01 - Le résuméCe que raconte Gonzague Hlyn
Gonzague Hlyn, 39 ans, est chauffagiste et plombier. Il dirige Therm Hydro Tech, une entreprise installée à une vingtaine de minutes de Lille, qui compte quatre personnes : lui, son associé et deux salariés. Il a grandi dans le même secteur et a eu le déclic du métier en voyant, adolescent, un plombier allumer son chalumeau dans la cave de ses parents.
Après le brevet des collèges, il entre à 16 ans chez les Compagnons du Devoir, en internat : deux ans d'apprentissage près de Lille, puis un Tour de France qui le mène à Rodez, Strasbourg, Rouen, en Allemagne et pendant un an en Espagne. Chaque année, il change d'entreprise et de domaine (plomberie, chauffage domestique, tertiaire), avec des cours du soir tous les jours et des ateliers le samedi. Il est reçu compagnon avec un chef-d'œuvre composé de deux lustres en inox, cuivre et acier.
En 2009, à 23 ans, il crée Therm Hydro Tech avec son beau-père, ancien commercial dans le stockage qui voulait se lancer dans le photovoltaïque. L'entreprise démarre dans le garage de ses parents. Le premier chantier est le remplacement de la chaudière de son grand-père, qui l'a initié au travail manuel. Aujourd'hui, l'entreprise dispose d'un hangar de 250 m² et de 100 m² de bureaux. Les premières années, les salaires sont très faibles.
Sa ligne de conduite est la satisfaction client. Ses chantiers lui viennent uniquement du bouche-à-oreille, et il ne publie aucune annonce pour trouver du travail. Il assume des chantiers plus longs que ceux de ses concurrents : trois à quatre jours pour une pompe à chaleur, là où un autre artisan, 2 500 euros moins cher, promettait une journée. La marge est parfois moins bonne, mais ce temps passé lui tient lieu de publicité.
Enfile ton bleu est né d'un compte Instagram créé pour montrer les installations aux clients. Les questions techniques d'autres professionnels l'ont amené à faire des stories, puis à filmer ses chantiers, autour du Covid. Le nom a été trouvé par sa sœur. La communauté compte environ 140 000 abonnés sur TikTok et 24 000 sur Instagram, avec une chaîne YouTube. Elle l'a poussé à participer au concours des Meilleurs Artisans de France, où il a terminé deuxième.
Gonzague reconnaît son besoin de tout maîtriser et sa difficulté à manager. Il a pris un coach pour apprendre à faire confiance à ses salariés et à accepter l'erreur. Ses objectifs sur 12 à 24 mois : formaliser des process pour que l'entreprise tourne sans lui, et créer pour Enfile ton bleu des contenus de formation qui repartent des bases, comme le réglage d'un circulateur ou le choix d'un diamètre de tuyau.
02 - À retenirCe qu'un dirigeant peut en tirer
- La qualité peut remplacer le budget publicitaire Gonzague considère le temps supplémentaire passé sur un chantier comme un investissement commercial : ses clients le recommandent, et il ne cherche jamais de travail. Encore faut-il vendre le chantier à un prix qui couvre ce temps et paie correctement les salariés.
- Trouver les clients qui paient pour votre façon de travailler Le plus difficile pour un artisan exigeant est de cibler une clientèle qui accepte de payer le temps passé. Gonzague assume de ne pas être le moins cher, et son carnet de commandes lui donne le privilège de pouvoir dire non.
- Vouloir tout maîtriser empêche de grandir Quand tout repose sur le dirigeant, il n'ose pas embaucher et reste prisonnier de son entreprise. Accepter qu'un salarié fasse des erreurs, comme vous en avez fait vous-même en apprenant, est la condition pour déléguer.
- Se faire accompagner pour changer durablement Seul, on corrige ses travers pendant une ou deux semaines avant de reprendre ses habitudes. Gonzague a pris un coach pour travailler sur sa peur de déléguer, un travail qu'il juge plus psychologique que technique.
- Écrire des process pour pouvoir déléguer Son prochain objectif est qu'une nouvelle recrue dispose d'un guide, comme une notice, pour que le travail soit fait comme il le souhaite. Les process rendent la délégation possible sans renoncer au niveau d'exigence.
- Les réseaux sociaux rompent l'isolement de l'artisan Enfile ton bleu a d'abord été un moyen de répondre une seule fois aux questions techniques récurrentes. Il lui a surtout montré qu'il n'était pas le seul à vouloir bien faire et lui a redonné de l'énergie au moment où il s'essoufflait.
- Une absence ne fait pas couler l'entreprise Podcasts, salons de trois jours, trois semaines de fermeture en août : chaque absence lui a prouvé que l'entreprise continuait de tourner. C'est un bon test pour tout dirigeant qui pense être indispensable.
03 - Les phrases fortesIls l'ont dit au micro
En toute franchise, ma seule force de travail, aujourd'hui, c'est la satisfaction client. J'ai ce besoin que le client soit content.
Je sais que derrière, ça va faire ma publicité toute seule. Moi, je ne cherche pas de travail. À aucun moment, je vais mettre des annonces pour chercher du travail.
À un moment donné, à vouloir tout maîtriser, tu ne laisses pas la place aux autres. C'est-à-dire qu'en fait, tout repose sur toi.
04 - Les chapitresAller directement au passage qui vous intéresse
- 0:00 Teaser
- 0:44 Introduction et contexte
- 1:30 Parcours et débuts chez les Compagnons
- 3:20 Focus, internat et discipline
- 4:28 Tour de France, remise en question et progression
- 6:50 Lancement de la boîte à 23 ans
- 11:24 Satisfaction client et perfectionnisme
- 16:40 Trouver les premiers chantiers et se faire un nom
- 19:33 Délégation, confiance et peur de l’erreur
- 30:10 Enfile Ton Bleu et l’impact des réseaux
- 39:05 Structuration, process et objectifs futurs
- 55:03 Conclusion de l’épisode
05 - L'invitéQui est Gonzague Hlyn ?
Gonzague Hlyn
Dirigeant de Therm Hydro Tech, créateur d’Enfile ton bleuEntreprise de chauffage, climatisation et plomberie créée en 2009, basée à Pont-à-Marcq (Nord), qui intervient sur la métropole lilloise et la Pévèle ; quatre personnes selon l'épisode.
Chaîne de contenus dédiée aux professionnels : tutos de plomberie et de chauffage tournés sur ses chantiers, présentation d'outillage et coaching chantier.
Votre parcours mérite d'être raconté
BatiLégende reçoit des dirigeants du bâtiment au parcours singulier. Tournage en studio ou chez vous, gratuit, diffusé sur YouTube et les plateformes de podcast.
Proposer un dirigeant Tous les épisodes06 - FAQQuestions fréquentes sur l'épisode
Qui est Gonzague Hlyn ?
Qu'est-ce que Enfile ton bleu ?
Comment Gonzague Hlyn trouve-t-il ses chantiers ?
Pourquoi les artisans perfectionnistes ont-ils du mal à déléguer ?
07 - TranscriptionLa transcription intégrale de l'épisode
Transcription automatique de la vidéo, découpée par chapitre. Les noms des intervenants et des entreprises ont été relus ; le reste peut comporter des erreurs de reconnaissance. Cliquez sur un horodatage pour lancer la vidéo à ce moment.
0:00 Teaser
0:00 Quand t'es patron, t'as la liberté de décider de tout, mais t'es aussi emprisonné dans ton entreprise. C'est en train de s'améliorer parce que je prends aussi sur moi. Les gars sont tout aussi capables que moi de le faire. C'est juste d'essayer de leur donner confiance. Comment tu trouves tes premiers chantiers ? Comme tout artisan qui démarre de rien, ça n'a pas été les grandes années au tout début. On avait des tout petits salaires. L'opportunité qu'offrent les compagnons du devoir, c'est de pouvoir apprendre son métier dans différentes régions et dans différentes entreprises. Je me suis dit que je vais créer un compte Instagram et tous les chantiers qu'on va faire, on va les photographier.
0:33 Comme ça, on dira aux clients, allez voir sur Instagram. Il y a des installs de Pompache-Chaleur, de Chaudière, de Salle de bain, etc. Comment est-ce qu'on fait grossir une communauté ? Déjà, la base de base, c'est de...
0:44 Introduction et contexte
0:48 Salut Gonzague, j'espère que tu vas bien. Merci de me faire l'honneur de participer à ce nouvel épisode de Bâti Légende. C'est un podcast où je pars à la rencontre d'entrepreneurs au parcours inspirant. Je vais te poser plein de questions que je répète à chaque fois, mais on n'a pas préparé l'interview. Tu ne sais pas les questions que je vais te poser. Ça va aller. Moi, je suis une pipelette, donc ça va aller. Pas trop stressé ? Non, ça va. C'est cool. C'est une première pour moi, mais c'est sympa. On est bien. Gonzague, on se connaît. Tu es chauffagiste. Tu vas te présenter rapidement. Là, on est dans un studio à Lille, dans ton fief. J'allais dire dans ton quartier.
1:29 C'est ça.
