptes perçus avant l'exécution de l'opération. Avec un particulier, une note est obligatoire pour les travaux immobiliers, au plus tard au paiement du solde. En pratique, émettez une facture d'acompte dans tous les cas : elle justifie la TVA déclarée à l'encaissement et sera rappelée sur les factures suivantes.
Quand la TVA sur un acompte de travaux est-elle due ? +
À l'encaissement. Les travaux immobiliers sont des prestations de services, pour lesquelles la TVA devient exigible lors de l'encaissement des acomptes et du prix, sauf option pour les débits. Un acompte de 18 000 euros HT encaissé en septembre, à 20 %, génère 3 600 euros de TVA à déclarer au titre de septembre, même si le chantier ne démarre qu'en novembre.
Comment déduire l'acompte sur une facture de situation ? +
La méthode la plus équilibrée déduit l'acompte au prorata de l'avancement cumulé : acompte déduit sur la situation = acompte × avancement cumulé − acompte déjà déduit. Sur un marché de 60 000 euros HT avec 18 000 euros d'acompte, une première situation à 25 % déduit 4 500 euros et facture 10 500 euros net. L'acompte est entièrement imputé à la facture de solde, et chaque situation reste positive.
Qu'est-ce que la libération progressive de l'acompte ? +
C'est l'imputation de l'acompte sur les factures de situation au rythme de l'avancement du chantier, plutôt qu'en une seule fois. On parle aussi de déduction, de résorption ou d'imputation progressive, et de précompte en marché public. À 25 % d'avancement, 25 % de l'acompte a été déduit, et la totalité à la fin du chantier. L'entreprise garde une avance de trésorerie décroissante, et le client n'a jamais payé beaucoup plus que ce qui a été exécuté.
Faut-il déduire tout l'acompte sur la première situation ? +
Ce n'est pas obligatoire, et rarement judicieux. Déduire tout l'acompte d'un coup vide la première situation, parfois jusqu'à la rendre négative, et fait disparaître votre avance de trésorerie dès le deuxième mois. À l'inverse, tout reporter sur le solde peut produire une dernière facture négative. Le mode de déduction se fixe au devis : une clause de déduction au prorata de l'avancement évite les deux écueils.
Le client peut-il récupérer son acompte s'il annule les travaux ? +
Cela dépend. Pendant le délai de rétractation de quatorze jours d'un contrat conclu à distance ou hors établissement, il récupère tout. Si la somme est qualifiée d'arrhes, il peut renoncer en les perdant. Si c'est un acompte, le contrat l'engage : il ne peut pas l'annuler seul, et l'entreprise peut demander réparation de son préjudice réel, sur laquelle l'acompte s'impute. Les conditions générales peuvent fixer cette indemnité à l'avance.
Quelle différence entre avance et acompte dans un marché public ? +
Dans un marché public, l'avance est versée avant l'exécution. Elle est obligatoire quand le marché dépasse 50 000 euros HT et deux mois, à un taux de 5 à 30 % du montant TTC, porté à 30 % au minimum quand l'État contracte avec une PME. L'acompte, lui, paie des prestations déjà exécutées : c'est l'équivalent d'une situation de travaux. L'avance est remboursée par précompte sur ces acomptes.
Peut-on refuser de démarrer un chantier si l'acompte n'est pas payé ? +
Oui, si le devis prévoit l'acompte avant le démarrage. Le code civil permet à une partie de suspendre sa propre obligation lorsque l'autre n'exécute pas la sienne et que ce manquement est suffisamment grave : c'est l'exception d'inexécution, prévue à l'article 1219. Pour éviter toute discussion, écrivez au devis que la commande du matériel et le démarrage des travaux sont conditionnés à l'encaissement de l'acompte.
Que devient l'acompte si l'entreprise fait faillite ? +
Si l'entreprise est placée en redressement ou en liquidation judiciaire avant d'avoir réalisé les travaux, le client devient un créancier ordinaire, dit chirographaire. Il doit déclarer sa créance au mandataire ou au liquidateur dans les deux mois suivant la publication du jugement au BODACC, et il n'est remboursé que s'il reste des fonds après les créanciers prioritaires. C'est un argument de plus pour un acompte proportionné aux dépenses réelles.

