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Romain Finet (TPF Grenoble) : bâtir une entreprise de plomberie-chauffage rentable sans sacrifier sa vie de famille

Reconverti dans la plomberie à 23 ans après 230 candidatures restées sans réponse, Romain Finet dirige aujourd'hui TPF, une entreprise de plomberie et de chauffage de 8 personnes dans la région grenobloise. Il raconte ses débuts avec une Twingo, le rôle du réseau Bilik dans sa croissance, ses premières embauches et le travail mené sur sa rentabilité.

Hedi Marinier, fondateur d'InterFast
Animé par Hedi Marinier Publié le 26 juin 2025
1 h 06 Vidéo + transcription

01 - Le résuméCe que raconte Romain Finet

Romain Finet, 41 ans, Grenoblois, dirige TPF, une entreprise de plomberie et de chauffage installée dans la région grenobloise, connue sur les réseaux sous le nom de Romain le Plombier. L'entreprise compte 8 personnes et entre dans sa dixième année. Après un bac S, une fac de maths-informatique puis STAPS, il se tourne vers la plomberie à 23 ans. Il envoie 230 lettres de motivation personnalisées à des entreprises certifiées et n'obtient aucune réponse.

Il décroche finalement un CAP d'installateur thermique en alternance, qu'il termine en candidat libre après la faillite de son entreprise d'accueil. Il insiste ensuite pour entrer chez Roussin, une entreprise haut de gamme de Fontaine, qui le refuse une première fois puis l'embauche en apprentissage pour un BP. Il y forme un binôme avec Fabien, aujourd'hui son salarié. Il passe ensuite par la chaufferie industrielle, puis par une entreprise de salles de bain clés en main qu'il envisage de racheter. Une formation de repreneur de la CAPEB, sur 18 mois, lui montre que l'affaire ne vaut pas le prix demandé et lui évite, dit-il, de perdre 75 000 euros.

Il se met à son compte en juin 2015, sans clients. Une annonce faite devant les 150 membres de son club de badminton lui apporte ses premiers chantiers, qu'il réalise pendant des mois avec la Twingo de sa femme en attendant son camion. Ses six premiers mois rapportent environ 20 000 euros de chiffre d'affaires. En décembre, il s'inscrit sur Bilik, un réseau d'artisans audités qui coûte alors 250 euros par mois. Le premier mois, il facture 14 000 euros. Sa première année complète atteint 150 000 euros, la deuxième 250 000, la troisième près de 400 000, toujours seul.

Cette croissance tient aussi à un choix : en analysant ses chiffres, il constate qu'un changement de chaudière lui prend une journée là où une salle de bain prend une semaine. Il oriente donc l'activité vers le chauffage, jusqu'à environ 80 % de son chiffre d'affaires. Débordé et ne répondant plus au téléphone, il frôle le burn-out. L'embauche de Fabien, d'un apprenti puis d'une secrétaire à mi-temps change la donne : tous les appels sont traités et ses devis partent en 24 à 48 heures.

TPF réalise aujourd'hui 1,2 à 1,3 million d'euros de chiffre d'affaires, dont environ 700 000 euros issus de Bilik, et traite une soixantaine d'appels par jour. Avec 800 000 euros d'achats, le bénéfice reste pourtant faible, entre 15 000 et 20 000 euros selon les années. Romain Finet se fait donc accompagner par un coach en gestion, pour 900 euros HT par mois, et vise 60 000 à 70 000 euros de bénéfice à chiffre d'affaires égal, en revoyant ses prix, ses achats et ce qu'il oubliait de facturer.

Il revient enfin sur son passage à l'animation sur Bichon TV avec Laurent Jacquet, sa chaîne YouTube, la foire de Grenoble où il a signé 12 pompes à chaleur l'année précédente, et sur son choix de préserver du temps pour ses enfants.

02 - À retenirCe qu'un dirigeant peut en tirer

  1. Répondre à tous les appels Romain Finet a vu son activité redécoller dès qu'une secrétaire a pris en charge le téléphone. Un taux de traitement des appels de 90 à 95 % change, selon lui, tout pour une entreprise.
  2. Envoyer ses devis sous 48 heures Les devis envoyés en 24 à 48 heures, puis relancés, sont ceux qui se signent, y compris sur des chantiers à 40 000 euros. La réactivité commerciale passe avant le prix.
  3. Analyser ce qui rapporte vraiment En comparant le temps passé par type de chantier, il a recentré TPF sur le chauffage : une chaudière en une journée contre une semaine pour une salle de bain, avec moins de SAV.
  4. Surveiller la marge, pas seulement le chiffre d'affaires Passer le million d'euros de chiffre d'affaires ne garantit pas un bon résultat. Avec 800 000 euros d'achats, il a dû revoir ses prix et repérer les éléments non facturés dans ses devis.
  5. Suivre quelques indicateurs simples Nombre de devis émis, nombre de devis signés, comparaison d'un mois sur l'autre : ces chiffres évitent de se fier à l'impression que le téléphone sonne moins et permettent de déclencher une action commerciale à temps.
  6. Faire financer sa présence sur un salon Pour la foire de Grenoble, il associe les marques avec lesquelles il travaille toute l'année au financement de son stand, afin que les jours de présence servent surtout à remplir le planning.
  7. S'entourer d'autres artisans Son conseil à ceux qui hésitent à se lancer : échanger avec d'autres artisans, qui vivent les mêmes difficultés, et assumer ses décisions d'investissement même quand l'entourage n'y croit pas.

03 - Les phrases fortesIls l'ont dit au micro

Bilik, c'est le bouche à oreille d'Internet. Ça permet à une entreprise sérieuse, qui fait du bon boulot, d'avoir la même notoriété et la même quantité d'appels qu'une boîte qui a 10 ou 15 ans.

La première démarche, c'est de répondre aux gens, de répondre à tout le monde et de traiter les appels. Quand tu as un taux de traitement à 90-95 %, ça change tout pour ta boîte.

Je me suis rendu compte que de 7h à 20h, tous les jours et les samedis, je ne voyais pas mes gosses. J'ai fait le choix. Je veux récupérer mes gamins à l'école.

04 - Les chapitresAller directement au passage qui vous intéresse

  • 0:00 Teaser
  • 1:08 Intro - Parcours de Romain
  • 3:12 Études, doutes et orientation vers le bâtiment
  • 5:39 Le mépris du métier et la réalité terrain
  • 8:29 Apprendre chez les meilleurs
  • 12:10 Premières erreurs et vraie formation
  • 18:50 Se lancer sans clients ni sécurité
  • 21:12 Le déclic Bilik et la croissance
  • 27:13 Embaucher, structurer, ne pas craquer
  • 39:06 Qualité de vie, famille et transmission

05 - L'invitéQui est Romain Finet ?

Romain Finet

Dirigeant de TPF Grenoble
TPF

Entreprise de plomberie et de chauffage (chaudières, pompes à chaleur, chauffe-eau, climatisation) dans la région grenobloise, 8 personnes selon l'épisode.

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06 - FAQQuestions fréquentes sur l'épisode

Qui est Romain Finet ? +
Romain Finet est un plombier chauffagiste grenoblois de 41 ans, dirigeant de l'entreprise TPF et connu sur les réseaux sociaux sous le nom de Romain le Plombier. Reconverti dans le bâtiment à 23 ans après des études scientifiques, il s'est mis à son compte en 2015. Son entreprise compte aujourd'hui 8 personnes dans la région grenobloise.
Quel est le chiffre d'affaires de TPF, l'entreprise de Romain Finet ? +
Dans le podcast BatiLégende, Romain Finet indique réaliser entre 1,2 et 1,3 million d'euros de chiffre d'affaires, dont environ 700 000 euros apportés par le réseau Bilik. Sa première année complète d'activité avait atteint 150 000 euros, puis 250 000 euros la deuxième année et près de 400 000 euros la troisième, alors qu'il travaillait encore seul.
Comment Romain Finet a-t-il trouvé ses clients au démarrage ? +
Sans clients au lancement, il a d'abord annoncé son installation devant les membres de son club de badminton, ce qui lui a valu ses premiers petits chantiers. Il s'est ensuite inscrit sur Bilik, un réseau d'artisans audités qui publie des avis clients non supprimables. Dès le premier mois, il y a réalisé 14 000 euros de chiffre d'affaires.
Pourquoi un plombier peut-il avoir un bon chiffre d'affaires et un faible bénéfice ? +
Romain Finet explique qu'avec 1,2 million d'euros de chiffre d'affaires et 800 000 euros d'achats, il ne reste qu'environ 400 000 euros pour payer 7 personnes et les charges. Des prix mal calés et des éléments oubliés dans les devis ont réduit son bénéfice à 15 000 à 20 000 euros. Il s'est fait accompagner pour revoir ses prix et ses achats, avec un objectif de 60 000 à 70 000 euros de bénéfice à chiffre d'affaires égal.

07 - TranscriptionLa transcription intégrale de l'épisode

Transcription automatique de la vidéo, découpée par chapitre. Les noms des intervenants et des entreprises ont été relus ; le reste peut comporter des erreurs de reconnaissance. Cliquez sur un horodatage pour lancer la vidéo à ce moment.

0:00 Teaser

0:00 En fait je suis allé un peu à l'arrache honnêtement en plomberie en me disant je vais essayer. Sauf que j'avais 23 piges donc pour trouver une entreprise quand t'as 23 ans c'est compliqué. Tu sais j'étais d'un milieu j'avais fait du privé en primaire machin. Tous les potes ils étaient banquiers, avocats machin et ils m'ont tous dit ouais mais enfin tu sais c'est quoi ta passion ça va être de déboucher les chiottes. Du coup ils m'ont un peu rayé tu vois du cercle. Si c'était un soumets tu sais quoi. J'ai envoyé 230 lettres de motivation toutes personnalisées avec le pubipostage pour pas me faire chier etc. J'ai eu zéro réponse. J'avais pas de boulot.

0:30 Je me suis inscrit à Biliq j'ai commencé le 1er janvier. La fin du premier mois j'avais fait c***** de chiffre d'affaires. Et là mais je tombe des nues et j'ai peut-être 7-8 personnes qui me contactent et qui me disent ouais si tu t'es mis à ton compte on a un petit appart qu'on vient d'acheter qu'on veut retaper et dès le mois de juin du coup j'ai bossé. Ce qui fait qu'on va pouvoir s'en sortir c'est la qualité du boulot et le service. Et quand tu commences à avoir des gens qui gueulent parce que le service est pas bon bah c'est un cercle ça fait de la mauvaise pub pour ta boîte. Mais c'est surtout profiter de tes enfants et de ta famille. Ma femme elle a pas fait un gosse pour se retrouver toute seule à 24 tu vois.

1:00 Bienvenue dans Bâti Légende le podcast qui part à la rencontre des entrepreneurs du bâtiment au parcours inspirant.

1:08 Intro - Parcours de Romain

1:08 Je suis Hedi Marinier le fondateur d'InterFast et j'ai à coeur de partager des histoires qui motivent ceux qui rêvent de se lancer ou de faire grandir leur entreprise. Si vous avez vous aussi des rêves et l'envie de les réaliser vous êtes au bon endroit. Aujourd'hui je vous présente Romain Finet dirigeant de l'entreprise TPF Plomberie à Grenoble. Romain est un véritable exemple de persévérance. J'ai eu le plaisir de discuter avec lui et de partir à sa rencontre pour qu'il nous raconte son parcours son amour du bâtiment et comment il allie sa passion pour l'aviation à sa vie d'entrepreneur. Ce podcast est une plongée dans la vie d'un homme au multiple talent qui inspire par sa détermination.

1:43 Allez c'est parti. Salut Romain merci d'avoir accepté l'invitation sur le podcast. L'idée c'est que tu parles un petit peu de ton parcours. Comment est-ce que tu en es arrivé ou tu en es aujourd'hui ? Déjà si tu peux commencer par te présenter. Romain Finet, société TPF à Grenoble, Romain le Plombier sur les réseaux, patron d'une entreprise de plomberie chauffage dans la région grenobloise et on est avec moi ça fait 8 personnes. Et la boîte existe depuis sa 10e année. Donc encore une fois l'idée là je vais te poser plein de questions, j'ai envie d'en savoir un peu plus sur toi. D'ailleurs c'est une interview qui n'est pas du tout préparée, tu ne connais aucune de mes questions.

2:18 Non, il n'y a rien préparé. Non, il n'y a rien préparé. Tu peux préparer des gros pièges en tout cas. Tu m'as dit que tu voulais connaître mon parcours. Non, c'est moi qui pose les questions. Ok, mais tu fais avec des questions ça. Non mais déjà est-ce que tu peux me partager, tu as quel âge ? J'ai 41 ans. Tu fais plus jeune. Ouais, mais c'est pour ça que je garde la barbe tu vois. C'est pour ça que je me rase pas, c'est pour pas qu'on me dise bonjour jeune homme. Parce que souvent quand j'arrivais sur les chantiers, on prenait mes salariés pour le patron et moi pour l'apprenti. Sérieux ? Ouais, j'y ai eu le droit plusieurs fois. Comment tu réagis ?