1:30 Parcours et débuts chez les Compagnons
1:31 Tu peux te présenter rapidement ? Mon prénom, c'est Gonzague. J'ai une entreprise pas loin d'ici, à une vingtaine de minutes de Lille. On est quatre au total. J'ai un associé, deux salariés. Pour parler assez rapidement de mon parcours, j'ai fait deux ans d'apprentissage du côté de Lille, chez Compagnons du Doir. Attends, excuse-moi. Je te coupe, Gonzague. On va y venir à ton parcours. Je vais même aller te tirer les verres du nez. Tu as quel âge ? J'ai 39. Bientôt 40. Je suis un peu verrouillé. J'ai besoin qu'on parte du début. Tu as grandi où ? J'ai grandi. Je suis né du côté de Jean-Lin, mais j'ai grandi à peu près dans le même secteur où je suis aujourd'hui, dans une vingtaine de minutes de Lille.
2:21 Ok, ça marche. Tu as grandi ici. Là, tu as 39, tu m'as dit ? 39 ans. Tu as démarré ta vie professionnelle directement dans le chauffage et la plomberie ? Oui, j'ai vraiment démarré après le brevet des collèges, à 16 ans. Je suis parti chez Compagnons du Doir. Depuis, je n'ai jamais quitté le métier. Ok. Tu es un natif du chauffage et de la plomberie. Compagnons du Doir, pour moi, c'est le parcours vraiment excellence. Oui, j'avais une volonté. Ce que m'apportaient beaucoup les compagnons, c'est vraiment de la vie en communauté et surtout d'être focus. Moi, j'avais besoin d'être focus. J'étais assez dispersé. Je ne savais pas trop où je voulais aller.
3:05 Et là, en fait, le fait d'être... Moi, c'était une volonté. Je me suis mis interne tout de suite chez Compagnons. Donc, j'étais en internat. Et l'avantage de l'internat, c'est que ça m'a vraiment permis d'être focus sur vraiment ma formation. Vraiment d'apprendre mon métier à 100%.
3:20 Focus, internat et discipline
3:21 C'est-à-dire que chez les compagnons, le principe, c'est vraiment de se former la journée en entreprise. Donc, vraiment, le but de la formation chez les compagnons, c'est de se former en entreprise. Et après, en fait, tu as des cours du soir. Donc, de 20h à 22h, tu as des cours du soir tous les jours, tous les jours de la semaine. Et le samedi, c'était perfectionnement. C'est-à-dire atelier où on faisait des pièces. On était corrigés. On voyait avec les plus anciens les défauts, les problèmes à corriger pour vraiment évoluer. Et vraiment avoir un parcours de formation. Donc, l'avantage des compagnons, c'est que moi, j'avais besoin d'une structure où je sois vraiment focus.
3:58 Et c'est ce que ça m'a apporté, en fait. Alors, moi, je sais ce que c'est que les compagnons. Et d'ailleurs, je voulais y rentrer, mais j'étais un peu trop vieux à l'époque. Mais j'ai toujours eu cette quête d'excellence dans ce que je faisais. Est-ce que tu peux dire en quelques mots à quoi correspondent les compagnons du devoir pour ceux qui ne connaissent pas du tout ? De mon point de vue, c'était presque un peu une secte. C'est vraiment des compagnons qui se forment entre eux. C'est comme un club de sport, en fait. C'est vraiment le même principe.
4:28 Tour de France, remise en question et progression
4:28 Le but des compagnons, alors l'avantage des compagnons, ce qu'apportent les compagnons, c'est le Tour de France. C'est-à-dire que l'opportunité qu'offrent les compagnons du devoir, c'est de pouvoir apprendre son métier dans différentes régions et dans différentes entreprises. Ce qui fait que derrière, en fait, ça t'apporte une expérience qui est incomparable. Puisque si tu restes dans une société où tu fais toujours la même chose et quand on sait que tu es bon dans ce domaine-là, on va te laisser dans ce domaine-là. Et tu vas vraiment progresser, mais que dans ce domaine-là. L'avantage avec les compagnons, c'est que le principe, c'est que tu as deux ans de formation en tant qu'apprenti où tu restes à peu près dans le même secteur.
5:04 Et après, chaque année, tu changes d'entreprise. Pendant combien de temps ? Moi, j'ai fait ça pendant sept ans. Et tu peux le faire autant que tu veux ? Non, non, non. Il y a vraiment des limites. À un moment donné, allez, entre sept et neuf max. Il y a des petites exceptions. Un doctorat en chômage. Non, mais la grosse force, c'est ça. C'est qu'en fait, déjà, tu as une grosse remise en question chaque année. Parce qu'en fait, tu repars de zéro. Il faut que tu refasses tes preuves. Tu es bien souvent mis avec une personne et pas forcément dans le secteur que tu faisais avant. Comment ça ? C'est-à-dire, moi, par exemple, je pouvais faire une entreprise où je faisais plus de plomberie.
5:40 Et puis, l'année suivante, je me retrouvais dans une entreprise où je faisais du chauffage, mais plus chez le domestique, dans la partie domestique. Et puis, derrière, je pouvais me retrouver dans une société où je faisais du tertiaire. Donc, en fait, c'est un univers qui est totalement différent à chaque fois. Donc, déjà, tu as une remise en question et en plus de ça, tu côtoies. C'est un peu comme la formation. Si tu faisais une formation et que tu changeais de formateur un peu toutes les semaines. Chaque formateur a sa petite particularité de formation, ses petites techniques, ses petites astuces. Tu as aussi la débrouille où quand tu te retrouves dans une boîte où ils se disent « tes compagnons, que ça fasse deux ans ou cinq ans que tu fais ça pour eux, tes compagnons.
6:12 Donc, tu es bon. Donc, on te confie beaucoup plus de responsabilités. Et des fois, le fait d'être confronté à des problèmes où tu dois les trouver tout seul, ça te fait aussi énormément progresser. Donc, moi, vraiment, le gros avantage chez les compagnons, ça a été ça. Mais le principe des compagnons, c'est vraiment le voyage et d'apprendre son métier au travers du voyage. Tu es une sorte de spartiate de la plomberie chauffage. En fait, il y en a beaucoup qui me disent que je sors un peu du lot, mais je me suis juste donné les moyens. Je ne suis pas plus fort qu'un autre. Je me suis, par cette opportunité-là, le fait d'être chez les compagnons, ça m'a donné une force.
6:50 Lancement de la boîte à 23 ans
6:51 Et cette force, elle est tout simplement que c'est que pendant sept ans, j'ai été focus sur mon métier. Donc là, pendant sept ans, tu as fait le Tour de France ? Oui. Tu vas vraiment loin ? J'ai fait un peu l'étranger. J'ai fait Rodez, j'ai fait Strasbourg. Je suis parti en Espagne pendant un an. J'ai fait l'Allemagne. J'ai fait Rouen. Donc, ce n'est même pas que le Tour de France. La Rochelle. Non. En fait, on a la possibilité de partir au moins une fois à l'étranger. Et c'est une volonté des compagnons. Encore plus aujourd'hui, c'est de « forcer » parce que tu n'es jamais forcé à quoi que ce soit. Mais on t'oblige en fait à avoir une expérience à l'étranger pour vraiment avoir une ouverture d'esprit et de voir complètement autre chose de ton métier.
7:34 Parce que chaque pays a des façons de travailler qui sont totalement différentes des nôtres. Donc moi, ça m'a apporté énormément. Même si au final, quand je suis parti en Espagne, je n'ai pas réellement approfondi mon expérience professionnelle en Espagne. Mais pour autant, ça m'a appris plein de choses pour ma vie future. Donc ça, c'était pas mal. Et les compagnons chez qui tu allais, c'était des Français ou c'était des Espagnols ou des Allemands ? Alors, tu as des pays où tu as pas mal de compagnons qui sont en place, qui te reçoivent, qui t'aident à trouver un logement. Donc ça, c'est quand même une facilité. C'est forcément comme on a des compagnons qui ont été obligés d'aller un peu à l'étranger, en fait, au final, ils se sont retrouvés à vivre là-bas.
8:15 Et l'avantage, c'est que derrière, on a une structure qui permet dans pas mal de pays de déjà accompagner les jeunes. Mais le but, c'est plus d'être en immersion. Donc c'est pas de se retrouver à travailler avec des Français. Le but, c'est plus d'avoir un accompagnement parce que tu pourrais avoir 20 ans. Tu pars à l'étranger avec ton sac à dos. Donc le fait, même pour les parents, d'avoir quelqu'un sur place qui dit, « Nous, on va s'en occuper, on va le démarrer. » Et après, tu fais ton bout de chemin. Et pour les boîtes qui accueillent des compagnons, je crois que c'est des anciens compagnons aussi, en général ? Non, pas forcément. Ça peut arriver.
8:51 Ça peut arriver parce que de plus en plus, il y a des compagnons qui sont à l'étranger. Mais moi, je suis allé trouver ma boîte tout seul. Mais pas forcément à l'étranger. Mais en France, c'est pas forcément des compagnons du devoir qui reçoivent des compagnons. Il y en a. On est quand même pas mal sur la France. Mais le but aussi, c'est de sortir un petit peu de cet univers-là aussi. En tout cas, moi, c'est ce que je cherchais toujours. Déjà, tu vis compagnon une grosse partie de l'année avec tes cours du soir, tes formations le week-end, etc. Donc, c'est bien aussi d'avoir une entreprise à côté qui, elle, prend des compagnons tous les ans. Donc, elle sait un peu comment ça fonctionne.