Sources

  1. Code de la consommation, articles L214-1 à L214-3 (arrhes et acomptes, exception des commandes spéciales sur devis), en vigueur depuis le 1er juillet 2016 - legifrance.gouv.fr
  2. Code de la consommation, article L214-3 - legifrance.gouv.fr
  3. Code civil, article 1590 (arrhes) - legifrance.gouv.fr
  4. Code de la consommation, article L221-10 (interdiction de paiement pendant sept jours pour les contrats hors établissement) - legifrance.gouv.fr
  5. Code de la consommation, article L242-7 (sanction pénale), version en vigueur depuis le 23 février 2017 - legifrance.gouv.fr
  6. Code de la consommation, articles L221-18 à L221-28 (droit de rétractation des contrats conclus à distance et hors établissement) - legifrance.gouv.fr
  7. Code de la construction et de l'habitation, article R231-7 (échelonnement des paiements du contrat de construction de maison individuelle) - legifrance.gouv.fr
  8. Code de la construction et de l'habitation, article L231-4 (dépôt de garantie) - legifrance.gouv.fr
  9. Code de la commande publique, articles R2191-3 à R2191-10 (avances), dont R2191-7 en vigueur depuis le 1er janvier 2025 - legifrance.gouv.fr
  10. Code de la commande publique, article R2191-11 (remboursement de l'avance), version en vigueur depuis le 1er janvier 2026 - legifrance.gouv.fr
  11. Code général des impôts, article 269 (exigibilité de la TVA) - legifrance.gouv.fr
  12. BOI-TVA-BASE-20-20, exigibilité de la TVA pour les prestations de services et les travaux immobiliers - bofip.impots.gouv.fr
  13. Code général des impôts, article 289 (obligation de facturation) - legifrance.gouv.fr
  14. BOI-TVA-DECLA-30-20-20-20, mentions des factures d'acompte - bofip.impots.gouv.fr
  15. Code général des impôts, article 290 quinquies (note pour les travaux immobiliers au profit des particuliers) - legifrance.gouv.fr
  16. DGFiP, guide pratique de la facturation électronique, juillet 2026 - impots.gouv.fr
  17. Service-public, « Acompte, avance, arrhes et avoir : quelles différences ? » - service-public.gouv.fr
  18. Assemblée nationale, question écrite n° 7506 et réponse ministérielle publiée au Journal officiel du 9 décembre 2025 « Acompte de 30 % pour la réalisation de travaux », ministère chargé du commerce, de l'artisanat et des PME - questions.assemblee-nationale.fr
  19. Fédération française du bâtiment, « Démarrage du chantier : demandez un acompte ou une avance ! », 4 octobre 2021 - ffbatiment.fr
  20. Code civil, articles 1103, 1217, 1219 et 1231-5 (force obligatoire, inexécution, clause pénale) - legifrance.gouv.fr
  21. Code de commerce, articles L622-24 et R622-24 (déclaration des créances) - legifrance.gouv.fr et entreprendre.service-public.gouv.fr
  22. Loi n° 71-584 du 16 juillet 1971, article 1 (retenue de garantie) - legifrance.gouv.fr

État du droit au 16 septembre 2026. Ce guide présente les règles générales applicables à l'acompte dans le bâtiment ; il ne remplace pas l'avis d'un avocat ou d'un expert-comptable sur un contrat ou un litige particulier.

À propos de l'auteur

Hedi Marinier, fondateur d'InterFast

J'ai commencé ma carrière en dirigeant une entreprise de climatisation. Aujourd'hui, j'aide les artisans et les PME du bâtiment à mieux vivre leur entreprise en fournissant une solution web et mobile qui leur permet de gérer facilement leur entreprise.

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