2:46 Oh bien, je m'en fiche. Je les laisse faire comme ça, ça me permet de récupérer des pourboires des fois, c'est cool. Je suis déjà reparti avec 50 balles de pourliche parce que du coup ils donnaient, si c'était le patron ils n'auraient jamais rien donné. Et du coup, 41 ans, t'as grandi où ? 41 ans, pur grenoblois. J'ai grandi à 500 mètres d'ici, j'ai fait mes études à côté et... J'habite pas trop loin de la maison là, tu vois, on va pas trop loin. Tu disais t'as fait des études là, t'as fait quoi comme études ? Je fais un parcours de con moi. A l'époque j'étais sportif de haut niveau en foot, donc j'ai passé un bac S. Je suis parti pour faire une prépa mais c'était pas fait pour moi, donc je me suis retrouvé à la fac.

3:12 Études, doutes et orientation vers le bâtiment

3:13 J'ai commencé un DEUG MIAS, Math Informatique Appliquée aux Sciences. C'est pour faire des IUP MIAS, Math Informatique Appliquée à la Gestion, Ingénieur Informatique, des trucs comme ça. Bref, c'est les ratés de prépa qui finissent, tu vois, pour aller faire ingénieur à la fac. Non, j'étais parti pour faire ça et puis ça m'a gonflé en fait. J'adorais l'info mais j'avais pas envie d'en faire mon métier, de rester derrière un ordi toute la journée. Donc je suis parti en STAPS pour faire kiné. STAPS, fac de sport. Comme j'avais le statut sportif au niveau, je m'étais dit je vais y arriver, ça va être facile, etc. Mais j'ai terminé dans les listes d'attente pour rentrer en kiné.

3:47 Je me suis dit je vais aller en deuxième année, ça sera bien. Du coup, deuxième, troisième année, j'ai fait que faire la bringue. Donc je me suis rendu compte pendant la troisième année que j'avais pas faire prof de sport, j'avais pas faire kiné. Et il me restait quoi ? Tu sais mec, t'arrives à la fac, t'as 23 ans, tu dis qu'est-ce que tu vas foutre ? L'été, je bossais souvent dans le bâtiment mais à faire de la démolition. Démolition à l'explosif, etc. Je me suis dit je vais aller voir là-dedans. Je voulais aussi faire de la coiffure parce que mon père était coiffeur. Et quand j'ai dit à ma mère que je voulais faire coiffeur, c'était peu après le décès de mon père.

4:17 Et je lui dis je vais faire coiffeur comme papa, je vais reprendre le salon de coiffure et tout. Et du coup, ma mère m'a dit si tu veux faire ça, t'as qu'à faire plombier du temps que tu y es pour gagner de l'argent. En fait, j'avais pas du tout pensé à plombier. Gagner de l'argent, honnêtement, c'était le cadet de mes soucis. Je voulais juste faire un truc qui me plaisait. Et en fait, je voulais un truc où je puisse un peu utiliser quand même les études scientifiques que j'avais fait. Et maçon, pas trop. Peintre, mes études scientifiques, elles me servaient pas à grand chose. Et je détestais la peinture, accessoirement. Électricien, ça m'intéressait bien mais je me disais que la partie informatique domotique que je savais faire, ça allait être compliqué à mettre en œuvre parce qu'il fallait avoir le marché et tout.

4:48 Donc en fait, je suis allé un peu à l'arrache, honnêtement, en plomberie, en me disant je vais essayer. Sauf que j'avais 23 piges. Donc pour trouver une entreprise quand t'as 23 ans, c'est compliqué. Donc d'ailleurs, je dis bien aux gens, ne lâchez pas parce que moi j'ai 41 maintenant et je suis à mon compte depuis 10 ans. Et si j'écoutais en fait ce qu'on m'a dit au début... T'as 23 ans ? Ouais, j'ai perdu tous mes potes. Pourquoi ? Ouais, mais ta passion c'est quoi ? C'est de déboucher des chiottes. Tu sais, j'étais d'un milieu, j'avais fait du privé en primaire, machin. Tous les potes, ils étaient banquiers, avocats, machin. Et ils m'ont tous dit ouais, mais c'est quoi ta passion, ça va être de déboucher les chiottes.

5:21 Du coup, ils m'ont un peu rayé, tu vois, du cercle. Tous les gars qui ont sorti tout le temps, ça... C'était un sous-métier quoi. Ah, c'était un sous-métier, clairement. Mais c'est le problème de l'école. On en a souvent parlé avec Laurent Jacquet, avec qui j'ai travaillé. Le bâtiment s'est dévalorisé. C'est très compliqué. Les profs, dès le collège, te disent de toute façon, si t'es nul à l'école, tu finiras dans le bâtiment.

5:39 Le mépris du métier et la réalité terrain

5:39 Alors qu'en fait, franchement, c'est un métier où on s'éclate tous les jours. Je dis pas que c'est un métier qui est pas fatiguant, parce que je pense qu'à 50 piges, t'es 10 fois plus fatigué que n'importe quel gars dans un bureau. Mais par contre, c'est un métier qui est passionnant. Y'a pas un jour où je fais la même chose. Alors, j'ai des emmerdes tous les jours, oui. J'ai des emmerdes tous les jours, surtout là, en gérant une boîte. Mais par contre, c'est valorisant. Tu fais quelque chose de tes mains, tu crées quelque chose. Puis t'apportes, je dirais, à la différence de certains métiers, c'est pas pour dévaloriser, mais d'un électricien, par exemple.

6:07 Y'a pas la même relation vis-à-vis des gens. C'est-à-dire qu'un électricien, les gens, quand tu vas chez eux, ils considèrent que l'électricité, c'est un dû. T'as un appart, tu dois avoir l'élec. Quand t'apportes le chauffage, quand t'apportes la clim, quand t'apportes une salle de bain, t'apportes du confort. Et du coup, c'est pas le même statut vis-à-vis des gens, je trouve que c'est pas pareil. Donc t'as 23 ans, tu prends la décision, t'en parles à tes potes et tout. Qu'est-ce qui se passe ? Tu trouves un patron ? Alors, je cherche un patron. À l'époque, tu sais, j'avais fait de l'info. Donc du coup, je suis allé sur Calibat. J'ai récupéré la liste des entreprises qui étaient Calibat.

6:38 Tu sais, Calibat, c'est un organisme qui définit les entreprises qui sont certifiées. Pas les meilleures, mais les entreprises sont certifiées et tout. J'ai pris la liste des entreprises, j'ai fait un pubipostage avec un tableau Excel, j'avais fait un pubipostage. J'ai envoyé 230 lettres de motivation, toutes personnalisées avec le pubipostage pour pas me faire chier, etc. J'ai eu zéro réponse. Mais quand je te dis zéro réponse, j'en ai pas eu une. C'est-à-dire que j'ai aucune entreprise qui a répondu. Là, on était du coup au mois de mars. Et je dis, bah tiens, je vais essayer une, mais elle est à 40 bornes de Grenoble. Une boîte qui faisait que du neuf.

7:09 J'ai envoyé pareil, lettres de motivation, machin. Ils m'ont répondu et ils m'ont dit, bah on est OK pour vous prendre. Par contre, on veut vous prendre en deux ans. Parce que là, c'était pour faire un CAP ? Un CAP. Un CAP en alternance. Un CAP thermique, installateur thermique pour faire chauffagiste. Je voulais le faire en un an, parce que comme j'avais le bac, je pouvais le faire en un an. Sauf que l'entreprise voulait me prendre en deux ans. Donc du coup, j'ai signé mon contrat en deux ans. Et puis, de fil en aiguille, la boîte, elle a coulé durant l'année. Bref, j'ai passé mon diplôme en candidat libre. Je l'ai eu. Et après, j'avais déjà à la base le projet d'être à mon compte.

7:39 Clairement, si j'avais arrêté les études pour aller faire un métier dans le bâtiment, j'avais pas envie de rester juste salarié. J'ai envie d'être mon propre patron. J'y vais depuis le début. J'ai toujours voulu faire ça. Peu importe là où je serais allé, je pense que j'aurais fait ça. Je le ferais pas toute ma vie, mais à l'époque, j'avais envie de le faire. Tu sais, à cet âge-là, t'as des étoiles plein les yeux. Tu te dis, ah putain, je vais faire ça. Pas tout le monde qui a envie d'être entrepreneur. J'avais envie de faire ça. Et voilà. Et mon père était artisan. J'avais envie de le faire. Donc, je me retrouve à aller dans cette boîte qui a plus de 40 bornes de Grenoble.

8:08 Donc, je me tape le train tous les matins à 6h. Je rentre à 19h. Enfin, tu vois, je suis fracassé la première année. J'ai mon diplôme. Et puis là, à Grenoble, on avait une entreprise qui s'appelait Roussin et Fils, qui bossait mais super bien. Une entreprise qui était d'une super réputation et qui faisait du chauffage, mais à l'ancienne, avec des coups d'épousement, du sable, tu vois, des cintrages au sable, des trucs vraiment qu'on trouve pas de partout. Je connais même pas le cintrage au sable.

8:29 Apprendre chez les meilleurs

8:29 Eh bah, tu mets du sable dans ton tube, tu le chauffe et tu fais les formes que tu veux. Bref, ça se fait plus trop. Donc moi, j'avais passé une année à faire du neuf dans une entreprise. J'aime autant dire que, à part tenir un père faux, planter deux clous, etc., j'avais pas appris grand chose, mis à part à l'école. Parce qu'à l'école, il m'avait adapté mon emploi du temps et j'avais quasiment que de l'atelier. Donc du coup, j'ai beaucoup progressé en cours particulier à l'école. Faut savoir qu'à la base, moi, je sais pas planter un clou, ni une vis et un truc. J'allais faire le jardin avec mes grands-parents. Je suis un bosseur, mais je suis pas un bricoleur.

8:55 Mais vraiment pas un bricoleur. C'est-à-dire que je coupais pas un truc, je faisais pas la tapisserie, je mettais pas un clou, je me tapais sur le doigt. Tu vois, voilà, j'étais pas un bricoleur. Mais ça s'apprend. Voilà, faut pas désespérer, ça s'apprend. Donc je me suis retrouvé dans cette boîte et je suis allé demander à la boîte qui était à Fontaine, la Roussin, qui faisait que du haut de gamme, que des belles prestages. Je lui ai dit, bah écoutez, moi, je veux travailler chez vous. J'ai envie d'apprendre chez les meilleurs. Donc j'ai envie d'apprendre chez vous. J'ai 24 ans. Je sais que je vais vous coûter 80 % du SMIC, beaucoup plus cher qu'un apprenti lambda qui va être autonome, j'ai déjà le permis, j'ai 24 ans, donc si je suis là, je sais ce que je veux faire.

9:30 Donc faites-moi confiance et ça va aller. Donc j'y suis allé au culot. J'y suis allé au culot. Le mec m'a dit, OK, pas de problème, je vous prends. Et puis de fil en aiguille, au moment où il fallait signer le contrat, son comptable a dû lui dire combien je coûtais, machin. Et le jour où je me suis pointé pour signer le contrat, il me dit, mais je vous connais pas. Non. Je te jure, il me dit comme ça, il me dit, je vous connais pas. Donc sa femme qui était à côté un peu mal à l'aise, machin et tout. Mais bref, du coup, je m'énerve un petit peu, je dis, écoutez, moi, j'ai quand même démissionné de ce que je faisais, je cherche des trucs, je vais être chez vous.

9:59 Voilà. Et le gars me dit, non, mais je vous prendrai pas et tout. Donc... Je lui ai coûté trop cher. Il avait peur que je sois pas assez autonome et que je... Et en étant patron maintenant, je le comprends. C'est pas cool de te l'avoir annoncé la dernière semaine. Ça, c'est autre chose. Ça, c'est la forme. Mais on s'est expliqué. Voilà, c'était quelqu'un qui était très carré et là-dessus, il m'a fait une crasse. Donc pendant un an, j'étais obligé de bosser parce que j'avais démissionné de mon taf. Donc j'aime autant dire qu'avec un CAP passé en candidat libre et à 24 ans sans aucune expérience, j'aurais pu aller me vendre dans une boîte d'intérim, mais je savais rien faire.

10:28 T'as passé où alors ? J'ai bossé en livreur. Rien à voir. J'avais fait de la livraison pendant une année. Enfin, pas pendant une année. J'ai commencé au mois de juillet. J'ai arrêté au mois d'octobre. D'accord ? Quelques mois. Ouais. Au mois d'octobre, en fait, j'ai dit stop, maintenant, je cherche une boîte. Donc, je suis têtu. Les gens le savent. J'ai une grande gueule. Je suis têtu. Donc, 1er novembre, Toussaint. Je dis, tu sais quoi, je vais retourner voir Roussin. J'avais fait le tour un peu des boîtes. Il n'y avait pas une boîte qui me faisait envie. Ouais, qui a été rachetée, machin, etc. Mais le patron n'est plus là, mais c'est sa fille maintenant qui est dans la boîte.

10:58 Et bref, du coup, j'y retourne. Fin des vacances de la Toussaint. J'arrive, je me pointe là-bas à 7h du mat', toute la boîte qui était là devant tous les salariés. J'ai dit, bonjour, monsieur Finet, j'ai envie de travailler chez vous. Je veux faire un contrat d'apprentissage pour un BP. Et je lui ai dit, vous vous rappelez de moi ? Oui, oui, il se rappelait de moi, mais il ne disait pas trop et tout. Par contre, je vous dis, je n'ai demandé aucune entreprise, je veux venir chez vous. Et je vous dis, dans 6 mois, je serai autonome. Je lui ai dit, faites-moi confiance, dans 6 mois, je serai autonome. Donc, du coup, de fil en aiguille, il m'a fait le contrat.