9:30 Mais tu te sors un petit peu du système compagnon au moins la journée. Parce qu'entre compagnons, ça reste toujours du compagnonnage. Donc, c'est bien de se sortir un petit peu de ça. Je te pose beaucoup de questions parce que moi, vraiment, ça m'intéresse. C'est une bonne formation. Ce n'est pas fait pour tout le monde. Oui. Parce que c'est une vie en communauté. C'est un engagement quand même personnel assez important. C'est hyper intense, non ? Tu disais que tu fais les cours du soir le samedi. Oui, c'est ça. Moi, par exemple, typiquement, quand j'ai fini les compagnons, quand je suis rentré chez moi, je suis parti à l'âge de 16 ans. Donc, tu as des potes du collège, quoi.
10:07 Et tu pars pendant 7 ans. Je revenais une ou deux fois par an chez moi. Mais c'était une semaine. Donc, en une semaine, tu as le temps de rien faire. Tu profites de ta famille. Tu dors. C'est ça. Et en fait, au bout des 7 ans, tu rentres. Et en fait, tu te rends compte qu'autour de toi, il n'y a plus grand-chose. C'est qu'en fait, tu es parti à 16 ans. Tu n'as pas fondé les liens que tu pourrais avoir quand tu es en fac ou au lycée, etc. Et donc, moi, je suis un peu reparti de zéro, même quand je suis rentré. Sur ta vie personnelle. Parce que je ne connais ces personnes. Et bon, voilà, ça se fait. Mais c'est là que tu te rends compte que quand je dis que c'est un investissement, ça en fait partie.
10:45 C'est que je me suis focalisé sur mon métier. Ça m'a passionné dès le départ. On le fait parce qu'on est passionné. On ne le fait pas. Tu ne tiens pas 7 ans si tu es forcé à faire ça. Ça, c'est sûr. Mais j'ai perdu d'un côté et aujourd'hui, je l'ai retrouvé. Mais par contre, j'ai gagné en sécurité dans le travail. J'ai toujours su gérer et gérer les problèmes sur lesquels j'étais confronté sur des chantiers. Et je pense que si je n'avais pas fait ça, j'aurais eu beaucoup plus de mal à ouvrir ma boîte à 23 ans. On va en parler. Donc là, tu es rentré 16 ans jusqu'à quel âge ? Jusqu'à 23. Tu es sorti des compagnons du Tour de France et tu as créé ta boîte.
11:24 Satisfaction client et perfectionnisme
11:26 Tout à fait. Incroyable. C'était une volonté dès le départ. Je voulais faire comme mon grand-père qui a ouvert sa société. Il faisait quoi ton grand-père ? Il y avait une entreprise de menu de réagencement qui est une grosse société aujourd'hui, qui est assez impressionnante. Et lui, il est parti de zéro. Il s'appelle La Père ? Non. Non, je plaisante. Non, non. Non, mais mon grand-père, il m'a toujours un peu pris sous son aile pour me faire travailler. Je faisais des terrasses avec lui. On avait une maison de vacances. À chaque fois qu'on y allait, on bricolait. Et j'ai toujours aimé ça. C'était vraiment le domaine dans lequel j'étais focus. Et j'aimais bien faire ça.
12:05 Et je pouvais bosser des heures avec lui. Et je me suis toujours dit un jour, je serais patron, même si tu ne sais jamais à quoi t'attendre quand tu es patron. Mais c'était une volonté. C'est cool. Et patron dans l'artisanat, tu le savais. Je prends mon exemple. À 16 ans, si je ferme les yeux et que je me réimagine à 16 ans, je peux te dire que je ne savais absolument pas ce que je voulais faire. Moi, au collège, milieu de troisième, je ne savais toujours pas ce que j'allais faire. Et un jour, mes parents ont fait des travaux chez eux. Le métier manuel me plaisait. Mais je ne m'étais pas dit que j'en ferais mon métier. Et puis, un jour, il y a un plombier qui est venu chez moi, chez mes parents, pour faire deux ou trois bricoles.
12:49 Et je suis arrivé dans la cave. Je me rappellerai toujours de cette image. Je suis arrivé dans la cave et je l'ai vu, le plombier, allumer son chalumeau. Et dès qu'il a allumé son chalumeau, je me suis dit, c'est trop stylé. Il t'a fourni l'étincelle. J'ai parlé peut-être cinq minutes avec lui. Mais c'est ce qui m'a donné la flamme de me dire, ouais, en fait, ça, j'aime bien. Le feu, tu soudes des tuyaux. Même si je ne savais pas forcément ce que ça voulait dire, souder des tuyaux. Parce que je ne savais pas du tout comment on faisait. Et c'est de là que c'est parti. Et après, j'ai dit à ma maman, ouais, moi, j'ai envie de faire plombier. Puis voilà, c'est resté comme ça.
13:24 Et ils ont dit quoi, tes parents ? Mes parents, ils ont... Ouais, parce qu'ils sentaient que j'allais un peu à droite, à gauche. Alors, je n'étais pas un perturbateur dans le sens que je ne faisais rien à l'école. J'essayais de faire ce que je pouvais. Mais je n'arrivais pas à rester concentré. OK. C'est-à-dire que je regardais plus les oiseaux voler que vraiment être focus sur le cours et être assis. Je pense que certains savent de quoi je parle. Ça arrive à certains. Il y en a qui arrivent à faire du bureau pendant 8 heures et être focus pendant 8 heures. Moi, j'en suis incapable. Et pour autant, sur le chantier, je peux être focus 12 heures sans aucun problème.
14:01 Parce que je sais où je vais, je bouge, je visualise ce que je vais faire. Et à l'inverse, sur un bureau, je suis un peu, des fois, perdu. Assez vite. Et voilà, mes parents, quand je leur en ai parlé, ils m'ont dit, ben ouais, on a fait les journées portes ouvertes chez les compagnons du devoir. Là, j'ai vu plein d'autres métiers. Je suis resté focus sur ce métier et j'en suis jamais sorti, au final. On se connaît un petit peu. Je sais que tu es un gros travailleur et que tes journées sont longues et que tes semaines sont longues aussi. Est-ce que cette force de travail, elle te vient de l'époque des compagnons ? Parce que tu travaillais le soir, parce que tu travaillais le week-end ?
14:39 En toute franchise, ma seule force de travail, aujourd'hui, c'est la satisfaction client. J'ai ce besoin que le client soit content. C'est ce qui fait qu'aujourd'hui, je peux me défoncer sur un chantier, que je pourrais peut-être même faire des choses un peu en plus sur le chantier parce que je sais que ça ne va pas et que si je ne le fais pas, le client va être embêté. Alors, ça peut être une force comme un inconvénient. Parce que tu travailles beaucoup ? Oui, c'est surtout que j'ai toujours cette volonté de... Rien que le fait que le client me dise « Waouh, ce que vous avez fait, c'est au-delà de ce que je m'attendais » et qu'il soit content et que j'ai, par exemple, un avis Google ou juste un remerciement, c'est la seule chose aujourd'hui.
15:28 Est-ce que tu n'essayerais pas à dépatter le client ? J'essaye. J'astique les tuyaux. Ça paraît peut-être qu'il y en a, ils vont se dire « Mais il est complètement cinglé ». Mais en toute franchise, ma force, c'est ça. C'est que je vais faire le plus qui fait que j'aurai juste ce cadeau-là, que le client rentre dans la pièce et qu'il fasse... Franchement, c'est super beau ce que vous avez fait. Oui. Mais donc, du coup, est-ce qu'on peut dire que tu es perfectionniste ? Je suis perfectionné, même un peu trop. Mes salariés, voilà, aujourd'hui, mes salariés disent « On a fait ça parce qu'on savait que si on ne l'avait pas fait, tu aurais pété un plomb. » Parce que j'ai cette volonté de...
16:12 Voilà, le client, il paye pour un service et je veux qu'il soit rendu même plus que pour ce qu'ils ont payé, en fait. Moi, aujourd'hui, c'est vraiment... Il y en a qui me disent « Comment tu fais pour avoir des chantiers ? » En fait, moi, ma pub, elle n'est ni sur Internet. Alors, j'ai les réseaux sociaux, j'ai ma communauté, ça m'apporte, oui, des chantiers et ça rassure certains clients. Mais même avant ça que j'ai cette chaîne, ce qui faisait ma pub, c'était juste mes chantiers.
16:40 Trouver les premiers chantiers et se faire un nom
16:44 C'était vraiment, voilà, le travail... Donc, le bouche-à-oreille des clients qui... Moi, le client qui dit à sa famille ou à son pote « Tu peux appeler Gonzague, les yeux fermés, il va s'occuper de ton problème et il va te faire une install nickel. » Alors, oui, il ne sera pas forcément le moins cher. Mais pour autant, voilà. Nous, c'est vraiment la politique d'entreprise, c'est ça. C'est la satisfaction client. Je te pose la question maintenant. Alors, elle aurait peut-être pu venir plus tard. Mais est-ce que le fait d'être trop perfectionniste ne grignote pas ta marge chantier parce que tu vas passer beaucoup plus de temps sur un chantier ? Comment tu gères ça ?
17:22 Je le gère en le sens où je me dis qu'à la place de faire de la pub, en fait, cette différence de tarif que je pourrais avoir au moins margé sur un chantier me permet de ne pas l'investir ailleurs. C'est-à-dire que le temps que tu vas passer à vraiment, entre guillemets, à faire un travail excellent sur ton chantier ? Alors, attention, le chantier, il est quand même, il est bien vendu pour que j'en vive et que je puisse correctement payer mes salariés et que je sorte une marge. Mais c'est sûr que la marge aujourd'hui, là, typiquement, hier, j'étais sur un chantier. La pompe à chaleur qu'on est en train de faire, on va mettre toujours à peu près le même temps entre trois et quatre jours.
18:02 Et la cliente m'a dit, hier, elle m'a dit, nous, on avait eu un autre devis et l'artisan m'a dit, ce sera fait en une journée. Donc, à partir de là, tu sais que... Alors, il était 2500 euros moins cher. Mais 2500 euros, ça ne te paye pas trois jours en plus à travailler. Mais pour autant, on ne fait pas du tout le même travail, en fait. Moi, ce qui va vraiment faire le fait que je puisse passer du temps, c'est que je sais que derrière, ça va faire ma publicité toute seule. Moi, je ne cherche pas de travail. À aucun moment, je vais mettre des annonces pour chercher du travail. C'est royal, ça ? C'est royal. Après, c'est sûr que la perfection, des fois, elle va prendre un peu plus de temps.
18:49 Et oui, la marge sera moins bonne. Mais si je fais abstraction de ça, je n'ai plus la satisfaction client. Et donc, si je n'ai pas la satisfaction client, moi, ça ne va pas, en fait. Donc, c'est pour ça que c'est un compromis. Ça s'appelle un compromis. On va y venir, Gonzague. Ok, top. Donc, 23 ans, tu quittes les Compagnons du Devoir, tu crées ta boîte directe. Tu la crées directe. Là, tu parlais tout à l'heure d'un associé. Alors, j'ai mon associé qui est plus âgé que moi. En fait, moi, quand j'étais chez les Compagnons, j'étais à Strasbourg à l'époque. Sur ta dernière année ? Oui. Alors, ce n'était pas forcément ma dernière année. Je devais normalement partir en Australie, faire une année en plus.
19:33 Délégation, confiance et peur de l’erreur
19:33 Et puis, un jour, il m'a dit qu'il était commercial. Donc, il tournait un peu sur toute la France. Et il m'a dit, écoute, je ne suis pas loin de Strasbourg. Je vais venir te voir. On va manger ensemble au resto. Donc, pour que les gens soient au courant, c'est le mari de ma maman. C'est mon beau-père. Donc, il est venu me voir. Il m'a dit, écoute, on profite. On mange au resto. Donc, ça arrivait de temps en temps qu'il passe me voir. Et puis, il me dit, écoute, c'était vraiment la conjoncture. Il était un peu compliqué à cette époque-là. Et c'était le dernier arrivé dans l'entreprise. Et son patron lui a dit, écoute, l'entreprise, elle ne va pas forcément très bien.
20:06 On va devoir se séparer de quelqu'un. Et comme tu es le dernier arrivé, forcément, c'est toi qui vas devoir partir. Et donc, on en parle. Il m'a dit, alors, ça ne va pas se faire tout de suite. Ça s'est fait correctement. Ça ne s'est pas fait mal honnêtement. Et il m'a dit, écoute, moi, j'aimerais bien ouvrir une boîte dans le photovoltaïque. Enfin, je veux dire, le bâtiment, ça me plaît. C'était le grand rush du photovoltaïque. Il s'est dit, voilà, il y a une opportunité. Non, on est en quelle année, là ? Bah, écoute, nous, on a ouvert en 2009, de mémoire. Ouais, c'est ça. Donc, c'était courant 2009. Et lui, il était commercial dans le bâtiment déjà ?
20:40 Non, dans le stockage. Ouais, donc rien à voir. Rien à voir. Ok, ok. Rien à voir. Mais il s'est dit, voilà, j'aimerais bien faire ça. Il voyait que ça avait le vent en poupe. Ça l'intéressait. Alors, lui, il y a une formation d'électrotechnique. Ah, il avait quand même un petit bagage. Et il s'est dit, pourquoi pas ? Et puis, en discutant, je lui dis, bah, écoute, moi, c'est quand même dommage. C'est que moi, en gros, je vais faire encore un an et puis je vais ouvrir ma boîte. Et je savais personnellement et en discutant, parce que j'ai travaillé aussi chez les petits artisans et je le voyais bien, les petits artisans, tout seuls. C'est bien beau.
21:12 Mais à un moment donné, déjà que là, aujourd'hui, je bosse beaucoup. Mais je pense que si j'ai... Alors, je ne ferais pas forcément la même chose. Mais voilà, ça en découlé de ça, c'est que je me dis, voilà, ça pourrait être intéressant qu'on ouvre une boîte ensemble, quoi. Et c'est là qu'il m'a dit, bah oui, mais aujourd'hui, moi, je quitte l'entreprise dans peu de temps. Donc, je lui ai dit, bah, je vais en parler avec les compagnons. Donc, on a forcément des anciens chez les compagnons. J'en ai parlé. J'en ai dit, comment je pourrais faire, justement. Et ils m'ont dit, bah, de toute façon, voilà, c'est la famille qui prime. Tu as cette volonté d'ouvrir une société.
21:43 Tu restes compagnon. Ce n'est pas un problème. Alors, moi, j'ai été reçu compagnon. Je suis allé jusqu'au bout des choses. C'est juste que l'année, c'était plus une année complémentaire, on va dire. C'est un diplôme, compagnon ? Enfin, il y a... Il y a plusieurs étapes. C'est un peu comme... C'est un peu comme, par exemple, au judo avec les différentes couleurs de ceinture, quoi. C'est un peu le même principe. C'est que tu as des épreuves, en fait, des étapes, comme un examen, comme des choses comme ça, que tu passes. Et à la fin, on fait un chef-d'œuvre, ce qu'on appelle un chef-d'œuvre, où, justement, on crée une pièce pour un peu montrer notre savoir-faire.
22:15 Et puis, c'est surtout les valeurs humaines qui sont importantes chez les compagnons. Plus que la pièce en soi. La pièce, c'est plus une satisfaction. Enfin, en tout cas, moi, je l'ai vécu comme ça. C'est de se prouver des choses à soi-même. Parce qu'en fait, tu l'as fait pour toi, la pièce. Tu as fait quoi comme pièce ? J'ai fait deux lustres. Deux lustres en inox, cuivre, acier. Donc, il y avait toute la gestion électrique, etc. à gérer que je n'avais pas forcément grande maîtrise. Donc, j'ai appris aussi des choses. J'ai cintré de l'inox, j'ai cintré de l'acier, du cuivre. Tu me montreras les photos ? Ouais, pourquoi pas ? Avec plaisir. Et donc, voilà.
22:50 En discutant avec les compagnons, ils m'ont dit, voilà, ce qu'il faut, de toute façon, il faut que tu le fasses à la fin de l'année. À la fin de ton année, entre guillemets, là, à Strasbourg. Tu arrêtes et puis tu rentres et tu mets en place ce qu'il faut faire pour monter ta boîte. Et donc, en 2029, on a… 2009 ? 2009. Parce que 2029, ce n'est pas encore arrivé. 2009, on a ouvert la boîte. Et puis, aujourd'hui, ça fait 16 ans, je crois, à peu près. Ça passe vite ? Ouais. On a démarré dans un garage. Startup Nation. Ah bah là, ouais, c'était dans le garage de mes parents. Après, on a trouvé un autre local, un petit peu plus grand, qui était une maison avec un garage un petit peu plus grand.
23:27 On avait les bureaux au-dessus et à la cave, on avait tout ce qui était stockage. Et là, la grande évolution aujourd'hui, c'est qu'on est passé sur un hangar de 250 mètres carrés pour stocker les camions, avoir du stock, des bureaux de 100 mètres carrés. Donc là, c'est une grosse évolution. Donc ça, c'est cool, quoi. Incroyable. Ouais. Donc là, t'as 23 ans, tu crées ta boîte avec ton beau-père. Raconte là, comment tu trouves tes premiers chantiers ? Alors, les premiers chantiers, c'est un peu comme tout le monde. C'est les amis, les connaissances, alors plus de mes parents. Parce que moi, quand je suis rentré à 23 ans, je connaissais plus personne ou très peu.
24:02 Et en fait, c'est parti de là, c'est qu'on a remplacé la chaudière de mon grand-père. Ok. Qui m'a dit... Le meniser ? Ouais. Ok. Qui m'a dit, bah écoute... Ah, il a fait travailler son petit-fils. Ouais. Donc ouais, il a une grosse pression quand même, parce que je voulais... Le rendre fier, tu vois, qu'il se dise, voilà, même avec ce que je lui ai appris, moi, voilà. Et aujourd'hui, je l'utilise encore sur les chantiers. Tout ce que j'ai appris en menuiserie avec lui, je l'utilise énormément sur les chantiers. Et puis, bah après, de fil en aiguille, on a commencé à faire du dépannage. Et puis après, on a la connaissance d'un tel qui nous a appelé.
24:35 Alors au début, c'était compliqué. On a eu, comme tout artisan qui démarre de rien, ça n'a pas été les grandes années au tout début. On avait des tout petits salaires. Mais je m'éclatais. Et puis j'avais 23 ans, donc je n'avais pas d'énormes besoins. Tu es retourné chez ta mère ou... Non, pas beaucoup. Parce que le problème, c'est que quand tu vis chez les compagnons pendant 7 ans, c'est compliqué de retourner chez tes parents. Ouais, c'est... Tu vois, tu as une énorme liberté que... Ouais, c'est un peu difficile. Je suis resté un mois et demi. Après, j'ai dit, bon, il faut que je trouve un appart parce que tu es un électron libre, quoi. Donc, non, c'était un peu plus compliqué que ça.