11:28 Il m'a fait le contrat. Il a accepté de me payer beaucoup plus cher, parce que j'avais déjà un CAP. Donc là, il fallait me payer plus cher, machin, bref. Donc, du coup, il a accepté, il m'a pris. J'ai commencé au mois de juillet. Il m'a fait commencer avant le mois de septembre. Donc, entre-temps, j'ai continué à faire des livraisons, machin, à bosser un peu à gauche, à droite pour rentrer des rondes. Parce que pendant ce temps-là, ma femme, elle bossait comme caissière à Carouf. Parce qu'on pouvait pas... Tu es en couple depuis... Oui, je suis en couple depuis... Je suis vieux, moi. Elle en avait 23 ans, 22 ans. Et bref, elle, elle avait pas encore repris les études.

11:57 Elle bossait comme caissière, et moi, j'ai repris les études. Et on avait dit, le jour où moi, j'ai mon taf, toi, tu pourras reprendre tes études, etc. Donc, du coup, on a taffé tous les deux un peu de partout. Et moi, de juillet, je commence chez lui. Moi, d'octobre, ça se passe super bien. Moi, d'octobre, novembre, il me dit, ouais, non, mais là, ça va bien.

12:10 Premières erreurs et vraie formation

12:10 Je te file un camion et... Et je faisais du changement de chaudière, l'installation de salle de bain. Mais haut de gamme. Je faisais que du frisquet, que des salles de bain. Tu vois, on faisait des rénovations de maison, des chantiers à 100 000 balles. Des belles rénaux, quoi. Et du coup, il me fait confiance. Bon, je fais des conneries, comme tous les merdeux à cet âge-là. T'as l'impression que tu sais tout faire, et puis tu fais de la merde. Ça arrive. Donc, il m'engueule, machin. Puis ça se passe bien, je continue. Puis arrivé au mois de février-mars de la première année de mon BP, je lui dis, vous savez quoi, je vais m'inscrire en candidalie pour le CAP de plombier.

12:41 Puisque je fais aussi de la plomberie chez vous. Autant que je passe, il me dit, bah ouais, c'est une bonne idée. Donc, du coup... Toi, t'avais le CAP chauffagiste ? Chauffagiste, installateur thermique. Et là, tu voulais faire le CAP ? J'étais en BP monteur génie climatique. En gros, c'est une spécialisation de chauffage. Et là, je lui dis, bah moi, je veux faire le sanitaire. Comme ça, j'aurais mes deux CAP. C'est candidat libre, j'ai juste à m'inscrire. C'est juste qu'au mois de juin, il faut qu'il me donne 3-4 jours pour faire les examens. Donc, du coup, il me dit, ouais, pas de problème. C'est une bonne idée et tout. Puis il commençait de plus en plus à me balancer des chaudières à faire.

13:04 Sauf que les chaudières, bah, il y a un tubage. À l'époque, c'était des chaudières à condensation. Fallait refaire le tubage. Il y avait, tu vois, tout seul, ça commençait à être chaud. Et je lui dis, ouais, ça serait cool d'être avec quelqu'un. Parce que tous les autres, ils sont en binôme. Il me dit, ouais, mais fais un binôme avec un apprenti. Tu restes apprenti et tout. C'est compliqué. Je lui dis, mais par contre, moi, j'ai un pote à l'école. Il est super bien. Il est dans une boîte. Ce qu'il fait, ça ne l'intéresse pas. Je pense que si on bosse en binôme tous les deux, on est vachement complémentaires. Ça va dépoter. Il me dit, ah ouais.

13:29 Je lui dis, bah écoute, moi, je lui en ai parlé. Il est chaud pour venir. Il me dit, bah bon, je ne sais pas comment ça se passe. Donc, on se renseigne. De fil en aiguille, je le fais rentrer dans la boîte. Et il rentre dans la boîte avec moi. Il s'est dit, Fabien, c'est mon salarié que j'ai maintenant. Il est rentré dans la boîte avec moi et on a fait binôme pendant deux ans, trois ans. Et en fait, on tombait des chantiers à la même vitesse que des salariés qui étaient là depuis cinq, six ans. Donc, du coup, on était payé comme des salariés et plus comme des apprentis. Parce que du coup, il estimait qu'on était suffisamment rentable pour être payé avec les primes qui allaient avec, etc.

13:58 C'était un patron qui était sévère, qui était un peu lunatique. Un matin, il était de mauvaise humeur. Vous ne savez pas pourquoi. C'est pour ça qu'on s'est séparés à la fin d'ailleurs sur une engueulade. Parce qu'on était tous les deux sanguins. Mais par contre, c'est quelqu'un qui était carré. Si tu faisais du bon boulot, il était reconnaissant. Il te disait que tu faisais du bon boulot. Il n'hésitait pas à venir te voir. Alors, quand tu faisais de la merde, il n'hésitait pas à arriver avec la disqueuse et à tout couper à 18h et à dire tu refais. Moi, il m'a niqué sur un chantier. Il est arrivé à 17h30. À 17h, on avait fini la journée. Il est arrivé à 17h, 17h15 à la fin du chantier pour contrôler.

14:28 Et à 17h15, il a pris la disqueuse et il a tout coupé. J'ai fini à 22h. Parce qu'il fallait remettre l'eau chaude chez les clients. J'ai fini à 22h. J'avais autant dire que l'école de la vie. Je me suis dit dans le bâtiment, c'est tous des connards. C'est quoi cet espèce de truc ? Sur le coup, tu es comme un dingue. Mais après, en fait, c'est ultra formateur. Et du coup, on a fait binôme avec Fab pendant pas mal d'années. Ensuite, je suis parti dans une autre boîte parce qu'on s'est engueulé un matin. Il me dit, si tu n'es pas content, tu prends tes clics, tes claques et tu te casses. Je lui dis, tu sais quoi ? Je me casse. Et il m'a mis une insulte qui est sortie parce qu'il était sanguin.

14:59 Et du coup, je lui ai dit, soit tu t'excuses, soit je me casse. Il était autant orgueilleux que moi, donc il ne s'est pas excusé. Donc, je me suis barré. J'ai fini mes chantiers et je me suis barré. On est toujours resté potes. On est encore copains. Et quand j'ai besoin de conseils, je n'hésite pas à l'appeler. Maintenant, il a vendu sa boîte, mais je n'hésite pas à l'appeler. C'est grâce à lui que je fais de la plomberie. Yannick Roussin, je le dis, il n'y a pas de problème. C'est une belle boîte. On lui réphira les références. Tu peux y aller. Pour moi, c'était la meilleure boîte de la région. Et bref, donc du coup... Fabien, il est resté, lui ?

15:26 Fabien, il est resté. Encore pendant deux ans ou trois ans à se faire la main. Ensuite, il s'est barré dans une autre boîte où j'étais moi aussi. Il m'a rejoint dans la boîte où j'y étais. Donc toi, tu es parti, tu as trouvé une nouvelle boîte ? Moi, je suis parti de cette boîte-là où je ne faisais que du particulier et du chauffage. Et je suis allé faire de la sous-station de chaufferie, soudure aux tigues, des grosses chaufferies. Pareil, loin de Grenoble, à la Ravoir. Tu ne connais pas ? Je faisais une heure et demie de transport tous les jours, plus 14 bornes de vélo. J'ai fait ça pendant huit mois. Après, j'étais mort. Je partais à 5 heures, je revenais à 20 heures, j'étais déboîté.

15:59 Par contre, c'est ultra formateur. Parce que j'ai pu voir comment gérer des gros chantiers, etc. Et puis essayer de mettre en place des process. Parce que dans cette boîte-là, ils sous des queues aux chalumeaux. Et moi, je suis arrivé, je leur ai dit, je vais pas mettre trois semaines à faire. Donnez-moi un tigue et je vais le faire au tigue. Et en fait, on a réduit les temps, on a amélioré. Donc j'ai pu faire un peu de la gestion d'équipe, un petit peu sans avoir trop de gamme et gestion d'équipe. Et ensuite, je me suis barré pour aller chez un artisan qui voulait vendre sa boîte. Qui faisait des salles de bain clés en main, très peu de chauffage.

16:26 Mais moi, j'étais là pour développer un peu de chauffage. Et je me suis barré dans cette boîte-là. Au bout d'un an, dans cette boîte-là, on avait besoin d'un coup de main. Du coup, je dis à Fab, je dis, ça ne te botterait pas de venir ? Et puis Fab, il est comme moi, il aime bien apprendre. Donc du coup, quand je lui dis qu'on faisait des salles de bain clés en main, du carrelage, ah putain, trop bien ! Il a débarqué et il est resté. Honnêtement, c'était chiant. C'est-à-dire ? C'était un métier pépère. On attaquait à 8h, on finissait à midi, on rattaquait à 13h. À 14h, on avait fini. C'était les horaires pépères. Donc c'était tranquille et tout.

16:57 Donc Fab, au bout d'un moment, une fois qu'il en a fait le tour, il m'a dit, écoute, je vais aller voir ailleurs. Ça ne me fait pas rêver comme métier. Donc il est parti. Et moi, comme je voulais reprendre la boîte, il est resté. Donc Fab, il est parti dans une autre grosse boîte avec le chargé d'affaires de Roussin. Bref, on s'est retrouvé comme ça. Et moi, en fait, j'ai fait une formation de repreneur d'entreprise du bâtiment. Fréhab, formation de reprise d'entreprise artisanale du bâtiment. Un truc de la CAPEB qui dure 18 mois où tu fais de la compta et où tu sors avec une sorte de bac plus 2 en compta. À l'issue de cette formation, je me suis rendu compte que la boîte que je voulais racheter, elle ne valait rien.

17:27 Donc ça t'a évité de la racheter à un prix d'or ? Ça m'a évité de perdre 75 000 euros. Ouais. Moi, j'ai tout de suite dit au patron au bout de ma formation, je lui ai dit, bah, je la rachèterai pas parce que pour moi, ça me correspond pas et le montant financier, moi, je vous rachète les camions, l'outillage, mais sinon, vous avez rien de signé, ça a aucune valeur. Donc on s'est engueulé. Je lui ai dit, bah, ce que je vais faire, c'est que je reste jusqu'à ce que vous ayez vendu la boîte. Puis quand vous avez vendu la boîte, on est d'accord, vous me faites une rupture conventionnelle et puis j'irai toucher mon chômage. Et à ce moment-là, il me dit, ouais, ouais. Et puis 2, 3 ans passent, il trouve un gars pour la racheter. Enfin non. Le matin, j'arrive et je vois un gars à la boîte et il me dit, bah, tiens, voilà ton nouveau patron. Il a racheté l'entreprise.

18:05 Sans même me prévenir rien et tout. Donc je lui ai dit, ah bah, c'est cool, super. Bon bah, écoutez, bah, du coup, faudrait qu'on se voit maintenant pour la rupture conventionnelle et tout. C'était en 2015. Et là, il me dit, mais si t'es pas content, tu vas te faire... Et je lui dis, pardon ? Il me dit, non, non, mais de toute façon, t'auras jamais les couilles de démissionner. T'as besoin de ton chômage. Et si tu démissionnes, t'auras pas ton chômage. Alors je lui dis, je vous répondrai pas, je suis poli. Ma mère m'a bien élevé, donc je vais pas vous dire. Par contre, donnez-moi une feuille. Donc j'ai pris une feuille et j'ai démissionné avec une période de préavis.

18:31 J'ai respecté mon préavis de 15 jours et je me suis démerdé pour avoir le droit au chômage. Je me suis fait embaucher par une autre entreprise qui m'a licencié durant la période d'essai. Ça a fait un micmac. J'ai réussi à avoir le chômage. Donc ça, c'était le 18 mars. Et je me suis mis à mon compte officiellement le 1er juin de la même année. Et j'ai commencé à travailler le 1er mai. Je te raconte pas au début, je travaillais avec une Twingo.

18:50 Se lancer sans clients ni sécurité

18:51 Attends, tu vas me raconter. T'as commencé avant d'avoir ouvert ta boîte ? Ouais, bah oui, mais... Non, j'avais pas de clients. J'ai jamais piqué un client à mes anciens patrons. J'avais un bon relationnel. Donc si tu veux, j'ai plein de clients qui m'ont toujours recontacté parce que je leur donnais mon numéro. J'ai jamais pris un client d'un ancien patron. Mais arrivé au mois de... Donc je démissionne au mois d'avril, mars ou avril, je me rappelle plus. Et je fais mon machin, le temps de faire les trucs, de m'inscrire au chômage pour avoir le droit. Je monte ma boîte et puis ma boîte pouvait pas être montée à peu près avant mi-juin. 15-5 juin, machin.

19:23 Parce que t'as tendu le chômage ? Ouais, mais parce qu'il fallait avoir un crédit à la banque, il a fallu trouver des banques pour trouver... Ça aussi, c'est une autre histoire. Il a fallu trouver des banques pour acheter un camion. Mais surtout, en fait, j'avais pas de boulot. J'avais aucun chantier. Et à l'époque, je faisais du badminton dans mon club de bad. Et arrivé en fin d'année au tournoi, je dis, excusez-moi. Je prends la parole devant tout le monde. Il y a 150 personnes. Et je dis, je viens de me mettre à mon compte. Je suis en plomberie chauffage. Tous ceux qui me connaissent. Si vous avez du boulot, n'hésitez pas. Et là, je tombe des nues.

19:53 Et j'ai peut-être 7-8 personnes qui me contactent. Et qui me disent, ouais, si tu t'es mis à ton compte, on a un petit appart qu'on vient d'acheter, qu'on veut retaper. Donc j'ai commencé par des petits trucs comme ça. Et dès le mois de juin, du coup, j'ai bossé. Donc j'ai commandé un camion. Quand j'ai eu mon crédit, à peu près au mois de juin, j'ai commandé un camion. Mon camion est arrivé en octobre. Donc de juin à octobre, j'ai bossé avec une Twingo. Les vieilles Twingo, tu sais. Avec le mini-coffre quand même. C'était la voiture de ma femme en plus. Donc je la bousillais, je baissais les sièges, je mettais des carreaux de carrelage. J'ai en mis plein la courge, la bagnole.

20:25 Et du coup, j'ai bossé pendant 6 mois comme ça. Et ensuite, arrivé au mois de décembre, c'était la fin de la première année. La première année, de juin à décembre, j'avais fait 20 000 euros de chiffre d'affaires, pas plus. 25 000. Donc je vivais pas, j'avais mon chômage. Donc si tu veux, mon but, c'était de monter ma tréseau. Donc c'était pas bien grave de pas trop gagner d'argent. Et puis au mois de décembre, je me suis inscrit sur Bilic. Je t'avais parlé, le réseau d'artisans. On m'a insulté. Ma mère, elle est comptable avec une formation d'expert comptable. Ma femme, maintenant, elle est comptable. Quand je leur ai dit que je m'inscrivais sur Bilic, on m'a insulté.

20:57 Parce que du coup, Bilic, ça coûtait 250 balles par mois. Alors que tu gagnais pas beaucoup. Alors que j'avais fait que 20 000 euros de chiffre d'affaires en 6 mois. Je me suis inscrit à Bilic, j'ai commencé le 1er janvier. À la fin du 1er mois, j'avais fait 14 000 euros de chiffre d'affaires. Grâce à Bilic ? Ben, grâce à qui ?

21:12 Le déclic Bilik et la croissance

21:13 Clairement, j'ai fait 14 000 euros. La première année, j'ai fait... Ma première année complète, j'ai fait 150 000 euros de chiffre d'affaires. Il y en avait peut-être 130 000 par Bilic. Enfin, j'exagère, mais peut-être... J'avais plus de 80 % de mon chiffre d'affaires, c'était Bilic. Puis j'ai continué comme ça, de fil en aiguille. Et puis, on a fait 115 000, je crois, la première année. Ça faisait 150, puisqu'on rajoutait, c'est les 6 premiers mois. Tu peux expliquer rapidement ce que c'est que Bilic ? Bilic, c'est le bouche à oreille d'Internet. Franchement, c'est le bouche à oreille d'Internet. Ça permet pour une entreprise qui est sérieuse et qui fait du bon boulot d'avoir la même notoriété et la même quantité d'appels qu'une boîte qui a 10-15 ans.

21:49 En gros, c'est un annuaire où on référence des entreprises. Ce n'est pas les meilleurs, on n'est pas du tout les meilleurs. Par contre, Bilic, pour y rentrer, il faut respecter une charte. Et en fait, il faut ne pas faire des devis à la gueule des clients, répondre aux demandes et faire des devis rapidement, etc. Et si tu ne respectes pas, tu as des cartons jaunes, des cartons rouges, et tu es viré. C'est un peu comme un TripAdvisor, sauf que c'est des devis des vrais avis, c'est pas truqué et tu ne peux pas supprimer d'avis. Donc ça, ça change tout. Ce qui fait que si tu fais du bon boulot, c'est un cercle vertueux, tu as de plus en plus de demandes et accessoirement, c'est en page numéro 1 de Google sur tous les métiers.

22:21 Tu mets Plombier-Grenovel, le premier qui sort, c'est ma gueule. Sans payer. Enfin, sans payer de référencement de mon site Internet. Pourquoi ? Parce qu'ils ont un référencement naturel qui est dingue et qui marche trop bien. Du coup, ça a commencé comme ça. Première année, 150. Deuxième année, 250. Troisième année, 400 000. Tout seul ? Toujours tout seul. Avec un choix que j'avais toujours dans ma tête. C'est-à-dire qu'au début, tu prends tout ce qui arrive. Tu prends de la salle de bain clé en main, du débouchage de chiotte, de la plomberie. Tu prends tout. Tu dis oui. Et au début, tu n'as pas beaucoup de chauffage. Tu dis oui à tout et tu vends ton âme.

22:52 J'exagère, mais tu dis oui à tout. La deuxième année, j'ai commencé à me rendre compte. Parce que pareil, à l'époque, c'était ma femme qui faisait la compta. Et faire un peu de l'analyse de gestion et de dire qu'est-ce qui est rentable, qu'est-ce qui n'est pas rentable. Et je me suis rendu compte que du coup, le chauffage, c'était une journée de boulot au lieu d'une semaine de boulot pour la salle de bain. Sans compter dans la salle de bain, tous les emmerdements des commandes, les salles d'expo, les machins, les livraisons qui n'arrivent pas, etc. Et moins de SAV. Du coup, j'ai petit à petit orienté mon activité sur le chauffage. Donc deuxième année, je commençais déjà à avoir 50% de chauffage, 50% de plomberie.

23:29 Troisième année, on était déjà passé à quasiment 81% de chauffage et 20% de plomberie. C'est pour ça que mon chiffre d'affaires, il augmentait autant. Je peux faire trois chaudières par semaine alors que je vais faire une salle de bain. Parce qu'à l'époque, je faisais des salles de bain, carrelage, machin, je faisais tout. La façonnerie ? Ah oui, je faisais tout. Je montais mes cloisons, je faisais tout. Les lecs, les machins, je faisais tout. Et bref, ce n'est pas ce qui me faisait rêver. J'aime bien le carrelage, c'est cool. Une fois que tu en as fait une semaine, la deuxième semaine, ça me fait vite chier. Pour être clair. Donc je préférais faire du chauffage, j'avais toujours envie de comprendre comment ça marchait.

24:01 Et puis là, mes études me servaient. Parce qu'il y a une notion de débit, de pression, comme intensité ampère, tu vois, intensité de tension. Bref, j'ai vite compris le truc et ça m'a toujours plu ce truc-là. Donc troisième année, quasiment 400 000 balles tout seul. Mais là, je commençais à ne plus toucher terre. Donc je ne commençais à ne plus répondre au téléphone. Donc là, c'était les gens quand ils m'appelaient, le téléphone, je ne répondais jamais. J'étais le connard d'artisan qu'on voit à H24. C'est-à-dire, oui, oui, je vais vous rappeler, oui, oui. Ou alors, tu laisses un message et je ne rappelle pas. Ils ont failli te sortir de Billy ?

24:30 J'ai eu beaucoup d'avertissements sur Billy. J'ai eu du bol, c'est que j'avais beaucoup d'avis positifs. Les gens qui ont créé ce truc-là ont cru dans le fait que j'étais sincère et que je ne faisais pas ça pour gruger les gens. Ils se sont bien rendus compte que je me faisais un peu déborder par la progression que j'avais. Donc ils m'ont un peu appris à dire non aussi, à sélectionner un petit peu et à dire non. Et à dire aux gens, il faut patienter, je viendrai dans huit mois, neuf mois. J'avais jusqu'à un an de délai alors qu'on était sur des périodes qui n'étaient pas très porteuses. Ce n'était pas exceptionnel. Et quatrième année, je commence le début de la quatrième année.

25:02 Au mois de mars, j'ai mon pote Fabien qui m'appelle et qui me dit, écoute, ils m'ont fait une crasse là. Je n'ai plus d'entreprise. Est-ce que tu connais quelqu'un qui cherche et tout ? J'ai dit, je te prends. Il est tombé à pic. J'ai dit, je te prends. Il me dit, mais comment ça, tu m'embauches ? Je dis, je t'embauche, moi j'ai 100% confiance en toi. J'avais pas de boulot pour le payer. Je te prends au même salaire que tu avais. Je discute même pas le salaire. Tu sais que si tu bosses bien, je t'augmenterai et tout va bien se passer. Et je te prends au même salaire. Il me dit, t'es sûr de toi, mais on va faire comment ? Et du coup, Fabien, il est autant appliqué dans la boîte que...

25:34 Moins impliqué que si c'était sa boîte, mais il est quand même très très impliqué. Et ce qu'il fait, il le fait de façon comme si c'était sa boîte. Donc du coup, dès le début, ça a collé comme ça. Et moi, il a fallu que je me... Tu trouves du boulot pour deux ? Il fallait que je trouve du boulot pour deux personnes qui n'étaient pas du tout prévues. Donc j'avais de quoi faire parce que comme j'avais pas mal d'avance, j'ai dit aux gens, écoutez, au lieu de huit mois, demain on est là. Et Fab, il a commencé à manquiller des chantiers. Et puis Fab, il est ultra méticuleux, c'est ultra bien fait. Les clients qui disaient, ouais, mais il est super, votre salarié, il est super bien.

26:06 C'est du super boulot, je suis content. Au début, il tiquait un peu parce que c'était pas moi. Et puis là, ça s'est super bien passé. Donc du coup, j'ai pris Fab et puis après Fab, au bout d'un moment, tout seul, il pouvait plus. Parce que le marché était en train de basculer sur la chaudière à la PAC. Et Fab, il m'a dit, ça fait 250 kilos tout seul, je peux pas. Il m'a dit, il y a mon voisin à côté de chez moi là, qui... Un apprenti, il a l'air bien. Si tu veux, on le prend à l'essai, on l'a pris à l'essai. Et petit à petit, j'ai pris un apprenti. Et petit à petit, j'ai pris un apprenti. Et alors là, j'ai mis le bras dans l'engrenage. C'est-à-dire que tu en prends un, tu en prends deux, tu en prends trois.

26:31 Et tu te fais bouffer jusqu'au coude. Et du coup, j'ai pris un salarié. En reprenant un autre apprenti, il a fallu rentrer plus de boulot. Parce qu'au bout de trois mois à deux, il commençait à envoyer du stéco. C'est à me dire, qu'est-ce qu'on fait demain ? Et moi, je me dis, il n'y a rien. Il n'y a rien demain. Vous allez faire un chiotte. Mais on est deux. Ouais, mais j'ai rien. Donc là, on était déjà passé à quasiment 500 000 balles de chiffre d'affaires. Tu vois, ça a commencé à monter. Et là, j'ai embauché une secrétaire à mi-temps. Celle que tu as toujours ? Non. La secrétaire, j'en ai écumé. Je dois être un peu chiant. C'est pour ça que maintenant, je n'ai pas une secrétaire.

27:04 J'ai une assistante de direction qui a une copine depuis 14 ans. Donc, si elle a besoin de me dire merde, elle me dit merde. Donc, c'est beaucoup mieux. C'est mieux que sa femme. Parce que sa femme, tu ne peux pas.

27:13 Embaucher, structurer, ne pas craquer

27:13 Et puis, on peut s'engueuler. Après, ça se passera bien. Mais en gros, j'ai eu Fab. J'ai eu mon apprenti. J'ai embauché une secrétaire. En embauchant une secrétaire, automatiquement, qu'est-ce qui se passe ? On répond au téléphone à tout le monde. Moi, je suis disponible pour aller faire des devis. Donc, automatiquement, tu rentres plus de boulot. C'est un cercle vertueux. Je suis d'accord. Parce que j'ai rencontré sur mon tour de France pas mal d'entrepreneurs. Et je pense qu'il y en a deux où ils disaient que c'est l'enfer de recevoir des appels toute la journée. Nous, on en a. Tu es coupé dans tes tâches. Tes chantiers durent plus longtemps.

27:43 Tu pars tard. Tu es fatigué. Moi, je n'en pouvais plus. Je ne répondais plus au téléphone. Pourquoi ? Parce que quand j'étais sur un chantier à filer un coup de main à Fab ou à faire un truc, à la fin, honnêtement, quand le téléphone sonnait, je disais « Ah putain, encore un… Qu'est-ce qui va m'emmerder ? » J'en étais à… Vraiment… Je ne suis pas fier de dire ça, mais ça me gonflait. J'en avais plein le cul. Et là, le burn-out, il arrive et il est très près. Parce que tu as un peu la pression. Moi, je suis déjà anxieux et tout. Donc, tu as la pression de rentrer du taf. Parce que Fab, il m'avait fait confiance. Donc, tu vois, je ne vais pas le mettre sur le carreau.

28:14 Il a un crédit. Il a acheté une baraque. Enfin, voilà. J'avais le stress de ça. Et la secrétaire, en fait, elle a répondu à tous les appels. Elle a géré les problèmes. Elle m'a mis des rendez-vous pour des chauffe-eau en urgence. Donc, on avait beaucoup plus de chauffe-eau à faire en urgence. Puisque j'y allais le soir même. Le soir même, j'avais fait le devis. À l'époque, j'étais sur celle-ci. Donc, j'avais déjà trouvé un système pour faire mes devis plus rapidement. Automatiser mes devis. Et du coup, réactivité beaucoup plus importante. Donc, en moyenne, j'avais 24-48 heures sur mes devis. Donc, quand tu as 24-48 heures, tu as 95% de concrétisation.