25:14 Oula, surtout qu'à cet âge, ça a peut-être envie de trouver une meuf et de ne pas retourner vivre chez ta mère, quoi. Ouais, alors j'étais plus focus. J'ai rencontré ma femme bêtement dans une soirée, mais j'étais plus vraiment focus sur la société, quoi. Vraiment d'essayer de créer quelque chose et qu'un jour, mon nom soit connu, quoi. Le nom de la boîte soit connu pour... Ça s'appelle comment ta boîte ? Therm Hydro Tech. Therm Hydro Tech. C'est ça. J'avais la réponse. C'est ça. C'est ta marque. En fait, j'avais une question. Est-ce que je crois que sur ton site, je n'ai pas vu... Mais est-ce que tu dis aux clients que tu es tes compagnons du devoir ?
25:47 Est-ce qu'ils le savent d'une quelconque manière ? C'est vrai que je ne communique pas énormément là-dessus. Je ne communique pas beaucoup là-dessus. C'est plus un côté un peu humble. OK. Parce que je me dis, c'est quand même un bel... Oui, mais tout le monde me le dit. Oui. Tout le monde me le dit. Il y a des clients chez qui je travaille et puis mon associé qui, lui, est plus dans l'aspect commerce, qui parle plus facilement aux clients, même si je parle aussi aux clients, mais j'ai une approche complètement différente. J'ai plus une approche technique que commerciale. Et quand ils apprennent que je suis compagnon, ils disent « Mais pourquoi vous n'en parlez pas ? » Ça m'aurait encore plus rassuré.
26:28 Mais je ne sais pas. Je n'en parle pas beaucoup. Il faut que tu en parles plus, je pense. Oui. Peut-être. Avant qu'on arrive au studio de podcast, tu disais que tu avais beaucoup de chantiers. Oui. Donc là, ce que je comprends, c'est qu'ils viennent via le bouche à oreille. Que ça. Aujourd'hui, tu as deux salariés sur le terrain plus ton associé. Est-ce que c'est une volonté de ta part de ne pas vouloir grossir trop ? Tu me disais aussi que tu ne voulais pas embaucher et ne pas devenir trop gros. Je n'ai pas une volonté de grossir. En tout cas, aujourd'hui, maintenant, on peut dire que demain, ça changera. Ça, je n'en sais rien. Mais déjà, l'aspect chantier me plaît énormément.
27:13 En fait, c'est surtout ça qui me brille plus ou moins. C'est que déjà, j'ai un énorme besoin de maîtrise de ce qui se fait sur le chantier, de comment c'est fait. J'ai ce besoin qu'un client, quand il m'appelle, je connais son Insta, j'ai la visualise. Je sais ce qui a été fait. Je sais quel produit a été installé, même si tu pourrais le faire avec des salariés. Mais tu es un artisan. Oui. Au sens le plus noble du mot. Ça peut être un avantage comme un inconvénient. Je ne dis pas que de ne pas grossir pourrait m'apporter d'autres choses ou d'autres opportunités. Mais je sais que je n'ai pas un… Après, tu te connais. Moi, je me connais. Je n'ai pas le sens du management ultra développé.
27:59 Et je me conforte un petit peu avec les habitudes que je peux avoir avec les salariés que j'ai aujourd'hui en qui je peux avoir confiance. Les salariés que j'ai eus, c'était deux personnes en reconversion. Donc, quand ils sont arrivés dans l'entreprise, ils avaient une petite maîtrise. Et au fur et à mesure du temps, ils ont appris, ils ont compris ce que je voulais qu'ils soient faits sur les chantiers. Alors, ça pourrait se faire avec d'autres. Mais je sais que si j'en ai trop, je pense que j'abandonnerais le chantier. Et ça, ce serait compliqué pour moi. C'est beaucoup de temps de gestion. Ouais. Et toi, qui es un ancien compagnon du devoir, est-ce que tu ne pourrais pas accueillir…
28:39 Tu accueilles des compagnons ? Ça m'arrive. Ça m'arrive. Ok. Mais du coup, il ne reste pas longtemps dans le processus. Il reste un an. Il reste un an. Ouais. Mais ça peut être une opportunité, des fois, par exemple, de voir… J'en ai eu quatre au total, voire même quatre. Alors, j'ai eu des compagnons qui démarraient. J'en ai une qui avait beaucoup plus d'expérience. Et ça se passe bien, mais parce qu'il y a cet esprit de bien faire. Surtout chez les compagnons. Ouais. Et du coup, en fait, si je comprends, toi, tu aimes bien la technique. Et tu aimes bien, par exemple, j'imagine, mais je te posais aussi une question, mais sur le chantier, c'est toi qui fais les trucs les plus techniques.
29:19 Ouais. Je ne sais pas, des cintrages un peu compliqués, des carottages. Alors après, les gars, ils apprennent… Tout ce qui est carottage, en général, c'est moi qui fais. Tu veux éviter que la maison s'écroule ? Non, non, ce n'est même pas une question de… Non, non. Mais en fait, quand tu fais du carottage, typiquement ça, c'est… Quand tu le fasses, il faut que tu aies confiance, quoi. Parce que la carotteuse, elle ne te rate pas si tu ne la tiens pas bien, etc. Et je sais que les gars, ils ne sont pas à l'aise avec ça. Donc, c'est moi qui le fais aujourd'hui. Mais dans tous les cas, à un moment donné, tu vois, je vais avoir 40 ans, et dans 10 ans, j'en aurai 50.
29:56 À un moment donné, les carottages, il va falloir que j'apprenne et que ce ne soit plus moi qui les fasse, quoi. C'est ce que j'allais dire. C'est d'essayer aujourd'hui. Je pense que moi, je suis dans un virage aujourd'hui où ce que je faisais et ce que je fais encore aujourd'hui, c'est en train de s'améliorer parce que je prends aussi sur moi.
30:10 Enfile Ton Bleu et l’impact des réseaux
30:12 C'est-à-dire que les gars sont tous aussi capables que moi de le faire. C'est juste d'essayer de leur donner confiance pour le faire, en fait. Et d'accepter, c'est surtout ça, c'est de pouvoir accepter qu'il y ait des erreurs de fait. Parce qu'en fait, une erreur, ça se rattrape. Alors, quand je te dis là, aujourd'hui, quand je te dis ça, je prends sur moi. Parce que tu n'aimes pas les erreurs. Non, mais j'en parle parce que c'est hyper important d'en parler, parce que je pense qu'il y a beaucoup d'artisans qui sont comme moi. Et j'ai toujours cette volonté de vouloir toujours tout maîtriser à 100%. Sauf qu'à un moment donné, à vouloir tout maîtriser, tu ne laisses pas la place aux autres.
30:51 C'est-à-dire qu'en fait, tout repose sur toi. Et je pense qu'il y a énormément d'artisans qui sont comme ça. Et je pense que beaucoup d'artisans aussi qui n'embauchent pas à cause de ça. C'est qu'en fait, comme tout repose sur toi, tu as l'impression que si tu ne le fais pas, le monde va s'écrouler. Et ça, c'est une sensation que j'ai en moi, en interne, où je suis en train de travailler énormément dessus. Oui, tu as besoin de contrôle. J'en parle pas forcément beaucoup sur les réseaux sociaux, mais le peu de fois où j'en ai parlé, parce que c'est important et je pense qu'il faudrait que j'en parle plus, c'est qu'il y a beaucoup d'artisans qui se sentent seuls parce qu'ils ont l'impression qu'ils sont seuls à avoir ce problème.
31:25 Et à l'inverse, je pense qu'il y en a énormément qui l'ont. Bien sûr. Et c'est un gros travail, c'est d'essayer de donner la confiance aux gens avec qui ils bossent avec toi, de leur faire comprendre que s'il y a une erreur, en soi, moi, j'ai appris mon métier. Typiquement, c'est contradictoire avec ce que je vais te dire, mais j'ai appris mon métier parce que des boîtes m'ont laissé seul à me démerder. Et j'ai fait des conneries. Je les ai réparées, mais au final, il y a comme ça que tu apprends. Et c'est erreur. C'est ça. Mais du coup, je pense que c'est un des gros pièges de l'entrepreneuriat parce qu'on a tous été salariés à un moment donné dans notre vie, même si c'était des petits boulots.
32:06 Et on se dit, vas-y, je vais créer ma boîte, je vais être le patron et je vais avoir plus de liberté. Non, mais ça, c'est totalement faux. C'est totalement faux. Est-ce que tu peux en parler de ça ? Parce que là, ce que tu dis, c'est ça, en fait. C'est que finalement, tu as peut-être moins de liberté que quand tu étais salarié parce qu'aujourd'hui, tu as besoin de contrôler. Si tu fais grossir, c'est que tu acceptes l'erreur de collaborateur. Comment ? Je ne sais pas comment expliquer ça. Déjà, est-ce que tu es d'accord avec ce constat que finalement, quand tu es patron, tu... Alors oui, tu as la liberté de décider de tout, mais tu es aussi, entre guillemets, emprisonné dans ton entreprise.