28:46 Clairement. Parce que tu vois, il y en a qui attendent deux semaines ou trois semaines. Qui attendent deux mois, qui rappellent quatre fois l'artisan. Et qui, au final, il n'y a pas. Maintenant, malgré les logiciels que j'utilise, j'arrive à avoir des délais. Mais c'est parce que je ne peux pas tout encaisser moi-même en termes de délais de traitement. Je travaille déjà le samedi matin. Je n'arrive pas à l'encaisser. Mais par contre, quand il y a un devis en urgence, je peux sortir de chez le client, appeler mon assistante. Elle me prépare le devis. Le soir même, le devis est envoyé avec tous les docs. Ça, ça fait encore la différence à l'heure actuelle.

29:13 Clairement, les devis que j'envoie dans les 48 heures, ils sont signés. Je le sais. Donc, ça devrait me forcer à le faire tout le temps. Mais je n'y arrive pas. Mais je sais que c'est signé. Ça dépend des devis. Comme tu dis, quand c'est de l'urgence... Non, mais même pas de l'urgence. Même un chantier à 40 000 balles, etc. Quand tu l'as envoyé dans les 48 heures, que tu as pris le temps de le faire, que tu le rappelles, etc. Après, c'est une démarche commerciale qu'il faut avoir. Ça, c'est venu après. La première démarche, c'est de répondre aux gens, de répondre à tout le monde et de traiter les appels. Quand tu as un taux de traitement à 90-95%, ça change tout pour ta boîte.

29:41 Donc là, moi, la boîte, j'ai commencé à avoir 2 mois de délais, 3 mois de délais, 4 mois de délais, 5 mois de délais, 1 an de délais, 1 an et demi de délais. Donc, il y avait des gens qui voulaient bosser avec moi. J'avais commencé en même temps sur les réseaux à l'époque, avec Laurent et tout. Donc, il y avait des gens qui voulaient bosser avec moi, donc ils attendaient. Mais je me rendais bien compte que je perdais beaucoup de taf, tu vois. Je perdais beaucoup de boulot, etc. Et que c'était un frein dans le développement de ma boîte. Et tout ce travail, il venait d'où ? Comment tu... Bilic. Toujours Bilic ? Bilic, 70-80% de mon chiffre d'affaires.

30:13 Autant que ça ? Bah, même à l'heure actuelle, je fais 1,2 million, 1,3 million de chiffre d'affaires. Je dois en avoir 700 000 de Bilic. Ah ouais, c'est... Voilà. Cercle vertueux, ce que je te disais. Tu fais du bon boulot, tu as des bons appels. Et puis, les gens qui appellent par Bilic, c'est un peu comme les gens qui m'appellent par Instagram ou par YouTube. C'est des gens qui m'ont déjà vu travailler ou qui ont déjà vu les retours clients. Du coup, ils sont quasiment... C'est des clients qui sont... Ils sont en confiance. Très, très qualifiés. Ouais. C'est du contact très qualifié. Pas des touristes. C'est pas le mec qui t'appelle et qui a fait faire 8 devis.

30:43 Il y en a, hein, des guenilles comme ça qui font 8, 9 devis, j'en ai. En général, je leur fais même pas le devis. Quand j'arrive là-bas, je leur dis, vous avez fait 9 devis, vous avez emmerdé 8 artisans pour venir faire un devis pour en choisir. Je dis que vous en fassiez 2 ou 3, y a pas de problème. Mais 9 artisans, je lui dis, vous avez pas de face. Mais ça m'est arrivé, hein. Donc, j'en ai même qui m'ont mis des commentaires sur Internet. Et en plus, à l'époque, j'étais hyper sensible sur les commentaires qu'on me mettait. Parce que je savais l'importance que Bilic avait sur mon chiffre d'affaires. Du coup, j'avais très peur des mauvais commentaires.

31:08 Et de me faire virer ou un truc comme ça et tout. Et en fait, je me suis rendu compte... C'était un commentaire d'un gars qui m'avait dit, plutôt que d'augmenter le devis si vous n'avez pas envie de travailler, ne venez pas faire un devis ou un truc comme ça. Et je lui avais répondu, à l'époque, je m'étais un peu énervé. Je me rappelle, la directrice de Bilic, Nathalie, m'avait appelé, elle m'a dit, t'y aller un peu fort. J'ai dit, vous savez quoi, promis, la prochaine fois que je ferai un devis, je vous appellerai pour fixer mes prix. Et j'avais répondu comme ça, alors que tout le monde le voit, le commentaire, parce que tu peux pas le supprimer.

31:34 Et au final, j'avais très peur de la réaction. Bilic avait pas trop aimé, mais les clients avaient adoré. Les gens m'avaient dit, vous l'avez bien mouché celui-là. Les gens me disaient, après, un an après. On a regardé vos commentaires, parce qu'à chaque fois, ils regardent avant de t'appeler. Les gens, ils regardent. Ah ouais, ils regardent tous, mais les commentaires... C'est pour ça que je te dis, sur l'interface, il faut des commentaires clients. J'en reviens là-dessus, mais bref. On en parle avec Bilic. Mais voilà, en tout cas, je me suis rendu compte à ce moment-là, si tu veux, de l'importance du regard des gens sur ce que tu faisais. Là, tu commences à faire un chiffre d'affaires assez conséquent.

32:03 Là, on est à 700 000 déjà. À avoir énormément de demandes, plus que ce que tu peux. Je peux pas traiter ma demande. Je sous-traite plein de trucs à des potes. Tu te donnes ou tu te sous-traites ? Je donne. Tu te donnes des chantiers à des potes. Ah, j'ai jamais sous-traité. Ouais, t'as jamais sous-traité ? Non, non. Non, non, mais je... Non, non, j'y sous-traite d'un point de vue. Je donne les chantiers à mes potes en disant, est-ce que tu peux traiter ça ? J'avais un pote qui faisait de la clim, je lui dis, tiens, j'ai 5-8 demandes par semaine, je peux pas les gérer, est-ce que tu peux en faire ? Et pourquoi ne pas embaucher ? Parce que pour embaucher, il faut avoir du courage.

32:32 Quand t'as déjà deux salariés alors que tu t'es toujours dit 3, plus on rajoute la secrétaire, entre-temps, la secrétaire, elle s'est barrée, elle s'est mise à son compte avec son mec, tu te retrouves tout seul à redevoir gérer le secrétariat, les demandes d'aide pour les clients, etc. À être complètement submergé et tout. Tu te dis, j'avais déjà l'expérience d'avoir pris et de me dire que c'était une marche en avant. C'est-à-dire que plus je vais prendre des gens, plus je vais leur rentrer du boulot pour eux, et plus je vais être débordé. Et en fait, j'avais terriblement peur de ça, et pas assez, j'aurais dû avoir plus peur pour me limiter déjà.

33:03 Moi, je suis un peu sur une taille bâtarde. Je pense que quand t'es 2 ou 3, la taille elle est nickel. Là, moi, à 6 ou 7, je suis un peu... Je suis pas assez gros pour pouvoir avoir un chargé d'affaires. Enfin, je suis pas assez organisé pour réussir à faire ça. Et je suis pas assez petit pour pouvoir dire, bah tiens, cet après-midi je viens pas, je vais au ski par exemple. Donc du coup, c'est compliqué d'embaucher, c'est une responsabilité, c'est une charge sur l'entreprise. À chaque fois que j'ai embauché, j'ai arrêté mon salaire. Ah ouais ? Ouais. Ah ouais, ça c'était... Je suis trop anxieux. À chaque fois que j'ai embauché, j'ai arrêté mon salaire pendant 5-6 mois.

33:34 Même là, quand j'ai embauché mon assistante de direction, j'ai divisé mon salaire par 2. Et j'ai dit, je l'embauche, je veux pas que ça coule la boîte et je verrai comment ça se passe. Là, je vais essayer de réaugmenter mon salaire, j'aimerais bien, mais voilà. Parce que tu veux conserver de la trésor pour avoir de... En fait, le nerf de la guerre, c'est de la trésor. On fait des demandes d'aide, on est payé à 60 jours, 30 jours. Tu sais, ma prime rénov', toutes ces conneries, etc. Ça prend beaucoup de temps à faire les dossiers. Mon assistante, elle fait 15 à 20 heures par semaine des dossiers d'aide. Par contre, ça permet de proposer une solution clé en main au client.

34:06 Donc même du restant à charge, maintenant on propose des solutions où on dit au client, votre chantier coûte 20 000, vous avez 10 000 balles d'aide, vous nous payez que 10 000. Et nous, on se démerde à récupérer les 10 000. Mais derrière, c'est de la charge administrative. C'est une charge administrative de dingue que je me tapais moi tous les samedis quand on était encore que deux ou trois. Et qu'après, j'ai vite compris qu'il fallait quelqu'un d'autre pour le faire à temps plein. Et puis là, tu vois, on traite 60 appels jour. Donc là, la secrétaire, elle a le même problème. Là, je suis... Quand je suis dans la taille critique, c'est-à-dire que là, pour moi, il me faut quelqu'un d'autre au bureau.

34:35 Mais ça, c'est que cette personne ne serait pas suffisamment rentable en l'état. Elle n'est pas du tout rentable même. Donc ça veut dire qu'il faut encore que je baisse mon salaire pour prendre le risque ou que je rentre beaucoup de taf. Sauf que la période, comme on disait, quand tu as un marché à moins 40 sur la PAC au niveau national, même si moi, j'arrive à être à plus 10 cette année, il faut se battre pour rentrer les chantiers. Beaucoup plus que les dernières années. C'est bien, ça fait un peu de tri, mais le marché est en train de s'assainir. Mais c'est stressant. Tu vois, quand là, tu arrives au début septembre, tu n'as que du boulot jusqu'à mi-octobre.

35:04 Pourquoi ? Parce que quand tu as deux équipes, il faut rentrer deux fois plus de taf. Avant, ils étaient en binôme, donc ils faisaient le chantier à deux. Maintenant, dans le même temps, j'en fais deux. Donc, c'est plus rentable si tu as du boulot. Oui, en permanence. Voilà. Et ça, cette partie-là, la variable où tu la places, elle est compliquée. Donc, là, je suis en train de devenir gestionnaire d'entreprise, plus qu'artisan. Donc là, tu es en train de… Je bascule là. Tu veux mettre une marche là, de passer un palier. Bah, je n'ai pas le choix. Je ne peux pas passer mon temps à venir faire du SAV derrière les gars, faire des devis et gérer du social et tout ça.

35:39 Donc là, il va falloir que je me structure. Faire du marketing, des réseaux ? Je ne peux pas. Les réseaux, depuis deux ans, j'ai énormément diminué parce que du coup, ma priorité, encore une fois, même sur les réseaux, ça a toujours été ma boîte. C'est-à-dire que mes réseaux, c'était fait pour faire de la pub à ma boîte. Il y a un désir de partager immense, mais le but, c'est de faire de la pub pour ma boîte. D'ailleurs, il y a toujours TPF, on parle de TPF, machin, etc. Donc voilà, c'est un choix, mais le but, c'est ça. Et là, j'en suis au moment où il faudrait, sur le principe que j'ai un chargé d'affaires, que j'ai une autre secrétaire pour finir un coup de main, au moins pour la gestion du téléphone ou quelqu'un qui ne gère que les aides, etc.

36:13 Pour pouvoir proposer du service plus. Toujours pareil, ce qui fait qu'on va pouvoir s'en sortir, c'est la qualité du boulot et le service. Et quand tu commences à avoir des gens qui gueulent parce que le service n'est pas bon, c'est un cercle. Ça fait de la mauvaise pub pour ta boîte. C'est arrivé ? Ouais, pas dans les... Dans 99% des gens, ils sont contents. Mais oui, il y a des mécontents, on en a tous les jours, on ne peut pas satisfaire. Mais tu vois, ça me touche beaucoup moins qu'avant. C'est-à-dire que maintenant, j'ai vieilli, j'ai 40 piges, et j'ai compris qu'en fait, on ne peut pas satisfaire tout le monde. Et que quand on est artisan, de toute façon, on est traité comme de la merde par la plupart des gens.

36:46 C'est-à-dire que les gens, ils ont une image du gars qui est là. Ouais, il est là pour déboucher mon chiotte. Et malheureusement, cette image-là, on la retrouve. C'est pas à tous les gens, mais on la retrouve. Et si tu te blindes pas, c'est chaud, émotionnellement, c'est chaud. Qu'on te dise que t'es une merde ou machin, etc. Tu dis, tu laisses parler, et puis voilà. Sauf que quand ça vient de client, je sais qu'il t'a fait un truc et que c'est pas justifié, moi je le prenais trop mal. Et ça, tu vois, mine de rien, le fait d'animer chez Bichon TV, ça m'a vachement aidé. Parce qu'en fait, tu deviens... En fait, t'as une image publique. Du coup, les gens, ils te voient beaucoup, ils te critiquent beaucoup.

37:23 T'as beaucoup de positifs. Toi, tu vois que les critiques quand t'es en train de le faire. Ouais, c'était mieux avant avec Laurent, regarde le connard avec sa voix de gonzesse. Regarde comme il est gros, tu vois, c'est que des commentaires comme ça. Puis tu sais, c'est caché derrière un ordi, machin, etc. En fait, ça t'apprend à te blinder et à te dire... Voilà, à rationaliser le truc et à te dire... Des commentaires comme ça ? Ah ouais, ouais, mais la folie. Quand j'ai commencé, c'était un truc de fou. J'ai fait ça un an et demi avec Laurent. Heureusement, Laurent et Carole, ils étaient ultra bienveillants. C'était... Y a un qui s'en est quand même.