32:54 Déjà, ça dépend du tempérament que tu as. Si tu as le tempérament que j'ai aujourd'hui d'avoir, en gros, ce besoin de satisfaction. Moi, j'ai toujours été à la quête de... Alors, tu expliques pourquoi, je n'en sais rien, parce que je n'ai pas eu une enfance douloureuse, loin de là. Mais j'ai toujours eu la quête de montrer aux gens que j'étais capable. Ça, c'est... Besoin de l'accomplissement. C'est ouf. Et aujourd'hui, voilà, même avec Enfile ton bleu, aujourd'hui, ça me valorise et ça... Et j'avais ce besoin, en fait, de partager, de montrer que j'existe en partageant mon métier. J'avais toujours cette volonté que mon nom soit écrit quelque part.
33:38 Pas forcément pour un truc exceptionnel, mais j'ai toujours eu cette sensation, même si je suis parti chez Compagnon, que je me suis investi à 400% dans ce que je faisais. À partir du moment où j'ai trouvé ma voie, je me suis dit, cette voie-là, elle va me permettre de me faire un nom. Alors, quand je dis un nom, c'est... Tu croises un de tes clients dans une boulangerie, il te reconnaît et il est content de te voir. Et la seule chose qu'il va te dire, c'est... Moi, je suis super content, ça marche bien. C'est ça. C'est pas la quête de la célébrité. C'est pas du tout cette quête-là. C'est plus une quête de reconnaissance. Ouais, c'est ça. C'est une reconnaissance, un besoin de reconnaissance qui est gigantesque.
34:16 C'est la dynamique de Maslow. Mais ça a aussi des inconvénients, c'est que ça te bride sur plein d'autres choses. Et là, tu parlais des réseaux sociaux. Tu t'es lancé quand ? 2014, je crois. Donc, ouais, entre la création de ta boîte et Enfile ton bleu... En fait, il n'y avait aucun besoin d'être sur les réseaux sociaux ou d'être visible. Enfile ton bleu a démarré déjà sous Therm Hydro Tech. Il y a eu un compte Instagram. En fait, j'avais toujours des clients qui me disaient « Oui, bah ok, l'install que vous faites, c'est bien, mais ça ressemble à quoi ? Ça a quelle taille ? Dans un local technique, quelle place ça prend ? La pompe à chaleur dehors, quelle esthétique elle a ? » Plutôt que de montrer des flyers de pompe à chaleur, tu vois, bien finis, sur un catalogue, où en fait, tu vois bien que la pompe à chaleur n'a jamais été posée, elle est juste posée au sol, il n'y a pas de raccordement.
35:09 Je me suis dit « Je vais créer un compte Instagram et tous les chantiers qu'on va faire, on va les photographier. » Comme ça, on dira aux clients « Allez voir sur Instagram, il y a des installs de pompe à chaleur, de chaudière, de salle de bain, etc. » Et moi, j'ai une clientèle, en fait, où ce n'est pas trop réseaux sociaux à Instagram. En fait, ça n'a pas du tout marché. Très, très peu. Pour autant, j'ai commencé à avoir des messages privés en me disant « J'ai vu tes photos, comment tu as fait ci, pourquoi tu as posé ça ? » des questions techniques. Je répondais, j'en avais quelques-uns par semaine, mais ce n'était pas énorme. Et puis, en étant sur les réseaux, je me suis dit que je voyais des gens qui faisaient des stories.
35:50 Donc, j'ai dit « Pour répondre aux messages, plutôt que de répondre à chaque fois la même chose, il y avait des questions qui étaient quand même assez récurrentes, je me suis dit « Je vais faire une story, on verra bien. » Donc, première face cam, tu vois, tu n'es pas à l'aise, etc. Mais tu le fais. Je ne sais pas pourquoi je l'ai fait, mais je l'ai fait. Mais vraiment sans aucune volonté d'être présent sur les réseaux sociaux. Donc, vraiment, ce n'était pas du tout mon tempérament de base. Et là, alors, peut-être que c'est l'après-Covid qui a fait ça, je n'en sais rien. Moi, c'était juste à peu près ça. C'était pendant le Covid, à peu près. Et là, ça a été fou.
36:25 C'est que ça a commencé à apprendre. Je répondais à plus en plus de messages. Et puis, il y en a qui me disaient « Ouais, ce serait bien que tu filmes tes chantiers pour montrer un peu la partie technique. Parce qu'on ne voit que des photos. Mais ce serait bien qu'on voit un peu l'install. » C'est les mecs qui t'ont guidé, quoi. Ben ouais. Et puis après, je me suis dit « Bon, ben là, comme je commençais à partager pas mal mon métier, je me suis dit c'est carrément un autre domaine que propre à l'entreprise. » Et donc, en fait, ma sœur, je lui ai dit « Écoute, je veux faire un compte Instagram pour créer du contenu et partager ce que je fais. » Et je lui ai dit « Faut que tu me trouves un nom. » Ma sœur, elle est un peu dans la com, etc.
37:00 Et on discutait. Et puis, elle me dit « Ouais, ça pourrait être marrant que tu t'appelles, par exemple, je ne sais pas, en fileton bleu. Ça pourrait avoir une bonne connotation. » Et là, je lui ai dit « Mais ouais, mais ça, c'est trop bien. » Et en fait, c'est parti de là. Elle m'a créé un petit logo avec un petit bonhomme avec une salopette en fileton bleu. Gonzague dans fileton bleu. Et là, c'est parti. Et aujourd'hui, voilà, c'est ce que j'adore énormément. Et ce que m'a apporté en fileton bleu, c'est que je me suis senti beaucoup moins seul. Parce qu'en fait, à vouloir travailler avec cette perfection, même si ça ne m'empêche pas de faire des erreurs, je ne suis pas meilleur qu'un autre.
37:34 Mais ça m'a apporté énormément dans le sens où je me suis dit « Ouais, en fait, je ne suis pas tout seul. Et en France, il y a quand même des gens qui passent du temps qui s'installent, qui ont cette volonté de bien faire, d'aller jusqu'au bout des choses. Parce qu'aujourd'hui, on voit malheureusement plus ce qu'on va appeler un chantier rentable qu'un passionné et un artisan qui aime ce qu'il fait. Et que sa seule volonté, c'est de partir du chantier avec quelque chose qui tourne, qui soit nickel, propre, plutôt que d'avoir un truc qui est balancé au mur en une journée ou deux. Et tu vois bien qu'il n'y a aucune passion là-dedans. C'est juste de la brancher, de la mettre en route, que ça tourne et qu'on facture.
38:12 Et donc moi, en fil de tomber, ça m'a apporté énormément ça. C'est que je me suis dit que je ne me suis pas senti tout seul. Je commençais un peu à m'essouffler tout seul avec la boîte. Parce qu'en fait, j'avais toujours cette perfection. Pour autant, tu sais, quand tu fais un truc et que tu te dis que tu es tout seul à le faire et que tu n'arrêtes pas de te dire c'est bien, mais à un moment donné, tu en fais trop. Et d'avoir cette communauté-là qui me dise ce qui est bien parce que je me reconnais en toi et ça me donne envie comme toi d'essayer de refaire un peu mieux les choses. Parce qu'en fait, à force de te dire et d'entendre répéter que tu en fais trop, tu commences à en faire moins et tu n'es plus fier de toi et tu t'essouffles.
38:55 en fait. Et moi, Enfile ton bleu, ça m'a relevé et ça m'a donné goût à... Par exemple, tu vois, je suis parti faire les meilleurs artisans de France.
39:05 Structuration, process et objectifs futurs
39:05 C'est grâce à Enfile ton bleu. C'est parce que les gens m'ont dit ouais, il y a un concours, c'est cool, tu devrais essayer et puis ça a donné à d'autres envie de le faire juste après. On a tout filmé. Voilà, c'est vraiment un partage de passion et d'amour du métier. Moi, qui m'importe plus que le reste. Donc là, tu as créé Enfile ton bleu, je crois que tu as quand même pas mal d'abonnés. Même si tu t'en fous, mais à peu près, tu as à combien d'abonnés ? Alors, le plus important, c'est sur TikTok. Pour autant, c'est là où j'ai le moins d'échanges avec les gens. J'ai même pas TikTok. Tu en as combien sur TikTok ? On a 140 000 sur TikTok. Mais TikTok, voilà, c'est une plateforme qui est assez spécifique.
39:45 Il y a de plus en plus de gens techniques, quand même. À l'inverse, au début, ce n'était pas trop le cas. Mais ma grosse communauté aujourd'hui, c'est Instagram. Vraiment, les gens avec qui je partage tous les jours, c'est Instagram. Il y en a combien ? Peut-être 20 000, 24, je crois. Ouais, 24. Je crois que tu es sur YouTube aussi. Ouais. YouTube, je le vois plus comme un prolongement d'Instagram. C'est-à-dire que je fais plus des vidéos où... Parce que moi, quand je partage du contenu, je suis une pipette. Je ne m'arrête jamais parce que j'ai envie de tout montrer, j'ai envie de tout expliquer. C'est vrai, j'aimerais bien qu'Instagram mette les stories en x2 parce que quand je regarde Gonzague, il faut 30 minutes.
40:26 C'est ça. Je partage les publications qui font entre 5 et 10 minutes. Mais il y a une communauté pour ça. Tu vois, moi, le but, ce n'est pas la course à l'échalote et d'avoir un million d'abonnés. Ce n'est pas du tout mon... Non, je sais. Moi, on se connaît un petit peu. Je sais que tu es un passionné et c'est ça qui me fait kiffer. Là où je voulais en venir et parler de tes nombres d'abonnés, ce n'était pas pour le résultat en lui-même, c'est plutôt pour dire pour ceux qui nous regardent et ceux qui souhaitent se lancer. Un peu maintenant, tu as de l'expérience sur les réseaux. Comment est-ce qu'on fait grossir une communauté ? Moi aussi, je suis à présent sur les réseaux.