37:50 Ouais, ouais, mais les réseaux, tu sais, regarde le harcèlement à l'école et tout. Et malheureusement, y en a beaucoup. Chez les clients, j'ai vraiment... Bah, tu peux aller voir, même quand tu regardes mes avis, j'ai aucun avis négatif de personne pour le boulot. Les seuls avis négatifs que j'ai, c'est des gens qui disent... Ne m'a pas rappelé, ne m'a jamais fait le devis, ou avait un an d'attente, tu vois, des trucs comme ça. Mais jamais pour la qualité du boulot. J'ai perdu plusieurs fois beaucoup d'argent à aller faire du SAV sur une install, mais qu'à la fin, le client, il soit content. En gros, t'assumes tes erreurs, quoi, si tu aussi...

38:16 Bah, tu sais, moi, c'est un peu le principe de Bix. C'est qu'ils veulent pas qu'on fasse l'autruche. Et en fait, on va parler grossièrement, non, on n'a pas le droit, mais en gros, il faut que t'assumes tes conneries. On le dit. Et tu vois, bonjour, monsieur Finet, merci beaucoup pour votre réactivité, de votre intervention sur l'installation. 10 sur 10 pour tous vos intervenants, bien cordialement. Et là, tu dis... Quand t'as eu un commentaire de merde et que t'as ça derrière, tu dis, ah putain, c'est... Je me casse pas le cul tous les matins pour rien, tu vois. Donc voilà. Et ça... C'est du fioul. Exactement. C'est du fioul et c'est du fioul lourd.

38:45 Parce que celui-là, il t'alimente pour un bon moment pour... Mais c'est cool. Mais c'est pas facile, voilà. Mais les gens qui ont peur, honnêtement, il faut qu'ils se disent qu'est-ce qu'ils veulent. Est-ce qu'ils veulent juste gagner du pognon ? Parce qu'honnêtement, tu gagnes beaucoup plus de pognon quand t'es tout seul. Si on parle de l'aspect financier, tu vois. Ou alors quand tu passes un certain cap, un peu en train de... Il y a des avantages et des inconvénients dans les deux.

39:06 Qualité de vie, famille et transmission

39:06 Moi, c'est la qualité de vie. Moi, je me suis rendu compte que de 7h à 20h, tous les jours et les samedis, je voyais pas mes gosses. Ma femme était enceinte. J'allais pas voir mes gosses grandir, etc. Donc... C'est ce qui t'a motivé à en bosser ? Ah ouais. Moi, j'ai fait le choix. Je me suis dit, je veux récupérer mes gamins à l'école. Les emmener. Le week-end, pouvoir profiter d'eux et tout. Parce que moi, mon père, il était coiffeur. Donc, il bossait tous les samedis. Le dimanche, ça ? Non, bah pas le dimanche. Mais par contre, le samedi, 7h, 19h. Le lundi, il bossait pas. Mais moi, j'étais à l'école. Donc, du coup, ça faisait qu'un jour dans la semaine où t'avais le temps de le voir.

39:33 Une semaine par an. Du coup, tu te dis, ben voilà. Je vais... On va peut-être essayer de faire différemment. Pas que je sois une grande fédulogie ou un féru de cuisine à la maison. J'essaie de faire ma part un petit peu. Mais c'est surtout, ouais, profiter de tes enfants et de ta famille. Ma femme, elle a pas fait un gosse pour se retrouver toute seule à 24, tu vois. Et après, je le conçois. Il y a plein d'artisans qui sont pas du tout dans ce... Et je le crache pas du tout. On en parle souvent avec Gonzague ou avec des potes. Chacun le vit différemment. Moi, j'avais besoin de ça. Quand mes gamins seront un peu plus vieux, ben peut-être que je retournerai à bosser un peu plus.

40:07 Je pense que d'ici là, j'aurai structuré correctement pour pouvoir aussi faire autre chose à côté. J'avoue que j'adore la formation. J'ai une grosse envie de transmettre certaines choses. Et je pense que si j'arrive à gérer ma boîte correctement, à la structurer, j'aimerais bien faire un peu de formation auprès des gamins pour transmettre un peu. Là, j'essaye de faire un peu des conférences dans les écoles, tu vois, pour aller au collège et au lycée. Ouais, pour leur expliquer qu'il n'y a pas que des connards qui sont plombiers, il n'y a pas que des abrutis qui sont nuls à l'école. Si je me rappellerai toujours, j'avais une prof, moi, qui m'avait dit, de toute façon, tu finiras caissier dans un supermarché.

40:41 Ça m'avait traumatisé. Enfin, ça m'avait traumatisé après, mais sur le coup, je me rappelle, je m'étais fait virer, je lui avais dit, de toute façon, ça sera toujours mieux que faire prof de bio. Et tu vois, j'y avais répondu comme ça du tac au tac. Et en fait, ça m'avait traumatisé parce que ça a reflété tellement, en fait, et moi, mon père était artisan. Donc, si tu veux, j'avais tellement trouvé ça dévalorisant en mode, en gros, ton père, c'est un abruti et celui qui est caissier, c'est un abruti. Et j'avais, ça m'a mis la mort. Du coup, j'essaye d'aller dans les collèges, les lycées, c'est compliqué pour qu'ils t'accueillent. C'est très compliqué, mais j'essaye d'expliquer qu'on peut avoir un bac, c'est cool d'avoir un bac, même si on dit, on le donne à tout le monde, c'est un truc de guenny, etc.

41:20 Ben, passez-le déjà votre bac avant de dire que c'est un truc de guenny. Et ensuite, le bac, l'avantage, c'est que ça touffe sur tout. C'est-à-dire qu'il y a des gamins qui sont faits pour avoir leur CAP à 16 ans, mais qui auraient pu avoir leur bac. Fabien, il aurait fait un bac S sans aucun problème. Par contre, l'école, ça le gonflait. Il voulait du concret, il voulait bosser. Et ça fait un salarié qui a passé son CAP, il a eu les mêmes notes que moi. Au BP, il a eu les mêmes notes que moi, alors que j'avais un bac plus 2. On ne peut pas juger quelqu'un par rapport à ses diplômes de toute façon. Ouais, ben si. En France, on fait ça. Tu rigoles, mais en France, on fait ça.

41:51 En France, quand tu as un CAP, t'es une merde. Un peu comme en Suisse, les métiers manuels, t'es une merde. Typiquement, tu vois, j'ai eu un gros complexe d'infériorité par rapport à l'absence de diplôme, puisque j'ai arrêté l'école à 18 ans. Mais du coup, j'ai travaillé presque deux fois plus, entre guillemets, pour combler cette perception des gens et être au niveau, en fait. Ouais, mais tu te rends compte, t'es obligé de faire ça, en fait. Ouais, ouais. C'est pas normal. Pour moi, c'est pas parce que t'as pas de diplôme. Mon père, il avait pas le bac. Mais pourtant, à chaque fois que je discutais avec lui, je me suis jamais dit, il est con, mon père.

42:26 Et non, mais enfin, tu vois ce que je veux dire ? Le bac, ça te permet de faire d'autres choses. Ça te permet, par exemple, toi, si t'avais voulu faire une réorientation, t'aurais pu faire plus facilement, tu vois, en fournissant moins d'efforts, t'aurais pu aller faire d'autres choses. Mais c'est pas une fin en soi, quoi. Ouais, c'est pas une marque de sagesse non plus. Ah bah non. C'est juste des diplômes, quoi. Ouais, c'est vraiment ce que tu dis, juste des diplômes. Je suis d'accord avec toi. Et malheureusement, un CAP, ça vaut rien. Qu'on soit bien clair, un gars qui a un CAP chauffagiste, il sait rien faire. C'est-à-dire dans l'esprit des gens, tu peux dire ?

42:57 Mais non, dans le boulot. Moi, si j'embauche un CAP, il sait rien faire. En fait, la qualité du diplôme fait que si le gars, tu l'as pas formé comme tu voulais, ou etc. Moi, le gars, il vient, il a juste un CAP, il veut être embauché. Je lui dis, écoute, on va se poser là, tu vas me faire 2-3 soudures, on va faire un truc, puis on va regarder. Parce qu'en fait, on a tellement dévalorisé ces métiers en mettant des gamins qui étaient pas faits pour l'école. Parce que, tu sais, maintenant, t'as les trucs, les TDA, les machins. T'es pas fait pour l'école, on te met dans une case, on te dégage, on te dit, voilà. Donc, on leur a tous dit, allez faire plombier, vous allez gagner une fortune, et c'est très bien.

43:30 Et on se retrouve avec des cassos qui en ont rien à foutre de la vie, qui veulent juste gagner de l'argent sans rien faire. Sauf qu'au bout de deux fois, quand ils mettent la main dans le chiotte pour le déboucher, ils se sont tous barrés du métier, etc. Non, mais pour de vrai, ils se sont tous barrés. Et en fait, c'est un métier qui est pas reluisant à certaines choses. Il y a certains aspects qui sont pas très reluisants. Et du coup, les gamins qu'on a dedans en CAP, c'est un peu comme le bac qui te permet pas de travailler, parce que c'est un diplôme qui sert à rien à part à t'ouvrir d'autres diplômes. Pour moi, le CAP, c'est une porte d'entrée.

43:56 Et pour commencer une carrière… C'est ça, je suis d'accord avec toi. Mais après, le vrai métier, on l'apprend sur le terrain aussi. Tu l'apprends sur le terrain. Je trouve que l'apprentissage, pour moi, ou l'alternance, je trouve qu'elle est… Et puis comme tu dis, t'as appris plus de choses sur le terrain qu'à l'école. À l'école, t'apprends les bases. Mais si tu sais pas comment ça se passe… Moi, j'ai toujours comblé aussi avec des bouquins. Ah oui. Parce que la théorie, c'est quand même important. Même si en théorie, la théorie et la pratique… Ouais, mais tu vois, théorie en plomberie… Ouais, mais c'est bien de connaître tous les composants, les particularités des matériaux…

44:30 Eh oui. Mais pour ça, il faut avoir suffisamment d'ouverture d'esprit pour avoir envie d'apprendre. Ouais, c'est sûr. Et t'as des gamins… Ils s'en foutent. Si tu lui dis, assieds-toi sur une chaise et tu prends 200 balles par jour à rester dehors, ou viens au boulot pour gagner 1500 balles par mois, la vie te fait le choix. Non, il y a un truc sur lequel j'insiste, c'est que moi, j'ai plein de potes qui ont fait des études. Il y a des gars qui ont Bac plus 5, Bac plus 6 et qui ont des salaires qui sont les mêmes que des gars qui ont un CAP ou un BP. Non mais ça, c'est clair. Quelqu'un qui veut faire chauffagiste à l'heure actuelle, un bon chauffagiste, il va vite gagner 1900 balles, 2000 balles, plus des à côté, etc.

45:07 Alors, il sera fatigué, hein. Il finira pas sa carrière à 5000 balles comme des ingés, comme certains métiers, etc. Mais il a d'autres avantages. Bien sûr, oui. Il y a d'autres avantages. Mais en tout cas, en termes de salaire et de qualité de vie, je connais beaucoup de gens qui ont fait des études, qui ont fait des métiers dans des bureaux et qui sont en reconversion maintenant. Qui cherchent un métier plus manuel. Qui sont manuels et qui vont faire menuisier, charpentier. Mais beaucoup. Beaucoup. Rien que dans mes potes à l'époque, qui m'ont craché dessus. Je te jure que j'en connais beaucoup. Même des gars qui étaient avocats. Ils ont sacrifié 10 000 balles par mois pour venir gagner 2500 balles.

45:41 Mais faire quelque chose qui leur plaît, quoi. Se lever le matin en ayant la banane. Quand tu traînes les pieds dès le matin pour aller au taf, c'est chaud, quoi. Elle va être longue la journée, tu vois. Il ne nous reste pas trop, trop longtemps. J'aimerais parler de deux sujets. Le premier, c'est ta présence sur les réseaux et un petit peu le début de l'aventure avec Laurent Jacquet. Tu nous parles un peu de tout ça. Oui. D'ailleurs, moi, c'est la première fois que je t'avais vu avant que tu deviennes client et que tu crées ton compte sur InterFast. C'était parce que tu installais la clim. Chez Lolo. Dans son local. Et je suivais Laurent Jacquet à l'époque.

46:19 Que je salue et avec qui j'ai appris énormément aussi. Mais c'est comme ça que tu as les découvertes. Après, j'ai fait ma vie et on s'est rencontrés dans le cadre d'InterFast. Du coup, tu parles des réseaux et aussi, je sais que tu te fais accompagner sur la gestion d'entreprise. Rapidement, si tu peux en parler aussi. Qu'est-ce que ça t'apporte, etc. Mais on va commencer par les réseaux. Est-ce que tu as des conseils pour quelqu'un qui veut se lancer sur les réseaux ? Alors l'année, je ne sais pas. Il faut aller regarder la clim de chez Lolo. Donc je dirais 3-4 ans à peu près. Un peu plus non ? Ouais, pas beaucoup plus honnêtement. Ça dépend ce qu'on appelle lancé.

46:53 En gros, je vais expliquer. Lolo, je l'ai rencontré. À la base, il était trésorier à la Capet. J'avais déjà vu son nom. A l'époque, il avait une autre boîte dans l'Ain, etc. On a le même âge à peu près. J'ai 41, il a 43-44. Il est de la région aussi non ? Ouais, il est de Belay dans l'Ain, si je ne dis pas de bêtises. Mais bref, j'avais déjà vu son nom et tout. Et puis, je me suis abonné à sa chaîne. Il devait avoir 300 ou 400 abonnés. Donc je l'ai suivi dès le début. Et en gros, au début, je le suivais comme ça sur les réseaux. Je n'intervenais pas parce que je n'avais pas de réseau. Et un jour, il met un message en disant qu'il veut vendre son matos.

47:27 Il veut vendre son matos parce qu'à l'époque, c'était sa machine à geler. Il y avait un tuto où il avait explosé. Ça avait giclé de partout, machin et tout. Bref, il voulait vendre sa machine à geler. Et du coup, moi, j'étais en plein développement de ma boîte. Et je n'avais pas trop de pognon. C'est le moment où investir en permanence, ça commence à être chaud. À la fin de l'année, tu vois les dotations aux amortissements. Il dit « mais ce n'est pas possible, tu achètes tout le temps des trucs ». « Oui, mais je grossis, je grossis, je grossis, je grossis. » Donc j'achète. Et j'appelle Lolo et je lui dis « écoute, moi, je suis intéressé par ça, ça, ça, ça. » Et il me dit « pas de problème, viens ».

47:55 Donc il m'envoie son adresse. Il me dit « viens et puis si ça te plaît, tu pars avec ». Et puis il est terminé. Donc j'y étais allé chez lui, là-bas, dans sa baraque, là où il filmait ses travaux. Et j'arrive là-bas et le courant a plus qu'accroché, mais on était raccord à 300%. Je suis parti à 19h30. J'étais avec mon pote Childe Eric EDR. Et en fait, on est resté 7 heures à discuter. À refaire le monde. Tu vois, les grandes bouches, là. Laurent était pareil. On est resté 7 heures à faire les cons comme ça. Et il savait que je faisais du Wisman. On en avait discuté et tout. Et un jour, il me dit « ouais, il faudrait que je mette la clim dans les bureaux ».

48:31 Il avait déjà fait mettre une clim par un pote à lui. Il me dit « faudrait que je mette la clim dans la maison lors de l'aréno. Est-ce que t'as pas un bon plan ? » Je lui dis « écoute, je peux demander à Wisman ». Et du coup, je le mets en contact avec Wisman. Wisman lui dit « on peut vous mettre la clim chez vous ». Enfin, tu vois, les échanges d'influenceurs un peu. Tu fais de la pub. Moi, je te donne le matos, machin et tout. Et moi, je dis « allô, par contre, je viens, mais faut me payer quoi ». Je dis « moi, mais gars, je peux pas venir travailler ». Tu vois, on voit beaucoup sur les réseaux de gens qui viennent faire des trucs gratuitement.

48:57 Moi, je pouvais pas. J'avais une boîte à faire tourner. Je suis pas auto-entrepreneur. Donc voilà, je lui dis « moi, j'ai trois gars que je vais te faire venir. Ça va coûter tant ». Il me dit « bah, pas de problème, je paye ». Donc, il prend le truc. Du coup, je vais chez Laurent. Et puis là, chez Laurent, j'ai rencontré Martin. Le cameraman. Le cameraman avec qui je bosse, Onyx Productions maintenant. Qui était à l'époque le cameraman et puis le monteur pour Laurent. Il montait beaucoup de vidéos avec Lolo sur LJVS. Et c'est des potes depuis… Ils se connaissent depuis je sais pas combien de temps. Et lui, il est plombier chauffagiste à la base.

49:24 Il est artisan. Laurent aussi ? Laurent aussi, mais bien sûr. Mais Laurent et après, il a bifurqué un peu sur tout. Passionné de bois, mais il avait un problème d'allergie. Je crois que c'était pour ça qu'il avait pas fait du bois à l'époque. Bref, du coup, Lolo, on met ça. Et Lolo, il me dit « bah, ce qu'on va faire, c'est que je vais en faire une vidéo sur YouTube. On a dit à Wisman, donc tu viens avec tes gars et puis on fait une vidéo et tout ». Et là, du coup, il m'a filmé pendant la journée. On a fait le machin et tout. Le courant passe super bien. Les vidéos, elles explosent sur YouTube. Elles font je sais pas combien de milliers de vues.

49:51 Donc là, ça me fait de la pub pour ma boîte. Donc la demande de ma pub explose. Et à ce moment-là, Laurent me dit « il faut que tu crées un compte sur Insta. Insta, c'est l'avenir ». À l'époque, Insta, c'était fait pour filmer ta bouffe sur ton truc. Et deux minettes qui dansaient les fesses, tu vois, comme sur TikTok un peu, il y a un ou deux ans. Et il me dit « ouais, faut que tu crées un compte ». Je crée un compte et puis je récupère vite 1000 ou 1500 abonnés. Et alors, merci Laurent et merci la vidéo. Et puis ça marche comme ça. Puis je vivotais un peu sur Insta. Par contre, je me filmais tous les jours parce que j'étais encore un peu sur les chantiers.

50:19 Donc je me filmais comme ça. Donc je commence à développer une communauté d'installateurs. Parce que dans mes abonnés, j'ai énormément d'installateurs. Je dois avoir plus de 80% de mes abonnés qui sont installateurs. Donc du coup, on fait toutes les vidéos, ça se passe bien machin. Et puis, je continue sur mes réseaux. Entre temps, Laurent, c'était peut-être avant, je ne sais plus. Il m'invite à Batimat. Il était média officiel de Batimat sur le stand de Géberit. Et il m'invite à faire des interventions en disant sur la com-réseau justement, sur Bilic, des choses comme ça, etc. Donc je vais à Batimat et puis j'accroche comme un dingue avec l'aspect radio.

50:53 Mais une passion. Il y avait Martin et tout. Je trouve ça dingue. J'adore ça. Comme j'ai une grande bouche et que je suis assez à l'aise devant la caméra, Laurent, il le remarque. Les marques le remarquent. Et de fil en aiguille, Laurent se retrouve à devoir faire du M6, machin, etc. A moins pouvoir être présent sur Bichon TV. Et il cherche quelqu'un pour le remplacer. Donc il fait des essais avec Steph, avec des potes, etc. Ils vont pas plus loin, machin. Puis un jour, il m'appelle et il me dit écoute, si ça te botte, je te promets pas la lune, mais tu peux venir animer l'instant pro sur Bichon TV. Je lui dis mais moi, je sais pas faire. Je vais jamais y arriver.

51:33 Il me dit mais au pire, tu galèreras au début, mais ça va bien se passer et tout. De fil en aiguille, j'y suis allé. Le jour où j'étais censé faire un essai, ce crevard, il m'a fait faire une émission en direct. Je me suis dit pardon merde. Mais c'était Laurent, tu me mets dans le truc et tu vois si ça se passe bien. Ça s'est bien passé. C'est là où j'ai commencé à prendre une pluie de critiques, etc. Il a fallu être merci Laurent et Carole pour, même si elle était bienveillante la communauté chez Bichon TV, mais je me prenais beaucoup de commentaires où les gens ils te rentraient dedans. Beaucoup de commentaires négatifs et du positif. Et bref, j'ai fait ça pendant un an et demi.

52:08 Pendant ce temps là, j'ai fait l'émission d'M6 avec Laurent parce qu'il a pris ses artisans pour faire. Donc j'ai fait l'émission. J'ai continué. C'était avec un codepot non ? C'était quoi ? Non, c'était avec Tout faire et c'était mission travaux sur M6. Donc on a fait ça, il y avait Plaza dedans, machin et tout. C'était l'émission de Lolo, c'était le concept de Laurent et tout. Mais bref, j'ai fait ça. Les réseaux, j'ai continué à développer. Et puis, quand j'ai arrêté Bichon TV, parce qu'il fallait que j'y aille 2-3 fois par semaine et... T'as une boîte à faire tourner. Donc j'y allais déjà, je partais tous les mardis à 5h du matin pour aller chez lui, pour être là-bas à 7h, 7h30 pour animer l'émission et je rentrais à 18h, 19h tous les soirs.

52:43 J'ai fait ça pendant un an et demi. Ça a duré toute la journée ? Bah oui, parce qu'on a essayé d'en filmer plusieurs. J'ai hésité à recevoir des marques, j'ai été le commercial de Bichon TV aussi. Donc voilà, et je m'étais bien mis dans le poste. Par contre, sans jamais faire de pub de ma boîte. C'était encore une fois toujours dans cette éthique de me dire, je fais pas de pub pour mes réseaux, je fais pas de pub pour ma boîte. Pourquoi ? Eh bien, parce que pas mélanger tous les genres. C'est comme quand tu quittes une entreprise, pas prendre les clients de l'entreprise. Voilà, c'était... Parce que là, je peux t'assurer que j'aurais des abonnés en plus si je m'étais fait de la pub sur mon truc.

53:11 Mais voilà, c'était un choix. J'ai toujours été réglo là-dessus. Ça s'est bien passé. Ensuite, je me suis mis un peu avec Martin. Quand Laurent était occupé sur ces trucs, je me suis mis avec Martin. Martin m'a dit, mais il faut que tu lances une chaîne YouTube avec tout ce que tu fais. Donc je me suis mis sur une chaîne YouTube, mais j'y croyais pas trop. C'est pas vieux, c'était il y a un an ou un an et demi. Et en fait, la première vidéo, elle a fait 30 000 vues. Et les gens ont tout de suite accroché parce qu'en fait, j'ai essayé de montrer mon quotidien. On a fait plein de trucs comme ça. Et là, on essaye de faire des vidéos avec différentes marques et tout.

53:42 Je me filme moins au quotidien parce que comme je te disais, j'ai plus trop le temps. Donc là, c'est pour ça qu'on aimerait basculer un peu sur la partie quotidienne, sur filmer les deux vies. Le but du jeu sur la chaîne YouTube, c'est pour faire de la pub pour ma boîte. Et puis de montrer des trucs qu'on voit pas. Et j'avais pas envie de me filmer avec une GoPro ou moi-même avec la caméra. C'est pour ça que je bosse beaucoup avec Martin. Parce que d'une, ça lui donne du boulot. Et puis je trouve que c'est très qualitatif. Et au niveau du montage, on voit une sacrée différence. Je retrouve la patte de LJVS à l'époque qui me faisait rêver. Sauf que là, c'est pour moi en fait.

54:10 Donc du coup, c'est pas mal. C'est une petite satisfaction personnelle, c'est tout quoi. Je mettrai le lien. Je sais pas s'il a un site, Martin ? Ouais, Onyx Production. Ok, je mettrai le lien en tout de la vidéo. Ouais, tu peux mettre Martin, tu peux mettre Laurent et tout. Y'a pas de soucis. Donc du coup, pour clôturer ce sujet des réseaux, déjà, est-ce que ça te ramène des clients, toi, les réseaux sociaux ? Alors là, c'est un peu calme en ce moment, mais ça me rapportait jusqu'à deux clients par semaine. Par semaine ? Ouais. Alors pas des gros, hein. Pas des gros chantiers spécialement. Par contre, des chantiers qui étaient validés systématiquement.

54:39 Ouais. C'est-à-dire quand j'ai un client qui m'appelle pour une pause de pompe à chaleur Wisman, il sait qu'il m'a déjà vu et il connaît mes prix, parce que j'ai déjà montré quand je faisais mes devis, et il connaît l'enveloppe budgétaire et il veut juste vérifier si je suis pas un con. Et puis voilà, sur le principe. Ok. Et donc du coup, c'est quoi le meilleur conseil là pour quelqu'un qui veut se lancer et parler de sa boîte, de son activité ? Je te dirais, c'est de rester soi-même. Pas chercher, tu vois, je suis pas super bien rasé, il y a d'autres qui te diront qu'il faut être nickel, machin. Chacun a trouvé son truc, il faut surtout trouver un truc où ça t'emmerde pas de le faire.

55:11 Si tu te forces à faire quelque chose, ça marchera pas. Là, moi, tu vois, les deux dernières années, j'avais pas trop le temps de faire Insta. J'ai pas trop fait Insta. J'ai fait des réels, parce que je trouvais que c'était une bonne façon de transmettre. Mais faire ce qui te plaît, quoi. C'est-à-dire que si t'as envie de te filmer au quotidien, là, moi, si je greffais une caméra sur le front de mon dépanneur, je pourrais faire de la story et du réel H24, parce que c'est un métier qui est passionnant et qu'on ne voit pas sur les réseaux. Et voilà, toujours, c'est une envie de partager. Si t'as pas envie de partager, si tu veux faire du réseau pour faire youtubeur professionnel, etc., fais autre chose. Va faire autre chose, ça marchera pas.