41:04 C'est quelque chose qui m'intéresse ? Déjà, la base de base, c'est quand tu le fais, déjà, c'est quel est l'objectif ? Déjà. Et donc, toi, c'est quoi ton objectif ? Moi, c'est vraiment de partager et de montrer aux autres qu'on peut faire les choses bien. Ok. Donc, c'est ce qui fonctionne pour les autres, c'est de partager ? Ce qui fonctionne aujourd'hui, c'est par exemple, typiquement, l'exemple, c'est par exemple une personne en conversion qui a mon âge, qui n'a pas comme moi sept ans à passer chez les compagnons à se former. Le but de mes contenus, c'est quand je reçois un message « grâce à toi, ça m'a rassuré, j'ai ouvert ma boîte et grâce à tes contenus, j'ai appris énormément, j'ai appris des petites astuces que moi, j'ai mis du temps et des années à apprendre.
41:50 Moi, je les partage parce qu'en gros, ça va faire gagner du temps à ces gens-là et une personne qui a 39 ans qui avait, je ne sais pas, un salaire de 3 000, 4 000 euros, quand il se lance en tant qu'artisan, il faut qu'il crape un petit peu pour les sortir. Donc, le but, c'est qu'il gagne en expérience pour avoir des chantiers qui puissent être valorisants, qui puissent faire une marche conséquente, correcte, pour en vivre. Et en fait, ces gens-là, ils ont une volonté et plus, ils jouent avec le temps. Donc, tu vois, ils absorbent énormément tout ce que je peux dire pour vraiment le mettre en application sur le chantier. et aujourd'hui, en fil de tombeux, c'est ça.
42:29 C'est vraiment soit de lancer un apprenti ou lui donner envie de faire bien les choses, soit une personne en conversion qui va ouvrir sa boîte, qui se pose plein de questions et qui se dit, bah ouais, en fait, ça y est, je comprends. En fait, même n'ayant pas ouvert sa boîte, il comprend comment ça marche, comment ça s'installe, même si chaque marque a ses petites particularités. mais tout le partage en fil tombeux, c'est ça, c'est de donner des astuces, de leur faire gagner du temps, tout simplement. Je m'en souviens quand j'étais encore au lancement d'interface, donc il n'y avait même pas encore de logiciel, je t'avais découvert sur LinkedIn et tu avais partagé une vidéo où je crois que tu avais réalisé un collecteur.
43:07 C'est ça. Et je me suis dit, putain, le mec, c'est un tueur. En fait, c'est rendre l'impossible possible. C'est surtout ça, c'est de casser un peu les barrières déjà d'expliquer que oui, ça prend du temps. Mais encore une fois, moi je l'explique, c'est que ce temps-là que tu investis, pour moi, c'est ta carte de visite. Après, ça dépend de la volonté que tu as. Si c'est vraiment... Mais les deux peuvent être cohérents. Tu peux faire ce que je fais, bien gagner ta vie. Pour autant, tu n'es pas un voleur. C'est-à-dire que tu vends ce que tu fais et le temps que tu passes. Après, il faut que tu aies les clients en conséquence. Ce qui est compliqué pour un artisan, c'est ça.
43:44 C'est trouver la clientèle qui accepte de payer pour comment tu vas travailler, comment tu vas réaliser tes chantiers. Toi, par exemple, tu as beaucoup de chantiers là. Je mets des guillemets parce que je ne suis pas sûr de tout, mais tu as du mal à tout réaliser. Je veux dire, tu sélectionnes aussi tes chantiers et tu en acceptes, mais il y a des délais qui sont prolongés pour tes clients. Oui, j'ai ce privilège de pouvoir dire non. Est-ce qu'avec tes réseaux, par exemple, tu ne pourrais pas trouver des sous-traitants ou embaucher d'autres personnes pour grossir ? Je pourrais. Je pourrais. J'ai aussi pas mal de candidatures sur les réseaux de personnes qui me demandent de venir bosser pour moi.
44:30 Mais j'ai toujours cette peur qu'il faudra que je corrige. mais j'ai toujours cette peur d'être soit déçu ou soit de ne plus pouvoir aller sur les chantiers. Alors, s'il y a des hypnotiseurs qui corrigent les peurs qui regardent cette vidéo, contactez Gonzague. Instagram, c'est un peu la vie parfaite. Oui, c'est la vitrine extérieure. Mais derrière, il y a plein d'autres choses. En fait, personne n'en parle, mais la plupart des artisans le vivent. Mais tu parles de tes galères aussi. Oui, bien sûr. Je m'en souviens, je ne sais pas, ton camion, tu étais passé sous un tunnel ou tu avais explosé. Oui, bien sûr. Mais ça, où je fais une fuite sur un chantier, je veux dire, quel plombier n'a pas fait de fuite ?
45:11 C'est pas parce que... C'est ce que j'essaye de dire. Il y en a qui me mettent sur un piédestal, mais pour autant, c'est juste une question de volonté et de savoir où tu veux aller qui est le plus important. Et moi, je veux plus être une force pour que cette personne-là se dise, j'ai envie d'aller plus loin et j'ai envie de devenir ce qu'il est parce que moi, aujourd'hui, pareil, c'est des... Tu as envie d'inspirer les gens. Tu as une référence par rapport à ce que tu fais. Tu as toujours quelqu'un qui va te pousser vers le haut. Moi, en fait, c'est ce que j'ai envie de faire. C'est que ces personnes-là se disent, j'ai envie d'être meilleur que lui.
45:49 Et qui te tire vers le haut, toi, aujourd'hui ? Tu as des idées en tête ? Moi, quand je vois, là, on va en profiter parce qu'il y a Laurent Obel qui n'est pas loin. Ok. Mais quand je vois des personnes comme ça qui sont parties de rien et j'ai plein d'autres exemples, mais ce que je me dis, c'est que demain, j'ai cette volonté de vaincre un peu mes peurs par rapport à ce que je fais aujourd'hui et d'essayer justement de développer la boîte et de peut-être grossir et de gagner, par exemple, réussir à faire du management, ce que j'arrive, ce que j'ai beaucoup de mal à faire aujourd'hui. c'est qu'en fait, ce n'est pas de rester dans le confort que j'ai aujourd'hui, c'est un peu comme quand j'ai fait les meilleurs artisans de France.
46:33 Moi, je voulais être premier. Tu es arrivé deuxième, je crois. Je suis arrivé deuxième, malheureusement. Même si je l'ai mal vécu au début, enfin, même très très mal vécu, pour autant, ça m'a appris énormément sur l'organisation. Ça m'a remis en route sur plein de choses sur le métier, sur gagner du temps, bien s'organiser, etc. Et ça, je m'en suis rendu compte bien après. Mais en fait, le fait de se surpasser et de s'exposer m'a appris énormément de choses. Donc en fait, c'est toujours ça. C'est que tu as des gens qui... Moi, je ne vois pas les gens qui réussissent comme me dire « Ouais, de toute façon, lui, il a fait ça, il est blindé. » Tu vois, je n'ai pas cet aspect critique.
47:18 Moi, j'ai plus... Peu importe ce que tu fais, et moi, ça me donne envie d'aller plus loin et je me dis que si quelqu'un peut le faire, pourquoi pas moi le faire ? Mais j'ai un premier travail sur moi qui est de réussir à vaincre un petit peu toutes ces craintes qui me font plus reculer, même si je me plais dans ce que je fais. C'est ça. Pas reculer peut-être. C'est qu'aujourd'hui, je pense que si je faisais plus confiance et que j'ai enlevé une partie de cette maîtrise que je souhaite avoir aujourd'hui sur tout et la satisfaction client, et j'ai toujours cette peur d'une personne qui ne serait pas contente. Tu vois ? Ça, c'est un truc que si j'arrive chez un client, et ça m'est déjà arrivé.
48:02 Ouais, mais tu vois, je prends... Tu vois, Romain Fineck, que tu connais, il me racontait, donc, il faisait des chantiers et tout pour son patron. Et j'imagine, imaginons que tu sois patron et il arrive, il était chez plus de 18 heures. Le patron, il arrive, il dit, mais c'est quoi, c'est un trache de merde. Il prend la disqueuse et il a dézingué tous les tuyaux, tu vois, et il a dit, tu recommences. Est-ce que, je sais que ça, dans l'esprit de déléguer, là, c'était un peu hardcore, mais tu peux pas prendre des employés et quand même surveiller ce qui se passe, mais peut-être essayer de gérer plus de chantiers ou autre. Mais c'est... Aujourd'hui, je fais un gros travail là-dessus.
48:38 J'ai pris un coach pour ça. Parce que je sentais qu'à un moment donné, en fait, tout seul, quand tu veux régler des problèmes que tu connais, si t'as pas quelqu'un de l'extérieur qui te met le doigt là où il faut appuyer fort pour que ça fasse très mal, tu te dis toujours, je vais le faire, tu le fais une semaine, je fais deux semaines et puis après, la vie reprend et c'est reparti comme avant. Donc là, aujourd'hui, l'avantage que j'ai, c'est que, alors ça va prendre du temps parce que c'est plus simple travail psychologique que propre au métier. C'est vraiment, c'est dans ma tête qu'il faut que ça se règle. Et voilà. Et il faut que je fasse abstraction à ça ou que je tourne mes avantages pour me faire avancer et aussi pour faire des choses que je vais faire pas forcément par volonté pour me rendre compte qu'au final, ça roule quand même.