55:49 Mais donc, un plombier, un maçon, un électricien qui se lance là, il doit montrer son quotidien ? Pour moi, il faut qu'il monte son quotidien et qu'il ne montre pas que ce qui va bien, qu'il monte ses emmerdes. Ce qui a fait le développement des grosses chaînes comme LJVS, etc., c'est que quand il y avait de la merde, il le montrait. Il faisait une fuite chez le client, ça giclait de partout, il le montrait. Moi, ma première vidéo du chauffe-eau, je pose mon chauffe-eau, je prends pas le bon. J'arrive chez mon client pour poser mon chauffe-eau, c'est pas le bon. Pourquoi ? Parce que c'était un pote qui m'avait envoyé le chauffe-eau en sous-traitance.

56:16 Il me dit, tu prends un 150 litres, j'arrive là-bas, bim, c'était un 100 litres qu'il fallait ou un truc comme ça. Et du coup, le fait de se planter, ça, les gens, ils aiment bien. Et après, les marques... Faire preuve de vulnérabilité, quoi. Pas montrer que le... En fait, les gens qui vont sur les réseaux, maintenant, ils veulent faire influenceur. C'est-à-dire qu'ils veulent gagner du pognon avec l'argent que va donner les marques. Alors qu'en fait, c'est l'inverse. C'est fait quelque chose d'intéressant, crée-toi une communauté et les marques vont venir toutes seules. Ok. Tu vois ? Et les gamins, maintenant, quand tu les entends à l'école, tu veux faire quoi ?

56:47 Je veux faire influenceur. Et moi, je veux faire comme Inox, comme Michou, comme machin... Inox Tag. Ouais, Inox Tag. Je veux grimper l'Everest, moi aussi. Moi aussi. Mais... Moi aussi. Mais... Fais des trucs qui te plaisent, voilà. Et puis, on s'en fout. Et puis, ce que les gens te diront... Au début, tu vas te faire pourri, de toute façon, sur les réseaux. Donc... Ouais. T'inquiète. Il faut être blindé contre les avis négatifs aussi. Ouais, il faut être blindé et puis il faut s'en fout... Les haters. Ouais, les haters, t'en tapes. Fais ton taf, fais ton truc et fais-toi plaisir. Ok. Franchement, quand tu te fais plaisir... Moi, je vois les vidéos que j'ai fait avec Eric Lecarler, c'est des vidéos où on s'est pris des barres de rire.

57:24 Franchement, si on filmait... Il a l'air drôle, Eric. Ah, mais Eric, c'est le roi de la connerie. Et puis, c'est des conneries comme nous. Des fois, elles sont en dessous de la ceinture ou au-dessus. Tu vois, c'est bâtiment. Mais bref, du coup, si on devait montrer toutes les conneries qu'on fait sur les chantiers, en fait, il faudrait qu'on le fasse. Mais ça intéresserait beaucoup plus de gens. Parce que dans ton bureau, derrière ton ordinateur toute la journée, tu fais comme ça, machin. Les gars, ils rigolent pas, ils décrochent pas un sourire. On va peut-être s'insulter le matin parce que t'es mal luné, mais il y a toujours des moments où on va rigoler dans la journée, où on va faire les cons.

57:57 Et je trouve que c'est important. Ben, merci. Ben, de rien. Merci à toi d'être venu. Et puis... Une dernière question. Ah ! Qu'est-ce qui se passe ? Tu te fais accompagner ? Ah, j'avais oublié ça, oui. Je me fais accompagner par quelqu'un qui s'appelle Christophe Valentin, qui est un peu un coach en entreprise. Il fait partie d'un réseau qui s'appelle Rivalis. Bref, on s'en fout, ça, c'est de la pub. En gros, par rapport à mon chiffre d'affaires, mon bénéfice devrait être largement supérieur. Donc, en fait, je me suis rendu compte que j'avais des problèmes de rentabilité. Et les problèmes de rentabilité, ça peut être plein de choses. Des prix pas assez hauts, des charges trop importantes, etc.

58:31 Comme je te disais, j'ai une femme qui a une formation en compta, ma mère aussi, mais le boulot, c'est le boulot, et la maison, c'est la maison. J'ai fait le choix de séparer ça. Contrairement à beaucoup d'artisans qui bossent avec leurs femmes, moi, je sais que ça aurait pas pu marcher. Donc, du coup, j'ai fait le choix de prendre quelqu'un en externe qui m'aide à analyser le nombre de devis que je fais, le nombre de devis qui sortent, qui m'a calculé le chiffre d'affaires moyen que je devais faire par mois pour vérifier mes seuils de rentabilité, etc. Le boulot que, normalement, doit faire l'expert comptable, mais qui n'ont pas le temps de faire.

59:02 Ouais. Clairement, ou alors pas bien, mais qui n'ont pas le temps de faire correctement. Sauf que moi, quand t'as avec une boîte qui commence à grossir comme ça, en termes de chiffre d'affaires, d'achats et tout... Tu as dépassé le million, toi ? Ah oui, le million, le million, le million. J'ai dépassé le million, mais j'ai fait mon plus mauvais résultat. En fait... Tu as bien différencié. Bah, tu vois, moi, je fais un million deux le chiffre d'affaires et j'ai 800 000 euros d'achats, déjà. Ouais. D'accord ? Donc déjà, ça veut dire qu'il ne reste plus que 400 000 pour payer 7 personnes, plus les charges. Ouais. Donc quand tu fais le calcul, tu te rends compte qu'à la fin, quand tu fais tous les trucs...

59:34 Il y a un préféré qui ne dégage pas de dividendes. Ouais, j'ai fait 20 000 balles, cette année. Ok. 20 000 balles. Et ça coûte combien, à peu près, de se faire accompagner, comme ça ? Alors, il y a différents... Chacun a son mode de rémunération. Il y en a qui prennent un pourcentage par rapport à ce qu'ils te font gagner. 4% ou 5% de ce qu'ils te font gagner à l'année. Donc ça leur permet d'être motivé à te... Voilà. Moi, j'ai pas pris ce choix-là. J'ai pris le choix d'avoir un accompagnement fixe. Ok. Donc moi, ça me coûte 900 balles par mois. 900 balles ? Ouais. Hors taxe ? Hors taxe. Maintenant, je l'ai oublié parce qu'en fait, c'est largement gommé parce que ça me fait gagner.

1:00:04 Je t'explique pourquoi. On va prendre l'exemple concret. Mes devis de clim ne passaient pas parce que j'étais surchargé de boulot, donc je devais avoir des prix trop chers. Petit à petit, j'ai augmenté mes prix pour augmenter ma marge et mes prix étaient trop chers. Du coup, il m'a dit, tu vois, tes chantiers de Pâques, tu les fais en 3 jours et les 2 derniers jours de la semaine, tu as du mal à les remplir correctement. Donc il m'a dit, fais des devis de clim moins chers qui vont te remplir les 2 derniers jours de la semaine. Et du coup, on a plus rempli la semaine et de l'année dernière où j'étais parti pour avoir... j'ai fait 15 000 balles de bénéf.

1:00:35 Là, cette année, si je continue sur une optique comme ça, je devrais faire 60 000 ou 70 000 en ayant le même chiffre d'affaires. Juste en ayant rationalisé les achats, analyser qu'est-ce que je faisais bien, qu'est-ce que je faisais pas bien. On s'est rendu compte qu'il y a des choses que je ne facturais pas dans mes devis et que du coup, quand tu faisais la somme de ces articles-là, la marge que j'avais n'était pas bonne. Donc du coup, ça, je m'en suis servi avec InterFast, avec le fait d'intégrer mes prix par produit et du coup, de pouvoir dire à la fin quelle est ma marge. Je pourrais aller plus loin en ayant ma marge, main-d'œuvre comprise.

1:01:09 Je m'en fous. Pourquoi ? Parce que ma main-d'œuvre comprise, je l'ai sortie et je connais le montant. Et après, je me suis fait des tableaux d'analyse de gestion où j'ai ça. En tout cas, t'en es satisfait ? De la façon que je fais avec le... De te faire accompagner ? Ah ben, je l'ai repris pour l'année qui arrive. On va voir à la fin de l'année. Parce que quand tu les écoutes au début de l'année, ils te disent, toi, une boîte comme ça, tu devrais faire 150 000 de bénéfes. Je dis, écoute, si je fais 150 000 de bénéfes, pompez-le, j'arrête tout les gars, j'arrête tout ! Je te le dis, je revends et je fais 2-3 ans, je vends et je me casse ! Mais bref, quand tu les écoutes au début, c'est ça.

1:01:44 Comme je l'ai expliqué, moi déjà, si j'arrive à 50-60 000 de bénéfes, ça me permet de pérenniser la boîte, d'augmenter ma trésorerie, de pouvoir faire des investissements, de grossir de façon saine et non pas en étant toujours au râle et pâquerette. Donc oui, je l'ai repris parce que je pense que cette année, il n'est pas loin de la vérité. Alors, ce n'est pas lui qui va te faire rentrer du boulot tous les mois. Par contre, il prend des indicateurs bêtes, le nombre de devis que tu as fait et le nombre de devis que tu as validé. Et il regarde dans tous les mois, est-ce que tu as fait la même chose que le mois d'avant ? Et du coup, il te dit, tiens, parce que toi, tu te dis, tiens, le téléphone sonne moins.

1:02:19 Mais quand tu vas regarder le nombre de devis, tu en fais toujours autant. C'est juste une impression des fois. Et des fois, dans l'autre sens, ça va te dire, tiens, ce mois-ci, j'ai fait 30% de devis en moins. Il va falloir qu'on fasse peut-être une opération de com ou un truc comme ça. Là, par exemple, tu vois, je n'avais pas trop de boulot. On a mis en place la foire de Grenoble. Je vais faire la foire du 1er au 11 novembre. Et bien, c'est 11 jours de présence sur foire. Le coût de mon stand, il est de 9000 balles. Comment est-ce que tu amortis ces 9000 balles ? Et alors ? Et bien, tu vas voir des marques. Tu leur dis, est-ce que vous êtes d'accord pour payer une partie du stand, etc.

1:02:52 Et le but du jeu, c'est qu'à la fin, en gros, les marques te payent ton stand et que toi, ta main d'oeuvre que tu perds les 11 jours que tu y sois, c'est ce qui te fait rentrer ton chiffre d'affaires. Donc, il faut que tu trouves des chantiers sur ce filet. Bah oui. En moyenne, l'année dernière, j'ai rentré 4 mois de chantier. 4 mois ? La foire, l'année dernière. Ah ouais ? J'ai rentré 12 pompes à chaleur. Ok. Et l'année dernière, j'avais 18 mètres carrés, c'était déjà 54. Et les marques, elles te posent une petite pompe à chaleur fictive ? Alors, fictive ou pas. Là, moi, par exemple, avec Visman, j'ai une pompe à chaleur, deux panneaux photovoltaïques, tout ça sur le stand.

1:03:25 Avec Weichop, autre chose. Avec La Clim, autre chose. Avec Réo, le plancher chauffant, tu vois. Voilà. Et j'essaye d'intégrer sur la foire des marques avec qui j'ai des partenariats l'année. Des marques qui te font confiance toute l'année. Moi, je suis un très gros client chez Visman. Donc, eux, ils me font confiance pour la foire. Moi, je présente leurs produits. Réo, je suis un gros client chez Réo aussi. Ils font, ils participent aussi, etc. Et, enfin, honnêtement, quand t'en arrives là, t'arrives à avoir des coûts sur 8-9000 euros. Si j'arrive à avoir que 3 000 euros de ma poche, c'est gagnant. La foire, tu peux pas perdre de l'argent. Deux dernières questions.

1:04:01 Comment est-ce qu'on te contacte ? On me contacte sur mon site internet ou sur mon téléphone, 06 13 35 63 70, ou sur contact.sas-tpf.fr. Ok. Et est-ce que t'as un conseil pour quelqu'un qui a peur de se lancer, de lancer sa boîte ? Je dirais de s'entourer. C'est un truc qu'on néglige un peu, on y va bille en tête quand on se met à son compte. Mais s'entourer. De qui ? De collègues ? D'artisans ? Pas hésiter à avoir d'autres artisans. Parce que quand t'auras un coup de moins bien, tu seras content de savoir qu'il a les mêmes emmerdes que toi. Et ça te remontera un petit peu le moral. Ouais, parce que l'artisan fait toujours que se plaindre, tu vois.

1:04:38 C'est pas un mythe. Mais s'entourer et ne pas hésiter en fait quand tu as confiance dans ce que tu fais, vas-y. Les gens de toute façon, ils n'y croiront jamais. Moi quand j'ai dit à mon comptable que je voulais acheter deux camions à 100 000 balles et faire des équipements à l'intérieur, ou quand j'ai voulu aller sur Billik, tout le monde m'a dit que c'était une connerie. Mais alors, il faut peser le pour et le contre. Mais honnêtement, c'est toi qui fais le taf tous les jours. Et un comptable, il fait que regarder des chiffres. Et si tu l'écoutes, il ne veut jamais rien faire. Voilà, si tu te fies à ton comptable, tu n'investiras jamais, tu ne feras jamais rien.

1:05:19 Pour de vrai, il regarde juste des chiffres, un résultat. Même un banquier, j'ai plus d'estime pour l'esprit entrepreneurial d'un banquier que d'un comptable. C'est pour te dire. J'ai une femme comptable et une mère comptable, merde ! Je vais me mettre des ads sur tout ça. Non mais voilà, franchement, allez-y les gars. Il faut juste être conscient que ça va vous bouffer du temps. Si tu n'as pas envie de bosser, fais autre chose. Merci Romain. De rien, merci Hedi.