49:32 Tu vois, avec Enfileton Bleu, aujourd'hui, par exemple, Enfileton Bleu m'a permis de me rendre compte que quand je viens de faire un podcast, quand je pars trois jours sur un salon, la boîte, elle n'a pas déposé le bilan. Et d'ailleurs, quand tu es en vacances ou à l'extérieur, les chantiers, ils avancent quand même ? Bien sûr. Tu mets tes gars au chômage partiel, tu leur as dit, écoutez les mecs. Il y a juste au mois d'août où je m'accorde trois semaines où la boîte, elle est fermée à 200%. Où vraiment, j'essaye de vraiment maillerer la tête pour vraiment relâcher un peu tout ça. Mais tu vois, c'est de mettre en place des choses sur lesquelles je vais peut-être me forcer, même sûr.
50:14 Mais au final, Enfileton Bleu m'aide aussi à me dire, tu vois, quand tu fais autre chose et ce que je fais aujourd'hui, ça me plaît énormément de le faire. Ça fait partie du partage et j'aime beaucoup faire ça. Et pour autant, quand je fais ça, la boîte, elle continue à tourner. Il faut que ton coach te fasse des prises de soumission, je pense. Peut-être. Non, mais c'est un travail de langue à l'aide. Mais je pense que, tu vois, si on se refait un podcast dans un ou deux ans, je pense que j'aurais grandi par rapport à ça et je pense que ce partage d'expérience, je le ferais aussi sur les réseaux. Je te lance le challenge. D'ailleurs, du coup, si j'allais y venir en plus, mais c'est quoi tes prochains objectifs pour Therm Hydro Tech, là, du coup ?
50:53 Qu'est-ce qu'on peut te souhaiter, là, pour les 12, 24 prochains mois ? Mais mon objectif Therm Hydro Tech, c'est essayer de mettre des process en place dans la société. par exemple, demain, on en parlait, j'embauche quelqu'un, il y a des process en place. Alors, il y a un accompagnement qui sera fait, mais que je sois sûr que grâce à ce process, déjà, il y aura un guide, un peu comme une notice, et réussir à mettre en place des process pour que ce que je souhaite qui soit mis en place soit fait, et en plus, grâce à l'interface, je peux le contrôler. Donc, en fait, il y a deux aspects, c'est de vraiment réussir à mettre un process en place qu'on a déjà fait beaucoup, mais ce n'est pas encore totalement abouti.
51:39 Donc, vraiment, là, sur les un ou deux ans à venir, c'est vraiment d'avoir des process en place pour que ce soit encore plus structuré que ce soit aujourd'hui. quoi. Donc, je résume, mais c'est un peu pour que tu puisses, entre guillemets, déléguer plus parce que tu as mis des process en place et que… Moi, j'ai une volonté, c'est que la boîte continue à tourner, et ça, c'est mon prochain objectif, et d'avoir plus de temps pour en fil tombe. pour pouvoir créer du contenu encore plus quali, vraiment, retour aux bases en fil tombe bleu, c'est vraiment… J'allais y venir pour en fil tombe bleu, c'est quoi les objectifs 12-24 prochains mois ? C'est le retour aux bases pour vraiment…
52:15 Parce que moi, je partage beaucoup mes chantiers, mais on est… On va très vite sur de la technique. Et c'est vrai que… Des personnes qui sont en reconversion, même s'ils arrivent à s'y retrouver, mais il faut qu'ils regardent plusieurs vidéos pour essayer de comprendre le fonctionnement, même si j'en parle assez souvent. Mais le but d'en fil tombe bleu sera vraiment de créer du contenu de formation vraiment en partant des bases pour atteindre cette technique. Et aujourd'hui, c'est un peu… C'est tout. C'est détailler les composants, je ne sais pas dire les caractéristiques que tu as. Un gros du sécurité, expliquer à quoi ça sert, pourquoi on met un ballon de tel volume, pourquoi en chauffage on fait ça, pourquoi…
52:54 Comment on règle un circulateur de chauffage, par exemple, de comprendre, de permettre aux artisans de faire un chantier où ils comprennent à quasi 100% ce qu'ils font. Parce qu'aujourd'hui, les marques biberonnent un petit peu les artisans, c'est-à-dire qu'elles font tout pour eux, sauf qu'à un moment donné, l'artisan se retrouve à faire des choses qu'il ne comprend pas. Et moi… Parce qu'il achète la chaudière, il doit juste brancher… Et en fait, les marques aujourd'hui mettent tout en place parce que… je ne sais pas s'ils se le disent, mais ils se disent « ouais, les artisans, ils ne sont pas tous futés, donc on va tout faire pour que ce soit le plus simple possible. » Moi, je ne pense pas que c'est pour ça, mais…
53:34 Je n'en sais rien. Je pense que c'est pour que l'échantillon aille plus vite et que la main-d'œuvre soit moins spécialisée. Il y a une partie là-dessus, mais on ne va pas se cacher que dans l'artisanat, il y a quand même un gros manque de compétences et il y a beaucoup de gens qui ne se forment pas. Et je pense que ce manque de connaissances est comblé par les marques qui développent de plus en plus de choses où en gros, tu as juste des boutons sur lesquels tu appuies. Mais moi, j'ai toujours cette volonté de comprendre ce que je fais. Il n'y a rien de plus satisfaisant pour un artisan de comprendre comment il règle son circulateur plutôt que d'appuyer sur « automatique » parce qu'il y a des soucis.
54:11 Et le fait de comprendre son métier, à un moment donné, tu es confronté à des problèmes que si tu ne sais pas comment ça fonctionne, tu ne peux pas régler le problème assez facilement et tu vas y passer trois heures. Vraiment, c'est une volonté d'enfiler ton bleu, c'est de repartir au base, de savoir quel diamètre de tuyau tu dois mettre en fonction de ce que tu fais, comment tu réglas ton circulateur, pourquoi on met tel produit et tel produit. D'ailleurs, je te remercie parce que moi, j'ai appris beaucoup par exemple sur des tutos sur Internet, ça peut être tout, mais là, je pense à Laurent Jaquet, tu vois, j'apprenais le multicouche, ça venait de sortir, tu vois, il expliquait les caractéristiques et autres.
54:45 et donc, je remercie tous les créateurs de contenu qui prennent beaucoup de temps des fois pour expliquer des choses et qui permettent à tout un tas de personnes d'apprendre de manière un peu moins académique qu'à l'école ou dans un livre. C'est top, je te remercie. Petite question,
55:03 Conclusion de l’épisode
55:03 je ne sais pas si tu aurais une réponse, mais est-ce que tu as en tête un dirigeant au parcours inspirant que je pourrais rencontrer, ça peut être un ancien compagnon, enfin un compagnon du devoir chez qui t'es allé, un patron qui t'inspire, là comme ça, alors je vais te dire un truc qui n'a rien à voir avec mon métier. Vas-y, vas-y. C'est la personne qui a, tu vas halluciner quand je vais te dire ça, mais là, ce qui m'inspire aujourd'hui, par exemple, c'est la personne qui a créé Finari. Ah ouais, Mounir, je crois. Je trouve que, ouais, je ne sais pas, alors moi, c'est parce que je lis son bouquin, ça n'a rien à voir, mais... Sur l'investissement ?
55:46 Ouais. Et je trouve que même pour un artisan, c'est hyper important tout cet univers qui tourne autour pour ta retraite, toutes ces choses-là. En fait, quand tu es artisan, tu gères ta boîte comme un bon père de famille, mais en fait, tout ce qui tourne autour et ce qui pourrait te permettre de garantir une vie un peu meilleure quand tu pars en retraite, c'est quelque chose que j'ai énormément négligé. Et aujourd'hui, je regarde beaucoup ses vidéos, j'ai lu son bouquin, alors ce n'est pas une pub, c'est pas le but. Non, le salut, il est très fort. Mais je trouve que son évolution et ce qu'il a réussi à aller chercher en financement, alors il n'a pas fait ça tout seul, mais ouais, je ne sais pas, aujourd'hui, c'est une personne que, même si je ne le connais pas personnellement, mais c'est quelque chose qui a été mis en place et que je trouve chouette et que j'utilise, j'utilise son outil, etc., pour tous les placements, même si je n'en ai pas des millions.
56:44 Mais je pense que les artisans, ils négligent beaucoup ça, moi le premier. Et je pense que gérer son patrimoine et d'avoir des solutions pour, on est quand même énormément taxé, donc tu vois, de trouver des solutions pour les artisans pour plus tard ou même garantir ne serait-ce que sa famille. Demain, s'il m'arrive quelque chose, je suis un peu plus sécure qu'il y a un an ou deux où je sais que, voilà, mes enfants, s'il m'arrive quelque chose ou ma femme, il y a des choses qui sont mises en place. Ça marche. Écoute, merci beaucoup Gonzague. J'espère qu'on se reverra dans deux ans, du coup, où tu auras lâché du lest. On se donne rendez-vous dans deux ans.
57:24 Et ouais, merci infiniment et je te dis à très vite. À très vite.